Mathias Énard

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Mathias Énard

Message par Aeriale le Sam 4 Mar - 18:41




Mathias Enard né le 11 janvier 1972 à Niort, est un écrivain et traducteur français, prix Goncourt 2015 pour son roman Boussole
Après une formation à l'École du Louvre, il suit des études d’arabe et de persan à l'INALCO. Après de longs séjours au Moyen-Orient, il s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles. Il traduit deux ouvrages, l'un du persan, et l'autre de l'arabe. Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris et, en 2010, il enseigne l'arabe à l'université autonome de Barcelone.

La Perfection du tir, son premier ouvrage, paraît en 2003, roman narratif d'un tireur embusqué durant une guerre civile — d'un pays non évoqué, mais qui pourrait être le Liban —  L'ouvrage est récompensé l'année suivante par le Prix des cinq continents de la francophonie, et Prix Edmée-de-La-Rochefoucauld. Il est aussi sélectionné au Festival du premier roman 2004

Il est pensionnaire de la Villa Médicis en 2005-2006

En 2008, Actes Sud publie son roman Zone, caractérisé par une seule phrase à la première personne, de cinq cents, et récompensé par plusieurs prix, dont le Prix Décembre, le Prix Candide et le Prix du Livre Inter.

Il publie en 2010 aux éditions Actes Sud un petit conte, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, sur un épisode probablement fictif de la vie de Michel-Ange, une escapade à Constantinople. L'ouvrage est couronné par le prix Goncourt des lycéens 2010

En 2012, il publie Rue des voleurs chez Actes Sud, récit de voyage d’un jeune Marocain errant en Espagne lors des printemps arabes et du mouvement des indignés.
Sources Wikipedia
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Re: Mathias Énard

Message par Aeriale le Sam 4 Mar - 18:51

Un auteur découvert avec ce premier roman aux allures de conte qui donnait un aperçu de son style, mais un peu trop formel au détriment des émotions. J'en été ressortie un peu frustrée.


Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants-





J'ai lu sans déplaisir ce petit roman qui nous transporte dans un Empire ottoman du XVIème siècle, sur les traces de Michel Ange. On y découvre certains aspects de l'artiste, encore jeune et maladroit, semblant chercher l'inspiration dans les rues d'Istanbul. Un homme au caractère bien trempé, un peu déstabilisé par cette différence de culture et qui vit encore les doutes du génie naissant.

On y apprend les rivalités qui l'opposent à Léonard de Vinci ou Raphaël, son goût pour les longues balades, ses premiers émois au niveau sexuel (il n'est pas trop déterminé d'ailleurs) et cet amour non consommé avec le poète Mesilhi qui le marquera plus tard. C'est toujours très agréable de mêler la fiction à l'histoire, d'autant qu' Enard nous livre à la fin quelques indices qui éclairent l'oeuvre future, et collent à la réalité. L'écriture est soignée et le personnage de Michel Ange a du relief. Mais forcément ces quelques pages, même si elles sont très élégantes, sont bien peu pour s'attaquer au mythe et m'ont laissée sur ma faim.


Je ne cherche pas l'Amour. Je cherche la consolation, le réconfort pour tous ces pays que nous perdons depuis le ventre de notre mère et que nous remplaçons par des histoires, comme des enfants avides, les yeux grands ouverts face au conteur.
    La vérité, c'est qu'il n'y a rien d'autre que la souffrance et que nous essayons d'oublier, dans des bras étrangers, que nous disparaîtrons bientôt.
    Ton pont restera, peut-être prendra t'il, au fil du temps, un sens bien différent de celui qu'il a aujourd'hui, comme on verra dans mon pays disparu bien autre chose que ce qu'il était en réalité, nos successeurs y accrocheront leurs récits, leurs mondes, leurs désirs, rien ne nous appartient. On trouvera de la beauté dans de terribles batailles, du courage dans la lâcheté des hommes, tout entrera dans la légende
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Re: Mathias Énard

Message par Aeriale le Sam 4 Mar - 18:58

-Rue des voleurs-

Celui-ci m'avait emportée! Voici mon commentaire à sa sortie.




Un livre totalement différent de son dernier, aux allures de conte et à la langue badine, où l'Histoire prenait forme et Enard peu de temps pour nous l'évoquer. Rue des voleurs démarre fort, l'auteur nous plonge en plein drame familial, son héros Lakhdar, un jeune marocain obligé de fuir les siens après avoir été surpris avec sa cousine, se retrouve à la rue, complètement démuni et isolé, jusqu'à ce qu'un groupuscule islamique le prenne sous sa protection. A partir de là son parcours s'emballe et Lakhdar se retrouve confronté à un tas de situations plus chaotiques les unes que les autres. L'amour, la découverte d'un monde hostile ou au contraire étrangement séduisant, l'amitié et les désillusions. Récit d'une quête, d'une recherche identitaire dans laquelle l'auteur prête sa voix et sa vision d'un monde en plein bouleversement, ce roman se lit à cent à l'heure.

