Gottfried Keller

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Gottfried Keller

Message par Merlette le Lun 3 Avr - 20:21



Gottfried Keller est un écrivain et homme politique suisse de langue allemande, né en 1819 à Zurich, où il meurt en 1890.

L'éditeur, l'Age d'Homme a écrit:
Attiré d'abord par la peinture, il vit à Munich avant de revenir découragé dans sa ville natale. Boursier, il sera étudiant à Heidelberg, où il suit les cours de Feuerbach, puis à Berlin. C'est là que, torturé par le mal du pays, il compose son premier roman, Henri le Vert. De retour à Zurich, il accepte en 1861 la fonction de Chancelier d'Etat qu'il conservera pendant quinze ans.
Parallèlement à ses fonctions officielles, il écrit de nombreuses nouvelles groupées sous le titre Les Gens de Seldwyla et les Nouvelles zurichoises. Il est également l'auteur de deux autres romans, L'Epigramme et Martin Salander.

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Re: Gottfried Keller

Message par Merlette le Lun 10 Avr - 14:47

Henri le Vert
Der grüne Heinrich

 
1e version: 1854/1855
2e version: 1879/1880 (cette édition)

« L’écrivain Urs Widmer a fait remarquer que les gens qui affichent grise mine, le matin, dans les bus, n’ont simplement pas lu Henri le Vert ». C’est cette phrase d’un article du journal Le Temps qui m’a donné envie de découvrir ce célèbre Bildungsroman (roman d’éducation), grand classique de la littérature germanophone du 19ème siècle.
En dépit de cette encourageante promesse, je l'ai abordé avec quelques appréhensions, le roman se présentant sous la forme compacte et austère de deux volumes d’environ 400 pages aux caractères très petits et très serrés, ce qui évoquait plutôt lecture laborieuse, longueurs et ennui.

Comme souvent, les apparences sont trompeuses car, dès le premier chapitre, j’ai été prise par le récit de la vie d’Henri Lee, plus ou moins inspiré de celle de Gottfried Keller. Henri naît dans une ville de Suisse (vraisemblablement Zurich) d’un père architecte, lui-même fils de paysan. Cet homme, qui s’est élevé socialement grâce à son désir d'apprendre et son travail, est le parfait représentant de la petite-bourgeoisie ambitieuse et éclairée qui prend alors son essor dans un contexte de profonde réorganisation institutionnelle. Il meurt jeune et Henri est élevé par sa mère, économe et dévouée. Ses vêtements, taillés dans le drap vert de ceux son père, lui valent auprès du voisinage le sobriquet d’Henri le Vert. Henri nous conte son enfance, son adolescence, ses amitiés et ses amours, ses études mouvementées, la découverte d’une vocation artistique qui le poussera à aller se former à la peinture en Allemagne, puis le retour en Suisse, après bien des péripéties. Rien que de très classique donc, alors qu’est-ce qui fait le charme et la richesse de cette œuvre surprenante ?

Tout d’abord la beauté d'une écriture claire, tranquille et vivante, servie par l'élégante traduction de Jean-Paul Zimmerman, qui fait d’Henri le Vert un récit captivant et se lisant étonnamment bien, avec certes quelques longueurs dans le deuxième volume à propos de questions théologiques, mais bien loin du texte rébarbatif que je craignais. Le style est réaliste, teinté d'humour, et l’histoire peuplée de nombreux personnages souvent hauts en couleurs, un peu comme du Dickens en moins mordant. Et puis, de façon inattendue, il vire parfois au fantasmagorique, avec l’inclusion dans l'histoire de contes teintés de féérique et de gothique, de compte-rendus surréalistes de rêves, traités avec étrangeté et poésie.
Une poésie que l’on retrouve dans des descriptions de la nature merveilleusement évocatrices, de véritables tableaux vivants empreints de la sensibilité artistique du narrateur et de l’auteur.
Car ce Bildungsroman est aussi un Künstlerroman (roman de formation de l’artiste), et il est passionnant de suivre la progression de ce difficile apprentissage, avec ses découvertes, ses révélations, ses écueils, ses désillusions.
La  finesse de l’analyse psychologique est l'un des points les plus intéressants et attachants de l’œuvre. Si l'on note des influences romantiques dans l’évocation des amours du narrateur, l’écriture ne verse jamais dans les excès caricaturaux et datés propres à ce courant. Goethe est déjà à l’époque un classique dont Henri dévore les œuvres, et les références romantiques sont traitées avec une distance respectueuse et légèrement amusée. C’est avec cette ironie, et toujours une grande lucidité, qu’Henri rend compte de sa vie et de son cheminement intérieur, de ses sentiments, ses aspirations, ses doutes, ses regrets, ses erreurs, ses prises de conscience. Un récit sans concessions et profondément humain donc, qui sonne authentique et étonnamment moderne, d’autant plus que Gottfried Keller, homme politique libéral, donne à son héros des idées progressistes en matière de société, d'éducation, de religion et même de relations amoureuses.

