Théophile de Viau

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Théophile de Viau

Message par Arabella le Jeu 23 Mar - 22:18

Théophile de Viau (1590-1626)





Source Wikipédia

Théophile de Viau, né entre mars et mai 1590 à Clairac, en Agenais et mort le 25 septembre 1626 à Paris, est un poète et dramaturge français.

Poète le plus lu au xviie siècle1, il sera oublié à la suite des critiques des Classiques, avant d'être redécouvert par Théophile Gautier2.

Depuis le xxe siècle, Théophile de Viau est défini comme un auteur baroque et libertin3. Les témoignages de ses contemporains convergent également pour indiquer que Théophile de Viau était bisexuel4.

Bien qu’un moment protégé du roi Louis XIII, il a vécu en exil et a été emprisonné : on lui reprochait, sur la base de poèmes obscènes qu'il avait écrits pour le Parnasse satyrique et son amour pour Jacques Vallée, sieur des Barreaux, d'avoir des relations homosexuelles et un esprit irréligieux. Il fut condamné à mort pour libertinage mais réussit à fuir.

Né à Clairac dans une famille protestante, Théophile de Viau suit des études à l’académie protestante de Saumur et à l'université de Leyde, où il fréquente notamment le futur épistolier et essayiste Guez de Balzac. Il se joint ensuite, dans les années 1611–1613, à une troupe de théâtre ambulant, puis s'installe à Paris en 1615, où il mène joyeuse vie tout en devenant un brillant poète de cour. Alors qu'il est au service du comte de Candale, il prend part de 1615–1616 au conflit qui oppose le parti auquel appartient son protecteur à Louis XIII et, surtout, à son favori, le comte de Luynes. Pardonné après la guerre, il reprend sa vie de brillant poète de cour. Il entre en contact avec les idées épicuriennes du philosophe italien Giulio Cesare Vanini qui remet en cause l'immortalité de l'âme, mais sa conversion au catholicisme ne l'empêche nullement, selon ses accusateurs et l'essentiel de la critique littéraire, de rester libertin d'esprit et de cœur.

Il est banni de France en 1619, accusé d'irréligion et d'avoir des « mœurs indignes. » Ce bannissement était peut-être également politique, lié au conflit qui opposait son protecteur, le comte de Candale, au comte de Luynes, et aux pamphlets contre ce dernier, auxquels il était soupçonné d'avoir pris part.

En 1620, après avoir voyagé en Angleterre, il revient à la cour. À la publication sous son nom de poèmes licencieux dans le recueil le Parnasse satyrique en 1622, il est, sur dénonciation des jésuites, condamné à apparaître nus pieds devant Notre-Dame de Paris pour y être brûlé vif en 1623. La sentence est exécutée en effigie tandis que Théophile se cache. Arrêté alors qu'il tentait de passer en Angleterre, il est emprisonné à la Conciergerie pendant près de deux années tandis que le père Garasse se livre à une véritable analyse de texte de ses poèmes pour obtenir sa condamnation à mort en prouvant qu’il y a glissé des allusions à la sodomie. Pas moins de cinquante-cinq brochures sont éditées pour et contre Théophile à l'occasion de cette affaire qui mobilise les intellectuels et les écrivains de l’époque. Pendant ce temps, Théophile rédige Plainte de Théophile à son ami Tircis, reprochant à un ami (peut-être Jacques Vallée des Barreaux, qui ne semble d'ailleurs pas l'avoir abandonné), son peu d’empressement à le tirer d’affaire. Sa sentence ayant été commuée en arrêt d'exil perpétuel, Théophile, miné par son séjour en prison, passe les derniers mois de sa vie à Chantilly sous la protection du duc de Montmorency.

On lui doit des pièces de théâtre, dont la tragédie Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé qui, donnée en 1621, remporta un vif succès.

Sa pièce Un corbeau devant moi croasse, qui dépeint une scène fantastique de tonnerre, de serpents et de feu montre qu’il était demeuré attaché aux images sensibles de l'époque baroque. Deux de ses poésies sont des plaidoyers mélancoliques adressés au roi sur son incarcération ou son exil. Cette expression de tristesse se retrouve dans son Ode sur la solitude qui allie des motifs classiques à une élégie au sujet du poète au milieu d'une forêt. Oublié à l’époque classique, Théophile de Viau a été redécouvert par les romantiques, au xixe siècle, notamment par Théophile Gautier.

