Philip Roth

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Message par Epi le Dim 4 Déc - 15:10

Philip Roth Philip10
Auteur d'une oeuvre considérable en partie autobiographique, Philip Roth mélange les genres et passe sans retenue de la fiction à la confession. Révélé avec fracas au grand public en 1969, avec son roman Portnoy et son complexe, cette satire sur la sexualité et la bourgeoisie juive fait scandale auprès de cette communauté, dont il est lui-même issu. Si la critique l'oublie quelque peu pendant plusieurs années, il revient en force en 1995 grâce au roman Le Théâtre de Sabbath qui reçoit un accueil très enthousiaste. C'est avec le cycle de Newark - sa ville natale devenue le décor de ses romans - qu'il réalise ses oeuvres les plus personnelles : Pastorale américaineJ' ai épousé un communiste ou encore La Tache et Exit le fantôme mettent en scène son double littéraire, Nathan Zuckerman, et interrogent la notion de rêve américain pour mieux le démystifier. Lecteur de Flaubert et de Henry James, Roth est lui aussi adepte d'une écriture directe et volontiers provocatrice, mais l'écrivain sait également s'immerger dans l'univers intime et fragile de l'être humain. Avec Un homme, l'auteur évoque par exemple la maladie, la mort et le sentiment de désagrégation du corps et entame un nouveau cyle (« Nemesis ») qui continue avec Indignation en 2010 et Le rabaissement qui sort en octobre 2011 en France. Auteur à l'oeuvre hétéroclite et dense, tantôt inspiré par l'univers absurde de Kafka, tantôt par l'engagement et la liberté de son ami Saul Bellow, Philip Roth s'inscrit comme un écrivain majeur de sa génération. D’aucuns pensent, comme Toni Morrison, qu’il devrait déjà être Nobel de Littérature.


Bibliographie


Cycle Nathan Zuckerman
1981 - L’écrivain des ombres (the gost writter)
1982 - Zuckerman délivré ( Zuckerman Unbound)
1983 - La leçon d’anatomie (The Anatomy Lesson)
1985 - L'Orgie de Prague (The Prague Orgy)
Les quatre romans ci-dessus sont réunis dans Zuckerman Bound (Zuckerman enchaîné), trilogie et épilogue
1986 - La Contrevie (The Counterlife)
1997 - La pastorale américaine (American Pastoral)
1998 - J'ai épousé un communiste (I Married a Communist)
2000 - La Tache, (The Human Stain)
2007 - Exit le fantôme, (Exit Ghost)
 
Cycle David Kepesh
1975 - Le sein (The Breast)
1977 - Professeur de désir, 1979 (The Professor of Desire)
2001 - La Bête qui meurt (The Dying Animal)
 
Cycle Nemesis
2006 - Un homme (Everyman)
2008 - Indignation (Indignation)
2009 - Le Rabaissement (The Humbling)
2010 - Némésis (Némésis)
 
Autres romans
1962 - Laisser courir, 1966 (Letting Go)
1967 - Quand elle était gentille (When She Was Good)
1969 - Portnoy et son complexe (Portnoy's Complaint)
1971 - Tricard Dixon et ses copains (Our Gang)
1973 - Le Grand Roman américain (The Great American Novel)
1974 - Ma vie d'homme (My Life as a Man)
1990 - Tromperie (Deception)
1993 - la Confession ( Operation Shylock)
1995 - Le Théâtre de Sabbath (Sabbath's Theater)
2004 - Le Complot contre l'Amérique (The Plot against America)
 
Mémoires et essais
1975 - Du côté de Portnoy et autres essais (Reading Myself and Others)
1988 - Les Faits. Autobiographie d'un romancier (The Facts: a Novelist's Autobiography)
1991 - Patrimoine: Une Histoire Vraie (Patrimony: a True Story)
2001 - Parlons travail (Shop Talk: a Writer and His Colleagues and Their Work)
 
Recueil de nouvelles
1959 - Goodbye, Columbus

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Message par Epi le Dim 4 Déc - 15:14

La Tache-

Coleman Silk, un professeur d’université donne sa démission après avoir été accusé de racisme envers deux de ses étudiants, qu’il n’a d’ailleurs jamais vu. Il ne peut s’innocenter sans dévoiler son secret « la tache », que l’on découvre d’ailleurs assez tôt. 

