Carlo Goldoni

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Message par kenavo le Mar 16 Mai - 5:22

Carlo Goldoni A2209

Carlo Osvaldo Goldoni, né le 25 février 1707 à Venise et mort le 6 février 1793 à Paris, est un auteur dramatique italien, de langues italienne, vénitienne et française.

Créateur de la comédie italienne moderne, il s’était exilé en France en 1762 à la suite de différends esthétiques avec ses confrères.


source et suite



Sur la place du marché, parmi les poissons, le parfum du café et des fruits, on ne voit que sa statue. Mais cette œuvre d’art si délicate parait si vivante qu’on a le sentiment de se retrouver face à lui.
Serrant son bâton de marche, il observe les allées et venues du peuple, le tumulte qui jamais ne faiblit, les marchands, les matelots, les enfants des rues faméliques qui, finalement, sont sans doute restés les mêmes ; la manière dont les gondoles sont désormais propulsées par les moteurs à essence et le brouhaha vivant de la rue accentué par le bruit des radios provenant des fenêtres. Sur sa tête emperruquée, il porte un tricorne à la mode du XVIIIe siècle. Mais sur son visage bien nourri, grassouillet, il arbore un sourire malicieux et complice qui semble se lier d’amitié avec tout ce qui se passe dans la rue.



Dezső Kosztolányi, Venise

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Message par kenavo le Mar 16 Mai - 5:22

Carlo Goldoni Aa1099
Le Café
Présentation de l’éditeur
Dans Le Café, pour la première fois, le dramaturge vénitien choisit de représenter, non pas " une histoire, une passion, un caractère " comme il en a eu coutume jusque-là, mais un ambiente, un milieu. Ce sont donc moins les personnages qui sont mis en valeur, que les relations tissées entre eux par l'intrigue - non leurs traits psychologiques et moraux, mais leur raison sociale et professionnelle.
Dans le livre Venise de Dezső Kosztolányi, il y a un chapitre sur Carlo Goldoni qui m’a donné envie de retrouver cet auteur.

Cette pièce a été écrite en 1750-1751 et c’est impressionnant, elle n'a pas pris une ride. Elle garde tout son attrait et reste réjouissante.

Comme Goldoni le dit lui-même, il a voulu créer « une ambiance » et cela lui a bien réussi. On se sent tout au long de ces dialogues dans cette petite ruelle de Venise.

J’aime beaucoup ce qu’il a écrit et cette lecture m’a donné envie de le reprendre plus souvent.


Carlo Goldoni A2211

Gravure à l’eau-forte d'une scène du Café de Goldoni (XVIIIe siècle)

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Message par kenavo le Mar 26 Fév - 6:15

Carlo Goldoni Aaaaa15
La Locandiera
Wikipédia a écrit:Cette pièce est constituée de trois actes. Elle conte l’histoire de Mirandolina qui se joue et se fait aimer de tous les hommes qui viennent dans son auberge. Entre autres, le marquis de Forlipopoli et le comte d'Albafiorita se chamaillent et se concurrencent pour ses faveurs, participant à l'effet de comique. Pourtant, le Chevalier, homme sexiste et misogyne, va lui résister. Mirandolina va alors se mettre au défi de le séduire.
Carlo Goldoni Aaaa21

Edgar Degas, La Repasseuse, c. 1869


Au cours des derniers mois je suis tombée sur l’annonce de la Comédie-Française concernant La Locandiera et cela m’avait donné envie de retrouver cet auteur.

Il ne s’agit non seulement d’une pièce bien connue mais il semble que c’est la plus fameuse de son œuvre.

En principe ce n’est pas un critère qui joue un rôle dans mes choix de lecture, mais pour ce texte c’était une belle coïncidence que j’avais vu cette annonce de la pièce qui se jouait ces derniers mois.

Je l’ai dit lors d’autres lectures de Goldoni, mais cela s’avère une fois de plus : il est un auteur tellement « moderne », c’est vraiment étonnant de ne pas ressentir cet écart du temps. Extra.

Je me suis en tout cas régalée avec Mirandolina et de ses jeux qu’elle fait subir aux hommes autour d’elle.

Délicieux !

Carlo Goldoni Aaa33

La Locandiera, comédie en trois actes de Carlo Goldoni, traduction de Myriam Tanant, mise en scène d’Alain Françon

Comédie –Française, Salle Richelieu, Place Colette 75001 Paris, du 27 octobre 2018 au 10 février 2019

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Message par Arabella le Mar 26 Fév - 21:22

La Locandiera


Ecrite à la fin de 1752, la pièce est créée en janvier 1753 au théâtre Saint-Ange de Venise par la troupe de Medebach. Goldoni arrive à la fin du contrat très contraignant qui le lie à la troupe et à son directeur, qu'il quittera bientôt pour rejoindre le théâtre San Luco, et la Locandiera est une des toutes dernières pièces qu'il donne à Saint-Ange. C'est l'arrivée dans la troupe de Saint-Ange en 1751 d'une nouvelle comédienne, Maddalena Raffi, spécialisée dans les rôles de soubrettes, qui permit à Goldoni d'écrire des pièces où ce type de personnage est mis en valeur. le rôle de Mirandolina de la Locandiera lui était destiné. Ce qui ne plaisait guère à la vedette féminine de la compagnie, Mme Medebach : les vapeurs de la dame ont eu pour conséquence la disparition de la pièce de l'affiche au bout de quatre représentations, malgré son succès.

