Émile Zola

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Message par kenavo le Ven 6 Avr - 5:59

Émile Zola  Aa367

Émile Zola est un écrivain et journaliste français, né le 2 avril 1840 à Aix-en-Provence et mort le 29 septembre 1902 à Paris.

Considéré comme le chef de file du naturalisme, c'est l'un des romanciers français les plus populaires, les plus publiés, traduits et commentés au monde.

Ses romans ont connu de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision


source et suite

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Message par kenavo le Ven 6 Avr - 6:00

Émile Zola  Aaaa194
Au Bonheur des Dames
Quatrième de couverture
Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.
Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.
J’avais noté ce livre pour mes lectures classiques… mais je l’avais un peu « oublié ». Jusqu’à ce que la BnF a mis en ligne un nouveau site:
Au Bonheur des dames, l'édition enrichie
Ce site propose au lecteur de découvrir ou redécouvrir ce roman majeur de Zola de façon à la fois ludique et rigoureuse, en s'appuyant sur la lecture d'extraits par Lambert Wilson, des interviews de personnalités, des vidéos documentaires et un vaste corpus d'images issues des collections de la BnF, puisant dans les catalogues des grands magasins et illustrations de mode de l’époque.
mais surtout ils ont posté une vidéo sur FB… j’étais scotchée…

Et tout cela m’a donné envie de reprendre enfin ce livre.

Quel coup de cœur !

Normalement quand j’entame un tel pavé, j’interromps ma lecture par d’autres livres… mais avec ce ‘bonheur’ je n’avais pas envie de poser le livre.

Quelle histoire, quels personnages, quelle façon de décrire ce moment de changements. L’écriture reste moderne et cela se lit tout seul.

80% du livre se passe dans « la cathédrale de consommation » et l’astuce de Zola est fabuleuse. On entre dans le magasin avec un personnage qui rencontre d’autres et on va faire la visite des lieux en changeant d’accompagnement. C’est comme une danse à laquelle il invite son lecteur. Et j’ai adoré cette danse.

C’est somptueux, plein de luxe, on ne sait pas où diriger les yeux… mais cela reste toujours frais et moderne.

Plus d’une fois je me suis rappelée ma visite de Harrods à Londres… il y a plus de 100 ans entre ces deux événements mais les descriptions dans ce roman n’ont pas pris une ride.

Et en plus mon cœur de courgette a eu aussi son histoire d’amour, voilà tout pour me donner un grand moment de lecture.

J’ai déjà fait de belles découvertes avec la LC classique, mais Au Bonheur des Dames va être parmi mon top 5 drunken

extraits du clip:
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Message par Arabella le Ven 6 Avr - 7:23

Je me demandais comment tu allais réagir à Zola, mais tu as choisi le livre qu'il ta fallait de lui.

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Message par Aeriale le Ven 6 Avr - 8:00

Ah oui, super la video avec la voix de Lambert Wilson, je vais aller voir le site de plus près.

Ca me fait bien envie aussi. Je n'ai lu que les passages obligés au lycée (en 3ème, je crois?) lectures classiques qui font partie de celles irrémédiablement associées à cette idée de devoir, d'obligation etc.

Ton enthousiasme redonne l'envie, merci Kena :-)
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Message par kenavo le Sam 7 Avr - 4:58

@Arabella a écrit:Je me demandais comment tu allais réagir à Zola, mais tu as choisi le livre qu'il ta fallait de lui.
ce n'est pas mon premier Zola... j'ai eu une très belle lecture avec L'oeuvre Wink

@Aeriale a écrit:Je n'ai lu que les passages obligés au lycée (en 3ème, je crois?) lectures classiques qui font partie de celles irrémédiablement associées à cette idée de devoir, d'obligation etc.
oui, je connais ces effets de lectures imposées à l'école... mais pour ce Bonheur tu devrais l'oublier dès les premières pages, c'est vraiment très bon Very Happy

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Message par Arabella le Sam 2 Mar - 17:20

La confession de Claude


Paru en 1865, ce livre est le deuxième livre de Zola, et son premier roman. La parution de ce livre a provoqué une enquête, demandée par le Garde de Sceaux au procureur général. Ce dernier juge que le livre n'est pas immoral, et ne doit donc pas être poursuivi à ce titre. Il note toutefois la crudité du langage, ce qu'il considère aussi comme du cynisme. Zola aura l'occasion, pendant toute sa carrière à faire face à ces accusations d'immoralité, à être perçu comme choquant et provocateur.

