Oscar Wilde

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Message par Arabella le Sam 9 Mar - 13:02

Oscar Wilde (1854 -1900)


Oscar Wilde Wilde10



Source Vikidia

Oscar Wilde (Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde), est un écrivain britannique d'origine irlandaise, né à Dublin le 16 octobre 1854 et mort à Paris le 30 novembre 1900 à l'âge de 46 ans.

Ses parents étaient des bourgeois protestants de Dublin (son père était ophtalmologiste et sa mère poétesse). Oscar Wilde fait des études brillantes avec pour base la culture classique. Il devient étudiant au Magdalene College de l'Université d'Oxford. Il y développe une personnalité de dandy, passionné par les peintres préraphaélites et par les théories de art pour l'art.

En 1878, ses études terminées il vient vivre à Londres où il fréquente la « bonne société » dont il devient une des personnalités les plus recherchées.

En 1881, il publie un recueil de Poèmes. Parallèlement il devient conférencier aux États-Unis et au Canada où il défend l'idée d'une Renaissance anglaise dans les arts. Puis il écrit des contes en 1888, Le Prince heureux et autres contes, puis un roman Le Crime de Lord Arthur Saville et autres histoires. En 1891 dans le roman Portrait de Dorian Gray, il expose ses confessions intimes qui firent scandale dans la société victorienne très conservatrice et prude. Son œuvre théâtrale renouvelle le genre de la comédie anglaise : L'Éventail de Lady Windermere (1892), Une femme sans Importance (1893) et surtout De l'Importance d'être constant (1895). Il peint d'une manière drôle et impitoyable les mœurs de la société aristocratique britannique qu'il fréquentait assidument. En 1891, sa pièce Salomé ne peut être jouée à Londres du fait qu'elle met en scène des personnages bibliques. Mais elle connait un grand succès à Paris en 1893, où elle est jouée par l'actrice Sarah Bernhardt.

En 1895, le marquis de Queenberry, père de lord Alfred Douglas qui est l'amant de Wilde, dénonce publiquement l'homosexualité de Wilde. Wilde lui fait trois procès en diffamation qu'il perd. Il est condamné pour « grave immoralité » à une peine et de deux ans de travaux forcés à la prison de Reading (sud de l'Angleterre). Ruiné, abandonné par tous ceux qui lui faisaient la fête, Wilde écrit alors Ballade de la geôle de Reading (1898).

Après avoir purgé sa peine, il quitte le Royaume-Uni et s'exile à Paris. Malgré l'aide matérielle de ses amis (dont André Gide), il meurt en 1900, dans le dénuement.

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Message par Arabella le Sam 9 Mar - 13:03

Salomé


Oscar Wilde écrivit ce texte en français en 1891, il paraît dans cette version en 1893, avant d'être traduit en anglais par Alfred Douglas, qui maîtrisait toutefois moyennement le français, ce qui obligera Wilde lui-même à retoucher cette traduction, qui parut en 1894 accompagnée par les gravures de Beardsley, qui Wilde n'aimait pas.

Wilde appréciait la langue française : « Pour moi, il n'existe que deux langues : le français et le grec ». Par ailleurs, il escomptait que la pièce pourrait être créée par Sarah Bernhardt qu'il considérait comme la plus grande des actrices. Enfin, le choix du français est aussi lié à l'importance du mythe de salomé dans la littérature et l'art français en général. Ainsi, dans les Salons officiels de la deuxième moitié du XIXe siècle, il eut jusqu'à 5/6 toiles par an avec salomé comme sujet. En 1912, Maurice Krafft prétendit avoir recensé 2789 poèmes…

Wilde s'est beaucoup imprégné du traitement de la thématique par certains auteurs français ; la source biblique du texte a ainsi subi des transformations profondes. Wilde a eu connaissance du poème inachevé de Mallarmé, Hérodiade et d' A rebours de Huysmans, avec ses célèbres descriptions des tableaux de Moreau. Mais l'auteur français qui a eu la plus grande influence sur Wilde pour sa salomé, est sans doute Flaubert. Hérodias (qui fait partie des Trois Contes) traite directement le sujet, Wilde va y reprendre un certain nombre d'éléments (chez Flaubert St Jean Baptiste s'appelle Iaokannan par exemple) mais il y a aussi salammbô dont on peut retrouver énormément de détails dans la salomé de Wilde. le banquet d'Hérode ressemble par certains côtés au banquet du début de salammbô, la lune est dans les deux un élément essentiel etc. Il faut citer également Maeterlinck, le grand auteur symboliste belge, dont Wilde semble avoir emprunté à bien des égards l'écriture et l'impressionnisme des images. salomé est donc une oeuvre aux multiples influences, très pensée, sans doute artificielle et construite plus que ressentie. Une oeuvre qui participe d'un jeu sur les possibles, sur les transformations successifs d'un thème, sur les variations que différents auteurs lui font subir, en se répondant l'un à l'autre, l'art devenant une fin en soi.

