Jonathan Coe

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Jonathan Coe

Message par Steven le Jeu 2 Mar - 10:38

Article paru dans télérama, qui me semble bien présenter l'auteur qu'est Jonathan Coe :


"
La marque du temps qui passe a pris pour lui – sur lui – la forme d’une saisissante empreinte de mélancolie. Que ni son sourire prévenant, ni sa conversation constamment émaillée de discrets traits d’humour, ni son allure d’éternel grand jeune homme ne parviennent à estomper, ou même à tempérer. A 52 ans, Jonathan Coe ressemble de troublante façon à ses livres, desquels émane toujours, quoique dosé à des degrés divers, un mélange de drôlerie extrême et de délicat désenchantement. Du moins, de tous sauf un : La Pluie, avant qu’elle tombe, superbe mélodrame d'une univoque noirceur, qui, il y a six ans, avait surpris les lecteurs du romancier anglais, accoutumés à le voir évoluer plutôt dans la comédie satirique – depuis 1994 et Testament à l’anglaise, son quatrième roman, celui qui a vu sa notoriété dépasser largement les frontières du Royaume-Uni pour prendre une dimension mondiale. Un succès confirmé par ses romans ultérieurs, notamment le diptyque composé de Bienvenue au club (2001) et du Cercle fermé (2004), qui ont entériné l’image d’un écrivain attaché à dépeindre son époque, avec réalisme, perspicacité, cocasserie, dans la lignée d’un Evelyn Waugh.
L’humour, depuis La pluie, avant qu’elle tombe, Jonathan Coe y est revenu. Avec La vie très privée de Mr Sim (2008) d’abord, puis avec la comédie d’espionnage Expo 58 (2013), hommage au Hitchcock qu’il vénère – « qui est moins le cinéaste de Vertigo que celui, moins retors, plus léger, d’Une femme disparaît, de La mort aux trousses, qui aurait pu faire d’Expo 58 un très bon film, je crois ». Pourtant, cette brève incursion dans le mélo n’a pas été pour le romancier une simple parenthèse, hâtivement refermée.
Six ans plus tard, ce roman si grave, au ton singulier, apparaît plutôt comme une sorte de matrice, explique Jonathan Coe, de passage à Paris à l’occasion de la traduction en français d’Expo 58 : « Le personnage central de ce roman, Thomas Fowley, apparaît brièvement dans les dernières pages de La pluie, avant qu’elle tombe. En fait, autour des héroïnes de ce roman, j’avais dessiné un arbre généalogique touffu et complexe, et je savais que plusieurs individus figurant sur ses branches allaient revenir dans des romans ultérieurs. Thomas a été le premier. A la fin d’Expo 58, il a deux enfants, Gill et David. Que l’on croisait d’ailleurs déjà dans une nouvelle, lvy et ses bêtises, que j’ai écrite en 1999. Et je crois bien que David sera le personnage principal d’un livre futur. »
“J’aime avoir en tête cet ample projet,
qui devrait m’occuper pendant
les trente prochaines années
.”

