Charles Ferdinand Ramuz

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par domreader le Ven 9 Déc - 20:50

Vie de Samuel Belet
Charles Ferdinand Ramuz

C'est avec Vie De Samuel Belet que je découvre Ramuz et cela a été une bonne découverte, et un très bon moment de lecture.
Samuel Belet naît dans un village de Suisse romande dont la vie est rythmée par les saisons et les travaux de ferme. D'ailleurs, très tôt orphelin, il est placé comme garçon de ferme par son oncle.

C'est ce rythme dur, lent et récurrent que Ramuz traduit à merveille dans une langue épurée et poétique par moment. La vie de Belet s'écoule au fil des pages avec ses douleurs, ses efforts, ses moments de plénitude vers la fin, mais le récit est toujours empreint d'une certaine tristesse, de celles qui envahissent au plus profond quoi qu'il arrive. Il faut dire que ce personnage semble passer à côté de la plus grande partie sa vie à cause de décisions qui ne lui appartiennent pas ou alors parce que dès qu'il décide par lui-même, il manque de réflexion et fait souvent le mauvais choix.


C'est un roman touchant, sans doute à cause de la grande honnêteté du personnage de Samuel Belet lorsqu'il relate ou analyse son passé, et c'est ce qui est admirablement rendu par la simplicité étudiée du style.

Découverte à poursuivre donc !

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Merlette le Ven 9 Déc - 20:52

Merci Dom', je crois que c'est le prochain que je lirai. Smile

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Arabella le Ven 9 Déc - 20:53

La grande peur dans la montagne


Le récit est une sorte de film roman d'horreur : un pâturage dans lequel il y a une vingtaine d'années des terribles événements ont eu lieu et évité depuis, un ambitieux Président pourvu d'un cousin cupide, des petits jeunes qui ont élu le Président et qui ne croient pas aux histoires racontées par les Vieux. Et voilà le village décidé à occuper de nouveau le Pâturage maudit. L'expédition part et nous savons par avance que cela va aller mal pour tout ce petit monde.

Je ne suis pas vraiment réticente au style de Ramuz. Ces répétitions, lenteurs, s'accordent finalement très bien au contexte de son roman. On les voit ces paysans au pas lourd, ces bêtes tirant leurs charges dans la terre un peu collante, le rythme du sentier de montagne, ces montées que l'on doit prendre à une vitesse raisonnable. L'écriture nous ramène à ce paysage et à ces hommes et finalement c'est ce que j'ai trouvé le plus intéressant dans le livre.

Parce que l'histoire, elle n'a pas vraiment d'intérêt. Cela ne fait même pas peur. On sait à l'avance que cela va mal se finir, Ramuz nous dit d'ailleurs qu'il ne reste plus qu'un jour à un moment donné. Et comme on ne peut pas non plus dire qu'il approfondi les personnages, il n'y a pas vraiment de points d'accroches dans le récit. le personnage satanique de Clou, à priori intéressant, et bien je trouve que l'auteur n'en fait rien. Et tout le reste est à l'avenant, approximatif. 

Du coup je ne sais pas si j'ai envie d'aller plus loin avec l'auteur.

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Merlette le Ven 9 Déc - 20:56

C'est vrai que c'est le roman le plus connu et lu de lui, et pourtant il ne semble pas remporter les suffrages parmi les amateurs de l'auteur. Etrange!


Dernière édition par Céline le Ven 9 Déc - 21:03, édité 1 fois

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Arabella le Ven 9 Déc - 20:57

L'amour du monde


Un village, une communauté, normative, forcément, s'épiant, ayant du mal à accepter ce qui sort du rang, sans dénier une sorte de fascination au marginal, à celui qui laisse entrevoir un autre possible, une part du rêve. le rêve qui vient aussi sous la forme du cinéma, quelle que soit la qualité de ce rêve et ce qu'il entraîne comme conséquences. 

Mais tout ce qui perturbe l'ordre habituel n'est guerre acceptable, et la normalisation se met en marche, laissant sur le carreau quelques victimes. On ne peut pas dire que ce soit follement optimiste. Une écriture brève, descriptives, comme filmique. Peut être que l'essentiel est dans le façon dont le récit se construit, à partir du rêve, de la réalité rêvée, du besoin d'imaginer autre chose que ce qui est là, au quotidien, et qui enferme. 

