Alexandre Civico

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Alexandre Civico

Message par MezzaVoce le Dim 9 Avr - 10:57




Alexandre Civico est né en 1971. Après des études à l’Inalco (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), il travaille dans le monde de l’édition en tant qu’agent littéraire associé, puis en tant qu’éditeur en lançant la collection Naïve Sessions aux éditions Naïve. Il est éditeur au sein des éditions Inculte, notamment en littérature française et hispanique.

(source : Inculte)


2015 - La terre sous les ongles
2017 – La peau, l’écorce
avatar
MezzaVoce

Messages : 231
Date d'inscription : 01/04/2017

Revenir en haut Aller en bas

Re: Alexandre Civico

Message par MezzaVoce le Dim 9 Avr - 11:20



La peau, l’écorce (2017)

Quelque part en plein désert, à l’affût sous un soleil qui le déchire, un homme attend l’heure de l’assaut avec le reste de sa patrouille. Il est l’un des nombreux soldats fantomatiques d’une guerre qui ne porte même plus ce nom. Ailleurs, un homme se réveille un matin raccordé à sa fille de quatre ans par un cordon ombilical. Il déambule, désemparé, dans une ville à la dérive. Deux temps, deux réalités parallèles, mais un seul univers, le nôtre, arrivé au bout de son épuisement. À la fois réflexion sur la ruine des corps qui accompagne la ruine du monde et sur l’amour asymétrique entre parents et enfants, La peau, l'écorce est une fable noire, une légère anticipation, onirique, charnelle qui dessine la cruelle poésie de la fin d’un monde. (éditions Rivages)

C’est un petit roman par la taille mais gros par sa force et sa densité. L’écriture est pleine de poésie, émaillée de belles surprises, nerveuse et en même temps chargée de sensualité.

Deux personnages constituent les centres respectifs de deux histoires imbriquées l’une l’autre. Celui qui est resté, celui qui est parti. Alternance ébouriffante : l’écorce et la peau, le sec/dur et le doux/tendre (mais à la fin on ne sait plus trop).

Au détour d’une page, un mot me saute aux yeux : « oxymore », c’est bien cela. Tout dans ce livre tend à mêler les inconciliables, et y parvient. Vertige. La mort omniprésente et les sens prodigieusement vivants, l’intemporalité de l’histoire et son extrême modernité, l’exotisme terriblement familier… (et vice-versa : quelle bonne idée que ce parti-pris fantastique !). Tiraillé entre tous ces opposés, le lecteur est dans une position inconfortable mais exaltante, entre écœurement et fascination, résignation et révolte, tendresse et rage.

Livre coup de poing qui est, sans aucune (im)posture pédagogique, un profond appel à refuser le monde qui se dessine actuellement sous nos yeux. « L'indécence d'un cri de joie à l'enterrement du monde ». J’en ai encore des frissons.

Difficile de poster ici un extrait sans avoir l’impression de gâcher la découverte. Alors je mets juste le(s) début(s) :


L’écorce

Il faut laisser pousser la nuit. Il la faut bien noire. Enfouis sous la dune. Immobiles. Nous attendons. Pour l’instant, le soleil nous brûle. Rien à voir avec ces lueurs méridionales fluettes qu’on allait chercher, l’été, là-bas. Ici, l’astre te traque, tu es sa proie. Nous sommes sur les terres d’un Dieu de vengeance, chaque rayon est un glaive divin planté en travers de ton corps. La sueur coule dans les yeux se mélange au sable et à la poussière. Une boue acide fait grésiller les pupilles. (…)

La peau

J’ouvre les yeux, anxieux. Elle est là, juste en face de moi, endormie. Elle respire tranquillement, comme ça, comme si de rien n’était. Elle exhale un ronflement léger comme une brise, qui vient du nez. Un papillon. Son visage est apaisé et doux. Elle aura quatre ans aux prochains bourgeons. (...)
avatar
MezzaVoce

Messages : 231
Date d'inscription : 01/04/2017

Revenir en haut Aller en bas

Re: Alexandre Civico

Message par kenavo le Lun 10 Avr - 6:12

merci pour ce fil et ton commentaire
j'avais répéré ce livre lors de la sortie (et oui, couverture/désert, cela ne pouvait pas m'échapper)... mais je ne crois pas que c'est pour moi...

_________________
Life is a lot like Jazz
Best when you improvise

George Gershwin
avatar
kenavo

Messages : 6700
Date d'inscription : 29/11/2016

http://breizh-kenavo.blogspot.lu/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Alexandre Civico

Message par MezzaVoce le Lun 10 Avr - 8:28

@Kenavo a écrit:j'avais répéré ce livre lors de la sortie (et oui, couverture/désert, cela ne pouvait pas m'échapper)... mais je ne crois pas que c'est pour moi...
Oui, le choix de la couverture peut paraître un peu étrange.
avatar
MezzaVoce

Messages : 231
Date d'inscription : 01/04/2017

Revenir en haut Aller en bas

Re: Alexandre Civico

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum