Molière

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Molière

Message par Arabella le Sam 4 Mar - 22:04

Molière (1622 - 1673)





Source / Wikimi

Molière est un dramaturge (auteur de pièces de théâtre) et acteur français, né le 15 janvier 1622 à Paris et mort le 17 février 1673 dans cette même ville. Son vrai nom est Jean-Baptiste Poquelin.

Considéré comme le patron de la Comédie française, Molière est encore aujourd'hui reconnu comme l'auteur le plus joué au théâtre. Dans ses pièces, il est souvent moqueur des nobles, riches et bourgeois.


La jeunesse de Molière
Molière est le fils d'un riche marchand tapissier du roi. Sa mère meurt alors qu'il n'a que 10 ans. En 1637, il prête le serment de tapissier royal, reprenant ainsi la charge de son père. En 1642, il quitte les études de droit et revient à Paris où il remplace son père en devenant tapissier du roi. En 1643, il quitte le métier que lui avait confié son père et coupe tous liens avec lui. Molière est né à Paris et fut baptisé le 15 janvier 1622.

Les débuts difficiles dans le théâtre
En juillet 1644, il est de retour à Paris, se nomme Molière et devient directeur d'une troupe théâtrale. En 1645, la troupe fait faillite et Molière est emprisonné pendant quelques jours. Il est libéré grâce à son père qui paie la dette de la troupe. Entre janvier 1646 et mars 1657, la troupe part dans plusieurs villes. En 1653, la troupe passe au service du prince de Conti, mais doit rapidement partir car celui-ci finit par céder aux pressions religieuses. Elle passe alors au service du gouverneur de Normandie.

La gloire de Molière
Molière retourne à Paris en 1658. Le 18 novembre 1659, c'est le succès éclatant des Précieuses ridicules. Mais le théâtre où la troupe se trouve est détruit, ce qui entraîne trois mois de chômage. Molière s'installe en 1660 au Palais royal. Il est sacré premier farceur de France par Baudeau de Somaize. Il perd son frère cadet, ce qui fait de lui l'unique héritier de la charge de son père avec lequel il s'est réconcilié. En 1662, Molière épouse Armande Béjart, de vingt ans sa cadette, avec qui il a un fils, Louis, dont le roi est le parrain. Baptisé le 24 février 1664, Louis meurt le mois suivant. L'année de son mariage, Molière compose L'École des femmes, qui est un succès. Son épouse y tient le rôle principal. En 1663, L'École des femmes est accusée de pièce irréligieuse. À cause de cette pièce, mais aussi parce que Molière est le premier comédien à avoir reçu une pension directe du roi, il est soudain accusé d'avoir épousé sa propre fille. Le 29 janvier 1664, Molière présente au Louvre Le Mariage forcé. Il est ensuite nommé responsable des divertissements de la cour. La troupe, soutenue par le roi, devient la Troupe du Roy et reçoit une pension de 6 000 livres par an, ce qui ne fait pas grand-chose lorsqu'on sait que la recette d'une représentation réussie est d'environ 1 800 livres. En 1665, Molière est écarté de la scène pour deux mois. Le 4 décembre, la troupe joue Alexandre le Grand, qui déçoit par l'interprétation. La troupe trahit Molière.

Les dernières pièces de Molière
En 1666, Molière et Armande se séparent. Le 6 août, Molière crée Le Médecin malgré lui. Le 27 novembre, il fait une grave rechute qui ne lui permet de remonter sur les planches qu'en juin 1667. En 1669, il perd son père et crée des comédies-ballets comme Le Bourgeois gentilhomme et de nombreuses autres pièces. En 1671, il crée Les Fourberies de Scapin. Il se réconcilie avec Armande en 1672. En 1673, Molière perd la faveur de Louis XIV et son Malade imaginaire n'est pas joué à la cour.

Les cibles de Molière
Molière a su observer ses contemporains ainsi que les Moeurs de sa société. Dans ses pièces, il critique de façon humoristique nombreux de ses contemporains.
Dans Tartuffe il s'attaque aux dévots et à l'hypocrisie religieuse très présente dans sa société. Cette pièce a d'ailleurs été supprimée à cause des propos religieux ou politiques que le roi n'acceptait pas.
Il s'attaque aussi aux avares dans la pièce l'Avare qui porte bien son nom.
Enfin, il s'attaque souvent aux médecins, qu'il juge comme des incapables et des charlatans comme dans Le médecin malgré lui.

La mort de Molière
Le 17 février 1673, Molière fait la quatrième représentation de ce qui va être sa dernière pièce, Le Malade imaginaire. Pendant la pièce, il ressent des douleurs mais le public ne le voit pas car il les dissimulent sous son rôle de malade. Quelques heures seulement après la représentation du Malade imaginaire, Molière expire chez lui d'une convulsion pulmonaire , une maladie des poumons.

