Alison Lurie

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Message par Aeriale le Lun 6 Mar - 16:30

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née le 3 spetembre 1926 à Chicago dans l'Illinois, est une romancière et une universitaire américaine. Elle a reçu le Prix Pulitzer pour son roman Liaisons étrangères (Foreign Affairs, 1984) et le prix Femina Etranger pour son roman La vérité sur Lorin Jones (The Truth about Lorin Jones, 1988). Ses romans se distinguent par une critique piquante de la société occidentale contemporaine, et notamment des milieux intellectuels. Bien que plus connue en tant que romancière, elle a également écrit de nombreux ouvrages non romanesques.


  • Les Amours d'Emily Turner (Love and Friendship, 1962)
  • La Ville de nulle part (The Nowhere City, 1965)
  • Des amis imaginaires (Imaginary Friends, 1967)
  • Des gens comme les autres (Real People, 1969)
  • Conflits de famille (The War between the Tates, 1974)
  • Comme des enfants (Only Children, 1979)
  • Femmes et Fantômes (Nouvelles)
  • Liaisons étrangères (Foreign Affairs, 1984) -
  • La vérité sur Lorin Jones (The Truth about Lorin Jones, 1988)
  • Un été à Key West (The Last Resort, 1998)
  • Vérité et Conséquences (Truth and Consequences, 2005)
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Message par Aeriale le Lun 6 Mar - 16:34

-La Ville de nulle part-


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Paul Cattelman, brillant diplômé d' Histoire à Harvard, ne trouvant pas de poste vacant près de Boston, vient de s'installer dans une petite ville de la côte ouest où il s'est vu proposé un poste de biographe dans une société proche du gouvernement. Un statut transitoire comme l'espère sa femme Katherine, décontenancée par l'aspect flashy et vulgaire de ce qui les entoure...

D'emblée celle-ci apparait comme l'emmerdeuse de service, coincée dans son conformisme un peu snob, très Nouvelle Angleterre et handicapés par ses sempiternels maux de tête. Le climat pense-t'elle ou peut-être quelque chose de plus profond qu'elle n'ose pas nommer. Paul lui, tout à son excitation face à cette nouvelle vie, se laisse vite séduire par les attraits faciles de la Californie: la plage, le dilettantisme et les filles qui vont avec. Son boulot -mais en est-il vraiment un?- lui laisse tout loisir pour en profiter.  Fasciné par une jeune serveuse, Cécile, vaguement artiste et très bohème,  il va tomber dans le piège d'une liaison torride, à l'opposé de ce qu'il vit avec sa femme.

Voilà pour le pitch de base. Bien sûr derrière l'aspect gazette de l'adultère consommé sous le soleil de Venice beach, Alison Lurie s'amuse  à décortiquer  toutes les nuances des rapports humains. Le désir refoulé de Katherine envers son boss (le personnage du  psy -Iz- est réellement jubilatoire) l' apprentissage de ses propres envies,  la recherche de reconnaissance dans un monde biaisé au départ, d'un côté (Glory empêtrée dans la star system) le laisser aller des passions de l'autre. Des univers et des conceptions radicalement opposés vont s 'interférer ou se nourrir, et il y aura forcément des gagnants et des perdants. Mais bien sûr, pas ceux que l'on croit.

Un roman acerbe et d'une grande finesse. Chaque personnage est d'une vérité et d'une précision fabuleuses, aucun n'est escamotés au profit d'un autre. Alison Lurie en profite ici encore pour illustrer quelques travers de milieux qu'elle semble bien connaître ou au moins appréhender ( le milieu universitaire, les beatniks des sixties, celui du show biz) Il y a toujours cette touche malicieuse et pleine d'ironie bienveillante envers ses semblables. Jamais d'aigreur mais plutôt le regard averti d'une auteure qui n'a plus rien à prouver. Réellement excellent!
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Message par Aeriale le Lun 6 Mar - 16:41

-Les liaisons étrangères-


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Un roman très bien construit qui nous révèle beaucoup sur la façon dont sont perçus les rapports anglo-américains aux yeux des universitaires. C'est drôle, ironique et parfois amère, et on suit les aventures de Vinnie et Fred avec un vrai plaisir, sans s'ennuyer une seconde.