Nous sommes à un banquet chez le tétrarque Hérode. Des soldats observent de loin, tout en gardant le prophète Iokanaan, qui prophétise et stigmatise Hérodias, la femme d'Hérode. salomé, la fille d'Hérodias d'un premier mariage vient vers la citerne où est enfermé le prophète. Elle veut le voir et lui parler. Les soldats refusent, mais leur jeune capitaine, amoureux, fait sortir Iokanaan. salomé fait des déclarations d'amour à Iokanaan qui se répand en imprécations. le jeune capitaine syrien se suicide. salomé promet, ou plutôt menace, de baiser la bouche de Iokanaan. Hérode, attiré par salomé vient à sa suite avec Hériodas. Il essaie d'amadouer la princesse, et lui demande de danser pour lui, ce que sa mère lui défend. Elle finit par se décider à le faire, à la suite de la promesse d'Hérode de réaliser n'importe lequel de ses souhaits. Elle danse et demande en récompense la tête de Iokanaan. Hérode ne veut pas, fait des propositions diverses à salomé, qui tient bon. le tétrarque finit par tenir sa promesse et salomé pourra enfin baiser la bouche de Iokanaan. Hérode effrayé par son comportement, la fait tuer par ses soldats.

salomé est donc au centre de la pièce, alors qu'elle n'était qu'une silhouette, un outil utilisé par sa mère pour obtenir la mort du prophète dans la Bible. Etrangement, la pièce m'a fait penser au vieux schéma de la chaîne amoureuse de la pastorale, même si ce dernier est perverti : Héridias aime (ou veut posséder, dominer) Hérode qui aime (veut posséder, dominer) salomé (qui aime, veut dominer) Iakanaan qui aime Dieu. Ce qui arrête la chaîne, la rompt, sort Iakanaan du jeu, le met sur un autre plan. Chacun aspire à ce qu'il ne peut véritablement avoir Hérodias le souverain frère de son premier mari, Hérode sa belle fille, salomé un saint. Aucun ne peut satisfaire son désir sans transgresser un interdit, franchir une limite, sauf Iakanaan, qui seul a un désir légitime, en apparence, même si au final destructeur, et qui interdit la satisfaction aux autres maillons de la chaîne.

C'est peut être la limite de cette pièce, d'être une sorte de jeu à tous les niveaux, que ce soit de la trame, du langage, de références innombrables...Il est difficile à mon sens d'être vraiment transporté par ce texte, même si on apprécie tel ou tel élément, ou l'ensemble comme une belle mécanique. Et qu'on peut passer beaucoup de temps à donner des clés de lecture, qui sont presque infinis. Au final, comme pour Maeterlinck (Pelléas et Mélisande), la seule façon vraiment convaincante de donner vie à tout cela, est peut-être de l'accompagner d'une musique géniale. Wilde a eu la chance d'inspirer Richard Strauss, et ses mots continent à vivre et d'enflammer, même si c'est en allemand au final...

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Message par kenavo le Dim 10 Mar - 6:52

merci pour ce fil
j'aime beaucoup les pièces de théâtre de lui, lu bien longtemps avant qu'on en a fait des adaptations (que j'adore énormément et dont L'Éventail de Lady Windermere et De l'Importance d'être constant sortent du lot)

et dans ses oeuvres complètes, j'ai aussi découvert ses contes qui sont très, très beaux

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Message par Arabella le Dim 10 Mar - 8:42

Dans son oeuvre, j'ai une préférence pour le Portrait de Dorian Gray, lu il y a un bon moment maintenant.

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Message par Aeriale le Dim 10 Mar - 10:26

Bonne idée d'ouvrir ce fil sur Wilde, Arabella.

J'aime beaucoup l'esprit de Wilde, vu il y a longtemps des pièces de lui (Dont le portrait de Dorian Gray, excellent) mais jamais lu en entier.

Je me le réserve un de ces jours...  Wink
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Message par Liseron le Dim 10 Mar - 18:19

Pour moi, sa pièce De l'importance d'être constant reste un must ! Étudiée en anglais il y a bien longtemps !!

