Sandrine Collette

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Sandrine Collette

Message par Queenie le Mer 8 Mar - 19:02


Sandrine Collette (née en 1970)

Docteur en sciences politiques, enseignante à l'université. Se met "subitement" à écrire un livre vers 40 ans, et c'est le succès (Des noeuds d'acier)

Vit dans le Morvan où elle élève des chevaux.

Bibliographie :
Des noeuds d'acier - 2013 (Grand Prix de la Littérature Policière)
Un vent de cendres - 2014
Six fourmis blanches - 2015
Il reste la poussière - 2016 (Prix Landerneau)
Les larmes noires sur la terre - 2017

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Re: Sandrine Collette

Message par Queenie le Mer 8 Mar - 19:04

Je recommence avec Sandrine Collette !

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Des montagnes en Albanie. Un printemps froid. Deux histoires parallèles, qui vont se croiser, on le sait.

L'histoire de Mathias, un sacrificateur. Membre d'une communauté vivant dans la montagne depuis toujours, entre superstition, croyances et survie dans cette nature qui peut parfois être si hostile.
Pour se porter chance, pour éloigner le mauvais sort, pour se réconcilier avec les esprits, pour les "amadouer", avant chaque évènement important, on fait appel à Mathias. Il a le don. Transmis par son père. Ce don de trouver la bonne chèvre parmi un troupeau, de l'amener en haut d'une falaise, de la précipiter dans le vide, et de garder les uns et les autres sous la protection des forces supérieures.
Son existence est à la fois primordiale et crainte par la communauté. Il tente de maintenir l'équilibre...

L'histoire d'un petit groupe de touristes réunit pour un trekking. Amateurs ils suivent en toute confiance leur guide, Vigan. Mais très vite, une tempête de neige les enferme dans un monde inconnu, cruel et dangereux. A se demander s'il n'y a pas des puissances obscures qui les talonnent, les guettent, cherchent à se repaître d'eux...

Sandrine Collette offre là un thriller psychologique et glacial haletant. On y est : dans cette montagne où il neige sans arrêt, où la visibilité est nulle, où les corps deviennent tellement glacés qu'ils pourraient se craqueler. On les suit tous pas à pas, avançant lentement, prudemment, inexorablement, vers l'inconnu : la mort ou la survie.

J'ai cru à tout : aux personnages, paumés, blessés, plein d'humanité, de forces et de faiblesses. Au blanc tout autour, partout. Au froid qui s'immisce de partout. A la crasse, la sueur, la faim, la peur. A la détermination et aux sacrifices. Aux silences et aux hurlements.

Terriblement prenant !

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Il reste la poussière

Message par Queenie le Mer 8 Mar - 19:10

Il reste la poussière (2016)

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La Patagonie. Une mère. La mère. Ses quatre fils. Ils ont un élevage bœufs angus, et résistent face à la concurrence des nouveaux très grands élevages industriels s’installant dans la pampa. Ils sont obligés de se mettre à l’élevage des moutons, même si c’est moins prestigieux. L’essentiel est de vivre. Survivre. La vie est dure. Ils le seront encore plus.
La mère élève ses fils sans affection, sans presque un seul mot. Ils sont là pour faire le travail, pour payer de leur sueur toutes les années qu’elle a passé à les nourrir, les habiller et les chauffer. Elle ferme les yeux sur la violence qu’ils s’infligent.

A travers les courtes phrases de Sandrine Collette, on sent les silences pesants, la tension perpétuelle entre les frères. La violence contenue. La rancoeur et la douleur. Sans cesse au bord du Terrible.

Sandrine Collette nous livre une nouvelle fois un roman noir et intense. Plongé dans cette lecture, on ne lâche plus le livre. A se demander jusqu’où cette famille peut aller dans l’auto-destruction. Complètement imprégné par l’atmosphère aride et venteuse de la Pampa de Patagonie.

Magistral.

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Les larmes noires sur la terre

Message par Queenie le Mer 8 Mar - 19:32


Les larmes noires sur la terre (2017)

De livre en livre, Sandrine Collette s'écarte du thriller pour aller de plus en plus dans le roman noir. Elle creuse les atmosphères, creuse ses personnages, creuse dans les émotions du lecteur.

Ici, d'abord, on suit Moe. Elle a quitté Papeete pour suivre un homme, elle rêvait d'un destin non tracé, de Paris, d'émancipation. Mais Rodolphe l'enterre dans une maison du fin fond de la province, la bat quand il est trop saoul...
Lorsqu'enfin elle s'enfuit, c'est presque impulsivement.
Très vite c'est la rue.
Puis La Casse.

Sandrine Collette situe son livre dans un futur pas très lointain, pas improbable. Un futur où les sdf, et autres parasites, sont parqués dans des casses, dorment dans les voitures abandonnés, et n'ont pratiquement aucun espoir d'en sortir.

Un monde dur.
Mais un monde où quand même, l'espoir et la solidarité sont possibles.

Moe est installée dans un "quartier" occupé par cinq autres femmes. Cinq femmes qui font bloc, survivent, filent droit. Et Moe, avec son tout petit, s'intègre à ce groupe.