Alison Lurie balance pas mal sur les travers du milieu qu'elle côtoie, hypocrisie, bienveillance feinte, parfois même vacuité, d'où découle forcément une part de ridicule (par ex, le couple amis de Fred campés sur leur à priori ) et où le bon sens de Chuck exagérément voyant et lourdingue apparaît comme un contre pied salvateur. Lui -même ne sera pas épargné par la touche mordante de l'auteure dans sa démarche forcenée afin de se trouver de nobles ancêtres mais sa résolution finale (s' accomoder de plus simples origines) démontre qu'il restera finalement le plus lucide de tous.

J'ai bien aimé aussi cette image de Fido le chien fantôme de Vinnie, son défouloir et son reflet, compagnon de route et témoin de ses misères, et qu'elle hésitera à abandonner mais gardera avec elle au final. Sans doute sera t'il toujours là car qui peut se dire comblé tout au long d'une vie?

Un bon roman qui se balade constamment entre le cynique et quelque chose de plus triste qui semble être le regard plein de lucidité de l'auteure. Un roman un tantinet désuet mais cela ne lui donne que plus de charme!
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Message par Aeriale le Lun 6 Mar - 16:48

-Conflits de famille-


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Il n'y a peut-être aucune autre époque relativement courte de l'histoire américaine qui ait été aussi riche en possibilités littéraires pour les bons romanciers réalistes que ces années de fin de guerre au Viêt-nam, lorsque des arrangements privés particulièrement convenus et une piété répressive ont commencé à céder du terrain face aux appétits nouveaux de la libido et aux énergies coupables , pendant quelque temps, il a même semblé que les institutions communément acceptées de l'ordre et de la vertu allaient s'effondrer d'elles-mêmes. C'est ce genre de révolte morale qui est le sujet de l'excellente comédie d'Alison Lurie sur les conflits de famille. Miss Lurie ne manque ni de dents ni de griffes, mais jamais elle n'était tombée jusque-là sur une occasion historique et une série de circonstances aussi proches de son tempérament antiromantique. Pour moi, c'est son meilleur livre."
4eme de couverture de Philippe Roth

Nous sommes de nouveau à Corinth, dans la famille Tate aux prises avec le conflit générationnel. Brian le père est un professeur très respecté et digne qui se veut moralement irréprochable. Il a du mal à endiguer les révoltes de ses ados (particulièrement odieux il faut dire rire) mais délègue lâchement ce problème à sa femme Erica, qui elle commence à perdre pied et douter même de la rigueur légendaire de son mari, qu'une étudiante a décidé de mettre à mal. Fervente défenseuse de toute vérité (au contraire de sa mère dont elle se veut radicalement différente) elle décide de se confronter à elle. Commence alors une guerre de tranchées entre tous ces membres, aidés de leurs alliés ou enfoncés par ceux des autres (j'ai trop aimé la copine, Danielle, membre des "fouines, en guerre contre tous les hommes!) qui passera par une libération plus ou moins idéalisée et finira comme beaucoup de conflits, avec une armistice où l'on reverra ses idéaux à la baisse parce que la vie est ainsi, faite de cadres trop bien dorés qui s'usent à la lumière du jour, mais que l'on rafistole pour en contenir l'essentiel.