Cette histoire m’a ennuyée d’abord. L’histoire de Coleman n’accroche pas, elle irrite, elle lasse. Le personnage ne suscite aucune émotion. On se fiche éperdûment de son prétendu problème. Sa liaison même avec Faunia, une femme beaucoup plus jeune, illettrée, n’apporte pas plus d’intérêt. L’histoire de cette femme aussi d’ailleurs est plutôt ennuyeuse. Mais on continue de lire parce qu’il y a quelque chose qui retient l’attention. Qu’est-ce exactement ? Difficile de mettre le doigt dessus. Une façon de décrire cette Amérique sans complaisance, avec lucidité mais aussi avec une certaine fierté et affection ? Peut-être, mais cela ne suffit pas. 

Et puis à un moment le déclic. Enfin, il se passe quelque chose, quelque chose de très fort auquel on ne s’attendait pas. L’écriture aride, sèche, impersonnelle cède enfin à l’écriture-émotion. C’est l’histoire de Les qui commence. Ce passage n’est que révolte et rage, il est vivant. Les a la parole et tout explose. Moment incroyablement fort. Les le vétéran du Vietnam, le vilain qui a du mal à vivre depuis son retour de l’enfer. 

La première fois, il était Les le tranquille, il savait pas ce que c'était d'être au désespoir. La première fois, c'était le petit gars des Berkshires hyper-confiant qui sait pas que la vie peut ne pas valoir un clou, qui a jamais pris un médicament, qui a jamais eu de complexes vis-à-vis de personne. Les l'insouciant, pas l'asocial, avec des tas d'amis, des bagnoles qui vont vite et tout le toutim 

Il a plus envie d'être avec les autres, il sait plus rire, il sait plus blaguer, il a l'impression de plus faire partie de leur monde, il se dit qu'il a vu et fait des choses qui ont tellement rien de commun, avec ce qu'ils connaissent, il a plus de rapport possible avec eux, ni eux avec lui, à présent. On lui a dit qu'il pouvait rentrer chez lui. Rentrer chez lui, mais comment ? Il y a pas d'hélicoptère, chez lui. Il reste tout seul et il boit. Et quand il fait appel à la Veterans' Association, il s'entend répondre que tout ce qu'il veut c'est de l'argent, alors que lui, il sait bien que ce qu'il veut, c'est de l'assistance. Au début, il a essayé d'obtenir une aide du gouvernement, et ils lui ont donné des pilules pour dormir, alors, le gouvernement, qu'il aille se faire foutre !
Le sujet est traité avec empathie et sensibilité. On oublie Coleman et ses petites misères. Le rythme s’accélère, la lecture est différente. Voilà, on est piégé. 

Les personnages, tous tragiques, ne sont pas très sympathiques. Coleman Silk surtout est plutôt détestable, un monstre d’égoisme jusqu’à l’insensibilité parfois. 

Selon Walt, il ne se battait jamais pour une autre cause que la sienne. Silky Silk. Voilà au nom de qui et pour qui il se battait, et voilà pourquoi il n'a jamais pu le supporter, même quand il était enfant. Il ne roulait que pour lui, disait Walt. Il ne se mouillait que pour lui.
C'est un livre essentiellement sur la quête d'identité. Globablement, il s'agit d'être soi, de le devenir ou de le redevenir, ou encore de s'inventer. Alors forcément, il y a le mensonge, sur soi, sur les autres. Le secret de Coleman mais aussi celui de Faunia qui n’est pas tout à fait celle qu’elle prétend être, celui de Delphine, la prof française qui ne se retrouve plus, Les enfin, qui ne demande qu’à redevenir ce qu’il était et qui lutte avec toute la rage dont il est capable.

Beaucoup d'autres thèmes sont développés tels que le racisme, le concept de race supérieure/inférieure, la guerre du Vietnam, l'éducation, la morale dans l'Amérique de Clinton, au moment de l'affaire Lewinsky, la solitude et bien sûr l'amour.

L'écriture est dense et souvent tortueuse. Il y a quelques longueurs, quelques répétitions mais on apprend à aimer ce livre, plus on avance dans sa lecture, plus il est difficile de l'abandonner et à la fin, on se dit qu'il est tout simplement génial. Il pose des questions essentielles sur ce qui fait un être humain, ce que nous sommes foncièrement, ce que nous pensons être, la façon dont nous sommes perçus par les autres, ce que nous voudrions être, la lutte acharnée parfois pour se distinguer des autres, affirmer son individualité sous peine de ne pas exister.

D’une écriture froide la plupart du temps, il offre de superbes moments bouleversants, déchirants qui viennent essentiellement du personnage de Les. Pourtant, c’est le seul dont l’auteur dit explicitement qu’il est mauvais. De Coleman, de Faunia, même de Delphine, il excuse beaucoup, leur reconnaît des qualités de cœur qui ne sont pourtant pas immédiatement perceptibles, car ils sont traités froidement.

