Boris Pahor

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Message par Arabella le Lun 20 Aoû - 14:35

Boris Pahor (1913-     )


Boris Pahor Avt_bo10



Présentation copiée sur Wikipédia

Boris Pahor est un écrvain slovène, citoyen italien né le 28 août 1913 à Trieste alors appartenant à l'Empire d'Autriche-Hongrie.
En 1920 il assista à l'incendie de la maison de la Culture slovène (Narodni dom, soit la « Maison du peuple »), par les fascistes italiens. Quand les nazis prirent le contrôle de la région en 1944, il rejoignit les rangs de l'armée de libération yougoslave. Arrêté, il fut déporté en Alsace), puis en Allemagne.
La plupart de ses romans ont leur source dans cette épreuve. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains slovènes les plus importants de son époque.
Il est révélé aux lecteurs de langue française par son récit majeur Nekropola (Pèlerin parmi les ombres, La Table ronde, 1990), où il narre son expérience des camps d’extermination, puis par son roman Printemps difficile (Phébus, 1995).
Il est candidat sur la liste de la "Südtiroler Volkspartei" (SVP) au nom de l'alliance avec la "Slovenska Skupnost" pour les élections européennes de 2009.
Invité des 7e "Rencontres européennes de littérature" à Strasbourg, il a reçu la médaille d'honneur de la Ville le 24 mars 2012.

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Message par Arabella le Lun 20 Aoû - 14:37

Arrêt sur le Ponte Vecchio


14 nouvelles, classées dans un ordre chronologique. Ce ne sont pas les mêmes personnages qui semblent apparaître dans les différents textes, si on s'en tient à une minutieuse exactitude, mais ils sont tous Slovènes, de Trieste, et racontent une même histoire, l'histoire de gens qui sont nés à cet endroit à une certaine époque, comme si, d'une certaine façon, cette identité et cet ancrage historique et géographique, primait sur les caractéristiques individuelles. Et ces histoires semblent de toute façon trouver un écho dans les biographies de l'auteur, comme s'il lui était impossible de s'affranchir de cette expérience, et que la seule façon de la digérer, de la rendre supportable était une transmutation en mots, qui lui donnent une dignité, un sens.

Il s'agit d'une histoire douloureuse, entre persécutions fascistes, déportations, et la sensation d'être un étranger dans le pays dont on est citoyen. Mais en même temps l'auteur ne force pas le trait, il s'attache à des petits événements et expériences, souvent à des personnages qui sont des enfants ou des anonymes, des sans grandes, et l'immense injustice se traduit dans des petites injustices du quotidien. Tout cela dans une belle écriture fluide et poétique, qui aimerait dire autre chose, des bonheurs et des joies, mais à qui la réalité inflexible ne le rend pas possible.

Comme dans tout recueil de nouvelles, certaines semblent plus fortes, plus réussies que d'autres, mais on retrouve le ton de l'auteur dans toutes. L'auteur capte incontestablement merveilleusement bien des instants et c'est une belle lecture, même si, pour pouvoir avoir une vraie estimation de la valeur de cette oeuvre, j'aimerais lire des romans, voir de quelle façon Boris Pahor développe une histoire, et construit un récit, construit des personnages et leur évolution. Peut être avec sa trilogie triestine, Printemps difficile (1958), Jours obscurs (1975) et Dans le labyrinthe (1984).

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Message par Arabella le Lun 20 Aoû - 14:39

Le Jardin des Plantes


Le narrateur de ce roman, Igor Sevken, est un écrivain slovène vivant à Trieste. Ce qui amène évidemment la question de savoir à quel point Igor Sevken est Boris Pahor. D'autant plus que de nombreuses similitudes semblent exister : la déportation, les souvenirs de l'époque mussolinienne….Le point sur lequel il est le plus difficile de trancher, ce sont les amours d'Igor, qui tiennent une grand place dans le récit. Et en tout premier lieu, celui pour Lucie, une jeune femme d'une trentaine d'année, qu'il vient rejoindre régulièrement à Paris, d'où le titre du livre. Un amour difficile, Igor a le double de l'âge de Lucie, et cette dernière lui dit clairement qu'elle souhaite une relation avec un homme plus jeune. Et fait des tentatives dans ce sens. Ce dont souffre Igor. Ce qui ne l'empêche pas d'être sensible au charme d'autres femmes. Tout cela accompagne l'essentiel, son travail d'écriture, de mémoire, sa lutte pour la reconnaissance de la minorité slovène de Trieste…

Le livre est déroutant, on se demande ce qui y est vrai, et ce qui est une création romanesque. J'ai eu une certaine difficulté à y entrer, ne reconnaissant pas l'écriture de Arrêt sur le Ponto Vecchio, j'en suis même venue à me poser des questions sur la traduction. Et puis ces conversations, ces voyages à répétitions, sans qu'il se passe grand-chose en apparence, ne me passionnaient pas, l'histoire de cet homme de plus de soixante ans qui s'accorde à ce point un pouvoir érotique, c'était un peu agaçant.