Un très beau roman à plusieurs facettes, à la fois profond, enrichissant et divertissant, que je placerais dans mon top 100 de livres favoris! Merci Urs Widmer.

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Re: Gottfried Keller

Message par Arabella le Lun 10 Avr - 16:46

Je ne lis pas trop en détail, pour me réserver la surprise pendant ma prochaine lecture. Mais je vois que tu as vraiment apprécier, alors j'ai d'autant plus envie.

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Re: Gottfried Keller

Message par kenavo le Lun 10 Avr - 18:15

Merci pour ce fil
pas moyen d'échapper à cet auteur lors des cours d'allemand chez nous
L'habit fait le prince et Roméo et Juliette au village me restent en bonne mémoire

@Arabella a écrit:Je ne lis pas trop en détail, pour me réserver la surprise pendant ma prochaine lecture. Mais je vois que tu as vraiment apprécier, alors j'ai d'autant plus envie.
de même...
j'avais noté cet auteur pour la LC des classiques, mais avec un autre livre, rien n'empêche de lire les deux Very Happy

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Re: Gottfried Keller

Message par Aeriale le Mar 11 Avr - 9:33

Céline a écrit:Un très beau roman à plusieurs facettes, à la fois profond, enrichissant et divertissant, que je placerais dans mon top 100 de livres favoris! Merci Urs Widmer.
Ah oui quand même!!!

A priori, ce n'est pas un style de roman qui m'attire (la forme compacte et austère dont tu parles) mais tu as l'air emballée, et c'est toujours intéressant d'en apprendre plus sur les mentalités d'une époque, surtout étrangères.

Pourquoi pas pour une LC classique?
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Re: Gottfried Keller

Message par Merlette le Mar 11 Avr - 11:32

@Arabella a écrit:Je ne lis pas trop en détail, pour me réserver la surprise pendant ma prochaine lecture. Mais je vois que tu as vraiment apprécier, alors j'ai d'autant plus envie.

J'espère que tu aimeras autant que moi!

@Kenavo a écrit:Merci pour ce fil
pas moyen d'échapper à cet auteur lors des cours d'allemand chez nous
L'habit fait le prince et Roméo et Juliette au village me restent en bonne mémoire

J'ai vu en effet que c'étaient ses œuvres plus courtes qui étaient étudiées en classe, on peut comprendre pourquoi. J'ai noté aussi Sedwyla, L'Epigramme et Martin Salander. Mais il est difficile de se les procurer en français. 

@Aeriale a écrit:
A priori, ce n'est pas un style de roman qui m'attire (la forme compacte et austère dont tu parles) mais tu as l'air emballée, et c'est toujours intéressant d'en apprendre plus sur les mentalités d'une époque, surtout étrangères.

Attention, attention! Ce n'est pas le style du roman qui est "compact et austère", surtout pas! Comme je l'explique, c'est juste l'édition L'Age d'Homme, qui n'attirerait à priori pas grand monde. Si elle était différente et modernisée, avec de plus gros caractères notamment, ce roman, même long, ne serait pas plus rébarbatif qu'un Dickens ou qu'un Balzac. C'est en effet un classique à côté duquel il est dommage de passer.