Arrivé à la fin du roman, on n’est plus du tout sûr de rien. Oui, Coleman a agit honteusement toute sa vie mais après tout, n’y a-t-il pas été contraint par cette Amérique obsédée par le politiquement correct, par la persecution dont peuvent être victimes certaines minorités ? De même pour Faunia qui préfère ne pas être tout à fait elle-même pour ne pas se perdre ou Les encore qui cherche à exorciser ses démons. 

C’est un livre magnifique qui reste gravé dans la mémoire longtemps. Je pense que je ne l’oublierai jamais, c’est trop puissant, trop profond, il laisse des marques.

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Message par Epi le Dim 4 Déc - 15:17

Pastorale américaine

Lors d’une réunion d’anciens élèves, Nathan Zuckerman, le narrateur, se souvient de sa jeunesse à Newark, et plus particulièrement de Seymour Levov, le héro de son adolescence. Seymour, surnommé le Suédois à cause de ses cheveux blonds et de son physique nordique, le champion humble, celui que tout le monde aimait et respectait mais qui est toujours resté modeste face à ses succès.

Pour Zuckerman,
La vie de Levov le Suédois avait été, à ma connaissance, très simple et très banale, et par conséquent formidable, l’étoffe même de l’Amérique.

Seymour était le rêve américain personnifié. De la troisième génération d’immigrants juifs, il représente la réussite et un peu l’ennui de celui que la vie a gâté et que rien n’a jamais perturbé. Bon fils puis bon mari, bon père, bon patron, bon citoyen… 

Jerry son frère, le décrit comme 
un type bien, simple, stoïque. Pas un humoriste, pas un passionné. Un gars adorable, qui a eu la malchance de voir sa vie bousillée par une poignée de cinglés authentiques. D’une certaine façon, on peut penser qu’il était totalement banal et conformiste. Absence de valeurs négatives, voilà tout. Abêti par son éducation, congénitalement conventionnel. Une petite vie bien banale, bien comme il faut, comme tout le monde veut en avoir ; dans le respect des normes sociales. Brave type.

Les « cinglés authentiques », ce sont ceux qui ont entraîné Merry, la fille du Suédois sur la voie du terrorisme. Merry qui un jour, a décidé de poser une bombe en ville. Badaboum ! Tout explose, la bombe tue un homme et Merry disparaît.

Ces révélations bouleversent Zuckerman qui avait de son héro une vision simpliste. A partir de ces quelques éléments, de vieux articles de journaux et de beaucoup d’imagination. Zuckerman va s’éclipser pour donner vie au Suédois.

C’est vraiment là que le roman commence et que l’on rentre dans une histoire qui scotche jusqu’à la fin. L’histoire de la fin d’un monde, celui des années 50 où l’ordre établi va être remis en question, la guerre du Vietnam, les mouvements contestataires, le terrorisme, tout cela aurait dû à peine effleurer la vie du Suédois qui pourtant va basculer dans l’horreur. Le malheur va s’installer dans sa maison, au cœur de son foyer.

La vie simple et ordinaire qu’il était parvenu à se fabriquer devient un enfer, une douleur, que rien ne peut apaiser. Toute sa vie, le Suédois n’aura de cesse de comprendre pourquoi. Qu’a-t-il fait de mal pour que la chair de sa chair soit devenue une poseuse de bombe ? Où est son erreur ? Alors, il ressasse les souvenirs, cherche tout ce qui pourrait expliquer l’impensable. Peut-être ce baiser un peu trop passionné qu'il lui a offert parce qu'elle réclamait qu'il l'embrasse comme il embrasse maman ?

Tout s’était passé trop vite pour qu’il y réfléchisse. Elle n’avait que onze ans. Sur le moment, cela faisait peur. La question ne l’avait jamais préoccupé : il s’agissait d’un tabou qu’on n’avait même pas besoin de s’imposer. En l’occurrence, il paraissant si naturel de ne pas le faire, ça ne requérait aucun effort – or voilà que, même si ça n’avait duré qu’un instant, il y avait eu ça. De toute sa vie de père, de mari, de fils et même de patron, il n’avait jamais cédé à une impulsion aussi étrangère aux règles qui gouvernaient ses émotions ; et, par la suite, il se demanda si ce curieux faux pas paternel n’était pas le manquement qu’il avait dû payer pour le restant de ses jours.

Seymour a toute sa vie essayé d’être l'américain modèle, et c’est exactement ce que lui reproche Merry, qui, dans sa colère adolescente, fait l'amalgame entre ce qu'est l'Amérique et ce qu'est sa famille. L’Amérique est le mal absolu, son père incarne l’Amérique, il est donc le mal. Alors elle le déteste, elle pose des bombes, elle se détruit et entraîne son père dans sa chute.

