Goran Petrović

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Goran Petrović

Message par Aeriale le Ven 24 Mar - 10:04






Goran Petrović (en serbe cyrillique : Горан Петровић ; né le 1er juillet 1961 à Kraljevo) est un écrivain serbe. Il est membre correspondant de l'Académie serbe des sciences et des arts.

Après des études de lettres à la faculté de philologie de l'université de Belgrade, il devient bibliothécaire et travaille à côté du monastère de Žiča, situé près de sa ville natale.

Il figure parmi les meilleurs auteurs de la jeune génération serbe. Depuis 1989, il a publié recueils de nouvelles et romans et a été primé à plusieurs reprises dans son pays. En 2000, il reçoit le prix NIN pour son roman Sitničarnica "Kod srećne ruke"

Ses livres sont traduits en de nombreuses langues : russe, italien, polonais ou encore espagnol.

Son premier roman traduit en français, Soixante-neuf tiroirs, dont le titre serbe se traduirait littéralement par La boutique « À la main heureuse », met en scène des lecteurs qui se rencontrent – au sens propre – dans les livres.
Sources Wikipedia

bibliographie

Soixante-neuf tiroirs, trad. par Gojko Lukić et Gabriel Iaculli, Éditions du Rocher, 2003
Le Siège de l'église Saint-Sauveur, trad. par Gojko Lukić, Éditions du Seuil, 2006
Sous un ciel qui s'écaille, traduit par Gojko Lukic, Les Allusifs, 2010.
Atlas des reflets célestes, traduit par Gojko Lukic, Éditions Noir sur Blanc, 2015
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Re: Goran Petrović

Message par Aeriale le Ven 24 Mar - 10:11

-Sous un ciel qui s'écaille-






Un court roman mais qui dit beaucoup, je me suis régalée! Sous sa plume inspirée, Goran Petrovic crée un monde fantasque et charmant où une multitude de caractères s'entre-mêlent, chacun plus pittoresque les uns que les autres. De l'ouvreur et sa perruche qui ne- dit-pas-son-nom à la fille de joie qui élabore un barème de tarifs préférentiels suivant les qualifications de ses clients, de la jolie et solitaire musicienne Deveine ("semblable à une composition commencée avec une virtuosité prometteuse mais demeurée inachevée") et qui va découvrir l'amour grâce au frappé du batteur de rock Niegomir, du frêle Brindillon à l'assoiffé Bodo ("qui cache ses moyens d'arrondir les angles de la réalité suivant un plan précis") tous composent une truculente et irrésistible galerie de personnages.

C'est carrément imprévisible, Petrovic nous embarque dans son histoire avec une bonhommie communicative et s'il s'amuse (et nous avec) des particularités de chacun, le ton sous jaçent est nettement plus profond, voire nostalgique. Sous un ciel qui s'écaille reflète tout un monde bruyant et insouciant rattrapé par l'ironie féroce de l'Histoire, où les rêves de paradis s'effritent à l'image de ce plafond en stuc, et où les chahuts de gamins prennent fin sous les bombes et les mines.

J'ai pris un plaisir évident à lire ce bien joli texte, à la fois drôle et grave, et dans lequel on se fond tout seul, porté par cette fluidité qui évite au lecteur de s'embourber- Au contraire de ce roman auquel il m'a fait penser au Londres- Louxor écrit lui aussi par une serbo-croate, Jakuta Alikavazovic, et dont le support métaphorique, une salle de cinéma, est le même-


Extrait

Mara cédait, résignée. Après tout elle n'avait pas épousé cet oiseau surestimé mais un homme. Et cet homme, Rudy Prohaska, aimait Mara en dix langues et plus. Elle lui disait souvent:

-Viens Rudy, si le coeur t'en dit, aime moi en allemand.
Et il l'aimait en allemand athlétique.
-Passons si tu veux au hongrois.
Il l'aimait en hongrois croustillant.
-Et maintenant, mon amour, en français.
Il l'aimait en français gracieux.
-Vite passe au tchèque.
Il l'aimait en tchèque familier.
-J'attends le bulgare.
Il l'aimait en bulgare caressant.
-Attends, attends, traduis -moi ça en turc.
Il l'aimait en turc fantasque.
Ensuite ils restaient allongés, nus, à bavarder. Rudy s'embrouillait parfois, mêlait les langues, mais Marta le rappelait vite à l'ordre:
-En serbe, Rudy, restons-en maintenant au serbe..
Et il l'aimait en serbe volubile, langue excellente pour causer à l'envi lorsque tout est fini, qu'il n'y a plus rien à faire.
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Re: Goran Petrović

Message par kenavo le Sam 25 Mar - 5:18

Merci pour ce fil
tout comme toi, j'ai adoré ce roman... un moment tout à à fait extra

mon grand coup de coeur reste quand même Soixante-neuf tiroirs drunken

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Re: Goran Petrović

Message par Aeriale le Sam 25 Mar - 8:30

Kenavo a écrit:Merci pour ce fil
tout comme toi, j'ai adoré ce roman... un moment tout à à fait extra
mon grand coup de coeur reste quand même Soixante-neuf tiroirs drunken
Oui, j'ai croisé ton avis en recopiant le mien. Vraiment un bon moment Very Happy

@Darkanny aussi était enthousiaste.

Je repêche des commentaires pouvant servir à ma liste Lectures du monde et celui ci m'avait marquée.

J'ai noté Soixante neuf tiroirs, merci Kena!
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Re: Goran Petrović

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