Umberto Pasti

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Message par kenavo le Lun 10 Avr - 19:13

Umberto Pasti A227

Umberto Pasti, originaire de Milan, a publié des romans et des pamphlets, il a traduit les lettres de Proust à sa mère et écrit pour de nombreux journaux italiens.

Expert en céramique islamique, il partage avec son ami Le-Tan un goût immodéré pour les collections.
Il vit entre Milan, Tanger et un minuscule village au sud d'Asilah où il a créé en pleine nature un jardin exceptionnel.


Source : Editeur




c'est en anglais, mais rien que pour les images de son jardin drunken

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Umberto Pasti Empty Re: Umberto Pasti

Message par kenavo le Lun 10 Avr - 19:14

Illustrations : Pierre Le-Tan

Umberto Pasti A187
Jardins : Les vrais et les autres
Présentation de l’éditeur
Des parcs de stars agencés par des designers qui manient la surenchère du spectaculaire, aux pelouses artificielles des ronds-points et avenues commandées par des mairies pseudo-écolos, les jardins trahissent aujourd'hui les modes et fantasmes de notre société.
Contre ces dérives et délires, par admiration aussi pour les jardins authentiques qui surprennent et émerveillent, deux artistes de renommée internationale nous proposent un véritable manifeste de résistance botanique.
Humour et talent, finesse et perfidie se disputent pour façonner cet ouvrage décalé et irrésistible.
Non, il ne faut pas s’attendre à un livre de jardin plein d’harmonie et de beauté ! Umberto Pasti fait le compte à plus d’un phénomène concernant la nature et les jardins en particuliers.

Qu’il s’agit du jardin du collectionneur, du jardin milliardaire, design ou mauresque, du rond-point ou du jardin public, peut lui importe, ils passent tous à la poubelle !

On se l’imagine par moment tellement fâché, souvent certainement celui qui veut avoir le dernier mot, mais il présente toute cette panoplie de jardins différents avec beaucoup d’humour et aussi de connaissance, c’est un délice de le suivre.

Arrivée au dernier chapitre « où on se lance dans le jardinage » j’étais presque prête de m’engager dans la production de mon propre jardin… mais je pense que je vais plutôt continuer de lire des livres sur ce sujet… et je laisse cette occupation aux aficionados.

Umberto Pasti A204

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Extrait

Un jardin est un endroit où un homme cultive des arbres, des buissons, des fleurs et des légumes par besoin et par plaisir. Le jardin ressemble à celui qui l'a conçu. Il reflète ses aspirations, ses compétences, ses folies, ses vertus. Mais, à la différence de l'oeuvre d'art, tout entière créée à partir de rien (si l'on peut dire), le jardin devient ce qu'il est par l'addition de causes et éléments indépendants des capacités de son concepteur. Le talent d'un jardinier, son art, tient presque tout entier dans la connaissance de facteurs qui semblent étrangers aux soins accordés à la plante : l'exposition du terrain, sa pente et sa composition chimique, la présence ou l'absence d'eau stagnante ou vive, la qualité du drainage, la hauteur des précipitations, la température aux différentes saisons et les écarts thermiques entre le jour et la nuit, ainsi que la distribution des espèces tout autour. Il ne s'agit pas, cher débutant (car le vrai jardinier est toujours un débutant), de vous atteler à l'étude de la chimie, de la géologie ou de la botanique. Cultiver une touffe d'iris, au moins au début, est plus simple qu'écrire un roman. La syntaxe du jardinage a beau égaler en complexité celle de la langue la plus ardue, on peut l'assimiler par les yeux. Voyez-vous, pour devenir le jardinier que vous êtes probablement déjà sans le savoir, il vous faut ouvrir les yeux. C'est ce coup d'oeil qui vous permettra de comprendre que votre sol n'est pas assez acide pour planter des camélias et que la pelouse devant chez vous est marbrée de taches jaunâtres parce qu'elle retient l'eau de pluie. La lecture de traités sur les plantes acidophiles ou les variétés de pelouse viendra après. D'abord il faudra vous exercer en musardant dans la forêt, car on n'est point jardinier si on n'a été Petit Poucet à ses heures, observant la vie en pleine nature, tirant la leçon des réussites et des désastres dont les plates-bandes de vos voisins sont le théâtre.

Il faut aussi savoir prendre des risques. Ne craignez pas l'échec. Ce n'est qu'en essayant encore et encore, sans se lasser et sans craindre de se couvrir de ridicule, qu'on peut comprendre ce qui «marche». Alors que depuis vingt ans je m'occupe tous les jours de mes deux jardins et épisodiquement de ceux des autres, je me considère encore comme un apprenti et pense que les «créateurs de jardin» sont souvent des imposteurs. Le jardinage n'a rien à voir avec la peinture ou la poterie. Le jardin vit, c'est un corps qui se transforme chaque jour sous vos doigts. Joies et peines sont les mêmes qu'en amour.
Comme tout apprenti sorcier, vous devez être prêt à souffrir. Ce sera toujours l'arbuste le plus désiré, le plus rare, le plus coûteux, planté à la place d'honneur, qui agonisera deux mois plus tard. Si l'on sait puiser du courage dans ses erreurs, on l'arrachera. L'expérience enseigne que tous les jardins sont beaux, pourvu que les plantes y soient heureuses et vigoureuses. Si un buisson ne se plaît pas là où vous l'avez planté, vous pouvez le déplacer. Mais si son insatisfaction n'a pas disparu à la seconde tentative, vous devrez vous résoudre à l'éliminer ou, s'il s'agit d'une espèce rare, l'offrir à un ami plus expérimenté ou à un pépiniériste intéressé par sa reproduction.

Bref, il vous faut le coup d'oeil, du coeur à l'ouvrage, une baguette magique et, qualité décisive, la capacité à passer des heures au grand air, seul, au soleil ou sous la pluie, à vous éreinter, en sachant que le comportement des plantes sera presque toujours indépendant de votre travail et de vous-même. Rajoutez une étonnante inclination à vous oublier au moment où vous mobilisez toute votre énergie pour matérialiser une vision scandaleusement intime, ainsi que la faculté de percevoir sous vos doigts la bonne santé d'un tronc et d'entendre la voix de la terre dans une poignée au creux de votre paume. Pour devenir jardinier, point n'est besoin d'être chamane ni un nouveau saint François. Il suffit que vous aspiriez à connaître les lois de base qui régissent le cycle de la vie, la vôtre comme celle des graminacées. Et que vous obéissiez sans opposer de résistance. Vous êtes jardinier si vous savez reconnaître que cette soumission est votre liberté.

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