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Message par Nightingale le Dim 2 Déc - 14:40

Earl Thompson A914

Earl Thompson naît le 24 mai 1931 dans une ferme aux environs de Wichita dans le Kansas. On ne sait que peu de chose de sa jeunesse, mis à part que ses parents ne travaillent pas, qu’il a des origines suédoises, qu’il est élevé par ses grands-parents, qu’il se rend à l’école publique de Wichita et qu’à quatorze ans, en 1945, il ment sur son âge pour s’enrôler dans la Marine. En 1949, il sert au large de Shanghai et observe les bouleversements sociaux et politiques de la révolution chinoise. Démobilisé et de retour dans le Kansas, il enchaîne sans enthousiasme les petits boulots (vendeur de beignets, livreur de journaux, homme à tout faire et ouvrier, cheminot pour la Santa Fe Railway, camionneur, tueur de bétail pour l’abattoir Cudahy Packing Company…), avant de s’engager de nouveau, mais dans l’Armée cette fois, où il s’instruit et lit énormément.
Après la guerre de Corée et grâce au programme de réinsertion de l’armé, le G.I. Bill, il retourne à la vie civile et suit des cours de journalisme à l'université du Missouri où il étudiera de 1954 à 1957 (puis à Columbia en 1959-1960). Au cours de ses études, il reçoit à deux reprises le prix Mahan de la nouvelle de l’université du Missouri, le prix de la fiction de l’université de Columbia, et le prix du comédien de l’année de l’université du Missouri en 1956. Après avoir occupé plusieurs postes de journaliste, il déménage à New York et ouvre une petite imprimerie à Brooklyn.
C’est durant cette période qu’il écrit son premier roman, Un Jardin de sable (1970). Refusé par de nombreux éditeurs, le livre fait scandale lors de sa publication, et est sélectionné pour le National Book Award (il aura une très bonne réception critique et deviendra bestseller que dans ses nombreuses éditions de poches aux couvertures racoleuses). De son vivant il publie Tattoo (1974) et Cado Largo (1976), puis un quatrième roman posthume, The Devil to Pay.
Un Jardin de sable, Tattoo et The Devil to Pay constituent une fresque sur la vie de Jack Andersen. Dans ces récits en partie autobiographique, Earl Thompson dépeint son enfance, sa jeunesse, la vie des travailleurs et des classes sociales défavorisées du Midwest dans les années 1930-40. Le réalisme quasi naturaliste de ses écrits puise ses racines dans ses expériences intimes et militaires. Il s’y fait la voix de la classe ouvrière du Kansas, mais un Kansas loin du cliché bucolique des gentils fermiers et des communautés soudées. Les usines et les gares de triages sont le théâtre de son œuvre, et très tôt, les critiques comparent Thompson à ses pairs, Algren, McCullers, Dreiser, Williams et Steinbeck.
Son œuvre est certes importante en tant que témoignage littéraire de la transition entre la culture du vieil Ouest et une culture plus moderne, mais elle exprime surtout la perte des libertés individuelles qui en découle. Écrivain consciencieux et perpétuellement angoissé par l’avenir, il séjournera en Europe (Suisse, Grèce, Suède) afin de terminer ses livres.
D’une santé fragile, il mourut le 9 novembre 1976, à quarante-sept ans, d’une rupture d’anévrisme sur un trottoir de Sausalito (Californie). Il laisse derrière lui trois enfants issus de deux mariages différents. À sa demande, ses cendres furent dispersées en mer.
Source : éditions Monsieur Toussaint Louverture

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Message par Nightingale le Dim 2 Déc - 14:48

Un jardin de sable  (A garden of sand) - 1970

Earl Thompson Jardin10


4ème de couv :
Un Jardin de sable est le cri de rage des laissés-pour-compte et des âmes médiocres à qui on ne tend jamais la main, mais qu’Earl Thompson [1931-1978] embrasse dans la brume du sordide et de l’impur. Jacky, né au Kansas à l’aube de la Grande Dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d’un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fonds de l’humanité pour se libérer de son destin et remonter à la surface. Un Jardin de sable est une œuvre puissante et sombre, traversée de violences et de transgressions. Une histoire peuplée d’êtres acariâtres, de gamins aux mentons croûtés, de truands, de vagabonds, de prostituées, de macs et de brutes – les ongles y sont sales, la peau, couverte de bleus, et les draps comme les âmes sont souillés au-delà de toute rédemption. Pourtant c’en est beau de douleur et de foi en l’avenir. C’est Steinbeck et Fante. C’est Bukowski et Zola. C’est de la dynamite et de la poésie. C’est la vie. Brutale, nauséabonde, fragile et magnifique.



************


Attention, monument ! Et dans tous les sens du terme. Vous avez entre les mains un pavé de 830 pages. Qui plus est un objet superbe, proposé par l'éditeur Monsieur Toussaint Louverture.