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Message par IzaBzh le Mar 19 Mar - 15:11

C'est amusant, j'ai acheté son intégrale il y a quelques mois. J'ai de vieux, vieux souvenirs de Dorian Gray, du Fantôme de Canterville, de L'importance d'être Constant et j'ai toujours eu envie de lire la Balade de la geôle de Reading.
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Message par kenavo le Mer 19 Juin - 6:12

Texte intégral, la lecture peut aussi se faire avec des images Wink

Oscar Wilde A1079

Le Fantôme de Canterville, illustré par Barbara Brun

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Message par Arabella le Dim 21 Juil - 8:32

Le portrait de Dorian Gray


Il s'agit de l'unique roman d'Oscar Wilde, écrit suite à la sollicitation d'un éditeur américain, J. M. Stoddart, pour le magazine qu'il dirigeait. Oscar Wilde y répond en se lançant dès l'été 1889 dans la rédaction du Portrait de Dorian Gray, pendant que Conan Doyle rédige pour la même revue le signe des quatre, la deuxième aventure de Sherlock Holmes. le portrait de Dorian Gray paraît juillet 1890 dans le Lippincott's Monthly Maagazine : l'accueil de la critique est très hostile. le texte est jugé immoral, « empoisonné », les parties suggérant des relations homosexuelles entre les principaux personnages sont particulièrement critiquées. Il y a même eu des appels à la censure.

Oscar Wilde va modifier son texte, rajouter des chapitres, mais aussi retoucher certains passages pour la parutions sous forme de livre en avril 1891. Il va également rédiger une préface sous forme de 25 aphorismes pour défendre son oeuvre, dont le fameux « Il n'existe pas de livre moral ou immoral. Un livre est bien écrit ou mal écrit, un point, c'est tout. ». Il va même tenter de défendre l'idée qu'au fond son ouvrage est profondément moral, qu'il illustre le danger des excès et surtout de la quête absolue de l'esthétique. le roman va quand même garder auprès des critiques et des lecteurs une aura sulfureuse, et sera même cité à charge pendant le procès De Wilde (entre autre pour établir son homosexualité).

Différentes oeuvres peuvent être citées comme sources d'inspiration du roman : « La peau de chagrin » De Balzac, des nouvelles d'Edgar Poe (« William Wilson », « Le portrait ovale ») et aussi « Dr Jekyll et Mr Hyde » de Stevenson. Mais avant tout on retrouve les dialogues étincelants des pièces De Wilde, ses aphorismes et phrases qui font mouche, ainsi que son univers intellectuel et esthétique.

Un peintre, Basil Hallward, fait le portrait d'un tout jeune homme, Dorian Gray, dont la beauté le fascine. Lors d'une séance de pose, il lui fait rencontrer, malgré lui, un de ses amis, lord Henry Wotton. Dorian Gray est sous le charme de cet homme brillant qui profère des sentences paradoxales et immorales. Il fait prendre conscience au jeune homme du prix de la beauté et de la jeunesse qu'il perdra comme tout un chacun. Dorian fait le voeu que le tableau peint par Basil prenne les stigmates de l'âge à sa place, et qu'il puisse rester à jamais pareil à ce qu'il est maintenant.

Dorian, sous influence de lord Henry devient moins candide, et fait des expériences. Il tombe amoureux d'une jeune actrice, Sibyl Vane, il se fait aimer d'elle, et s'engage à l'épouser. Mais comme sous l'emprise de l'amour elle perd son talent, il l'abandonne. Elle se suicide, et Dorian constate que le tableau a changé, une trace de cruauté le marque désormais. Effrayé, persuadé que son voeux a été exhaussé, il cache le tableau.

Progressivement, Dorian s'abandonne à tous les excès et toutes les débauches, mais garde malgré les années qui passent le même physique jeune et pur alors que le portrait devient de plus en plus laid et effrayant. Sa vie suscite de plus en plus de questions et de réprobations ; tancé par Basil qu'il considère comme responsable de ce qui lui arrive, il lui montre le portrait et l'assassine. Par ailleurs, le frère de Sibyl Vane le poursuit et veux le tuer, mais il est victime d'un accident de chasse.

De plus en plus aux abois, Dorian essaie de changer sa vie, et décide de détruire le portrait. Mais c'est lui-même qui sera poignardé alors que le tableau reprendra sa beauté originelle.