L’idée que Jonathan Coe a en tête, c’est un cycle de cinq fictions, mettant en scène divers membres de cette famille anglaise, essaimés dans différents pays d’Europe, des années 1950 à nos jours : « C’est une sorte de projet européen. J’ai beaucoup écrit sur la Grande-Bretagne depuis vingt-cinq ans, et je n’ai certes pas épuisé le sujet – d’ailleurs, mon prochain roman se passe en Angleterre. Mais j’ai aussi beaucoup voyagé en Europe, et après Expo 58, dont l’action se tient à Bruxelles lors de l’Exposition universelle de 1958, j’envisage un livre dont l’action se déroulera en Allemagne, un autre en France, un autre en Italie, un autre encore, mais je ne sais pas bien dans quel autre pays européen... C’est assez vague pour l'instant, mais j’aime avoir en tête cet ample projet, qui devrait m’occuper pendant les vingt ou trente prochaines années. Et si finalement ce projet n’aboutit pas... Eh bien, ce cycle romanesque avorté nourrira au moins les travaux des critiques universitaires des générations futures qui s’intéresseront à moi ! »
L’Europe, Jonathan Coe en plaisante, dans la conversation comme dans les pages d’Expo 58 – qui replongent à leur façon aux origines de l’Union européenne, au lendemain du Traité de Rome de 1957 –, mais le sujet lui tient à cœur : « Nous, Britanniques, sommes-nous naturellement proches de l’Europe ou des Etats-Unis ? J’ai toujours ressenti fortement le fait que la Grande-Bretagne était constamment confrontée à ce choix. La plupart des écrivains anglais que je connais n’éprouvent pas ce sentiment d’identité supra-nationale européenne ; ils se sentent appartenir, culturellement, à la sphère de la langue anglo-saxonne. Mais moi, non. Je ne lis d’ailleurs pas énormément de romans américains. Et durant mes années de formation, j’ai surtout lu les grands écrivains classiques européens, français ou russes. Si, en tant que romancier, je m’inscris dans une histoire, une tradition, c’est celle-ci. Je me sens européen plutôt qu’anglo-saxon, sans hésitation. »
Décor et thème central d’Expo 58, l’Europe n’en est pourtant pas le motif le plus profond. A travers l’histoire de son personnage central, le naïf Thomas Fowley, plongé à son insu dans un nid d’espions, manipulé par les uns, berné par les autres, c’est l’innocence aux prises avec la perversité, le mensonge, l’illusion, que met en scène le romancier : « Oui, Thomas est un naïf. Mais quand je regarde en arrière vers les années 1950-1960, et que je compare cette époque à la nôtre, il me semble bien que c’est l’époque elle-même qui était très naïve, confiante. En ce sens, innocente – et ce, pour la dernière fois dans l’Histoire contemporaine. Aujourd’hui, nous n’avons plus confiance en personne, ni nos hommes politiques, ni nos scientifiques, ni nos artistes. Et nous n’avons sans doute pas tort. Nous sommes plus éduqués, nous savons plus de choses que nos parents et nos grands-parents. La contre-partie, c’est que notre temps est plutôt celui de la défiance et du cynisme, c’est ainsi. »
“La naïveté est confortable,
mais dangereuse.”
De la réflexion sur la perte de l’innocence à l’évocation de l’enfance, il n’y a qu’un pas, que Jonathan Coe accepte de franchir : « La perte de l’innocence est effectivement, je crois, le thème récurrent de tous mes livres. Du Benjamin Rotter de “Bienvenue au club” au Mr Sim de “La vie très privée de Mr Sim”, passant par Michael Owen de “Testament à l’anglaise”, le personnage principal est toujours une sorte de projection de moi-même, en ce sens que j’ai vécu une enfance extrêmement heureuse et protégée. J’ai grandi dans les années 1970, comme dans une bulle, complètement à l’écart des grands débats politiques ou sociaux de ces années. Si bien que, lorsque j’ai débarqué à l’Université, je me suis senti égaré, fragile, comme quelqu’un qui ignore tout de la vie, qui ne comprend rien à ce qui l’entoure. Si j’avais eu une enfance plus rude, mon apprentissage de la dureté de la vie et mon accès à l’âge adulte auraient été plus rapides ! Mais cette incompréhension, c’est aussi, de façon plus générale, la situation dans laquelle nous sommes tous face au monde dans lequel nous vivons. Cela m’a frappé lorsqu’a éclaté la crise de 2008 : comment se fait-il que nous n’ayons rien vu venir ? Parce que nous vivions tous dans une sorte de bulle, douce et confortable, ignorant la façon dont fonctionnent l’économie, la finance internationale, ignorant donc la fragilité de ce confort que nous pensions acquis. La naïveté est confortable, mais dangereuse. »