Mirandolina, la Locandiera (ou l'aubergiste) du titre, est une jeune femme indépendante, qui se trouve sans mari ni père, gérant elle-même son bien. Comme elle est jolie et qu'elle a du charme et de l'esprit, elle ne manque pas de soupirants. Deux de ses clients, le marquis de Forlipopoli, de vieille noblesse mais pauvre, et le comte d'Albafiorita, nouveau riche qui vient de s'offrir son titre, en font partie. le premier, personnage comique, lui offre sa protection, le deuxième la couvre de cadeaux. Mais la jeune femme ne fait que s'en amuser. Arrive le chevalier de Ripafratta, qui dédaigne les femmes, et qui met en cause la qualité du service de l'auberge. Mirandolina décide de le rendre amoureux pour le punir. Un jeu de séduction s'engage entre les deux personnages, sous les yeux de Fabrice, le valet de l'auberge, que le père de Mirandolina lui a destiné comme époux avant son décès.

C'est peut être actuellement la pièce la plus jouée de Goldoni. Elle a beaucoup d'atouts : des personnages variés et plutôt complexes, des aspects comiques très efficaces, une peinture sociologique de son temps. le personnage principal, Mirandolina, est une jeune femme qui revendique son indépendance vis-à-vis des hommes, qui n'est absolument pas sentimentale. Certains lui ont reproché sa coquetterie et son désir de manipuler et d'utiliser les hommes grâce à son charme, mais il faut dire que les soupirants en lice ne sont pas tellement séduisants, sauf le chevalier rebelle à l'amour, et là il n'est pas sûr que Mirandolina ne succombe pas non plus à son charme. Seulement, d'une manière évidente, une liaison avec un noble et riche seigneur ne la mènerait pas très loin, et son bon sens lui interdit ce genre d'impasse. La pièce met malgré tout en évidence les limites qu'une femme trouvait à son désir de liberté à l'époque : Mirandolina se trouve à la fin de la pièce dans l'obligation d'épouser Fabrice pour se sortir de la situation dans laquelle elle s'est mise en réveillant le désir chez un homme jeune dans une position sociale dominante, bien loin de ses soupirants plus raisonnables et faciles à maintenir dans le respect.

La société de l'époque est en pleine recomposition, ce que la pièce montre. L'ancienne noblesse est en perte de vitesse, de nouveaux riches prennent le pouvoir, et de nouvelles couches industrieuses, comme Mirandolina, commencent à trouver leur place. D'une façon amusante, la pièce met en scène des femmes travaillant (Mirandolina et les deux actrices) et des hommes surtout oisifs, les trois nobles qui gravitent autour d'elle.

L'intrigue de la pièce est au final très sobre, très réaliste, dans un contexte historique et social précis. C'est très efficace ; la pièce et les personnages sont suffisamment riches pour donner lieu à des lectures très différentes, ce qui qui explique son succès et ses nombreuses reprises. 

P. S. J'ai vu le spectacle évoqué par Kenavo à la Comédie Française, et c'est un vrai bonheur...

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Message par Arabella le Mar 26 Fév - 21:23

Arlequin, serviteur de deux maîtres


Cette pièce est une étape importante dans la carrière théâtrale de Carlo Goldoni. Elle marque son retour au théâtre, alors qu'il se consacrait à Pise à une carrière d'avocat. Il y est contacté en 1745 par Antonio Sacchi, truffaldino (un personnage de commedia dell'Arte qui ressemble un peu à Arlequin) pour qui il avait déjà composé quelques canevas, qui lui demande d'adapter à son intention un scénario, le valet des deux maîtres. A la base, ce scénario était dû à Jean-Pierre des Ours de Mandjors et rédigé pour le Théâtre-Italien de Paris.

Traditionnellement, il ne s'agissait pas d'écrire une pièce entière, mais juste un scénario, à partir duquel les acteurs improvisaient, inventaient le texte, les plaisanteries, en s'adaptant aux attentes et réactions du public, dans le respect de leurs personnages. Dans un premier temps, Goldoni adapte le scénario, assez fidèlement semble-t-il, mais en rédigeant beaucoup plus le texte qu'il n'est d'usage de le faire. La pièce a du succès, au point d'être reprise, mais d'une façon moins heureuse, et Goldoni va en 1753 l'écrire entièrement, en s'inspirant sans doute de la façon dont elle a été jouée par Sacchi. Cela va faire partie de sa réforme du théâtre, le passage du simple canevas, à une pièce entièrement écrite par l'auteur, ce qui marque d'une certaine façon la fin de la commedia dell'arte, ou de son âge d'or.