Le livre joue sur différents registres et s'approprie différents genres. le récit fantastique, avec le thème du portrait, du double, ainsi que des atmosphères, des accessoires de ces types de récits. Mais il s'agit en même temps d'un roman de moeurs, décrivant un certain nombre d'usages et préjugés des classes aisées de l'époque. Un côté roman naturaliste y est aussi présent, par exemple par la famille de Sibyl Vane, d'un tout autre milieu social, et aussi de la faune fréquentant les endroits louches dans lequels Dorian va évoluer pour ses plaisirs. On pourrait continuer à citer des genres et des courants littéraires, mais ce qui est fascinant c'est l'appropriation de tout cela par Wilde, il n'y a pas d'accumulations d'éléments disparates, mais une synthèse parfaite, et au final une oeuvre personnelle et originale. Cela probablement grâce à son style, son écriture, avec bien sûr les fameux aphorismes et bons mots, mais qui sont parfaitement à leur place dans la bouche de ses personnages.

Les personnages, et en premier lieu Dorian, sont complexes et contradictoires. Ce qui frappe tout de même c'est son grand égoïsme. Sa beauté qui fascine son entourage, lui donne une idée excessive de sa valeur, et le sentiment qu'il a tous les droits. Wilde en donnant quelques éléments sur sa famille, suggère des raisons de son comportement. Lord Henry est certes un déclencheur, mais au final, il ne semble pas réaliser toutes les réactions qu'il provoque chez Dorian. Lui-même semble toujours conscient de la limite à ne pas franchir, et son immoralité paraît se traduire surtout en bons mots dans les dîners mondains, plus qu'en actes répréhensibles, mais son émule n'a pas les mêmes freins.

Lord Henry en vient à certains moments à vouloir faire prendre conscience à Dorian des résultats de ses actes, et se refuse à le voir aussi noir qu'il l'est (il prend l'affirmation de Dorian qu'il a assassiné Basil comme une plaisanterie, pire, une faute de goût). C'est un esthète, un théoricien, alors que Dorian agit plus qu'il ne pense. Au final Henry n'aura que provoqué quelque chose de latent chez Dorian, et qui se serait peut-être produit de toutes les façons.

Un grand livre, brillant et d'une très grande richesse.

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Message par Aeriale le Dim 21 Juil - 10:38

Oui Merci Arabella, super commentaire. 

J'adore Oscar Wilde, sa justesse d’analyse. Un roman qu’il faut absolument que je lise. 

À remonter dans la PAL
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Message par Arabella le Dim 21 Juil - 12:39

A remonter absolument, d'autant plus que le livre se lit tout seul, tellement il est bien écrit.

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Message par domreader le Lun 22 Juil - 7:51

J'avais vraiment beaucoup aimé ce roman extraordinaire ! Tu peux foncer @Aeriale
En plus ce n'est pas un pavé ! Laughing


Dernière édition par domreader le Mar 23 Juil - 10:39, édité 1 fois

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Message par Queenie le Lun 22 Juil - 8:17

Il m'avait marqué ce livre.

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Message par Arabella le Lun 22 Juil - 20:44

L'importance d'être constant



L'importance d'être constant est la dernière pièce écrite par Wilde, et la plus célèbre, celle que l'on joue le plus souvent. le théâtre occupe une place importante dans l' oeuvre de l'auteur : 7 pièces achevées et deux fragments. A son époque le théâtre était très populaire et permettait à un auteur de connaître un succès publique et gagner des sommes relativement importantes en cas de réussite. Mais au-delà c'est un genre qui ne pouvait que convenir à Wilde, qui dans toute son oeuvre met l'accent sur le dialogue et la parole, et qui dans ses écrits et dans sa vie pratique une mise en scène permanente de lui-même.

L'importance d'être constant a été écrite à a demande du metteur en scène George Alexander pendant l'été 1894. Wilde la réécrira pour la réduire à 3 actes, comme le souhaitait le commanditaire. La pièce sera créée le 14 février 1895, ce sera un véritable triomphe. Mais pour l'auteur, il s'agira d'une sorte d'apothéose avant la chute. Lord Queensberry tente de perturber les représentations, et le différent entre les deux hommes va aboutir au procès qui condamnera Wilde et l'enverra en prison ; ce procès débute le 26 avril. Dès l'arrestation De Wilde, son nom est retiré de l'affiche et des programmes ; la pièce n'est plus jouée à partir du 8 mai.

La pièce est en apparence très légère. Un jeune homme, Jack Worthing, qui ignore ses véritables origines, s'est inventé un frère qui lui permet de quitter régulièrement son domaine rural et la pupille qu'il a en charge, pour venir se distraire à la capitale, sous prétexte de venir au secours de son frère dissolu. C'est sous le prénom de ce frère fictif, Constant qu'il est connu à Londres, et qu'il courtise une jeune fille Gwendolen. Cette dernière répond à ses sentiments, mais essentiellement à cause de son prénom usurpé, Constant, car elle s'est promis d'épouser uniquement un homme qui le porte. Mais la mère de Gwendolen, lady Bracknell refuse de donner sa fille en mariage à un homme qui ignore qui sont ses véritables parents, et qui a été découvert par son père adoptif dans un sac de voyage abandonné à une consigne de gare.