J'ai été scotchée d'entrée. Par ce personnage toujours au bord de la faille mais aussi totalement lucide, le lecteur côtoie des milieux cosmopolites, parfois une partie brûlante de l'actualité, sans que le rythme ne baisse d'intensité ni que l'auteur ne tombe dans la démonstration journalistique. Peut-être certains le trouveront incomplet, trop survolé quant aux faits, mais pour moi Enard réussit là une parfaite synthèse entre la fiction et la réalité. Une écriture fine, vivante, une intrigue construite et bien menée, une réflexion et de l'émotion que transpercent quelquefois des traits d'humour envers son jeune héros. Pour moi, Rue des voleurs réunit toutes les qualités d'un très bon roman, bravo à Mr Enard cheers

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Re: Mathias Énard

Message par Arabella le Sam 4 Mar - 19:01

Pour Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants, je l'avais aussi lu sans déplaisir, mais sans passion, restant à l'extérieur d'un objet trop pensé mais qui ne m'a emporté à aucun moment, tout cela étant quand même trop attendu, et comme tu le dis Aeriale laisse sur sa faim, compte tenu de l'ampleur du sujet.

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Re: Mathias Énard

Message par Aeriale le Sam 4 Mar - 19:08

@Arabella a écrit:Pour Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants, je l'avais aussi lu sans déplaisir, mais sans passion, restant à l'extérieur d'un objet trop pensé mais qui ne m'a emporté à aucun moment, tout cela étant quand même trop attendu, et comme tu le dis Aeriale laisse sur sa faim, compte tenu de l'ampleur du sujet.
Je suis d'accord, il avait besoin d' être étoffé. Mais si tu ne l'as pas lu, il faut que tentes Rue des voleurs  Il me semble que ce roman a tout, ici Enard est arrivé au sommet de son art. Il réunit le talent et même le génie qui perçait dans Zone, à la verve et l'habilité d'un romancier consacré. Tout cela avec énormément d'empathie et une superbe humanité. Ce garçon a tout d'un grand!

Mon com sur -Zone-



Lire Zone est une incroyable expérience. Un livre fou, une frénésie de mots, d'impressions, de souvenirs qui jaillissent d'emblée dans un long monologue dont on ne sort jamais et qui pourtant nous ferre et ne lâche plus le lecteur à la fois transporté et englouti par cette rage furieuse. Un rythme dense, une ponctuation inexistante ou presque, une foison de connaissances et des digressions qui nous font croiser Malcom Lowry, Williams Borroughs ou Jean Genet, pour revenir à Lawrence d'Arabie ou Hafez Al Assad. Et au milieu de tout ça, la guerre omniprésente, la violence, depuis l'origine avec ses Borgia et ses sanguinaires qui n'hésitaient pas à énucléer leurs ennemis, jusqu'à celles plus récentes des conflits palestiniens, en passant par la guerre de Troie, une des plus illustres et à laquelle Enard fait souvent référence, dans une sorte de litanie.

C'est un récit monstrueux dans tous les sens, dans sa densité et dans son impact. Enard nous plonge avec son héros, ancien agent tentant une rédemption quasi désespérée, dans les heures les plus sombres de l'Histoire avec une verve et un talent fou, à un point qu'il est difficile de garder la tête hors de l'eau. Il y a quelques belles échappées, lorsque Francis ivre et sonné par le bercement lancinant du train s'égare dans les rues de Venise ou de Paris en rêvant à ses amours passés, mais dans l'ensemble il y a très peu de respiration. Dit comme ça cela peut faire peur, et pourtant on a du mal à s'en arracher tellement l'auteur est habité par son sujet. Un récit halluciné, exigeant, qui demande beaucoup au lecteur (concentration, souffle, connaissances géo-politique) et dont on n'est jamais certain de venir à bout mais qui préfigure déjà l'émergence d'un grand écrivain avec lequel il va falloir compter. Grand coup de chapeau à Mathias Enard et merci à @Nathria sans qui je ne me serais peut-être pas lancée!
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Re: Mathias Énard

Message par kenavo le Dim 5 Mar - 7:03

merci pour ce fil... un auteur que j'apprécie énormément

ma première rencontre avec lui se faisait bien longtemps avant mes activités sur internet, du coup, jamais fait de commentaire... mais cela reste un de mes préférés de lui 


Remonter l'Orénoque
Présentation de l'éditeur
Dans les corps qu'ils ouvrent, les patients qu'ils soignent, et jusque dans leur amitié, deux chirurgiens cherchent, comme à tâtons, une vérité qui justifierait leur propre existence. Youri opère sous les yeux de Joana, la jeune infirmière qu'Ignacio convoite ; au cœur d'un été caniculaire et d'un hôpital en pleine déliquescence, l'un se perd dans la passion comme l'autre dans l'alcool et la folie. Ils pousseront Joana à les fuir, à entreprendre un long voyage au Venezuela : remonter le grand fleuve Orénoque sera pour elle l'occasion de démêler, depuis le ventre tiède d'un cargo, l'écheveau de leurs vies. Au fil de ce voyage vers l'Amazonie, le deuxième roman de Mathias Enard nous emporte au centre d'un triangle amoureux dont les sommets seraient la naissance, le corps et le désir, tous trois si ténus qu'ils ne sont peut-être que des reflets sur les eaux boueuses d'une rivière mythique.


un livre dont on ne parle pas si souvent...