Le livre est écrit à la première personne. Claude est un jeune homme venu de province à Paris, pour se consacrer à la carrière littéraire, et qui survit tant bien que mal. Ce qui n'est pas sans évoquer le parcours de l'auteur lui-même. Un peu par hasard, il fait la rencontre d'une jeune femme, Laurence, qui vit dans le même immeuble que lui. Elle se prostitue, et mise à la porte de sa chambre, s'installe chez Claude. Très réticent sur cette liaison, qui lui semble avilir ses idéaux, il finit par tomber amoureux, alors qu'elle semble plutôt indifférente, installée dans cette liaison faute de mieux. Dans le même immeuble, Claude retrouve un ancien camarade, Jacques. Ce dernier à l'opposé de Claude, est très pratique : il fait consciencieusement ses études, qui vont pouvoir lui assurer une bonne position, tout en vivant avec une toute jeune femme, Marie, parce qu'il lui faut bien une maîtresse, qu'il n'aura aucun scrupule à abandonner, une fois qu'il passera à l'étape suivante de son existence. Lorsque Marie tombe malade, il la loge dans une autre chambre que la sienne, pour être tranquille. Claude s'attache à la malade, dont il pressent la fin prochaine, une intrigue semble se nouer entre Jacques et Laurence, qui fait connaître toutes les affres de la jalousie à Claude.

Malgré les aspects réalistes du roman ; Zola n'embellit pas la misère, et fait même le reproche de l'avoir fait à certains de ses prédécesseurs ; le roman garde un aspect romantique, en particulier dans l'écriture, dans une forme d'idéalisme aussi, des rapports sociaux, de l'amour etc. C'est visiblement le roman d'un jeune homme, sans doute lié eux expériences vraiment vécues par Zola, pendant la période qui a suivi son double échec au bac, les petits boulots, les premières tentatives d'écriture. C'est encore un peu univoque, les personnages féminins en particulier, et surtout Laurence sont tout d'une pièce, il y a encore un manque d'empathie du narrateur, qui voit les choses de son point de vue, avec sa sensibilité exacerbée centrée sur lui-même, et pas mal de jugement moral. Il manque un tableau social plus large, qui permettrait de mieux comprendre la situation et les partis pris des protagonistes.

Ce premier roman est surtout intéressant pour suivre le cheminement de Zola. Même si son écriture lyrique et poétique en fait une lecture agréable, l'auteur n'a pas encore vraiment trouvé sa voie propre dans cette tentative, sans doute sincère, mais encore un peu maladroite, et par moments un peu agaçante, en particulier dans ses jugements des « femmes perdues » quelques peu moralisateurs.

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Message par Arabella le Mar 5 Mar - 18:00

Thérèse Raquin


Ce roman, troisième d'Emile Zola paraît en 1867. Abandonnant ses premiers essais poétiques, et le romantisme qui marquait encore quelque peu La confession de Claude, Thérèse Raquin est une forme de manifeste naturaliste. Dans la Préface, Zola évoque un « groupe d'écrivains naturalistes auquel j'ai l'honneur d'appartenir », en réalité ce groupe n'existait pas vraiment au moment de la parution du roman, qui sera en quelque sorte un point de départ. L'approche naturaliste en littérature est influencée part les sciences, les sciences naturelles, la médecine, la psychiatrie et s'oppose à la tradition académique du Beau idéal.