Il y a pas mal de répétitions dans le roman et de longues longues descriptions sur la fabrication du gant et pourtant, pas une seule minute d’ennui. Les mêmes faits sont vus sous différents angles, les mêmes questions posées encore et encore. Le Suédois a beau retourner la situation dans tous les sens, il ne comprendra jamais Merry car elle est trop tordue, trop éloignée de ce qu’il est lui-même. Au fil de la lecture, on découvre également un Suédois pas si parfait que cela, avec ses failles et ses contradictions, ce qui atténue l'impression du début d'un homme trop bien pour être vrai.

Roth ne nous laisse aucune minute de répit, C’est brillant, complètement maîtrisé, Il ne fait pas dans le sentiment mais touche au cœur, en plein dans le mille.

Son truc, en plus de faire une critique assez acerbe d’une certaine Amérique, c’est quand même de poser le problème de la connaissance d'autrui, le fossé qui existe entre ce que l’autre projette et ce que l’on en perçoit et j'aime la façon dont il le dit, que ce soit dans Pastorale américaine ou dans La tache, c’est grandiose.

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Message par Epi le Dim 4 Déc - 15:19

J'ai épousé un communiste

Comme dans Pastorale américaine, Nathan Zuckerman revisite son enfance et met en scène un des personnages qui a marqué sa jeunesse, Ira Ringold, le frère de son professeur d’anglais Murray. 
Pendant une semaine, Murray va raconter Ira, et Nathan, qui fut un temps très proche d’Ira y ajoutera ses propres souvenirs.

Petit juif orphelin de mère, fuyant une enfance pauvre et malheureuse, un passé pas très net, Ira trouve un réconfort et surtout un but dans sa vie, dans le communisme. C’est Johnny O’Day, qu’il a connu pendant la guerre, qui lui donne une instruction marxiste et les quelques préceptes qui vont le guider toute sa vie. Il s’engage à fond dans la lutte des classes et porte la bonne parole où il peut.

Je ne connaissais rien à la politique, rien à l’action politique, disait Ira. Je n’aurais pas su distinguer une philosophie politique ou une philosophie sociale d’une autre. Mais ce type m’a beaucoup parlé. Il parlait du travailleur, de ce qui se passait en général aux Etats-Unis, du tort que notre gouvernement faisait aux travailleurs.

Ira, c’est un peu la brute épaisse qui agit avant de penser, qui cogne si les mots n’arrivent pas à convaincre alors forcément, l’enseignement que lui procure O’Day le séduit. Après avoir exercé des métiers divers en usine, sur les docks, il va devenir acteur, incarnant Lincoln à la perfection. Vedette à la radio, Ira devient Iron Rinn et épouse Eve Frame, ex-star du cinéma muet, déjà mariée trois fois et mère d’une fille, Sylphid.

Malgré la sincérité de son combat, il ne se refuse pas la vie bourgeoise que lui procurent son statut d’acteur et sa femme Eve. 

c’était un communiste passionné, mais surtout pas fait pour vivre dans l’enclave fermée du Parti ; et c’était ce qui l’avait détourné de sa voie, et détruit. Il n’était pas parfait du point de vue du communisme – Dieu merci. Il ne savait pas renoncer à la vie personnelle. Les considérations personnelles ne cessaient de faire irruption chez lui, tout militant et déterminé qu’il essayait d’être. C’est une chose de faire allégeance à son Parti, c’en est une autre d’être qui l’on est, et de ne pas savoir se restreindre.

Sa vie ne ressemble en rien à ce qu’il prêche, mais peu importe, il est au-dessus de ces considérations, ce qui compte, c’est le combat et il est touchant dans sa poursuite de l’impossible rêve, la justice sociale, la dignité dans le travail.

Idéaliste dans l’âme, il y croit à son discours. Il y croit tellement qu’il n’en change jamais, répétant inlassablement les mêmes idées, sans nuances, sans remise en question. Mais voilà, l’Amérique fait la chasse aux rouges, les dénonciations font rage, tout le monde trahit tout le monde. Et même si Ira n’a jamais avoué à quiconque son appartenance au Parti et que son mariage avec Eve lui offre une sécurité sociale, il est en danger.

Roth fait un portrait tout en émotions de Ira Ringold, un homme à l’attitude ambiguë, pas par calcul mais par naïveté, par ce besoin qu’il a d’être rassuré, d’avoir une vie de famille. Son frère Murray explique cette attitude par son enfance chaotique et son manque d’amour évident. Toute cette violence retenue, cette fougue qui l’habite, Ira tente de les contenir par l’engagement politique. Ce qui marque sans doute le plus, c’est qu’il est profondément convaincu et qu’il se croit investi d’une mission sociale qui pourtant va ruiner sa vie.

