Ota Pavel

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Ota Pavel

Message par kenavo le Mer 7 Déc - 20:24



Ota Pavel est né en Tchécoslovaquie, à Prague, le 2 juillet 1930. Fils d’un père juif, Leo Popper, représentant de commerce, et d’une mère chrétienne, Hermina Popper, il avait deux frères, Jiri et Hugo. C’est la guerre qui a directement bouleversé la vie heureuse de la famille Popper. À partir de 1939, les enfants ne peuvent plus aller à l’école et la famille est contrainte au déménagement, car les juifs doivent laisser la place aux allemands qui envahissent Prague. Les Popper s’installent dans la maison des grands-parents, à Busterhrad, en Bohème. Mais comme la famille a tout abandonné derrière elle, la vie est difficile. En 1943, ses deux frères sont envoyés dans le camp de concentration de Terezin, puis son père au début de l’année 1945. Ota, lui, reste avec sa mère.

Après la guerre, Leo et ses deux fils reviennent de captivité. La famille change alors son nom pour Pavel. En 1949, grâce à son ami, l’écrivain Arnošt Lustig, Ota trouve une place de journaliste sportif à la radio nationale. Dans sa carrière, il a écrit beaucoup d’histoires sur les sportifs qu’il a connus et les évènements auxquels il a assisté.

C’est au cours de l’un d’eux qu’il a eu sa première attaque maniaco-dépressive, maladie qui l’affectera le reste de sa vie. Elle survient en 1964, au moment des Jeux olympiques d’hiver, à Innsbruck, en Autriche.
Son frère Hugo a raconté ce qui s’était passé : « En 1964, Ota était reporter sportif. À Innsbruck, il y a eu un cafouillage et l’équipe tchèque de hockey sur glace a terminé avec la médaille de bronze. Ota a rejoint les joueurs dans les vestiaires et quand il a dit que la troisième place, ce n’était pas si mal, un des joueurs a hurlé “Toi, le Juif, va te faire gazer !” Cela a vraiment touché Ota, qui a commencé à voir Hitler, Eichmann et Kaltenbrunner. Les horreurs de son enfance sont remontées à la surface. Ota a quitté les vestiaires et il a eu sa première attaque. Parti dans les collines, il a mis le feu à une grange en sauvant tous les animaux. Les Autrichiens l’ont trouvé et l’ont transporté dans un établissement psychiatrique. »

Jusqu’à sa mort par crise cardiaque, neuf ans plus tard, le 31 mars 1973, Ota Pavel sera hospitalisé seize fois pour sa dépression. Pendant cette période, il écrivit tous ses livres, salués tant par le public que par la critique.
Pêcher était un passe-temps de sa jeunesse. Et, à la fin de sa vie, les promenades qu’il fait dans les rivières où il allait enfant prendront une signification nouvelle, comme s’il y trouvait une paix véritable.
Un site otapavel.cz et un musée, à Busterhrad, lui sont consacrés et ses livres, dont Comment j’ai rencontré les poissons, ont été adaptés à plusieurs reprises au cinéma.

Source : Editeur


Dernière édition par Kenavo le Lun 23 Jan - 8:19, édité 1 fois

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Re: Ota Pavel

Message par kenavo le Mer 7 Déc - 20:29

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How I came to know Fish / Comment j’ai rencontré les poisons
Présentation de l’éditeur
Les poignantes mais souvent joyeuses histoires de ce livre composent la tendre chronique d’un homme qui se souvient de son père, génial représentant de commerce et grand amoureux de la pêche, géant captivant et charmeur aux yeux de l’enfant qu’il était. Elles commencent simplement, par ce regard de l’enfance, puis elles se développent pour illustrer la prise de conscience d’un garçon qui grandit et observe le monde autour de lui. Et si elles reconstituent l’histoire de sa famille, avec en arrière-plan celle de l’Europe centrale, elles sont en réalité beaucoup plus que cela : de touchantes méditations sur la vie et la survie, la mort et la mémoire, l’humour, la justice et la compassion.
Classique de la littérature tchèque et déjà traduit dans de nombreux pays, de la Pologne à l’Italie, de l’Espagne aux États-Unis en passant par Israël, Comment j’ai rencontré les poissons, largement autobiographique, n’avait encore jamais été traduit en français. Il est un des livres préférés de l’écrivain et journaliste polonais Mariusz Szczygieł, auteur de la préface.
Paru dans une première version en 1973, il a été complété, lors de ses nombreuses rééditions, d’autres histoires écrites par Ota Pavel. Cette traduction réunit un certain nombre de celles qui composent les recueils connus sous les titres La Mort des beaux chevreuils et Comment j’ai rencontré les poissons. Elle offre ainsi aux lecteurs français le plaisir de découvrir une œuvre dont l’humour et l’originalité ont permis à Ota Pavel de devenir un classique dans son pays, au même titre que Jaroslav Hasek et Bohumil Hrabal.

«  Une lecture physiquement contagieuse qui produit des bulles de joie sous la peau. » Erri De Luca

« Le livre le plus antidépressif du monde. » Mariusz Szczygiel

« Il faut conseiller à chacun de lire ce célèbre petit livre parce qu’il procure ce que l’écriture offre de mieux : chaque histoire brise d’abord le cœur puis, d’un seul coup, elle le répare. »Rosie Johnston

Dans le livre Les vies de papiers, Rabib Alameddine écrit :

Two of my favorite books are The Emigrants and Ota Pavel’s How I came to know fish. What I love about them is that they deal with the Holocaust by looking at it indirectly; I don’t recall the word being mentioned in either. Both refuse to soil grief with sentimentalism, and so they are devastating.

Mes deux livres préférés sont Les émigrants et Ota Pavel Comment j’ai rencontré les poisons. Ce que j'aime à leur sujet est qu'ils traitent de l'Holocauste en le regardant indirectement; Je ne me rappelle pas le mot étant mentionné dans les deux. Les deux refusent de salir la douleur avec sensiblerie, et donc ils sont dévastateurs.

Puisque Les émigrants de W.G. Sebald figure parmi mes livres préférés, je voulais voir de plus près celui d’Ota Pavel. Je l’ai trouvé en anglais et lu tout de suite après celui de Rabih Alameddine. Entre-temps existe ce livre aussi en version française.

Ce livre m’a fait penser à Wlodzimierz Odojewski et son récit Une saison à Venise (pour ceux qui n’ont pas autant aimé ce livre que moi, ne laissez-vous pas dissuader pour tenter l’aventure avec Ota Pavel, ce n’est qu’une idée personnelle de rassembler ces deux livres).

Tout comme pour Une saison à Venise, il s’agit de souvenirs d’enfance, avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Et comme Rabih Alameddine le dit, il n’y a rien mentionné dans ce livre qui fait surgir les images qu’on est habitué de voir quand on parle de ces temps-là. Mais cette absence devient d’autant plus imposant et le récit gagne en pouvoir.

J’étais happée dès la première page. Ce livre se retrouve depuis parmi mes préférés. Si vous ne voulez lire qu’un seul livre de cette rentrée, je vous conseille Ota Pavel !


‘Lily Marlene’, that song truly was lovely. Its only fault was that the SS man loved it so much.

«Lily Marlene», cette chanson était vraiment belle.
Son seul défaut était que les SS l’aimaient tellement.



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