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Re: Gottfried Keller

Message par Aeriale le Mar 11 Avr - 15:37

Céline a écrit:
@Aeriale a écrit:A priori, ce n'est pas un style de roman qui m'attire (la forme compacte et austère dont tu parles) mais tu as l'air emballée, et c'est toujours intéressant d'en apprendre plus sur les mentalités d'une époque, surtout étrangères.

Attention, attention! Ce n'est pas le style du roman qui est "compact et austère", surtout pas! Comme je l'explique, c'est juste l'édition L'Age d'Homme, qui n'attirerait à priori pas grand monde. Si elle était différente et modernisée, avec de plus gros caractères notamment, ce roman, même long, ne serait pas plus rébarbatif qu'un Dickens ou qu'un Balzac. C'est en effet un classique à côté duquel il est dommage de passer.
Oui, oui, j'avais bien compris Céline :-)

Je voulais dire roman dans sa forme visible, son édition en tout cas, je me suis mal exprimée peut -être! C'est pour ça que tu fais bien d'en parler...
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Re: Gottfried Keller

Message par kenavo le Mar 11 Avr - 17:25

Céline a écrit:J'ai noté aussi Sedwyla
c'est celui que j'avais noté pour la LC

Céline a écrit:Mais il est difficile de se les procurer en français.
ce serait une bonne occasion de tenter un autre texte en allemand? Wink

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Re: Gottfried Keller

Message par Merlette le Mar 11 Avr - 18:21

@Aeriale a écrit:Oui, oui, j'avais bien compris Céline :-)

Je voulais dire roman dans sa forme visible, son édition en tout cas, je me suis mal exprimée peut -être! C'est pour ça que tu fais bien d'en parler...

Contente si ça vous a donné envie d'y jeter un oeil en tous cas. Bien qu'il soit difficile à dénicher. La traduction en français n'est même pas proposée en version ebook, contrairement à ses autres oeuvres. C'est bien bête!

@Kenavo a écrit:ce serait une bonne occasion de tenter un autre texte en allemand? Wink

J'y pensais aussi! J'ai trouvé ses oeuvres sur zeno.org et je lirais bien la nouvelle "Spiegel, das Kätzchen. Ein Märchen". Wink

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Re: Gottfried Keller

Message par kenavo le Mer 12 Avr - 6:08

Céline a écrit:J'y pensais aussi! J'ai trouvé ses oeuvres sur zeno.org et je lirais bien la nouvelle "Spiegel, das Kätzchen. Ein Märchen". Wink
bonne idée...
je n'ai jamais jeté un regard du côté de ses nouvelles/contes... une autre piste à suivre Very Happy

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Re: Gottfried Keller

Message par Arabella le Lun 15 Mai - 23:06

Henri le Vert

Un très long roman (presque 600 pages en petits caractères), le roman d'une vie, inspiré de la vie de l'auteur, Gottfried Keller. Un jeune homme qui perd son père très jeune, prématurément mis à la porte de l'école, et qui se forme lui-même. La littérature, l'art tiennent une grande place dans sa vie. Il pense avoir une vocation de peintre, suit un peu l'enseignement d'un maître, puis part en Allemagne pour essayer de se former et de percer dans le monde de l'art. Il a peu de moyens étant d'un milieu assez modeste, il épuise ses ressources et parvient à la conclusion qu'il n'a pas de réel talent. Il rentre donc chez lui, juste avant la mort de sa mère, et essaie de se trouver une place modeste mais honorable dans la société.

Un très beau livre, à l'écriture merveilleuse, rempli d'une mélodie en mode mineur, mélancolique et tendre. Henri, le personnage principal, évoque les souvenirs les plus essentiels, les plus marquants, les personnes qui ont le plus comptées pour lui. En toute subjectivité, en privilégiant les ressentis, la résonance intérieure, plutôt qu'une logique stricte et une vision exhaustive de ce qui s'est passé. Henri est un tendre, qui s'attache facilement, qui tombe régulièrement amoureux, mais qui préfère penser à l'amour, à la femme aimée, à rêver, plutôt que de vivre des aventures ou des passions. Qui ne décide pas, mais qui veut laisser les événements décider pour lui.