De cette enfance protégée, se dégage fortement la figure d’un grand-père auquel Jonathan Coe doit notamment l’amour des livres, et le goût pour la comédie : « Personne d’autre, dans ma famille, ne partageait ce goût profond de la lecture. Mes parents lisaient, bien sûr, mais pour se distraire, pas pour trouver dans les livres des clés pour mieux comprendre le monde. Et c’est avec mon grand-père, qui est mort il y a trente ans maintenant, qu’enfant et adolescent, je partageais mes sensations de lecture. Il était aussi le seul homme de gauche que je cotoyais, dans ma famille qui était plutôt conservatrice. Et nous avions aussi le même goût pour l’humour, les comédies que diffusaient alors la télévision anglaise. » Des souvenirs intimes tels que celui-ci, Jonathan Coe les distille au compte-goutte dans la conversation, mais jamais, c’est certain, c’est promis, il n’en nourrira une autobiographie – tout simplement parce que « ce serait une histoire bien trop ennuyeuse », confie-t-il, arborant ce sourire ironique et mélancolique qui, assurément, n’est pas un masque social, mais bel et bien son vrai visage."

Pour moi, Coe est un auteur qui, sous couvert de légèreté, effleure des sujets profonds  et tristes : des sujets de sociétés, d'une société que l'auteur dépeint au fil d'une plume acerbe et vivace. Il m'a rarement déçu, même dans ses romans les moins réussis.

Steven

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Re: Jonathan Coe

Message par Steven le Jeu 2 Mar - 10:56



Pour resituer ce roman avant de présenter Numéro 11, ce commentaire écrit il y a un moment déjà :


Testament à l’anglaise

Le titre de ce roman, m’a amené à me poser bien des questions. La plupart ont subsisté pendant la lecture. Testament de qui ? Des Winshaw, richissime famille anglaise dont les membres sont « placées » dans tous les secteurs clés de la société anglaise ? De Michael Owen, jeune écrivain dépressif au prose avec un livre-enquête ainsi qu’avec un film qui l’obsède, film dont il n’a pas pu voir la fin au moment voulu et dont il rejoue sans cesse la scène interrompue ? De la société anglaise telle qu’elle existait avant ? Avant le Thatchérisme et de la fièvre libérale qui la saisit dans ces années-là.
Par où commencer ? Michael, sans aucun doute. C’est un écrivain, dépressif dont la vie va à vau de l’eau. En 1990, une visite anodine va le remettre sur les rails. Il reprend goût aux échanges humains, aux relations sociales. Il devient ami avec Fiona et bientôt un lien, ténu au départ, va se créer. Cette relation le décide à reprendre un projet délaissé depuis des années : l’histoire de la famille Winshaw. Cette famille omnipotente dans l’Angleterre moderne, dont les membres occupent des postes clés dans tous les secteurs qui comptent : politique avec Henry, député travailliste (mais surtout opportuniste), le journalisme avec Hilary qui fait l’opinion, l’art avec Roddy, l'agro-alimentaire avec Dorothy et la vente d’armes avec Mark. Ils sont les Winshaw, aiment l’argent et n’ont pas de scrupules : ils veulent réussir !
La « souche » de cette famille n’était pas dévoyée... C’est Thabitha, tante de tous ces jeunes Winshaw, qui est commanditaire de cette enquête. Elle espère bien prouver que son frère, mort il y a plus de trente ans, a été assassiné par leur autre frère. Michael Owen reprend l’enquête, renoue avec des amitiés passées (Phoebe, Joan) ; tous sont liés (victimes ? ) aux agissements de la familles Winshaw. Le roman pourrait tourner au drame, il y a plusieurs moments poignants... Mais c’est bien une satire que nous livre Coe, une satire sociale, aiguisée, alerte, captivante parfois. Si Michael Owen semble se noyer dans sa déprime, Coe s’interdit d’y plonger par un ton ironique, mordant.
Les années Thatcher passent au crible, l’auteur n’occultent aucun côté, ni l’affairisme, ni la destruction de la sécurité sociale, cause directe de la mort de Fiona, ni la corruption.
Le pouvoir politique marchant main dans la main avec les secteurs industriels (armement, agro-alimentaire) ou financiers au détriment de l’intérêt général est très bien décrit. Ca pourrait être déprimant, c’est passionnant. Coe, en mariant au sein d’un même roman de nombreux genres littéraires (policier, thriller, biographie, psychodrame...) arrive à créer un fresque étonnante et captivante.