Mais je suis entrée peu à peu dans le roman, dans son rythme particulier, dans les petites choses qui le constituent. Il y a finalement une réelle sincérité dans cette façon de décrire cette vie, toutes ces souffrances, cette opposition viscérale à ce que le narrateur considère comme le mal. le tableau prend sa cohérence petit à petit, et finalement c'est difficile de le quitter.

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Message par Arabella le Lun 20 Aoû - 14:40

Place Oberdan à Trieste


Dans ce recueil de douze nouvelles, Boris Pahor s'attelle une fois encore, inlassablement pourrait-on dire, à dire l'histoire de son pays, la Slovénie, et la sienne, qui s'entremêlent d'une façon incontournable. Les guerres, la domination italienne, la résistance, la déportation… une histoire douloureuse, tragique par moments. le tragique est inscrit dans les êtres, dans les corps, dans le quotidien. Même les jeunes garçons de la première nouvelle, « La gueule du lion de pierre », font connaissance avec lui, entre les jeux et les complicités d'enfance. Un personnage tout à fait banal, en apparence sans histoire, comme M. Antonič (« Une promenade surprenante »), un commerçant tout ce qu'il y a de rangé et ordinaire, peut l'avoir rencontré dès sa naissance, sans que rien ne le laisse transparaître à première vue.

Mais ce tragique, constitutif de la condition humaine, n'empêche pas Boris Pahor de percevoir et de saisir les beautés, les moments de grâce, de la vie. Comme une forme de résistance, d'indispensable antidote, aux horreurs que les hommes infligent aux autres hommes. Il y a malgré la lucidité et le besoin de dire les souffrances et les blessures, la nécessité vibrante d'être heureux, de ne surtout pas laisser échapper les possibilités de bonheur, plus ou moins éphémères, mais d'autant plus intenses. de ressentir avec force, avec sensualités et les ressources de la raison, un lieu, une lumière, une ambiance, des relations avec les êtres, et avant tout l'amour, la proximité avec un autre être.

Tout cela dans une magnifique langue, parfois dépouillée et économe, parfois plus lyrique et pleine d'envolées, toujours en osmose avec le contenu. Boris Pahor construit ses récits par petites touches, pas forcément en continuité, mais dans une grande cohérence, même si tout n'est pas explicité, il y a des zones d'ombres, au lecteur d'investir l'espace et d'y mettre sa sensibilité.

Un très beau livre, triste et rayonnant, terrible et apaisant.

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Message par Nightingale le Lun 20 Aoû - 17:19

Et le bonhomme va fêter ses 105 ans dans quelques jours ! Shocked

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Message par Arabella le Lun 20 Aoû - 17:35

Oui, il n'est pas tout jeune. Wink

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Message par kenavo le Dim 2 Juin - 6:56

Boris Pahor Aaaaa599
La villa sur le lac
Présentation de l’éditeur
Mirko Godina, un ancien déporté slovène, revient en 1948 sur les bords du lac de Garde où il s'était lié d'amitié avec la patronne d'une auberge. Mais les retrouvailles sont amères: la signora Amalia défend avec nostalgie et ténacité l'époque du Duce. Les expériences historiques sont-elles irrémédiables?
Boris Pahor Aaaaa600

je l’ai lu en version allemande

Depuis qu’Arabella en a parlé de cet auteur, j’avais envie de découvrir. Cela s’est fait avec cette visite du lac…

Après me lecture, j’ai lancé quelques recherches concernant ce roman et j’ai trouvé les informations qu’il s’agit en effet en partie de faits autobiographiques.

On a reproché à Boris Pahor que ce livre est trop léger et par moment superficiel.

Il a répondu à ces critiques qu’il avait besoin lors de son retour de Bergen-Belsen de se refaire des repères, se retrouver dans sa vie.

Je ne comprends pas comment on peut lui reprocher quoi que ce soit. Revenir d’une mort certaine et reprendre goût à la vie, quoi de plus courageuse de le faire en écrivant ?

Je suis consciente que bon nombre de gens ont attendu un roman plus expressif, mais j’ai en tout cas aimé mon séjour près du lac.

Si on prend en compte la « légèreté » du sujet on y passe un bon moment.

Boris Pahor A776

Entre l`octobre 1943 et l`avril 1945, pendant la République de Salò, Villa Feltrinelli fut la résidence de Benito Mussolini, qui y demeura avec sa famille. En 1997, après une longue restauration voulue par le magnat américain Bob Burns, Villa Feltrinelli a retrouvé sa splendeur comme Grand Hôtel Villa Feltrinelli où le luxe, le style et la sérénité sont une expérience unique et où il est possible d`organiser des fêtes et des mariages.

source

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Message par Arabella le Dim 2 Juin - 10:00

Contente que tu aies apprécié. Boris Pahor a bâti son oeuvre à partir de sa vie, des faits saillants, qui reviennent, dont ses souvenirs de la guerre et de la déportation. Mais il mélange tout cela avec un grand amour de la vie, la capacité à jouir de l'instant, des belles choses. Ce qui explique sans doute en partie sa grande longévité. Comme toi, j'ai du mal à comprendre les reproches.

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