Il est enterré au Père Lachaise, à Paris, à côté de Jean de la Fontaine.

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Re: Molière

Message par Arabella le Sam 4 Mar - 22:05

Dom Juan

Comment parler de ce texte ? Que tout le monde connaît. Lu, relu, étudié en cours au lycée, vu au théâtre plusieurs fois... Tellement de choses, savantes, érudites, ont été écrites à son sujet, tellement d’interprétations, d’analyses ont été produites pour l’approcher. Chacun en a sa vision, son ressenti.

Alors juste quelques lignes pour dire à quel point c’est un plaisir de le relire, de replonger dedans, de retrouver les mots,les situations, les personnages, connus évidement, mais qui à chaque fois semblent légèrement différents. La course à l’abîme de Dom Juan que rien ne saurait rassasier ; la relation trouble, entre fascination, répulsion, admiration, peur, amour, que Sganarelle entretient avec lui ; l’attrait magnétique qu’il exerce sur les femmes mais pas que, qui révèle à chacun quelque chose de son désir le plus intime, celui qui ne trouve pas son assouvissement dans la vie de tous les jours telle qu’on la vit….

Et Don Juan est un mythe, c’est dire qu’il a donné lieu à des multiples histoires, plus ou moins semblables, avec des différences de détail ou plus profondes. Il aurait eu un modèle réel, comme le prétendent de nombreux mythes. La première version du mythe, la pièce espagnole (Tirso de Molina), moralisatrice et moyennement intéressante a pourtant donné envie à d’autres de raconter cette histoire. Les Italiens d’abord, qui ont ajouté le fameux catalogue, et qui l’amènent à Paris, où avant Molière deux autres versions voient le jour, ce qui montre à quel point ce récit parlait à l’imaginaire. D’autres œuvre suivront, même si on revient spontanément à Molière et à Mozart / Da Ponte quand on pense au personnage. Mais il n’a pas fini de fasciner, et d’autres productions verront certainement le jour encore.

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Re: Molière

Message par Arabella le Lun 22 Mai - 22:11

Les précieuses ridicules

Les troupes de comédiens de province du 17e siècle, ont pris l'habitude, pour attirer un public restreint et confronté à une offre de pièce limitée et un peu identique dans toutes ces troupes, à ajouter à la grande tragédie en cinq actes, une petite pièce comique, bricolée par un des comédiens ayant un petit talent d'auteur. La troupe de Molière, lors de son installation à Paris, où elle partage dans un premier temps le même théâtre que les comédiens italiens, garde cette habitude à la capitale, d'autant plus que sa façon de jouer, « plus natruelle », moins outrée, et permettant moins au public de faire le brouhaha, n'est pas un franc succès auprès du public parisien, qui a à sa disposition à l'époque plusieurs autres troupes installées. Les petites pièces de Molière, quant à elles, font accourir le public et assurent le succès financier. Mais elles ne sont pas considérées comme une vraie œuvre, pas d'éditions de ces pièces (beaucoup de ces premières productions de Molière sont perdues), jusqu'à ce qu'une d'entre elle, ces Précieuses ridicules justement, subisse la tentative d'une édition pirate par un libraire, ce qui pousse Molière à l'éditer lui-même. Le succès à répétition de ces petites pièces de Molière va aboutir à ce que d'autres troupes adoptent cette pratique à Paris, et cela va devenir la règle ; lorsque la Comédie Française se crée, une petite pièce sera présentée systématique en complément de la grande pièce, et cela va perdurer jusqu'à la fermeture du théâtre en 1793 pendant la Révolution française.

Plusieurs registres se rejoignent dans ces Précieuses ridicules. Le thème du valet déguisé en maître est un grand classique du courant burlesque de la comédie, imité au départ de la comédie espagnole. Et justement la troupe de Molière vient d'engager Jodelet, l'auteur comique le plus célèbre à son époque, justement grâce à ses rôles de valet déguisé en maître et qui adopte un comportement totalement à l'opposé de celui qu'on attendrait d'un noble seigneur, les pièces comme Jodelet ou le Maître valet de Scarron et Jodelet prince de Thomas Corneille sont d'ailleurs à l'affiche de la troupe de Molière à l'époque. Mais Jodelet est à l'époque âgé, et le public connaît trop bien ces pièces. Donc Molière va créer une pièce qui utilise les talents de Jodelet mais dans un cadre nouveau, celui des salons parisiens de l'époque, en faisant une parodie des usages à la mode, chez son public, qu'il pense être à même d'apprécier une satire, d'autant plus acceptable, que les personnages des Précieuses ridicules sont en réalités des provinciales qui aspirent à une façon de vivre qu'elles ne connaissent que par les livres et qui la singe d'une façon grotesque. Lui-même seconde Jodelet dans un rôle de valet déguisé, Mascarille. Il s'appuie pour inventer sa satire, sur les écrits de Charles Sorel, qui a parodié les mœurs galantes qui ont cours dans les salons, en particulier dans un texte qui s'appelle Les lois de la galanterie.