Steven

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Re: Jonathan Coe

Message par Steven le Jeu 2 Mar - 11:09




Rachel et son amie Alison, dix ans, sont très intriguées par la maison du 11, Needless Alley, et par sa propriétaire qu’elles surnomment la Folle à l’Oiseau. D’autant plus lorsqu’elles aperçoivent une étrange silhouette à travers la fenêtre de la cave. Val Doubleday, la mère d’Alison, s’obstine quant à elle à vouloir percer dans la chanson, après un unique succès oublié de tous. En attendant, elle travaille – de moins en moins, restrictions budgétaires obligent – dans une bibliothèque et trouve refuge dans le bus numéro 11, pour profiter de son chauffage et de sa chaleur humaine. Jusqu’à ce qu’un appel inespéré lui propose de participer à une émission de téléréalité. Quelques années plus tard, dans un quartier huppé de Londres, Rachel travaille pour la richissime famille Gunn, qui fait bâtir onze étages supplémentaires... souterrains. Piscine avec plongeoir et palmiers, salle de jeux, cinéma, rien ne manquera à l’immense demeure. Mais plus les ouvriers s’approchent des profondeurs du niveau –11, plus des phénomènes bizarres se produisent. Si bien que Rachel croit devenir folle. À travers ce roman construit autour du chiffre 11, Jonathan Coe tisse une satire sociale et politique aussi acerbe que drôle sur la folie de notre temps. Il croque ses contemporains britanniques, gouvernés par une poignée de Winshaw – descendants des héros malveillants de Testament à l’anglaise –, capture dans sa toile les très riches et leurs serviteurs, leurs frustrations, leurs aspirations et leur démesure, avec une virtuosité toujours aussi diabolique.






La couverture : une table, la numéro 11, une ligne de bus, la 11, un clin d’œil avec le roman Testament à l’anglaise posé sur la table.
Un détail ce nouveau roman de Coe ? Je l’ai cru après la première partie. Une légèreté de l’auteur après Expo 58 ? Peut-être, mais sachant que le 11 Downing Street est la résidence du ministre chargé des finances et du trésor, le lecteur commence à comprendre qu’une fois encore, au travers d’histoires dérisoires, parfois mal ficelées, Jonathan Coe s’attaque à l’Angleterre des puissants, celle de son époque, de notre époque, celle qui avance coûte que coûte, délaissant les fragiles, les versant dans l’ornière. Les oubliés, les invisibles !
Derrière la légèreté, le lecteur le comprend vite, se révèle la densité, derrière l’anecdote frivole, le détail poignant qui émeut et qui donne toute sa force au roman… C’est le service de soin décadent pour tout un chacun mais si performant pour les riches, ce sont les inégalités sociales promues au rang de système politique…. Ce sont ces personnages invisibles qui, finalement, ne sont pas ceux qu’on croit… La galerie des personnages riches en couleur s’intensifie au fil des nouvelles qui, décousues, finissent pourtant par s’articuler  dans un tout cohérent… Un roman. Elles sont toutes  reliées par le numéro 11 mais aussi par une certaine façon de subir et d’accepter - ou de ne  pas accepter ! - la  situation installée en Angleterre. C’est sans doute vain, mais tellement  salvateur et parfois jubilatoire !