Nous sommes à Venise. Pantalon fiance sa fille Clarice à Silvio, amoureux l'un de l'autre, après l'annonce de la mort de Federigo Rasponi de Turin, à qui il l'avait promise dans un premier temps. Mais voilà que se présente Truffaldin, un valet qui annonce la venue de Federigo. Après une phase d'incrédulité, et en face de l'intéressé, qui est reconnu par Brighella, Pantalon, se résout à croire que le nouvel venu est bien Federigo et veut respecter sa parole et lui donner sa fille. Or en réalité, il s'agit de Béatrice, la soeur de Federigo, déguisée en homme, venue récupérer auprès de Pantalon l'argent qu'il devait à son frère, pour aider Florindo, son amoureux qui a malencontreusement tué Federigo en duel. Cela ne fait pas les affaires de Clarice et de Silvio.

Truffaldin, impatienté de ne pas trouver Béatrice, entre au service de Florindo, venu à Venise pour fuir la justice, et pour essayer de retrouver sa bien-aimée. Ils logent dans la même auberge, mais Truffaldin, pour que sa duplicité ne soit pas découverte, utilise des subterfuges qui leur font s'éviter, et qui même à un moment leur font croire que la personne qu'ils aiment est morte. En parallèle, Silvio provoque Béatrice et menace Pantalon, pour récupérer Clarice, mais il est défait. Béatrice ayant révélé la vérité à Clarice, Silvio se montre très jaloux vis à vis de cette dernière, une rupture entre les deux jeunes gens se profile.

Une pièce très enlevée, où il se passe toujours quelque chose. Mais au-delà de la charge comique, du maestria de l'intrigue, il y a aussi une vision des relations hommes-femmes, maîtres-valets, qui malgré le côté enjoué et léger, donne de la profondeur et permet différentes lectures du texte. La pièce gagne probablement beaucoup lors de représentations, à condition que les acteurs, et surtout Truffaldin, soient à la hauteur.

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Message par Arabella le Mar 26 Fév - 21:24

Les deux jumeaux vénitiens


La pièce a été créée en 1747 à Pise par la troupe de Medebach, Goldoni la reprend en 1748 à Venise. Medebach s'y est installé dans le théâtre Sant'Angelo, et Goldoni est l'auteur officiel de la troupe. Cette pièce est une des premières qu'il a complètement rédigée, sans laisser les comédiens improviser le texte à partir d'un simple canevas. Toujours dans sa logique de réformer le théâtre de son temps, il fait jouer l'acteur Darbes, qui se consacre d'habitude aux rôles de "pantalon" sans masque. Il avait déjà fait une première tentative de faire jouer cet acteur, qui est une des grandes vedettes de la troupe, à visage découvert, dans une première pièce L'uomo prudente, mais sans succès. En revanche les représentations vénitiennes des Jumeaux sont très applaudis.

Nous sommes à Vérone. Rosaura attend Zanetto, le jeune homme avec qui son père l'a fiancée. C'est un beau garçon, il est riche, mais il est stupide, crédule, et très impulsif. Il se comporte d'une façon inappropriée avec Rosaura. Cette dernière est aimée par Pancrace, un personnage malhonnête qui s'est insinué dans les faveurs du père de Rosaura, et qui fait ce qu'il peut pour que le mariage ne se fasse pas. Mais Zanetto a un frère jumeau, élevé à Venise et qu'il ne connaît pas, Tonino. Suite à une histoire amoureuse, il est lui aussi à Vérone, venu rejoindre sa belle, Béatrice. Sa personnalité est à l'opposé de son frère, il est galant et très malin. Ils sont pris l'un pour l'autre, et ne comprennent pas un certain nombre de choses qui leur arrivent. Leurs interlocuteurs non plus, qui passent d'un idiot mal dégrossi à un garçon spirituel et élégant.

Le principe de deux personnages identiques et des quiproquos que leur ressemblance provoque n'a rien d'original. C'était pour Goldoni une occasion de mettre en valeur le talent de Darbes. Dans ses Mémoires, il indique que l'idée de faire jouer à l'acteur deux personnages aux caractères opposés lui est venu de la personnalité même de son comédien, qui dans la vraie vie, aurait eu des comportements opposés suivant le moment.

L'intérêt principal de la pièce est de donner l'occasion à un acteur comique de briller, de passer d'une attitude à une autre, d'exagérer son jeu. Il faut quelqu'un qui y excelle. Et le reste de la distribution doit être à la hauteur, il faut du mouvement, un tourbillon qui emporte le spectateur. Parce que malgré tout, le contenu reste quand même léger.

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Message par kenavo le Mer 27 Fév - 6:00

@Arabella a écrit:P. S. J'ai vu le spectacle évoqué par Kenavo à la Comédie Française, et c'est un vrai bonheur...
quelle chance
merci pour tes commentaires, cela donne beaucoup plus de poid à ce fil Very Happy

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