Alors, OK, j'ai bien lu la 4ème de couv. D'accord. Mais quand même. Quel choc ! Un coup de poing dans la gueule ? Non, pire. A tel point que j'ai abandonné la lecture de ce roman cet été, à peu près à la moitié. Je n'en pouvais plus de cette violence, de ces scènes de sexes, des deux en même temps, d'ailleurs.
Fin des années 30, un gamin, Jack Andersen, d'abord élevé par ses grands-parents dans une grande pauvreté, est un beau jour récupéré par sa mère, flanquée d'un nouveau mari, violent et alcoolique.
Ces deux-là vont divaguer, de ville en ville, de combines en combines, trainant avec eux le jeune Jack dans les endroits les plus sordides.
Jamais il ne sera « à sa place », jusqu'à l'amour de cette mère paumée, qui va se transformer jusqu'à l'interdit le plus absolu. Je ne vous fais pas un dessin.
Pourtant j'ai repris la lecture quelques mois plus tard. Bizarrement, cette seconde moitié du roman, je l'ai lue en quelques jours, dévorée. Inutile de vous dire que la situation du gamin ne s'est pas améliorée entre temps ! Au milieu de tout ça, quelques rencontres semblent parfois faire luire un petit espoir... souvent vite balayé.
Et puis il y a la description de toute une époque, toute une condition humaine, dans un très beau style. On a affaire à un très grand écrivain, de la trempe des Steinbeck ou autre Caldwell... ou plus récemment de Pollock, qui signe d'ailleurs la préface.
Je ne regrette pas ma lecture, avec un peu de recul. C'est un ouvrage inclassable, puissant, qui laisse une empreinte. Toutefois, c'est assurément à ne pas mettre entre toutes les mains. "Pour public averti", dirons-nous.

Bon courage.... Twisted Evil

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Message par Aeriale le Dim 2 Déc - 18:54

Eh bien... Sacrée claque, on dirait. 

Bien dans la veine de cette maison d’edition. En tout cas, ça intrigue, tu as l’air marqué. 

J’ai réussi à lire My absolute darling, je note donc. Merci @Nightingale.
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Message par Nightingale le Dim 2 Déc - 19:59

@Aeriale a écrit:
J’ai réussi à lire My absolute darling, je note donc. Merci @Nightingale.

Oui, j'ai cru comprendre que cet Absolute Darling est assez coriace aussi. Donc tu es mûre pour Un jardin de sable.  Very Happy

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Message par Aeriale le Lun 3 Déc - 9:48

Haha, oui Very Happy

C’est un test, le roman de Tallent :p
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Message par Nightingale le Sam 30 Nov - 15:48

Et les éditions Monsieur Toussaint Louverture viennent de publier un second roman d'Earl Thompson : Tattoo. 1024 pages ! Shocked

Earl Thompson Tattoo10

Même présentation magnifique.
Apparemment on y retrouve un personnage, en 1945, Jack âgé de 15 ans, qui pourrait être celui du premier volume Un jardin de sable.
Je me laisserai tenter bientôt.

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Message par Aeriale le Sam 30 Nov - 17:30

Oui... J’ai croisé cette info sur le net, il y a quelque temps. Et comme toi, je vais vite flancher pour!

Mais peut être vaut il mieux commencer par Un jardin de sable? 


(Je ne sais pas résister à cette collection)
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Message par Nightingale le Dim 1 Déc - 9:11

@Aeriale a écrit:Oui... J’ai croisé cette info sur le net, il y a quelque temps. Et comme toi, je vais vite flancher pour!

Mais peut être vaut il mieux commencer par Un jardin de sable? 


(Je ne sais pas résister à cette collection)

Tattoo est présenté comme ça par l'éditeur : "Kansas, 1945, la paix n’arrange pas tout le monde. Jack a quinze ans, une mère qui tapine, un beau-père en taule, un passé inimaginable — entre violences et vices — et surtout un rêve : échapper à la misère en s’engageant dans l’Armée. Lui aussi veut dézinguer du Jap, connaître la gloire et s’envoyer en l’air. De Wichita à Shanghai, de l’Allemagne à la Corée, Jack trimballe un désir infini au cours d’une odyssée existentielle où, gifle comme caresse, tout est bon à prendre, du moment que ça laisse des traces."


Par conséquent, on peut imaginer qu'il s'agit du même Jack que l'on suivait dans Un Jardin de sable. Donc à priori ces deux romans se suivent.
C'est apparemment très autobiographique. L'histoire se poursuivra d'ailleurs avec The Devil to Pay, troisième volume de cette trilogie autobiographique, qui parait après la mort de l'auteur.

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Message par domreader le Dim 1 Déc - 18:14

Merci pour ce commentaire, je pense que c'est un livre que j'aimerais et qui me fait surtout penser à Upton Sinclair (La Jungle) ou encore à Theodor Dreiser comme tu le mentionnais dans la bio. J'avais beaucoup aimé les romans de ces deux auteurs, très durs eux aussi en particulier La Jungle.

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