Steven

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Re: Jonathan Coe

Message par Aeriale le Jeu 2 Mar - 12:58

Merci pour ta présentation très détaillée Steven! Jonathan Coe est un auteur que j'ai abordé une première fois, sans succés avec La maison du sommeil  à sa sortie (98?) Ce n'était pas le bon moment. L'histoire m'avait paru embrouillée, avec des fils qui se croisaient ce qui avait fini par me lasser.


Je l'ai repris avec La pluie avant qu'elle tombe-et là j'ai été complètement embarquée




Un très beau roman, triste et limpide, comme cette pluie dont il fait référence. Jonathan Coe a superbement rendu le côté inexorable des choses, ce processus qui fait que rien n'est anodin, tout s'imprime à jamais dans l'âme d'un enfant et détermine son parcours futur.

Par le biais de ces instantanés de vie, ces petites photos souvent trompeuses où des sourires de convenance cachent parfois des mal-être et des plaies encore à vif, Rosamond dévoile peu à peu l'histoire de sa famille. On se glisse dans cette confession et toute une palette de sensations enveloppe ses mots. Nostalgie, bonheur fugace, cruauté, tout est décrit avec finesse et beaucoup de sensibilité.

Des images se fixent dans notre esprit comme celle du chien qui s'enfuit et de cette petite fille inconsolable parce qu'elle pressent confusément à ce moment précis le poids du reproche, de la responsabilité et d'une flagrante injustice aussi. Se faire aimer, se montrer irréprochable aux yeux d'une mère, même abusive. Tout découle bien sûr de là, de cette image qu'elle nous renvoie, elle qui reste notre première échelle de valeur, le fondement de toute personnalité.

Il me parait essentiel de ne pas sous-estimer ce qu'on doit ressentir quand on se sait mal aimé par sa mère. C'est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements mêmes d'un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne entière-

Des passages aussi qui reviennent, comme ce pique-nique où l'intense et l' éphémère se cotoient pour laisser la place au vide et à l'inéluctable, et où se cristallisent des sentiments fragiles sur une musique, un paysage. Ici Le Balairo et l'Auvergne. Et cette image de la pluie "préférée" de Thea cette "pluie avant qu'elle ne tombe
Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai?
C'est dur, cruel et tendre à la fois, c'est une vie sans fards, mais c'est la leur. Quel est la part du hasard? Rien ne parait inévitable et chaque être est conditionné semble dire l'auteur.
L'idée que tu aurais pu ne pas exister, que tu aurais pu ne pas naître, me parait si injuste, si monstreuse et contre nature...Ca ne veut pas dire que ton existence corrige ou annule toutes ces erreurs. Elle ne justifie rien. Ce que ça signifie ou plutôt ce que cela me fait comprendre, c'est ceci: la vie ne commence à avoir un sens qu'en admettant que parfois, souvent, toujours, deux idées absolument contradictoires peuvent être vraies en même emps.
    Tout ce qui a abouti à toi était injuste. Donc tu n'aurais pas dû naître.
    Mais tout chez toi est absolument juste: il fallait que tu naisses.
    Tu étais inévitable.
Donner un sens, chercher les liens, on peut toujours en jouer, jamais on ne saura!
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Re: Jonathan Coe

Message par Aeriale le Jeu 2 Mar - 13:09

-La maison du sommeil-




Bizarre comme ma première tentative dans l'univers de Coe m'avait laissée si peu de souvenirs. Je ne devais pas être dans le bon mood, la construction peut-être, je ne sais pas, mais j'avais lâché rapidement. Pourtant il y avait là tous les ingrédients d'une intrigue alléchante: Deux périodes en parallèle, une maison comme héroïne, des personnages complexes qui s'y croisent et s'y retrouvent, et le sommeil et ses rêves comme moteur du récit. Cette fois ci donc j'ai persisté et reconnais que le principe est efficace!