C'est très particulier comme univers, Ramuz. Pas complètement ce que je préfère, mais c'est troublant.

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Merlette le Lun 19 Juin - 19:52

Pour ceux que l'auteur intéresse, dans le cadre des 70 ans de sa mort, le journal suisse romand  24heures a mis en ligne un dossier fort intéressant: CLIC

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Nightingale le Sam 4 Aoû - 18:02

Je découvre ce fil, et je viens de commencer La grande peur dans la montagne. Je suis tombé sur ce roman, mis en évidence dans une de mes librairies préférées. Bien leur en a pris ! J'avais vu l'adaptation en téléfilm (fort bon d'ailleurs), c'est ce qui m'a poussé à essayer cette lecture.
Je vous en dirai deux mots quand je l'aurai terminé. Mais déjà, quel style ! C'est très étonnant et ça me plait beaucoup. Smile

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Liseron le Lun 6 Aoû - 6:49

Encore un auteur à découvrir alors, je ne connais pas du tout !

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Re: Charles Ferdinand Ramuz

Message par Nightingale le Mer 15 Aoû - 13:23

La grande peur dans la montagne



Je suis tombé par hasard, chez un de mes libraires préférés, sur cette belle édition (éditions Nevicata - 2009), illustrée de très belles aquarelles de Samivel. Il s'agit d'un écrivain, poète, illustrateur, aquarelliste, cinéaste... (1907-1992). Il a illustré de grands auteurs tels que François Villon, La Fontaine, Swift.

Comme promis, quelques mots sur cette lecture.
C'est quand même une belle claque. Quel style ! Surprenant, c'est le moins qu'on puisse dire.
Ramuz se joue des règles grammaticales, de la concordance des temps. Il utilise les répétitions comme pour ancrer son propos, pour donner le rythme. Mais surtout, il faut voir comment les paysages, les éléments prennent vie, deviennent eux-mêmes les personnages et engloutissent les hommes.

Lorsque les premiers hommes remontent à l'alpage maudit, de nuit parce que le chemin est long :
... On a commencé à cheminer entre ces tronçons de colonnes comme dans un corridor de cave, qui était fait par la lanterne, que la lanterne creusait peu à peu, que la lanterne perçait devant vous à mesure qu'on avançait ; puis la lanterne l'ôtait de devant vous, alors tout le noir vous croulait dessus. On était pris dedans, on l'avait qui vous pesait sur les épaules, on l'avait sur la tête, sur les cuisses, autour des mains, le long des bras, empêchant vos mouvements, vous entrant dans la bouche ; on le mâchait ce noir, on le crachait, on le mâchait encore, on le recrachait, comme de la terre de forêt. On se débattait ainsi un moment, comme quand on a été enterré vif, puis la lumière de la lanterne vous ressuscitait à nouveau...

Une fin de journée, un coucher de soleil sur l'alpage :
... Il y a eu cette première journée, plutôt courte quant au soleil qui est vite caché pour nous. Vers les cinq heures déjà, on l'a vu qui commençait à être attaqué et à être mordu dans sa partie d'en bas...
... Le soleil fut fendu, en effet, d'un bord à l'autre. On voyait là-haut ses deux moitiés s'écarter toujours plus ; puis elles tombèrent chacune de son côté, comme si elles allaient vous rouler dessus. Deux gros tisons d'un rouge sombre, qui cependant restaient suspendus, mais ont vite diminués de grosseur. Ensuite, ce fut comme si la corne, puis la paroi la supportant se mettaient à pencher, penchaient de plus en plus ; et elles ont laissé se détacher d'elles leur ombre, comme un vêtement qu'elles quitteraient...

Bien plus tard, là-haut :
... C'est que la montagne à présent nous montrait ce qu'elle sait faire.
Elle avait mis de nouveau sur elle une grande lumière, avec un air parfaitement pur, et puis nous disait : "Vous voyez... quand je veux..." Elle mettait sur elle ce beau vêtement d'air transparent pour n'être plus cachée, elle nous montrait toute la combe, nous disant : "Venez voir..." Elle nous appelait, elle entrait maintenant par la porte grande ouverte...

Je lorgne déjà vers d'autres romans de cet auteur... Wink 

Hasard (ou pas), j'enchaine avec la lecture de Giono "Regain". Et j'y trouve plein de similitudes dans cette description des paysages, des lumières, des éléments. La grande peur est publiée en 1926 ; Regain en 1930.

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