Dans la préface de Thérèse Raquin Zola écrit « ...mon point de départ , l'étude du tempérament et des modifications profondes de l'organisme sous la pression des milieux et des circonstances ». le futur programme des Rougon-Macquart est déjà là, mais sans l'ambition de dresser un tableau complet de la société dans un vaste ensemble de romans. Zola balaie les critiques « morales » de l'oeuvre : « Le reproche d'immoralité en matière de science, ne prouve absolument rien. Je ne sais si mon roman est immoral, j'avoue que je ne me suis jamais inquiété de le rendre plus ou moins chaste. Ce que je sais, c'est que je n'ai pas songé un instant à y mettre les saletés qu'y découvrent les gens moraux, c'est que j'en ai écrit chaque scène, même la plus fiévreuse, avec la seule curiosité du savant ;.. ». Donc la vérité avant tout, même si elle choque, non pas par vice ou l'envie de satisfaire des penchants malsains des lecteurs, mais pour dire le vrai, pour débusquer, démasquer, comprendre.

Le roman débute à Paris dans un passage obscur, dont la description n'est pas sans évoquer Balzac. Un trio vit dans une petite maison la mère, Mme Raquin, son fils, Camille, petit fonctionnaire chétif et maladif, et la nièce de Mme Raquin, qui a épousé Camille, Thérèse. Les deux femmes tiennent une petite mercerie dans une boutique au rez-de-chaussée de la maison. Les personnages, venus récemment de province, coulent des jours somnolents et identiques les uns aux autres, la seule distraction étant les soirées de jeudi, où quelques relations viennent jouer aux dominos. Camille retrouve par hasard, un ancien camarade, Laurent, petit fonctionnaire également. Entre lui et Thérèse, naît immédiatement une sorte d'attirance animale. Une liaison va se nouer très vite. Mais il leur devient impossible de se voir, et n'en pouvant plus, Laurent noie Camille lors d'une sortie en bateau, faisant croire que le canot s'est retourné par accident. le crime est parfait, les deux amants n'ont plus qu'à attendre quelques temps pour envisager le mariage. Mais la culpabilité commence très vite à les ronger, et cela devient pire après le mariage projeté. le bonheur qu'ils s'étaient promis tourne très vite à l'enfer, sous les yeux de la vieille Mme Raquin, devenue paralysée.

L'univers des Rougon-Macquart est déjà là. L'étude d'un milieu, et de quelques personnages, qui vont suivre d'une manière infaillible leurs penchants, leur tempérament, qui ne peuvent échapper à ce qu'ils sont. Egoïste, brutal, jouisseur, Laurent exécute le crime sans états d'âme, parce qu'il en escompte un profit sans risque. Thérèse, mal mariée à un homme maladif, attirée par Laurent, ne voit Camille que comme un obstacle à son bonheur, que l'on peut écarter comme on écrase une mouche. le roman est composé de deux parties distinctes, avant et après le crime. La première après un bref exposé, est centré sur les deux amants et l'histoire de leur adultère. La deuxième, plus longue, fait le récit des événements après le meurtre, la culpabilités, les angoisses, les hallucinations, les peurs, la détestation de l'autre qui s'installe, l'impossible oubli. Avec quelques morceaux d'anthologie, comme ces visites de la morgue effectuées par Laurent.

Ce qui frappe, au-delà du programme de Zola, de son désir d'observer et de dire le vrai, c'est son art de conteur, sa façon de construire un récit très prenant, d'une incroyable efficacité. On peut considérer que cette foi dans la science, dans la possibilité de réduire un être humain à quelques schémas de base, est simplificatrice et sans doute au final naïve, mais Zola échappe à ses propres théories, et écrit un roman qui continue à fasciner le lecteur, même si ce dernier n'est pas convaincu par la théorie littéraire. Au final peu importe l'approche théorique, l'école, le mouvement auquel appartient un artiste : c'est son talent, sa capacité à en faire quelque chose de personnel et d'unique qui est essentiel. Grâce aux mots, au style, à une musique, qui sont déjà complètement présents dans Thérèse Raquin.