L’alcool et la Nostalgie
Présentation de l'éditeur
Réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone de Jeanne, qui lui apprend le décès de Vladimir, Mathias part à Moscou pour escorter le corps de son ami jusqu'à son village natal, au-delà de Novossibirsk. Dans le Transsibérien, il s'adresse au faux frère couché dans sa boîte, évoque le trio fiévreux que tous deux ont formé avec Jeanne, et l'emprise des stupéfiants autant que le dépit amoureux qu'il a cru fuir en retournant seul à Paris. Au fil de quatre mille kilomètres de paysages ouatés, pâles bouleaux et neige immaculée, les souvenirs se pressent, bientôt relayés par les plus belles pages de Gogol, Tchekhov, Dostoïevski ou Axionov qui lui avaient fait rêver la Russie. Si l'amour ne peut plus rien quand l'alcool et la nostalgie se sont emparés d'un homme, restent la révolution, la mort, ou la littérature. C'est ce que Mathias Enard illustre magistralement dans ce roman sensuel, ardent et profondément mélancolique.
Mathias Enard faisait partie du voyage d’écrivains dans le Transsibérien organisé par CulturesFrance pendant deux semaines, en juin 2010, sur la partie orientale du trajet Novossibirsk-Vladivostok.

Un petit livre (87 pages en Babel) en est né de sa part.
C’est un texte mélancolique mais qui va finir par convaincre le lecteur avec son écriture. On fait partie de ce voyage, aussi bien celui dans le train que celui dans le passé où le narrateur va revivre quelques souvenirs entre Jeanne, Vladimir et lui.

Pour mon goût le voyage aurait pu être beaucoup plus long, mais c’était probablement pour Mathias Enard seulement une « commande » après ce voyage. Reste qu’on peut déguster quand même ces quelques pages… et retrouver peut-être aussi d'autres auteurs qui ont écrit sur ce voyage (p.ex. Maylis de Kerangal ou Dominique Fernandez)

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Re: Mathias Énard

Message par kenavo le Dim 5 Mar - 7:05

Images: Pierre Marquès


Tout sera oublié
Présentation de l'éditeur
"L’été 1991, les Serbes, les Bosniaques, les Croates commencent à se foutre sur la gueule et vingt ans plus tard on me demande d’imaginer un monument qui ne soit ni serbe ni bosniaque ni croate pour cette guerre oubliée plus que terminée.
– Seul un artiste international comme vous peut dessiner quelque chose d’intéressant, on m’a dit. Quelque chose qui ne soit pas partisan, on m’a dit. Qui prenne en compte les souffrances de tous les camps, on m’a dit. Drôle d’idée qu’un monument à la souffrance, j’ai pensé", Pierre Marquès
C’est alors que commence pour les auteurs une traversée des ruines de cette guerre balkanique, pour qui "les souvenirs, les traces, les marques sur les façades, sur les visages, le passé devient la seule façon de voir le présent." Un roman graphique, premier d’une longue série. "Pierre Marquès, dit Mathias Énard, reprend et transforme les grandes problématiques de l’art contemporain, donnant ainsi une signification profonde et engagée à un médium que certains croyaient en danger d’extinction : la peinture."
Rayon BD de chez Actes Sud, classé Roman Graphique…

J’ai presque tendance de parler d’un livre d’art, tellement les images de Pierre Marquès sont extraordinaires. Et le texte de Mathias Enard qui les fait vivre…

Voilà vraiment une belle collaboration qui a abouti dans un livre ‘parfait’… mais peut-on utiliser un tel mot envers la guerre… envers le souvenir de celle-ci ?

À la recherche de souvenirs d’une guerre qui est « plus oubliée que terminée », on suit Mathias Enard et Pierre Marquès à travers Sarajevo, quelques endroits en Pologne et Belgrad…


Les morts n’ont plus besoin de rien et les vivants
veulent vivre en paix.

La vie est le seul monument aux morts.
Les histoires que les morts racontent aux vivants.


Grand, grand coup de cœur pour ce livre auquel je souhaite beaucoup, beaucoup de lecteurs !!










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Re: Mathias Énard

Message par domreader le Dim 5 Mar - 12:16

Ce livre a l'air magnifique. J'aime beaucoup Mathias Enard en plus....

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Re: Mathias Énard

Message par kenavo le Lun 6 Mar - 6:08

je confirme, livre magnifique Wink

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