Racine

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Racine

Message par Arabella le Sam 11 Mar - 22:08

Racine (1639 -1699)





Source site Phèdre de Racine

Racine est né le 22 décembre 1639 à La Ferté-Milion, dans l’Aisne. Il se retrouva orphelin à l’âge de 4 ans et a été élevé par ses grands-parents.

A la mort de son grand-père, en 1649, sa grand-mère, Marie des Moulins, est partie vivre dans le couvent de Port-Royal et elle décida d’emmener son petit-fils avec elle. Racine reçut une éducation classique aux Petites écoles de Port-Royal, une institution religieuse qui a beaucoup influencé d’autre auteurs contemporains comme Blaise Pascal. Port-Royal était dirigé par des adeptes du Jansénisme, une théologie considérée comme hérétique par les archevêques français et le Pape.

Les interactions de Racine avec les Jansénistes durant son séjour à cet académie l’ont grandement influencé durant le reste de sa vie. Il excellait notamment dans ses études sur l’antiquité et les mythologies grec et romaine qui ont joué de grands rôles dans ses futurs travaux.

Racine devait étudier dans le Collège d’Harcourt à Paris mais, à la place, il fut attiré par un style de vie plus artistique. Il s’adonna à la poésie et reçut de nombreuses retombées positives, notamment de la part de Nicolas Boileau, avec qui Racine allait devenir très ami. Il décida finalement de s’installer à Paris où il s’impliqua beaucoup dans le théâtre. Sa première pièce, « Amasie », ne fut jamais jouée sur scène.

Le 2 juin 1664, la tragédie de Racine nommée « La Thébaïde ou les frères ennemis » fut interprétée par la troupe de Molière au Théâtre du Palais-Royal. L’année suivante, Molière adapta aussi la deuxième pièce de Racine: « Alexandre le Grand ». Cependant, cette pièce ayant reçu énormément de bonnes critiques,

Racine négocia en secret avec une autre troupe de théâtre, l’Hôtel de Bourgogne, pour jouer la pièce, celle-ci étant réputée pour ses excellentes prestations sur les tragédies. Ainsi, « Alexandre » eu droit à une deuxième première, interprétée par une troupe différente, onze jours après sa première représentation. Molière n’a jamais pu pardonner Racine de cette trahison et leurs différends ne s’arrangèrent pas lorsque Racine décida de séduire l’actrice principale de la troupe de Molière. Thérèse du Parc est ainsi devenue sa compagne aussi bien professionnellement que dans la vie.

Toutes les nouvelles pièces de Racine furent interprétées par la troupe de l’Hôtel de Bourgogne. Bien que « La Thébaide » et « Alexandre » furent des pièces à thème classique, Racine entra déjà dans la controverse et dut faire face aux accusations selon lesquelles il polluait les esprits de ses spectateurs.

Racine coupa tous ses liens avec Port-Royal et continua avec « Andromaque » en 1667. Parmi ses rivaux on retrouve Pierre Corneille et son frère, Thomas Corneille. L’incident majeur qui a probablement contribué à la disparition de Racine de la vie publique fut son implication dans un scandale en 1679. Il se maria avec la pieuse Catherine de Romanet et ses croyances religieuses ainsi que son dévouement au Jansénisme refirent surface. Le couple eu deux fils et cinq filles. Au moment de son mariage et de son départ du théâtre, Racine accepta un poste à la cour du roi Louis XIV, aux côtés de son ami Boileau. En 1672, il fut élu à l’Académie française.

Racine fut nommé à différents postes à la cour royale et le roi l’a beaucoup apprécié. Jean Racine mourra en 1699 d’un cancer. Il demanda à être enterré à Port-Royal mais après la destruction du site par Louis XIV en 1710, ses restes furent déplacés à l’église Saint-Etienne-du-Mont à Paris.

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Re: Racine

Message par Arabella le Sam 11 Mar - 22:09

Phèdre

Créée en 1677, avant un longue pause dans la carrière de dramaturge de Racine, puisqu'il n'écrivit plus de pièce pendant douze ans, ne reprenant la plume que pour satisfaire Mme de Maintenant, en composant ses deux dernières ouvres théâtrales, Esther et Athalie, sur des sujets religieux, pour les demoiselles de Saint-Cyr.

Phèdre est sans toute la pièce la plus célèbre de son auteur, celle qui continue à être la plus jouée encore maintenant, et qui est souvent considérée comme l'apogée de la tragédie classique à la français.