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Message par Aeriale le Mer 6 Mar - 8:18

Merci de ton commentaire très précis, @Arabella! Je me souviens avoir lu certains passages, jamais en entier. Mais ils étaient marquants.

Ce serait l'occasion de le reprendre, tu donnes envie ...
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Message par Arabella le Mer 6 Mar - 8:31

J'avais lu très jeune les Rougon-Macquart, relu certains livres un peu plus tard, mais jamais celui-ci, et au final je trouve Zola encore plus intéressants que dans mes souvenirs. Cela ne fait jamais de mal de reprendre des classiques.

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Message par IzaBzh le Sam 9 Mar - 10:39

J'ai lu quelques romans de la série, mais celui qui m'a le plus marquée, c'est "La faute de l'abbé Mouret" et ce jardin extraordinaire, le Paradou. Il faudra que je le relise un jour Smile
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Message par Arabella le Sam 9 Mar - 12:44

Je n'avais pas tellement envie de relire les Rougon-Macquart, même si cela avait marqué mon adolescence, parce que je me sentais au final plus en affinité avec d'autres auteurs du XIXe (Balzac, Flaubert, Barbey d'Aurevilly ...). Cette lecture d'un roman qui précède le fameux cycle et que je j'avais pas lu, me donne envie de me replonger dedans, pour réévaluer sans doute aussi.

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Message par domreader le Ven 1 Nov - 11:24

La Bête Humaine
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C’est le 17ème roman de la série des Rougon-Macquart, c’est un roman tourmenté et violent avec des rebondissements multiples. Il est finalement assez moderne, on dirait presque un thriller, des crimes sont commis, un serial killer réprime ses pulsions, la justice peine à trouver le ou les coupables et le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin. Mais bien sûr c’est loin de n’être que cela.
 

Le récit commence à Paris ou Roubaud sous-chef de gare au Havre avait une affaire à régler. Il rejoint son épouse Séverine dans un petit appartement prêté par la compagnie de chemins de fer et apprend au détour d’une conversation qu’elle a été abusée pendant longtemps par Grandmorin, le président de la Compagnie de l’Ouest qui l’avait adoptée à la mort de ses parents. Fou de jalousie et de rage il entraîne Séverine dans un acte de vengeance fou dans lequel il poignarde Grandmorin dans le compartiment d’un train pendant que Séverine le maintient. Puis tous deux se débarrassent du corps en le jetant sur la voie.Jacques Lantier, conducteur de locomotive, venu rendre visite à sa tante Phasie le même soir, se trouve être témoin du meurtre alors qu’il se promène le long de la voie et que le train passe, mais il n’a pas vraiment vu les visages des assassins.

Roubaud sera soupçonné du meurtre, Jacques Lantier sera interrogé comme témoin et bien qu’il ait plus ou moins reconnu les deux meurtriers, il ne dira rien. La justice suit son cours, la piste de Roubaud est abandonnée, et Cabuche un homme frustre violent est soupçonné puisqu’il avait juré de venger la Louisette une très jeune fille violée par Grandmorin et qui s’était suicidée. Cependant bien que les magistrats soient petit à petit convaincus de la culpabilité des Roubaud l’affaire est étouffée, à cause du passé très sulfureux du président Grandmorin. Ce dernier faisant partie des proches de l’Empereur, le scandale éclabousserait toute une classe politique.

Roubaud, déstabilisé par son crime, sa culpabilité et la peur d’être pris un jour, se met à boire à jouer et délaisse Séverine qui entame une liaison avec Lantier. Jacques Lantier est instable et ses pulsions sexuelles sont souvent liées à des pulsions meurtrières, cependant sa liaison avec Séverine semble le calmer pour un temps. Il est le conducteur de La Lison, une machine qu’il connait dans ses moindres rouages et qu’il pilote avec dévotion. Une nuit très neigeuse, La Lison se trouvera bloquée par des congères et le train arrêté en pleine campagne. Les voyageurs se réfugient alors chez la tante Phasie, où sa fille Flore comprend que Lantier entretient une liaison avec Séverine et elle entreprend alors de se venger par un geste très meurtrier. C’est à partir de là que les événements sanglants s’enchaînent sans répit jusqu’à la fin du roman où un train fou bourré de soldats fonce vers le front…. 