La verve et l'humour d' Alison Lurie font mouche là encore. Chacun en prend son grade, les féministes, les intellectuels et les révolutionnaires (quelquefois de pacotille comme Zed) de cette période fin du Vietnam, et il y a des passages désopilants (et des images) réellement inspirés! C'est une peinture très lucide et un peu désenchantée au final, mais la dérision n'est jamais trop acide, on reste proche de chaque personnage car l'auteur les tient chacun à la bonne distance, ce qui fait sa force. Il reste aussi cette belle étude d'un monde en plein bouleversement, je comprends donc l'enthousiasme de Philippe Roth lorsqu'il dépeint ce livre plus haut. Une auteure dont on ne peut que vanter le talent :-)



    Arica revient à la page un et relit cette lettre. Tout en lisant elle se sent monter des sueurs froides, comme si elle avait la fièvre: elle tient le papier contagieux à distance, le plus près possible du bord, sans toucher l'écriture. Il en manque une partie. Erica complète: à toi, à toi, à toi...Un train sans fin de ces deux mots s'échappe de la page, s'engouffre dans la cuisine et ressort par la fenêtre, traversant le temps et l'espace: il passe au dessus de la croûte de neige mouillée sur la pelouse, au dessus de la route gelée criblée de trous, et s'éloigne à travers les champs et les coteaux glacés.
    Lentement, méthodiquement, elle replie la lettre et la remet dans son enveloppe. Il y a une odeur de brûlé bizarre dans la pièce, comme des explosifs. L'espace d'un instant, Erica croit avoir une hallucination. Puis elle ouvre le four: aussitôt la cuisine s'emplit de fumée et du relent doucâtre de cendre chaude des biscuits calcinés. La guerre est déclarée.
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Message par Merlette le Lun 6 Mar - 17:33

Quels bons souvenirs qu'Alison Lurie, je crois que ce sont les tout premiers romans américains contemporains que j'ai lus. Merci pour ce fil @Aeriale, ça me donne envie de les redécouvrir, en anglais cette fois.

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Message par Chrisdusud le Lun 6 Mar - 17:35

J'avais lu il y a longtemps Vérité et ses conséquences d'après les conseils de Kénavo. Je n'avais pas fait de commentaires à l'époque et je ne m'en souviens plus très bien mais dans l'ensemble j'avais apprécié cette lecture même si ce n'est pas son meilleur livre parait-il.
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Message par kenavo le Mar 7 Mar - 6:17

Merci pour ce fil

Tout comme Céline, j'ai des très bons souvenirs de mes lectures d'elle...

je ne me rappelle même plus que je t'avais donné ce conseil Chris Wink

envie de la retrouver, et cette fois-ci ce sera pour moi aussi en anglais Very Happy

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Message par Epi le Mar 7 Mar - 10:38

J'en ai lu quelques uns, il faudrait que j'y revienne aussi.

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Message par Queenie le Mar 7 Mar - 11:43

Je vais copier ici mon avis dissonant sur mon expérience Alison Lurie.

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Petit pitch de souvenir (de 2009, n'empêche, je m'en souviens) : une femme est en résidence dans une grande demeure d'artiste. Et après, je ne me souviens plus.

Mon super avis de l'époque :

Quelle pauvre pauvre Janet Belle Smith...
Partie en villégiature dans son petit Paradis d'artiste parce qu'elle n'arrive plus à écrire chez elle. Prise dans "OMG cette vie étriquée, pourrie, si bassement populaire de femme au foyer". L'impossibilité de la "lâcher" cette vie, parce que, quand même c'est bien confortable d'avoir un mari qui paye les factures, qui te paye tes vacances au Mexique, qui te laisse partir 3 semaines toute seule à Illyria. Mais ce que c'est dur d'être une femme écrivain dans un monde "normal". Non mais c'est vrai quoi : Ohlala les gens se reconnaissent dans ces histoires, et lui en veulent, la regardent autrement, se méfient d'elle.
Et elle qui n'aime pas sa vie mais qui y reste parce qu'elle est incapable d'inventer des histoires, obligée d'avoir un support bien réaliste, et si facile de piocher dans sa propre existence et celles de ses amis.
Oh... mais maintenant que tout le monde se méfie d'elle, elle n'ose plus écrire la cocotte... Que faire...