Cette triste période de l’histoire américaine où tant de gens ont été traqués, où leur réputation a été mise à mal, qui souvent ont perdu leur travail, parfois même leur vie est décrite brillamment par Roth qui décidément excelle dans ces portraits contrastés, profondément humains. Il ne nous épargne ni les défauts ni les fautes de ses personnages, mais il ne les charge pas gratuitement, il sait pointer du doigt les influences complexes qui régissent chaque être humain et comment le système peut à la fois faire et défaire une vie. Ira n’échappe pas à cette règle. Un homme ennuyeux, obtus, violent, mais qui a aussi un cœur d’or, un réel souci de l’autre, et qui croit profondément en la justice sociale que le communisme promet. 

Parallèlement à l’histoire « publique » d’Ira, Roth s’intéresse aussi à son histoire privée, sa vie de famille désastreuse. Une épouse antisémite (pourtant juive elle-même, ce qui aggrave quelque peu son cas), une belle-fille décidée à détruire son mariage, un enfant qu’Ira souhaite de tout cœur mais qu’il n’aura jamais, les désillusions, les mensonges, les tromperies…

Son frère Murray occupe une bonne place dans cette histoire. Il est l’opposé d’Ira, l’homme qui réfléchit plus qu’il n’agit, celui qui aura essayé toute sa vie de sauver son frère, de lui-même d’abord et de l’impitoyable machine maccarthyste ensuite, dont il aura souffert lui-même, mais d’une manière moins spectaculaire peut-être.

Ajoutons à cela les magnifiques personnages d’Eve Frame, l’épouse d’Ira et celui de Sylphid sa belle-fille. Les deux femmes jouent un rôle important dans la chute d’Ira. Eve surtout, manipulée ou manipulatrice ? Un peu des deux ? Et la fille, l’horrible fille qui hait Ira, qui menace sa mère et l’influence, quel portrait douloureux il en fait ! 

Livre sur la trahison, la passion, le tableau d’une Amérique à un moment pas très glorieux de son histoire, de beaux passages sur la littérature aussi et le métier de romancier. Des thèmes forts pour un roman qui encore une fois, retourne les tripes. Roth écrit selon mon cœur et j’en suis à chaque fois toute remuée.

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Message par Aeriale le Lun 19 Déc - 10:56

Ah ce commentaire d'Epi sur La tache! Je m'en souviens encore :-)

Philip Roth 30583_1481776

Pas facile de commenter ce livre. Il y a tout : Ce qui fait un homme et le défait, l'universel et le spécifique, l'homme pris dans sa globalité, dans une Amérique puritaine et hypocrite qui destitue un Président parce qu'il a fauté dans le bureau ovale mais qui se délecte de ses frasques en même temps. Qui érige en supérieure une race blanche mais désavoue un homme, cachant sa négritude pour mieux jouer de ses codes, en le taxant de raciste.
Tout est là, l'incongruité de la vie, son côté paradoxale et dérisoire, les mensonges que les hommes se prêtent à endosser pour rentrer dans le moule du conformisme, ou ceux au contraire qu'ils s'inventent pour s'en défaire, mais qui finissent toujours par le rattraper. L'homme toujours prisonnier en fait, alors qu'il pense pouvoir se construire, tout ça mêlé dans le grand chambardement de la vie.

Et pourtant Philippe Roth nous démontre bien que chacun est libre au départ -ou du moins se croit-. Coleman choisira de renier son passé alors que Walt, son frère, militera pour plus de respect des droits de chacun. Faunia pensera s'échapper en s'avilissant alors que Delphine croira s'affranchir de son carcan au delà de l'Atlantique. Seul Lester ne se sortira jamais de ses démons. Le personnage le plus violent, le plus évident qui atteint finalement une autre dimension à la fin du récit et qui, j'ai trouvé, a droit aux plus beaux passages (celui relatif au Mur est fascinant, quant à celui de son retour du Vietnam, il prend réellement aux tripes!)

J'ai été soufflée par la force et le talent de Roth, sa façon de nous les présenter dans leur contexte, petit à petit, comme un entomologiste le ferait avec ses insectes. Il y forcément une forme journalistique qui peut paraître parfois plombante, mais Roth ne lâche jamais de très loin son sujet. Et c'est là où il est sidérant. Malgré les longueurs les digressions et le reste, il touche juste. Il part d'un détail pour attendre le global ou bien le contraire. Et puis il revient à ses personnages. C'est cette construction qui part du général à l'intime qui retient finalement, parce que malgré soi on est pris dans ses filets: Il cible et vise juste. Il y a des moments époustouflants où on est happé, pris dans un tourbillon, où le rythme s'accélère et où l'on ressent toute les souffrances et les pensées des personnages.

