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Violette Leduc

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Message par Queenie le Jeu 16 Mai - 23:00

Violette Leduc Violet10
Violette Leduc est née à Arras le dimanche 7 avril 1907, fille illégitime de Berthe Leduc et d'André Debaralle, un « fils de famille » de la haute bourgeoisie de Valenciennes. Il refuse de reconnaître l'enfant. Dès son enfance, elle est marquée par la honte de sa naissance.
Violette est interne au collège où elle fait la connaissance d'Isabelle P. avec qui elle a une relation d'amour passionnée. Violette Leduc connaît également, à cette époque, ses premières passions littéraires : les classiques russes, puis Cocteau, Duhamel, Gide, Proust et Rimbaud.
En 1925, Denise Hertgès (Cécile dans Ravages et Hermine dans La Bâtarde), surveillante au collège de Douai et fine musicienne, devient son amante. Leur relation est découverte. Le scandale éclate et les deux jeunes femmes sont renvoyées de l'établissement.

En 1926, Violette accompagne sa mère et son beau-père à Paris et poursuit ses études secondaires au lycée Racine. Elle rate son baccalauréat et décide d'abandonner ses études pour gagner sa vie.
Violette et Denise vivent ensemble pendant neuf ans dans des hôtels meublés de la banlieue parisienne. Elle devient échotière chez Plon, où elle rencontre de nombreux écrivains. Après avoir été quittée par Denise, Violette entre en 1936 chez Synops comme scénariste, y rencontre en mai 1938 Maurice Sachs, écrivain aventurier homosexuel, futur auteur du Sabbat, dont elle tombe éperdument amoureuse. En 1939, elle est secrétaire pour la Nouvelle Revue Critique, maison d'édition dirigée par les frères Keller, où elle restera un an, jusqu'à la déclaration de la guerre.

Elle épouse en 1939 Jacques Mercier, un ancien ami, photographe de mariages et peintre à ses heures, mais le couple se sépare au bout d'un an. Violette se fait avorter à cinq mois et demi de grossesse et frôle la mort. Cette expérience dramatique est longuement décrite dans Ravages.
En 1940, recommandée par Sachs, elle collabore à la revue Pour Elle et au quotidien Paris-Soirn 1. En 1942, elle s'installe pendant trois mois dans un village de Normandie, Anceins, près de L'Aigle où, sur l'injonction de Maurice Sachs, qu'elle aime d'un amour impossible, elle commence à écrire ses souvenirs d'enfance, dans L'Asphyxie, sa fameuse première phrase (« Ma mère ne m'a jamais donné la main ») déclenchant tout le reste. Elle survit grâce à ses petits trafics de marché noir. En 1944, elle découvre L'Invitée de Simone de Beauvoir et comprend la composante homosexuelle de son auteur. En février 1945, par l'entremise de deux amies, Violette Leduc est présentée à Simone de Beauvoir qui accepte de lire le manuscrit de L'Asphyxie. D'emblée Beauvoir reconnaît son talent. Dès lors, elle suivra son travail et la soutiendra jusqu'à la fin. Des extraits du manuscrit paraissent dans Les Temps modernes. En mai 1946, L'Asphyxie sort chez Gallimard dans la collection « Espoir » dirigée par Camus. Le livre ne connaît aucun succès, mais Violette Leduc gagne l'estime de Jean Cocteau, Jean Genet, Marcel Jouhandeau, Nathalie Sarraute et Jean-Paul Sartre.