Et puis Janet est jalouse et possessive. Vlà qu'une jeune mignonette débarque à Illyria, et les uns après les autres, fait tourner la tête des hommes. Avec quelle incroyable facilité cette Anna May séduit tous les vieux artistes blasés... comme ils plongent tous pathétiquement. Et Janet qui rumine. Qui invente les pires intentions à cette fille...

Alors Pov' Janet esseulée qui finit par coucher avec le "rebel" d'Illyria. Oh lala, catastrophe, elle trompe son mari... et qui plus est avec un rustre. Oui parce que le sculpteur est un vrai paysou, aux muscles saillants, aux ongles sales, au langage de charetier... mais qu'est-ce qu'elle kif ça la bourgeoise... tant qu'elle arrive pas à se retenir d'aller le retrouver dans son atelier toutes les nuits, en cachette hein, faudrait suuuurtout pas que les autres le sachent... mais ils vont le savoir évidemment. Notamment son super pote ami dont elle est pathétiquement amoureuse depuis des années, ai persuadé qu'il s'agit d'un amour partagé alors qu'il n'y a jamais eu aucun geste corporel. Super pote dont elle apprendra qu'il est homosexuel refoulé, tombée des nues la petite Janet, bien heureuse de batifoler dans les bras d'un Vrai Bon Gars.

Pathétique, même pas drôle, aucune pitié, aucune sympathie ne m'a inspiré ce personnage, son histoire, ses déboires... Plus j'y pense plus c'est Cartlandien ce truc... faudrait que je relise, des fois qu'entre les lignes je m'aperçoive que sa couleur préférée est le Rose!


Juste envie de foutre une bombe géante dans cet Illyria.

Tellement c'est caricatural, tellement c'est mondain, tellement c'est misérable, tellement c'est creux.


***
J'ai un souvenir de roman "petit bourgeois", planplan. Un petit côté B.C. (sisi je vous assure)
Donc, si vous voulez tester Alison Lurie, ne commencez surtout pas par celui-ci !


***
Et comme je suis un peu persistante, à croire qu'en un seul bouquin, je peux faire une erreur, j'ai lu 3 ans plus tard Liaisons étrangères.

Alison Lurie Liaiso10

Jcrois que, vraiment, Alison Lurie, ce n'est pas pour moi. Ce livre est meilleur que l'autre que j'avais lu (Des gens comme les autres), mais ce n'est vraiment pas l'extase.
Pour lecture de vacances, de plage, de farniente. Oui, pourquoi pas. Alors, on lui pardonne ses clichés usés, ses histoires sans surprise, et ses incohérences.

Et bon... cette femme a écrit le même roman toute sa vie ou quoi ? Elle a si peu d'imagination que ça ? Toujours le même truc de la coincée-guindée qui tombe sous le charme brut-pataud d'un homme. Dont elle a honte. Mais qui la titille tellement dans son terne quotidien.

Toujours ce pauvre personnage qui se retrouve en manque d'inspiration et n'arrive pas à travailler face à sa page blanche (bon là, c'est un prof qui doit pondre une étude, donc c'est moins "commun" que l'écrivain et ses angoisses, mais le résultat est le même).

Encore un personnage hyper charismatique pour tous les autres, un peu excentrique histoire de continuer à nous vendre qu'il faut être artiste et un peu décalé pour être au top de la séduction...

Une nouvelle fois des histoires d'adultère... enfin, cette fois, heureusement, peu de prise de conscience lourdingue. Même limite pas assez.

Et voilà Ze problème dans les livres d'Alison Lurie : à force de survoler les thèmes, alors qu'elle écrit des livres qui se veulent "humains", "sociologiques", ça devient très chiant.
Pourtant il y a de petits moments croustillants... Mais du coup, leur qualité renforce la médiocrité du reste.
En plus, le "tout ça pour ça" de la fin, m'a vraiment donné envie de jeter son livre. En tournant les dernières pages, je me suis demandée si elle se moquait pas tout simplement du lecteur, et d'un pied de nez lui dit : et voilà t'as perdu 250 pages de ton temps pour rien.

