Herman Koch

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Herman Koch

Message par Aeriale le Jeu 27 Avr - 10:12



Herman Koch (né le 5 septembre 1953 à Arnhem) est un romancier et acteur néerlandais. Il est aussi connu pour ses éditoriaux dans le journal de Volkskrant, ainsi que comme réalisateur d'émissions de télévision.
Koch écrit aussi sous le pseudonyme de Menno Voorhof.
De 1990 à 2005, il est acteur et scénariste de la série humoristique Jiskefet diffusée sur VPRO.
Son roman Le Dîner (Het diner) remporte le Prix du public pour un roman néerlandais (Publieksprijs voor het Nederlandse boek) en 2009. Il se vend à plus d'un million d'exemplaires1 et fournit le sujet aux films Le Dîner (en) et I nostri ragazzi.
Wikipedia


Oeuvres traduites en Français (Chez Belfond)

Le Dîner, 2011, 329 p
Villa avec piscine, 2013, 444 p.
Cher Monsieur M., 2016, 469 p

...

-Le dîner-



Un roman qui a  fait parler de lui, il fut un temps, et sur lequel on a beaucoup polémiqué. Et c'est très bien!  Reconnaissons déjà l'habilité de Herman Koch à nous présenter le topo. On part de la vision de Paul, personnage central du roman, son côté ironique, sa façon de déglinguer son snob de frère, homme de gauche au coeur à droite (pense t'on) qui nous apparaît d'emblée comme l'homme à abattre, trop clinquant et sûr de lui. Paul au contraire nous situe sa vie plus modeste, son "bonheur ordinaire", entouré de sa petite famille, bien dans sa tête, et par opposition plus proche d'une certaine vérité (pense t'on) On rit de ses descriptions, le décorum, l'extrême obséquiosité du personnel, l'annonce du menu: on y est complètement. L'auteur s'amuse et en rajoute un max sur l'ensemble, nous prenant à partie, et nous détournant en même temps du vrai problème. C'est là que certains peuvent lâcher car l'humour basé sur les détails souvent saugrenus risque de bloquer. Dans mon cas il a plutôt aiguisé mon appétit et j'ai avalé les amuses gueules avec délice, me réjouissant à l'avance de la suite. Agréable sensation du chaos qui se prépare sous les apparences de courtoisie...

Le dérapage quand il arrive (il se passe un petit moment quand même et Koch abuse parfois de ces détails, admettons) nous prend violemment et surtout à revers. On reste saisi, brutalement bousculé dans une réalité glaçante qui aborde les choses de front. Que deviennent les bonnes consciences affichées lorsque le sordide gît devant nos portes? Qu'en est il de la responsabilité quand ce sont nos enfants qui en sont les acteurs? Comment y faire face sans faux semblants et en toute honnêteté? Le ton devient grinçant, on quitte la comédie légère pour l'étude de moeurs, avec ce qu'elle comporte de glauque et de pervers. Sous les vernis de bonne conscience ne se cache pas toujours le meilleur. Aveuglement, déni, mauvaise foi et compromissions minables pour préserver à tout prix une apparence de légitimité. C'est terriblement dérangeant, imaginer jusqu'où peut aller un homme à priori soucieux d'une éthique pour sauver l'image des siens, et bien sûr par là même la sienne. Un récit donc lourd et qui va loin, qui nous laisse effectivement avec plein d'interrogations (ce que j'avais aimé dans We need to talk about Kevin) et qui nous tend un miroir peu flatteur de nos sociétés corrompues par le bien être et l'absence de considération de ceux qui ont raté la marche à suivre.

Tranchant, sans  appel, je trouve que ce livre, même s'il n'est pas d'un style irréprochable, mérite largement qu'on s'y arrête. J'ai aussi bien aimé cette manière de retourner la vision du problème. C'est à la fois subtile et assez caustique. Un très bon moment que je vous conseille ;-)

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