Donc nos deux jeunes femmes débarquées de leur province, Cathos et Madelon, traitent fort mal les prétendants choisis par leur père et oncle. Les jeunes gens décident de se venger, en leur envoyant leurs valets déguisés en seigneurs et qui singent les galants fréquentant les salons. Les deux cousines s'y laissent prendre, jusqu'à ce que les valets ne soient dénoncés et houspillés par leurs maîtres qui accomplissent ainsi leur vengeance.

Une pièce courte, d'une grande efficacité comique, qui combine d'une façon condensée mais en même temps très habile divers aspects de la comédie de l'époque, tout en ayant une véritable originalité, il ne s'agit pas uniquement de reprendre des modèles, venus de l'Italie ou d'Espagne, mais d'ancrer la comédie, la satire, dans le contexte de son temps, dans les usages et les mœurs en cours, ce qui permet aux spectateurs d'être plus proches, plus concernés directement par ce qui se passe sur la scène. Molière fait à fois la preuve d'une grande maîtrise des codes et conventions de l'époque, et d'une vraie inventivité.

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Re: Molière

Message par Arabella le Sam 27 Mai - 20:16

Tartuffe

La pièce est créée en 1664 à Versailles, dans le cadre de grandes fêtes. Elle reprend un sujet utilisé depuis le moyen-âge, dont les comédiens italiens avec qui Molière partage le même théâtre avaient fait une version de commedia dell’arte. Il s’agit d’un homme dévot qui recueille chez lui un saint homme, mais ce dernier, en dépit de sa sainteté, se met à courtiser la femme de son hôte. Cette dernière, après avoir repoussé les avances de l’homme qui  persiste, finit par révéler la chose à son mari, qui finit pas chasser le soi-disant saint homme.

Mais l’époque pendant laquelle Molière crée sa pièce n’est pas favorable : nous sommes pendant une grande campagne contre les jansénistes, et tout ce qui peut sembler une critique de la pratique catholique de la religion n’est pas le bienvenu. Car la pièce de Molière évoque la question du directeur de conscience, mis à l’honneur par François de Sales, censé permettre de vivre dans le monde, tout en vivant en Dieu. Et des hommes d’église et des dévots s’offusquent que l’on mette sur une scène de théâtre, qui pour certains semble déjà en elle-même condamnable, une pièce qui peut sembler se moquer d’une pratique religieuse considérées comme la plus sainte d’entre elles.

Pour défendre sa pièce et lui permettre de vivre (elle est interdite sur les scènes publiques), il précise qu’elle ne s’attaque pas à la dévotion, mais à l’hypocrisie, car dit-il « le devoir de la comédie c’est de corriger les vices des hommes ». C’est la première fois qu’il tient ce discours, qui correspond à l’objectif de la comédie, tel qu’il a été défini par les humanistes qui ont repris les modèles antiques au XVIe siècle, Molière jusqu’à cette affaire Tartuffe avait plutôt des visées de faire rire, de distraire avec le comportement des humains. Là il se réclame d’un modèle de la correction des vices, ce qui va influer sur sa production de pièces futures, car pour rester en cohérence avec cette position, il va écrire des pièces qui dénoncent explicitement les vices.

Ensuite, il modifie sa pièce, pour qu’elle soit encore plus clairement une dénonciation de l’hypocrisie. La pièce passe ainsi de 3 à 5 actes, en fait l’acte 2 et 5 sont rajoutés et le reste un peu arrangé pour que cela semble cohérent. C’est surtout l’acte 5 qui change la tonalité de la pièce, puisque Tartuffe, non seulement se révèle très cruel, voulant mettre la famille dehors de sa maison, voulant faire emprisonner son bienfaiteur, mais au final il se révèle un faux saint homme, et un escroc notable, appréhendé par la justice d’un juste souverain qui veille avec bienveillance sur ses sujets.

Poussé par les circonstances, à partir d’un sujet maint fois traité, banal pourrait-on dire, il fait quelque chose de bien plus fort, et qui l’engage sur un chemin de pièces très ambitieuses. La pièce est finalement autorisée, et a du succès.

Et malgré quelques petites incohérences dues à cette composition en plusieurs étapes, elle est toujours un grand très grand plaisir de lecture.

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