Pourtant, elle ne représente qu'une des facettes de cette forme théâtrale, qui a connue une longue histoire de près de trois siècles, avec des conceptions, pré-supposés bien différents. A l'origine, au XVIe siècle, elle était censée être un genre au service de l'instruction morale. L'émotion que provoque la tragédie est au service de l'instruction, elle a un but d'utilité morale.

On en est loin chez Racine. L'émotion a pris le pas, et surtout « la poésie dramatique a pour but le seul plaisir des spectateurs » a écrit Corneille en 1660. Un plaisir un tant soit peu étrange, car il naît de la vision de la souffrance des personnages sur la scène. La compassion et la terreur amènent le spectateur au plaisir.

L'action de Phèdre vient de la mythologie grecque. Dans le mythe, Aphrodite a décidé de punir, Hippolyte, le fils de Thésée et d'une fière Amazone, qui refusait de reconnaître son pouvoir, le pouvoir de l'amour, en allumant dans le coeur de sa belle mère, Phèdre, un amour coupable et irrésistible pour le jeune homme. Phèdre se déclare, mais Hippolyte la fuit avec horreur ; elle l'accuse d'avoir voulu la violer, et Thésée demande à Poséidon de faire mourir son fils, ce que le dieu exécute à l'aide d'un monstre marin.

Chez Racine, pas de référence à Aphrodite, et Hippolyte est même amoureux d'une jeune fille, Aricie, survivante d'une famille ennemie de Thésée, qui la maintient dans une stricte captivité. L'amour, la passion de Phèdre trouve son origine en elle-même. Encouragée par Oenone, sa nourrice, qui exprime les désirs et envies les plus secrètes et inavouables de Phèdre, qui n'a plus qu'à les suivre, après un semblant de résistance, elle exprime à voix haute ses sentiments coupables. La mort de Thésée étant annoncée, elle projette de se marier à Hippolyte et lui déclare sa flamme, qui la rejette. Thésée revenu, Oenone accuse Hippolyte, qui le condamne à mort par l'entremise de Neptune. Oenone et Phèdre se suicident.

Plus de dieux pour expliquer le dérèglement des passions humaines. « La faiblesse aux humains n'est que trop naturelle » dit Oenone. Les passions, les emportements, aussi inacceptables qu'ils semblent du point de vue social, sont au coeur de la nature humaine. Et mènent les pauvres êtres à leur perte, jouets non plus de dieux, mais de leurs propres folies. Les plus nobles rois et reines n'y échappent pas. La fatalité n'est pas extérieure, mais inhérente à l'être humain.

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Re: Racine

Message par Arabella le Ven 12 Mai - 19:21

Andromaque

C'est la troisième pièce de Racine, et celle dans laquelle il trouve sa voie propre, après une première pièce, La Thébaïde clairement inspirée par Corneille, et une deuxième, Alexandre le Grand dans laquelle à l'inverse il explore la veine romanesque et galante, très à la mode à l'époque, et à laquelle Corneille est farouchement opposée.

L'histoire s'inspire des chaînes amoureuses mises à l'honneur par les pastorales. Oreste aime Hermione mais cette dernière est promise à Pyrrhus qu'elle aime passionnément. Ce dernier cependant lui préfère Andromaque, la veuve d'Hector qui est devenue son esclave après la chute de Troie, et veut l'épouser, ce que cette dernière refuse voulant rester fidèle à son mari tué par le père de Pyrrhus, qui pour parvenir à ses fins, la menace de faire tuer Astyanax, son fils. Andromaque va accepter d'épouser Pyrrhus mais a l'intention de se suicider après lui avoir recommandé son fils. Hermione, devant le mariage annoncé, demande à Oreste de tuer Pyrrhus.

Racine dépeint les souffrances extrêmes des amours non partagés, qui font oublier aux personnages leur rang, leur devoir, les obligations politiques. Même les héros, les rois, ne sont que des hommes déchirés par leurs passions, qui leur font oublier tout ce qu'ils se doivent, et qui vont à leur perte.

Il y a quelque chose de presque masochiste dans la façon dont tous les personnages s'attachent à ceux qui ne peuvent partager leurs sentiments, et de sadique dans la manière dont ils veulent à tout prix, conquérir l'être aimé, peu importe les souffrances qu'ils vont lui infliger. Sans parler de la manière dont ceux qui sont aimés traitent ceux qui les aiment.

La passion n'est guère aimable chez Racine, elle ressemble un peu à la folie dont est pris Oreste, qui a tué pour rien Pyrrhus, puisqu'Hermione se suicide après la mort de son aimé.

Tout cela dans une langue superbe, marmoréenne, dont la perfection formelle semble narguer presque les délires amoureux des personnages. En faisant un spectacle élégant de leurs souffrances.

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