Jonathan Coe par ce judicieux chassé croisé tient son histoire, les situations parfois rocambolesques parviennent à rester plus ou moins crédibles même si la fin est un peu bâclée, et l'enchevêtrement de chaque destinée amplifie l'effet de suspense. Il y a aussi de l'humour, une petite critique du milieu psychiatrique, bref on ne s'ennuie pas. Deuxième tentative concluante pour moi donc même si la chute m'a paru un peu tirée par les cheveux!
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Re: Jonathan Coe

Message par Steven le Jeu 2 Mar - 22:04

Tiens, j'avais abordé Coe par La maison du sommeil moi aussi. J'en écrivais ça :

"Après Testament à l'anglaise, Jonathan Coe accomplit avec La maison du sommeil un nouveau tour de force où sont orchestrés, avec une habileté démoniaque, critique sociale, comique ravageur et fantaisie romanesque."



C'est cette présentation qui est écrite en quatrième de couverture. Je n'ai rien lu d'autres de Jonathan Coe, mais avec ce roman, je n'ai pas su saisir le "comique ravageur", ni apercevoir "la critique sociale" (à part quelques lignes sur l'administration qui remet les malades mentaux en liberté par manque de place).
Par contre, je reconnais l'habileté et la "fantaisie romanesque" de Coe qui produit un roman efficace qui fonctionne bien, qui se lit sans problème mais où tout me semble un peu trop prévisible. Les ressors, bien que parfaitement huilé, sont usés et sans surprises.
L'ensemble se lit quand même très facilement et le personnage de Grégory Dudden est très bien brossé, réhaussant par sa fascination pour le sommeil et sa folie latente tout le roman.

Ah, dernier point, la parodie d'article de Terry sur un producteur de cinéma, article qui lui a coûté sa carrière m'a fait beaucoup rire. (comme quoi, il y aussi le "comique ravageur" !


Pas emballé non plus par ce roman !

Steven

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Re: Jonathan Coe

Message par Steven le Jeu 2 Mar - 22:10

Par contre, je garde un très bon souvenir de La pluie avant qu'elle tombe ! Quelle délicatesse ce roman !




Citation : Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années 40 à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désire, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux, intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ?

Il est des voix qui résonne, c'est vrai ; telle celle de Rosamond qui se raconte et raconte, au travers de 20 instantanés, une époque... des époques plutôt... Et c'est dans ce regard sur les époques que Rosamond a traversé que le style de J. Coe prend tout son sens, toute sa force. Léger, profond, intime, transperçant, il peint les époques, les relations entre ces générations et leur entourage. Pourtant, l'histoire que conte Rosamond semble banale, prête à basculer au moindre coup de hasard qui ne survient pas. Cette histoire, simple, l'histoire d'une vie, des choix qui l'ont mené, effleure, sans s'y appesantir, les us et coutumes d'un pays, son évolution.
Il reste la voix de Rosamond. On en ressent presque la tessiture, tant Coe la rend bien, dans le choix des mots, des expressions, dans les coupures, les blancs aussi. Moins burlesque que d'autres romans de Coe, ce roman m'a beaucoup touché par le frêle lien qu'essaie de créer Rosamond entre ses nièces et son passé, sa voix, faible écho d'une vie éteinte.

Steven

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Re: Jonathan Coe

Message par Aeriale le Ven 3 Mar - 8:25

@Steven a écrit:Par contre, je garde un très bon souvenir de La pluie avant qu'elle tombe ! Quelle délicatesse ce roman !
Bien d'accord! Assez différent des autres j'ai l'impression, mais très touchant ce roman. Il m'a pas mal marquée.

J'ai noté aussi Numéro 11 qui m'a l'air jubilatoire et bourré de clin d'oeil!
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Re: Jonathan Coe

Message par Céline le Ven 3 Mar - 8:56

Beaucoup aimé La pluie avant qu'elle ne tombe et La maison du sommeil (surtout ce dernier), je ne crois pas en avoir fait de commentaires, ou je ne les ai pas retrouvés. 
Merci pour le fil et la présentation de Numéro 11 @Steven, c'est très tentant!

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