C'est plat. Pas très drôle. Parce qu'on s'attend à tout. Le manque de surprise est vraiment terrible et gâche tout le reste.

Et pour finir, y'a même des incohérences vraiment étranges : Vinnie est un chouia obsédée par son célibat, et sa sexualité notamment... Mais alors à une page elle dit qu'elle vient à Londres heureuse d'échapper à une sorte de vie où la sexualité lui prend la tête (des relations sex-friendlies), puis quelques pages plus tard, elle est en manque, dit qu'elle aurait souhaité rencontrer un amant à Londres... et bref... Vinnie devient incohérente.
Comme la fois où elle est toute heureuse d'avoir pu mettre son bel imperméable, alors que quelques pages plus tôt elle décrivait un temps beau sur Londres... WTF ?

etc...

Franchement, j'arrête Alison Lurie.

***
(je n'ai pas renouvelé l'expérience, Arabella m'a dit de m'arrêter là, j'ai obéi)

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Message par Epi le Mar 7 Mar - 12:12

@Queenie a écrit:Franchement, j'arrête Alison Lurie.
Je ne suis pas étonnée, je ne la vois pas du tout pour toi.

The Last Resort
(Un été à Key West)

Je garde un souvenir des deux ou trois livres que j’ai lu d’Alison Lurie comme quelque chose de plaisant, avec de bons sujets, mais un peu ennuyeux, lent, où il ne se passe pas grand-chose. C’est donc avec ce souvenir en tête que j’ai commencé The Last Resort et là, suprise ! Je n’ai pas eu cette impression, au contraire, il m’a semblé bien plus dynamique et, même, plutôt drôle à lire.

Jenny est l’épouse très dévouée de Wilkie Walter, professeur et écrivain naturaliste renommé. Sa vie tout entière tourne autour de cet homme qu’elle admire. Elle s’occupe bien entendu du foyer mais surtout de sa carrière, c’est elle qui fait les recherches pour ses livres, c’est elle qui d’ailleurs en écrit une grande part, mais ça, personne ne le sait. La gloire et la reconnaissance reviennent à son mari évidemment, elle reste dans l’ombre et s’en accommode fort bien.

Seulement voilà, Wilkie pense qu’il a un cancer. Alors, son humeur change. Parce qu’il a peur de se trahir et de lui avouer sa maladie dans un moment de faiblesse, il devient de plus en plus taciturne et distant avec sa femme, qu’il aime pourtant (il a besoin d’elle pour son travail) et plutôt que de subir la déchéance physique et mourir lentement et péniblement, il préfère mettre fin à ses jours en faisant passer son suicide pour un accident.

La suggestion de sa femme de passer l’hiver à Key West lui semble une bonne idée pour mettre à exécution son plan et ils partent s’installer dans cet endroit peuplé de retraités qui vivent là la moitié de l’année, d'une communauté homosexuelle importante et de touristes pas toujours très classe. Peu importe, chaque fois que l’occasion paraît bonne, Wilkie tente d’aller se noyer, en espérant que rien ni personne ne l’en empêchera. Pendant ce temps, Jenny, de plus en plus délaissée et malheureuse, fait la connaissance de Lee, une lesbienne qui tient un hôtel pour femmes uniquement et envers qui elle se sent inexplicablement attirée.

A côté de ces personnages principaux, paraissent d’autres plus mineurs mais plutôt bien campés. Jacko, gay et porteur du virus HIV, sa tante Myra, homophobe, qui débarque quand elle apprend qu’il vient d’hériter d’une propriété et qui espère sa part du gâteau bientôt, Barbie sa cousine, pauvre fille trompée par son politicien de mari et manipulée par sa mère, Gerry, poète raté qui aimerait séduire Jenny parce que lui aussi aurait bien besoin d'une aide dans son travail… Lurie dépeint tout ce petit monde avec une certaine tendresse sans pour autant manquer d'humour et n'hésite pas à les mettre dans des situations ridicules, surtout les deux personnages les plus détestables à mon avis, Wilkie et Myra qui sont également les plus comiques, bien involontairement bien entendu.

