Gianni Rodari

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Gianni Rodari

Message par Merlette le Mer 30 Nov - 17:23



Gianni Rodari est un écrivain italien né en 1920 à Omegna, petite ville du Piémont. Instituteur de 1938 à 1943, il s'engage ensuite dans la Résistance et adhère au parti communiste italien. Après la guerre, il quitte l'enseignement pour le journalisme et signe grands reportages, chroniques d'actualité et littéraires, billets humoristiques pour L’Unità et Paese Sera. Il est également un pédagogue militant, participant infatigablement à des colloques et animations dans les écoles. A partir de 1950, il publie une trentaine de volumes, contes, romans, nouvelles, poésie, théâtre, ouvrages pédagogiques (notamment sur la créativité et les ateliers d'écriture, comme sa Grammaire de l'Imagination) qui lui valent une grande popularité en Italie, aussi bien auprès des enfants que des adultes, et de nombreux prix littéraires dont le prix Andersen en 1970.
Il meurt à Rome en 1980.
Dans le monde, de nombreuses associations pédagogiques et culturelles se réclament de sa pensée.




La tarte volante
La torta in cielo, 1966

Ce livre jeunesse encore très populaire et étudié dans les écoles a connu de nombreuses éditions et couvertures. Je l'ai relu récemment chez Le Livre de Poche jeunesse, mais nostalgie oblige, je mets l'édition vintage dans laquelle je l'ai découvert avec délices vers 1980.


Un matin d'avril, vers six heures, dans une banlieue de Rome nommée le Trullo, les passants qui attendaient le premier autobus pour le centre découvrirent dans le ciel un gigantesque objet circulaire de couleur sombre. L'objet avait pris la place des nuages à plus de mille mètres au-dessus des toits. Il y eut quelques "Oh!", quelques "Ah!", puis quelqu'un cria:
"Les Martiens!"
Ce fut à la fois un signal et un mot d'ordre. Les gens se mirent à hurler et à courir de tous côtés.

Et voilà pourquoi à chaque fois que je vois ça:

...je pense irrésistiblement à la Tarte Volante (et je soupçonne fortement Roland Emmerich d'y avoir puisé son inspiration).

Bien sûr la population de Rome est en émoi et particulièrement la police et l'armée, dépêchant avions et hélicoptères survoler l'immense soucoupe volante, prêts à réprimer à coups de missiles l'invasion des Envahisseurs, suspectant même une Cinquième Colonne au sein de la population ! Mais quand un morceau de la soucoupe s'écrase sur leur balcon, Paolo et Rita, les deux enfants de l'agent de police Meletti, plus futés que leur père, ne sont pas longs à deviner la nature du vaisseau: il s'agit d'un gâteau géant, et fait de chocolat de toute première qualité!
Et lorsque la soucoupe va se poser sur une colline, les deux enfants, accompagnés de leur chien Zorro, arrivent à déjouer les barrières de l'armée et à approcher le vaisseau...
Pour découvrir qui sont ses mystérieux occupants, il va falloir creuser un tunnel dedans, mais cela n'est pas un problème pour Paolo et Rita  :

Le gâteau s’ouvrait docilement sous les coups pelle comme la jungle sous la machette de l’explorateur. Les deux enfants traversèrent sans difficultés plusieurs veines de crème au chocolat, de crème fouettée et de pâte d’amande. Ils sautèrent des ruisseaux de sabayon, s’enfoncèrent jusqu’aux genoux dans des mares de sirop de groseille, éclairèrent de leur lampe de petites grottes creusées dans les entrailles du gâteau par des courants de liqueur.
De temps à autre, des cerises confites grosses comme des citrouilles leur bloquaient le passage. Paolo, que la hâte de la découverte poussait en avant comme en cyclomoteur se contentait de les contourner. Rita, elle, s’en emplissait la bouche. D’une main elle contribuait distraitement à la percée du tunnel; de l’autre, elle explorait les parois de marrons glacés, portait à sa bouche une noix farcie aussi grosse qu’une courge, faisait l’inventaire des pierres fort curieuses sur lesquelles elle marchait, qui étaient pour la plupart des amandes grillées et des cacahuètes.
Alors ça, si ce n'est pas un rêve de gosse, de se frayer un passage dans un gâteau géant, de se régaler, de s'empiffrer en toute liberté sans se rendre malade !  C'est surtout cet aspect qui m'enchantait dans cette histoire, et en le relisant 30 ans plus tard je n'ai pas été déçue par les aventures des très débrouillards Paolo et Rita ! Bien sûr à un lecteur adulte, la morale finale peut sembler naïve (il vaut mieux fabriquer des gâteaux que des bombes atomiques). Mais il peut aussi voir que ce roman plein de fantaisie et d'humour volontiers insolent (la police, l'armée et les faiseurs de bombes en prennent pour leur grade) célèbre le pouvoir de l'imagination, la liberté et le sens du partage de façon tout à fait allègre et intelligente! Et gourmande bien entendu.
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Merlette

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