En parallèle, l'ami de Jack, Algernon, désireux de rencontrer sa pupille, Cecily, se rend à sa résidence campagnarde pendant ce qu'il pense être une absence de Jack en se faisant passer pour le fameux frère Constant. Cecily et Algernon tombent amoureux, leur histoire se complique lorsque Jack revient plus tôt que prévu, et n'a qu'une idée en tête, faire partir Algernon. L'intrigue s'emballe progressivement avec la venue de Gwendolen, décidée à braver les interdits maternels pour son cher Constant, puis par la mère de la jeune fille qui veut mettre fin aux élans amoureux de sa fille dirigés sur un prétendant qu'elle juge indigne. de ce fait, Jack refuse son consentement au mariage de Cecily et Algernon.

Mais lady Bracknell reconnaît en Miss Prism, la gouvernante de Cecily, la femme qui une trentaine d'années plus tôt a disparu avec un nourrisson, le neveu de lady Bracknell. Miss Prism avoue que par une méprise épouvantable, elle a mis le nourrisson dans un sac de voyage laissé à la consigne, au lieu d'un manuscrit. Jack revient avec le fameux sac où il a été trouvé, il s'agit bien du même, et il devient donc respectable, frère d'Algernon, et qui plus il est, il apprend qu'il s'appelle en réalité Constant. Les deux mariages peuvent donc avoir lieu.

La pièce est vraiment très drôle, il s'agit d'un véritable festival de répliques brillantes, bons mots. Mais au-delà de la drôlerie et du plaisir immédiat du lecteur (ou spectateur) elle marque une véritable étape dans l'oeuvre théâtrale De Wilde. D'une certaine façon, il y réalise le programme qu'il annonçait à propos d'Un mari idéal : «libérer le théâtre de tyrannie de l'action au profit du seul langage ». Wilde n'est jamais allé aussi loin dans cette directions que dans L'important d'être Constant. L'intrigue, ou ce qui en tient lieu, détourne, voire pervertit, les modèles de théâtre dans lesquels Wilde a trouvé ses sources, ce qui, d'une certaine façon, marque l'appropriation définitive qu'il en fait pour trouver son propre style et univers.

La commande d'Alexander portait sur une pièce qui serait une version moderne de L'école de la médisance de Sheridan, fleuron de ce qu'on appelle Comedy of manners, qui a toujours été une source d'inspiration pour Wilde, comme l'ont été les pièces française contemporaines. Mais dans L'important d'être Constant, l'utilisation des techniques et ficelles devient surréaliste. Par exemple (et Wilde s'est servi de cela dans plusieurs pièces) un lourd et honteux secret d'un des personnages est un des ressorts principaux de l'intrigue. Ici, c'est Miss Prism qui le porte ; personnage terne et respectable au possible, qui n'a jamais fauté, même en rêve. Son secret consiste dans l'erreur qu'elle a commise en intervertissant bébé et manuscrit, ce qui est invraisemblable, et prête juste à rire.

De même, les jeunes filles qui rêvent forcément d'amour et de mariage, ne le font que pour souhaiter un élu qui porte le prénom de Constant. Peu importe le physique, et toutes les autres qualités, les affinités etc. le seul critère est un prénom. Il y a là une façon de mettre en pièce toute une rhétorique amoureuse idéaliste, et pointer les absurdités des mariages faits dans la bonne société sur la base d'une méconnaissance quasi totale de ce qu'est une vie de couple.

Wilde aborde dans la pièce la question de l'identité, des identités multiples du moi, du masque qui permet d'être plus vrai que le visage nu. « L'homme est le moins lui-même lorsqu'il parle pour lui-même. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité », écrivait-il dans « le Critique comme artiste». C'est ainsi que Jack, lorsqu'il prétendait être Constant, pensant tromper son monde, disait la vérité de son identité. Et Algernon, lorsqu'il se prétendait le frère de Jack n'usait pas d'un subterfuge, mais énonçait leurs véritables liens.

Tout cela l'air de rien : l'art De Wilde consiste dans l'élégance suprême de donner la sensation d'être léger, voir superficiel, alors qu'il suggère, à partir de références qui montrent une culture plus qu'impressionnante, une multitude d'idées, de concepts, de pensées.

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Message par Liseron le Sam 27 Juil - 16:38

J'avais adoré cette pièce, étudiée en anglais il y a bien longtemps, The importance of being Earnest.
Si tu la vois passer au théâtre à Paris, préviens-moi @arabella !

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