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Re: Théophile de Viau

Message par Arabella le Jeu 23 Mar - 22:22

Les amours tragiques de Pyrame et Thisbé

Un nouveau théâtre apparaît en France au milieu du XVIe siècle, qui balaie le théâtre du Moyen-Age. Puisant ses sources dans l’antiquité, modèle insurpassable à imiter, s’inspirant du théâtre italien, qui le premier est retourné aux sources antiques, ce théâtre humaniste, initié par la Pléiade, va créer un certain nombre de tragédie et comédies.

Mais au début du XVIIe siècle, ces conceptions sont de plus en plus contestées, de nouveaux auteurs et théoriciens aspirent à une autre vision plus moderne du théâtre, correspondant davantage aux goûts du public de l’époque. De nouveaux sujets et de nouvelles façons de construire les pièces sont débattues et expérimentées.

C’est ainsi que Théophile de Viau, poète sulfureux et contestataire, fait créer sa pièce, l’année de la première représentation n’étant pas connue, la première publication date de 1623. Les contemporains y ont vus une évolution, une rupture importante, et elle a produit la tradition de la tragédie élégiaque dans laquelle les amants ne se retrouvent que dans la mort.

La pièce s’inspire des Métamorphoses d’Ovide. Thisbé et Pyrame sont deux amoureux, dont les parents sont ennemis. Ils bravent les interdits familiaux en communiquant par une fissure dans le mur qui sépare leurs maisons. Un jour, ils décident de s’enfuir ensemble, et se donnent rendez-vous auprès d’un tombeau à l’extérieur de la ville de Babylone. Thisbé arrivée la première, se sauve à l’arrivée d’une lionne, et perd son voile. La lionne s’acharne sur ce voile, et comme elle a la gueule ensanglantée, elle le laisse lacéré et plein de sang. Pyrame qui arrive à son tour, voit ce voile, et pense que sa bien aimée a été victime de bête sauvage, et se poignarde. Thisbé, revenue, n’a plus qu’à se poignarder à son tour.

Théophile a introduit une nouvelle trame dans l’histoire d’origine : le Roi aime Thisbé et la poursuit, et projette de faire tuer Pyrame. La trame de l’abus de pouvoir familial se conjugue avec la trame de l’abus du pouvoir politique ; les deux sont mis en cause par la pièce et renvoyés dos à dos en quelque sorte. L’amour passion, excessif et extrême trouvant sa conclusion dans la mort quasi inévitable. Une indéniable sensualité irradie de la pièce, en rapport avec la nature (jardin, désert…). L’amour pulsion irrépressible ne trouvant sa conclusion que dans la mort.

Pièce d’un auteur original et personnel, malgré une certaine façon de s’accommoder  des règles, elle est assez passionnante, que ce soit dans le fond que dans la forme. J’aimerais beaucoup la voir jouée pour voir ce que cela peut donner sur scène.

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Re: Théophile de Viau

Message par Arabella le Ven 24 Mar - 12:52

A Cloris

S'il est vrai, Cloris, que tu m'aimes,
Mais j'entends que tu m'aimes bien,
Je ne crois point que les Rois mêmes
Aient un heur comme le mien :
Que la mort serait importune
De venir changer ma fortune
À la félicité des Dieux !
Tout ce qu'on dit de l'ambroisie
Ne touche point ma fantaisie
Au prix des grâces de tes yeux.


Peut-être le plus connu...

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Re: Théophile de Viau

Message par Arabella le Ven 24 Mar - 12:53

En version musicale :


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Re: Théophile de Viau

Message par Arabella le Ven 24 Mar - 13:03

L'autre jour inspiré d'une divine flamme

Sonnet

L'autre jour inspiré d'une divine flamme,
J'entrai dedans un temple, où tout religieux,
Examinant de près mes actes vicieux,
Un repentir profond fit soupirer mon âme.

Tandis qu'à mon secours tous les Dieux je réclame,
Je vois venir Phyllis : quand j'aperçus ses yeux,
Je m'écriai tout haut : ce sont ici mes Dieux,
Ce Temple, et cet Autel appartient à ma Dame.

Les Dieux injuriés de ce crime d'Amour
Conspirent par vengeance à me ravir le jour ;
Mais que sans plus tarder leur flamme me confonde.

Ô mort, quand tu voudras je suis prêt à partir ;
Car je suis assuré que je mourrai martyr,
Pour avoir adoré le plus bel oeil du monde.

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