Les rêves sont aussi importants que la vie pour notre héros, le roman en contient quelques uns. Il y a des digressions, des descriptions de fêtes par exemple, qui rapprochent presque le livre d'un conte par moment, la rencontre avec Dorothée et le comte sont aussi dans ce registre. Ce n'est pas un récit linéaire, mais un voyage plein de chemins de traverses, et de raccourcis qui s'avèrent bien plus longs que le chemin ordinaire, mais qui ont des charmes étranges, pénétrants même si parfois douloureux.

Un livre de son temps dont on peut s'amuser à repérer les influence et les modèles, Goethe, l'intérêt pour le folklore ou le moyen-âge, mais qui en même temps arrive à être parfaitement intemporel, et qui ne paraît jamais daté.

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Re: Gottfried Keller

Message par Merlette le Mar 16 Mai - 10:59

Merci pour tes impressions @Arabella, je suis ravie qu'elles soient si enthousiastes! Wink

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Re: Gottfried Keller

Message par Arabella le Mar 16 Mai - 18:24

Un merveilleux livre, j'ai du mal à comprendre pourquoi il soit si difficile à trouver. J'ai eu droit à un exemplaire tout jauni sorti de la réserve centrale, et encore j'ai la chance d'avoir accès aux bibliothèques de Paris.

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Re: Gottfried Keller

Message par Merlette le Mar 16 Mai - 18:53

@Arabella a écrit:Un merveilleux livre, j'ai du mal à comprendre pourquoi il soit si difficile à trouver. J'ai eu droit à un exemplaire tout jauni sorti de la réserve centrale, et encore j'ai la chance d'avoir accès aux bibliothèques de Paris.

Oui, et c'est d'autant plus injuste qu'il est vraiment accessible aux lecteurs d'aujourd'hui...

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Re: Gottfried Keller

Message par kenavo le Dim 5 Nov - 5:16

/
Kleider machen Leute / L’habit fait le moine
Présentation de l'éditeur
Wenzel Strapinski, un tailleur qui ne trouve pas d’emploi à Seldwyla se met en route vers d’autres villages. Par un malentendu, qu'il ne trouve pas le courage d'éclairer, il est détenu dans la ville voisine de Goldach pour un riche compte polonais, à cause de son précieux manteau. La jeune fille Nettchen tombe amoureux du jeune homme. L'engagement amène la vérité à la lumière et Wenzel s'enfuit dans la nuit. Mais Nettchen se tient devant lui et reconnaît la sincérité de son amour.
Gottfried Keller a écrit un cycle de nouvelles (réparties en deux tomes, il me semble que seulement le premier a été traduit et une nouvelle du deuxième). Il les a toutes situés dans le village (inventé) de Seldwyla
Les gens de Seldwyla : Quelque part en Suisse allemande, dans la petite ville de Seldwyla, « lieu agréable et riant » à l’écart du progrès, les habitants ont des coutumes bien peu courantes : farniente, bonne humeur et agitation politique en forment l’essentiel…

Plusieurs de ses nouvelles figurent dans le programme scolaire de nos cours d’allemand. Cela fait donc une éternité que j’ai lu pour la dernière fois cet auteur.

Quoi de mieux qu’une LC classique de me ramener vers lui.

J’ai hébergé tout le cycle de Seldwyla et j’ai commencé par la plus fameuse histoire de toutes.

Le dicton Kleider machen Leute (les habits font l’homme) est plus vieux que la nouvelle de Keller, mais il l’a « perfectionné » et depuis ce temps cette phrase est reliée avec l’œuvre de Keller.

J’ai adoré mon retour vers cet auteur. Je vais certainement en lire d’autres nouvelles de ce revueil.



Malheureusement pas traduit, il existe dans la collection «Littérature du monde pour enfants » de Barbara Kindermann un joli album pour cette histoire, illustré par Sybille Hein

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