La mort (comme possibilité immédiate) et le lesbianisme, deux des thèmes principaux, sont traités avec plus ou moins de gravité. C’est souvent caustique et spirituel mais il y a un bon équilibre entre le léger et le plus sérieux et du coup ça se lit facilement, et sans ennui car il se passe beaucoup de choses et plusieurs histoires concernant des personnages différents s'entremêlent. Pas mal de sujets (écologie, racisme, homophobie, vieillesse, maladie) sont abordés, un peu superficiellement mais souvent de façon critique et tranchante, ce qui peut faire un peu moraliste parfois, mais comme c'est souvent évoqué brièvement, ça reste largement supportable.

Pour le côté négatif, je dirais que même si la plupart des personnages sont crédibles, l’attitude de certains m’ont laissée dubitative et la fin n’en est pas vraiment une, même si elle laisse envisager une issue plutôt heureuse pour la plupart des personnages ou en tout cas une certaine prise de conscience, surtout pour Jenny et Barbie, peut-être mon personnage préféré d'ailleurs et qui aurait mérité un peu plus d'attention de la part de l'auteur.

Un mot sur le titre que je trouve parfaitement adapté en anglais, un petit jeu sur le mot « resort » qui signifie à la fois « hôtel » ou « station balnéaire » et «recours », et qui, dans ses deux sens, résume parfaitement le roman, ce que l’on ne retrouve pas dans le titre français qui donne même une fausse information.

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Message par Queenie le Mar 7 Mar - 12:34

@Epi a écrit:
@Queenie a écrit:Franchement, j'arrête Alison Lurie.
Je ne suis pas étonnée, je ne la vois pas du tout pour toi.

The Last Resort
(Un été à Key West)

Je garde un souvenir des deux ou trois livres que j’ai lu d’Alison Lurie comme quelque chose de plaisant, avec de bons sujets, mais un peu ennuyeux, lent, où il ne se passe pas grand-chose. C’est donc avec ce souvenir en tête que j’ai commencé The Last Resort et là, suprise ! Je n’ai pas eu cette impression, au contraire, il m’a semblé bien plus dynamique et, même, plutôt drôle à lire..

Même celui-là ?

Tu dis toi-même qu'il est plus dynamique et drôle. Et y'a des homos, youhou.

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Message par Epi le Mar 7 Mar - 12:41

Oui, c'est vrai qu'il m'a surprise parce qu'il m'a amusée, ce qui ne m'était jamais arrivé avec Lurie et c'est d'ailleurs grâce à ce livre que j'ai envie de continuer alors pourquoi pas, tente le ! Il n'est pas très long et si vraiment tu n'accroches pas tu sauras définitivement qu'il faut arrêter Wink

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Message par domreader le Mar 7 Mar - 17:23

Céline a écrit:Quels bons souvenirs qu'Alison Lurie, je crois que ce sont les tout premiers romans américains contemporains que j'ai lus. Merci pour ce fil @Aeriale, ça me donne envie de les redécouvrir, en anglais cette fois.


Pareil. J'ai envie d'en relire ou d'en lire d'autres. J'avais particulièrement aimé Foreign Affairs.

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Message par Arabella le Mar 7 Mar - 18:50

J'en avais lu plein à une époque, et il ne m'en reste quasiment pas de souvenirs. C'est très plaisant et facile à lire, mais j'ai eu la sensation de lire toujours un peu la même chose, et finalement au-delà d'un plutôt agréable moment vite oublié, de ne pas en retirer grand chose. Mais un de temps en temps, je comprends très bien qu'on y prenne plaisir.

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Message par Chrisdusud le Mar 7 Mar - 20:27

On a bien compris que tu n'avais pas aimé  Basketball
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