Pour moi P. Roth est un auteur essentiel parce qu' il a cette faculté de voir loin, de rendre les évènements tels qu'ils sont, ses personnages complexes, ambigus, avec leur part d'ombre et leurs " taches" qu'ils tentent de camoufler. Tous bien réels, coincés dans leur environnement, changeants et surtout imparfaits, en lutte avec une morale ou des conventions qui cherchent à les modeler, mais aussi en lutte avec eux-mêmes. C'est un un récit très dense, pesant par moments, toujours surprenant, mais surtout très fort et qui une fois rentrée dedans, ne m'a plus du tout lâchée! Quel talent Exclamation
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Message par Aeriale le Lun 19 Déc - 11:28

 -La bête qui meurt-

Philip Roth La_bete_qui_meurt_1

Quand on lit Philip Roth on peut se retrouver comme cette femme à qui s'adresse le personnage dans ce roman-confession, ce "tu" qui est un peu nous, d'un David Kepesh qui est un peu -beaucoup- lui. Partagé entre le plaisir, voire la fascination, de sonder l'âme de cet homme brillant, conscient de sa valeur, foncièrement égoïste autant qu' honnête, et la gêne qu'il peut en découler. Une confession où les mots ne se cachent pas derrière de faux semblants, et où les choses sont dites sans fard: Les femmes, le sexe, le couple et le désir, la jalousie et les affres qui vont avec.

A l'aube de ses 62 ans David K se sent vieillir et cette idée l'angoisse, le taraude comme une bête coincée dans ses entrailles. Sans doute pour retrouver un peu de cette frivolité passée, il séduit une jeune étudiante cubaine, racée, bien dans son corps et belle à se damner, qu'il va aider à se révéler. L'auteur nous livre avec complaisance leurs ébats et la force qui le fait succomber à cette passion dévorante. L'éternel Dom Juan se métamorphose en amant rongé par la peur.

La jalousie. L'incertitude. La peur de la perdre, même quand j'étais sur elle. Des obsessions qu'au fil de mes expériences variées je n'avais jamais connues. avec Consuela, fait sans précédent, mon assurance s'est trouvée siphonnée d'entrée de jeu

    Un jeune homme va la trouver, et il va l'emporter. il va me la voler à moi, qui ai mis le feu à ses sens, qui lui ai donné sa stature, moi le catalyseur de son émancipation, moi qui l'ai préparée pour lui

C'est cruel, terriblement lucide et volontairement provocateur:

Certains hommes, pour baiser, il leur faut une dominatrice qui fasse claquer son fouet au dessus d'eux. Ou il leur faut une fille déguisée en soubrette. Il y en a qui baisent que les naines, d'autres que les délinquantes, d'autres encore que des poulets. Mon fils, lui, il baise la respectabilité morale

Il y a des phrases chocs dont on se régale comme toujours chez cet homme dont la franchise intellectuelle compense largement ce que l'on pourrait lui reprocher de vantardise ou d'exhibitionnisme. Comment croire à cette passion alors que près de 40 ans les séparent?
Mais l'auteur joue franc jeu et se traite volontiers de vieux débris! Il y a bien des transgressions un peu longuettes sur la libératon sexuelle et quelques considérations un brin nombrilistes mais l'ensemble est animé d'une grosse part de ferveur, d'intensité. Lorsqu'il parle de la déchéance des corps et de l'esprit, lorque celui-ci est piégé par le désir, il ne peut que toucher sa cible.
Une façon radicale, quelquefois limite dans certains passages, mais directe, tranchante et très subtile pourtant d'aborder ces sujets cruciaux et d'avouer les faiblesses de l'homme aculé devant son destin.
Il faudrait être un abruti pour croire retrouver sa jeunesse. Si on croyait la retrouver, ce serait un jeu d'enfant. Loin de te sentir rajeunir, tu mesures l'écart poignant entres son avenir illimité et les bornes du tien, et tu éprouves encore plus qu'à l'ordinaire l'éphémère poignant de toutes tes grâces perdues.