Les larmes noires sur la terre, est un roman noir et lumineux. Ce groupe de femmes est fabuleux, elles sont belles, intenses, écorchées, solidaires, des gueules cassées. Cinq personnages auxquels le lecteur s'accroche, se tient. A s'asseoir autour du feu et écouter leurs histoires.

Le quotidien à La Casse, ça ressemble à un quotidien dans une prison : le travail qui rapporte des clopinettes, les trafics en fourbe, le marché noir, la prostitution, la guérisseuse parce que les secours mettent toujours trop de temps. Le quotidien des cinq femmes connaîtra plein de rebondissements, des moments d'une tension parfois insoutenable pour le lecteur. On a peur, souvent, pour elles. Ce n'est pas possible qu'une telle pureté existe dans cette crasse...

Encore un coup de coeur pour moi.
L'écriture de Collette est toujours tranchante, précise, mais trouve aussi un angle plus rond où se dessine des émotions douces.

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juste après la vague

Message par Queenie le Dim 11 Mar - 18:54


Juste après la vague (2018)

Un raz de marée, a tout englouti. Ou presque.
Sur une petite colline reste une famille : les parents et 9 enfants. Quelques poules.
Au début, l'espoir que l'eau va baisser, à rationner, à récupérer l'eau, à compter la farine, les œufs, les poissons. On pourrait presque survivre comme ça, si l'eau partout, à tous les horizons, ne rendait pas fou. Si, même en refusant d'y croire, on est obligé de voir que l'eau continue de monter.
Partir, vers les Hautes terres. Ils ont une barque, mais petite. Trop petite pour les parents et les neuf enfants. Comment partir...

Un roman qui commence presque tranquillement. Et puis... de page en page... ça devient étouffant, ce huis clos, cette eau partout, le danger qui guette. Les tempêtes qui effraient, la mort qui plane.
Sandrine Collette livre un roman qui accroche. Un roman post-apo original, avec ce raz de marée, avec, en partie, le point des enfants.
Elle révèle toute la violence de l'abandon, du choix à prendre, du déchirement, et de la culpabilité.
Des scènes intenses, avec des monstres marins et des hommes prêts au pire pour leur propre survie. La mer, personnage omniprésent, comme vivante. Celle qui secoue, envahie, dévore.
Et cette famille soudée, accrochée, malmenée, à se demander tout le long si elle va survivre aux épreuves, rester les coudes serrés face au pire.

Sandrine Collette, encore une fois, m'époustoufle.

(Peut-être que je vais réussir à vous la faire lire à force !)

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Re: Sandrine Collette

Message par Nightingale le Dim 11 Mar - 19:19

@Queenie a écrit:
(Peut-être que je vais réussir à vous la faire lire à force !)

En tout cas, tu y mets de la bonne volonté. Laughing

Merci pour les commentaires et la découverte.
Bon je ne suis pas certain que ce soit mon style.... Wink

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Re: Sandrine Collette

Message par Aeriale le Lun 12 Mar - 8:47

Oui, tu es mordue!!!

Un univers bien rude et angoissant, très intense on dirait, dans tout ça. Ca pourrait me plaire...

Je zieuterai à la bibli ou en librairie, à ma prochaine incursion, merci Queenie!
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Re: Sandrine Collette

Message par Queenie le Mar 13 Mar - 11:01

@Nightingale a écrit:
@Queenie a écrit:
(Peut-être que je vais réussir à vous la faire lire à force !)

En tout cas, tu y mets de la bonne volonté. Laughing

Merci pour les commentaires et la découverte.
Bon je ne suis pas certain que ce soit mon style.... Wink

C'est du roman noir. Mais avec ce dernier, c'est très psychologique. On vit tout de l'intérieur des personnages, par leurs yeux . Face à l'adversité, à la culpabilité. C'est très fort. ça creuse de l'intérieur.
En tant que lecteur faut être accroché (ça pourrait me rappeler - dans un style différent - les livres de Dostoievski)

@Aeriale a écrit:Oui, tu es mordue!!!

Un univers bien rude et angoissant, très intense on dirait, dans tout ça. Ca pourrait me plaire...

Je zieuterai à la bibli ou en librairie, à ma prochaine incursion, merci Queenie!

Bien sur que ça pourrait te plaire !

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Re: Sandrine Collette

Message par domreader le Mar 8 Mai - 18:26

Il Reste La Poussière
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Je ne refais pas le résumé de ce roman que @Queenie a déjà fait plus haut. C'est un roman noir de chez noir, où la violence physique et psychologique est dense et palpable à tous les chapitres entre ces quatre frères avec leur mère perdus dans les plaines désertiques de Patagonie. Le travail est dur à la ferme, l'argent rare et les sentiments aussi, à part la haine. Même la mère ne fait pas preuve d'amour envers ses fils, elle en jouera un aux cartes ! Un huis clos dans un espace immense, voilà qui est une riche idée, surtout quand un paquet d'argent fait son apparition. La tension est palpable, à chaque page, et ne faiblit pas.

Un roman drôlement bien construit et pas mal écrit du tout, Sandrine Colette a vraiment du talent. @Queenie nous l'avait bien dit !

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Re: Sandrine Collette

Message par Queenie le Mar 8 Mai - 20:16

Ah ça fait plaisir !

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