C’est un roman haletant dans lequel Zola a entremêlé plusieurs thèmes. Le plus saillant, est celui du crime et de ses motivations car le roman est parsemé de meurtres. Roubaud commet un crime par vengeance et par jalousie, Lantier lui est motivé par des pulsions sexuelles meurtrières qu’il ne peut pas contrôler, un déséquilibre dû à une hérédité lourde (c’est le fils de Gervaise de l’Assommoir). Misard le mari de la tante Phasie empoisonne sa femme par une cupidité devenue obsessionnelle en espérant mettre la main sur un héritage qu’elle a dissimulé et enfin Flore, leur fille est motivée une par jalousie qui provoque chez elle un délire assassin destructeur. Difficile pour eux tous d’échapper à leur destin, à leur milieu, à leur hérédité.

Qui dit crime dit justice, et là Zola examine de près un système judiciaire qui ne rend pas toujours la justice mais qui ménage les intérêts des plus puissants ainsi que la carrière des fonctionnaires censés la rendre. On reconnait là le Zola qui dénonce l’injustice, l’incurie d’un système très influencé par des intérêts politiques et/ou particuliers.

Enfin le fil conducteur de ce roman est le chemin de fer et en particulier la ligne Paris – Le Havre tout au long de laquelle les destins vont se dérouler, se rejoindre, se croiser ou se télescoper. On sent que Zola admire ce nouveau moyen de communication et qu’il le connait parfaitement bien. Son père ingénieur avait participé à la construction du réseau de l’ouest. Ses descriptions de La Lison, du travail du conducteur et du mécanicien, des lignes, des aiguillages sont très précises. La Lison, la locomotive de Lantier, prend vie sous nos yeux, en particulier lors du passage neigeux et où Lantier ‘fait véritablement corps’ avec La Lison qui lutte contre la neige sur la voie. Ce sont des pages mémorables. 

Un beau roman, foisonnant, des personnages particulièrement réalistes, une analyse du crime très réussie, et un récit bien construit, mené avec efficacité emportent le lecteur jusqu’au bout et sans essoufflement. La fin du roman est à la fois terrifiante et admirable.

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Message par Aeriale le Sam 2 Nov - 8:30

Merci pour ce beau résumé, @Domreader!

Je le renote dans un coin de ma tête, malgré les 512 pages qu'il contient, je m'étais dit qu'il fallait que je m'y lance.

(Et 512 à côté des plus de 700 du Boulgakov, c'est de la rigolade grin )
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Message par domreader le Sam 2 Nov - 9:24

@Aeriale a écrit:Merci pour ce beau résumé, @Domreader!

Je le renote dans un coin de ma tête, malgré les 512 pages qu'il contient, je m'étais dit qu'il fallait que je m'y lance.

(Et 512 à côté des plus de 700 du Boulgakov, c'est de la rigolade grin )

Je ne suis pas tres contente de mon commentaire, qui ne reflète pas la richesse de ce roman et de ses personnages qui semblent emprisonnés par leur destin, Zola parlait déjà du déterminisme social, de l'hérédité. C'est un thème tres présent  dans les romans qui paraissent aujourd'hui. @Arabella en parle très bien plus haut.

Quand à la longueur, on ne la sent pas, Zola est un maître conteur.

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Message par Arabella le Sam 2 Nov - 12:20

Rendre compte d'un livre comme celui-ci, surtout en quelques paragraphes, relève de la gageure. On peut juste mettre en avant quelques aspects, d'une façon un peu subjective, et essayer de donner envie de le lire, ce qui est peut-être le plus important, et ce que ton commentaire fait très bien @domreader.

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