Et une fin qui claque fort dans la tête avec une belle morale
Tout individu calme et raisonnable en cache un autre, que la mort rend fou d'angoisse

A lire absolument!
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Message par Arabella le Lun 19 Déc - 11:45

La tache

C'était mon premier contact avec Roth et ce ne sera pas le dernier. J'ai été très sensible à l'univers de Roth, à sa densité et sa subtilité. Il crée des personnages très présents, très intenses, dont il nous dévoile les facettes les plus intimes, mais sans être pesant, en laissant la part d'ombre propre à chacun. Il lève un voile sur l'intériorité la plus profonde des être tout en étant capable de faire sentir que l'on ne peut jamais vraiment comprendre une personne, ses ressorts et motivations les plus profondes.

Son livre articule également d'une façon suprêmement intelligente le contexte social d'un l'individu, en montrant par exemple comment différentes personnes, à partir d'une même situation peuvent faire des choix complètement différents, c'est tellement rare les écrivains qui tout en intégrant la dimension sociale qui pèse sur les individus n'en fait pas un déterminisme mécanique et simplificateur, mais juste une donnée incontournable à laquelle les individus réagissent en fonction de leur personnalité.

Un maître de la complexité finalement, et donc même si certains aspects du livre m'ont moins convaincus, par exemple le portrait caricatural de Delphine, dans lequel la part d'ombre dont je parle plus haut n'apparaissait pas, j'ai très envie de découvrir d'autres livres de Roth.

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Message par Aeriale le Lun 19 Déc - 11:49

-Le rabaissement-


Philip Roth Le-rabaissement,M60452

Un roman sous forme de confession à demi mot, et par personnage interposé, de cette angoisse de mort et de fin de parcours qui sous-tend depuis quelque temps les romans de l'auteur. Angoisse commune à tout artiste en fin de course, ayant connu son heure de gloire et dont l'égo se retrouve davantage fragilisé face à ce baissé de rideau que représente la vieillesse.

Ici notre acteur de théâtre (qui pourrait ressembler à Roth lui même) après un passage en clinique, croque de nouveau les joies de la vie grâce à l'attrait qu'exerce sur lui une jeune femme, lesbienne reconvertie, et va s'évertuer à façonner la belle selon son désir. Un moyen de garder prise sur le monde, de concentrer son énergie pour s'y sentir encore acteur , une tentative désespérée de reculer l'affrontement avec soi même? Tout cela et bien plus.

 Dans ce roman tristement crépusculaire Roth se livre tel qu'il est. Derrière cette recherche éperdue on ressent avec émotion toutes les tensions d'un homme vieillissant, extrêmement lucide et désabusé mais qui a su garder cette dérision qui lui est propre. il y a bien quelques passages plus ou moins érotiques voire glauques, trahissant plutôt le désarroi d'un homme face à la puissance sexuelle qui s'échappe. Dérangeants, limite comiques, mais ils ne doivent pas masquer l'essentiel: Le constat tragique et sans fard d'un auteur infiniment honnête et dont l'intelligence perce toujours sous les costumes de mascarade.

Profondément touchant mais attention, uniquement pour les convaincus car ce n'est certes pas le plus flamboyant. Mais je pardonne bien des excés à notre auteur car sa dérision, sa finesse et son extrême lucidité valent largement tout le reste. Je connais peu d'auteurs dotés d'une clairvoyance aussi pointue, qui osent se mettre à plat et regarder la mort en face. (Dubois chez les français a aussi cette capacité, et surtout cet humour désenchanté) Pour moi il fait toujours partie des grands!
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Message par Aeriale le Lun 19 Déc - 12:00

-Nemesis-


Philip Roth Nemesis,M94650



J'ai été enchantée de retrouver la clarté, la finesse et l'intelligence de Philippe Roth dans ce Nemesis. En un court roman, Roth nous livre l'essentiel, ce que représente le bilan d'une vie, lui qui à plus de 80 ans, n'a plus grand chose à nous prouver. Fini le questionnement sur les femmes, le sexe ou les problèmes de prostate. Moins d'humour, nulle légèreté, mais avant tout cette lucidité souvent cruelle avec laquelle il nous faut composer. La vie vertueuse, et le besoin de tendre vers le meilleur méritent 'ils que l'on y sacrifie son propre bonheur?

Le récit de Bucky, ce jeune homme si (trop?) intègre, semblant porter la responsabilité du monde sur ses épaules et miné par les remords, la honte et la culpabilité de n'avoir jamais été à la bonne place au bon moment, nous force à nous interroger nous-mêmes. Ce Dieu et ses valeurs qui lui ont été inculquées, valaient ils réellement un tel renoncement? et pourquoi en fin de compte?

A travers la destinée de Bucky Cantor, Philippe Roth nous tend son miroir, celui d'un homme ni révolté, ni amer, mais désespérément lucide. Ne cherchez pas à vouloir dominer les évènements, ni à influer le cours des choses en pensant agir pour le bien ou l'honneur, ne cherchez pas non plus à donner un sens au hasard car la vie est traîtresse, et l'homme dérisoire, simple jouet d'une puissance qui le dépasse et parfois le défie.

Il n'y a rien de révolutionnaire dans cette évidence, mais Roth nous le dit avec ses mots, sa puissance et son extrême subtilité, presque dans un murmure. La classe!
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Message par kenavo le Mer 23 Mai - 6:54

Philip Roth, géant de la littérature américaine, est mort

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Message par Aeriale le Mer 23 Mai - 8:24

Oui, c'est très triste. J'ai appris cela en ouvrant l'oeil ce matin..

Adieu à ce regard aigu sur les travers de l"Amérique, et de nos sociétés en général. Une intelligence et une lucidité hors du commun.

Il portait un regard lucide et subversif sur la société américaine.
dit l'article. Eh oui, avec ce mélange de cynisme et de provocation jubilatoire qui le rendait unique.

J'espère que La grande librairie lui consacrera un hommage demain, en attendant je vais me procurer Le complexe de Portnoy que je n'ai jamais lu.
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Message par Epi le Mer 23 Mai - 22:03

Suis triste aussi.

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Message par Queenie le Jeu 24 Mai - 8:18

@Epi a écrit:La Tache-

Coleman Silk, un professeur d’université donne sa démission après avoir été accusé de racisme envers deux de ses étudiants, qu’il n’a d’ailleurs jamais vu. Il ne peut s’innocenter sans dévoiler son secret « la tache », que l’on découvre d’ailleurs assez tôt. 

Cette histoire m’a ennuyée d’abord. L’histoire de Coleman n’accroche pas, elle irrite, elle lasse. Le personnage ne suscite aucune émotion. On se fiche éperdûment de son prétendu problème. Sa liaison même avec Faunia, une femme beaucoup plus jeune, illettrée, n’apporte pas plus d’intérêt. L’histoire de cette femme aussi d’ailleurs est plutôt ennuyeuse. Mais on continue de lire parce qu’il y a quelque chose qui retient l’attention. Qu’est-ce exactement ? Difficile de mettre le doigt dessus. Une façon de décrire cette Amérique sans complaisance, avec lucidité mais aussi avec une certaine fierté et affection ? Peut-être, mais cela ne suffit pas. 

Et puis à un moment le déclic.
Je n'ai pas réussi à avoir ce déclic. Je crois l'avoir lu jusqu'au bout ce bouquin. Mais ne me souviens que de cet insupportable Coleman.
L'impression d'être passée à côté de quelque chose.

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Message par Liseron le Jeu 24 Mai - 11:40

Un auteur que je ne connais pas du tout, un manque à combler encore !!!

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Message par Epi le Jeu 24 Mai - 21:38

@Queenie a écrit:
@Epi a écrit:La Tache-

Coleman Silk, un professeur d’université donne sa démission après avoir été accusé de racisme envers deux de ses étudiants, qu’il n’a d’ailleurs jamais vu. Il ne peut s’innocenter sans dévoiler son secret « la tache », que l’on découvre d’ailleurs assez tôt. 

Cette histoire m’a ennuyée d’abord. L’histoire de Coleman n’accroche pas, elle irrite, elle lasse. Le personnage ne suscite aucune émotion. On se fiche éperdûment de son prétendu problème. Sa liaison même avec Faunia, une femme beaucoup plus jeune, illettrée, n’apporte pas plus d’intérêt. L’histoire de cette femme aussi d’ailleurs est plutôt ennuyeuse. Mais on continue de lire parce qu’il y a quelque chose qui retient l’attention. Qu’est-ce exactement ? Difficile de mettre le doigt dessus. Une façon de décrire cette Amérique sans complaisance, avec lucidité mais aussi avec une certaine fierté et affection ? Peut-être, mais cela ne suffit pas. 

Et puis à un moment le déclic.
Je n'ai pas réussi à avoir ce déclic. Je crois l'avoir lu jusqu'au bout ce bouquin. Mais ne me souviens que de cet insupportable Coleman.
L'impression d'être passée à côté de quelque chose.
J'ai bien failli passer à côté  mais Roth n'est peut-être tout simplement pas pour toi ou bien pour plus tard ?
Je ne relis jamais, faute de temps, mais La Tache sera sûrement l'exception, ça été une telle claque, j'en ai encore des frissons Laughing

@Liseron a écrit:Un auteur que je ne connais pas du tout, un manque à combler encore !!!
Bonne découverte Liseron !

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