Éprise de Simone de Beauvoir, elle entame la rédaction de L'Affamée, poème en prose, journal onirique d'une amoureuse, consacré à sa passion pour le Castor, nommée « Elle » tout au long des pages. Violette Leduc se lie d'amitié avec Colette Audry et surtout Nathalie Sarraute. En septembre 1947, grâce à Genet qu'elle admire, elle rencontre Jacques Guérin, bâtard comme elle, riche industriel (il dirige les parfums d'Orsay), collectionneur de livres rares, de manuscrits, d'œuvres d'art, ami d'artistes et d'écrivains. Elle s'éprend de cet homme qui ne peut répondre à ses élans : comme Sachs, Guérin est homosexuel. Il admire l'œuvre de Violette et lui apportera son fidèle soutien pendant les dix-sept années de leur amitié. En 1948, il fait publier à ses frais, chez Jean-Jacques Pauvert (Éditions du Palimugre), une édition de luxe de L'Affamée qui sort la même année chez Gallimard. Elle commence la rédaction de Ravages, son premier roman. En 1949, Sartre et Beauvoir versent une petite pension à Violette Leduc par l'intermédiaire des Éditions Gallimard afin de ménager la sensibilité de leur obligée. En 1954, grâce au prix Goncourt obtenu pour Les Mandarins, Simone de Beauvoir assumera seule cette charge. En 1954, Leduc est victime de la censure éditoriale : Gallimard ôte les cent cinquante premières pages de son roman Ravages. L'auteur y décrivait dans un style imagé, mais aussi avec une exactitude d'entomologiste, les ébats passionnés de deux collégiennes, Thérèse et Isabelle. En 1955, Ravages sort amputé de son début et Jacques Guérin publie un tirage restreint (28 exemplaires) de cette partie censurée par l'éditeur.

En 1956, elle séjourne six mois dans une clinique de Versailles pour soigner ses tendances paranoïaques puis, en 1957 six mois dans une maison de repos, « La Vallée-aux-Loups » à Châtenay-Malabry.

En 1961, grâce à une amie écrivain, Thérèse Plantier, elle découvre Faucon et s'y réfugie pour continuer la rédaction de La Bâtarde, une autobiographie romanesque, qui, commencée en 1958, paraît en 1964, avec une longue et dithyrambique préface de Simone de Beauvoir. Le succès est immédiat, le livre est vendu à 170 000 exemplaires. Il est pressenti pour le prix Goncourt. Violette Leduc a 57 ans au moment de son succès littéraire. Pour lui donner une totale indépendance, Beauvoir exige le remboursement des sommes qu'elle lui versait depuis 1949. Cette décision a pour but de mettre Violette sur un pied d'égalité et de lui permettre de s'acquitter ainsi de ses complexes d'infériorité.

Elle continue à publier et rencontre chaque fois un grand succès d'estime, parfois aussi commercial (Thérèse et Isabelle), et mène, avec parcimonie, une vie quelque peu mondaine. De nombreux journaux lui demandent des articles. Elle s'installe de longs mois dans la maison qu'elle a achetée et fait restaurer à Faucon.

En 1970, elle publie La Folie en tête que Simone de Beauvoir a auparavant fortement censuré, tant certains passages lui semblaient emphatiques et impudiques.

Violette a un cancer du sein et décide de s'installer définitivement à Faucon dans sa maison rénovée. Elle continue à écrire malgré l'aggravation de la maladie et meurt chez elle le 28 mai 1972 en présence d'un ami.

Simone de Beauvoir est nommée héritière de ses droits littéraires et publie La Chasse à l'amour en 1973.

Violette Leduc, l'une des pionnières de l'autofiction, a fait de sa vie la matière principale de ses livres. L'apparente simplicité de son style, sa musique particulière leur donnent un ton vrai, personnel et très attachant.

En novembre 2000, Gallimard publie le texte intégral de Thérèse et Isabelle. Le livre réunit enfin les deux moitiés du roman écrit 46 ans plus tôt et qui n'étaient jusqu'alors disponibles que séparément.

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Message par Queenie le Jeu 16 Mai - 23:07

Avis datant de 2009.

Violette Leduc 52019610

La Bâtarde
(1964)

Roman hypra autobiographique. Ça tourne autour des thèmes de l'amitié, de l'amour (deux sentiments qui se mélangent très souvent chez elle), du désir d'être et d'avoir, qu'on l'aime, se sentir aimée et choyée, et en même temps toujours désirer l'inaccessible. Avoir une sorte de fascination pour celui qui semble plus intelligent, plus beau, plus libre, plus grand qu'elle (dans ce livre ce sera surtout flagrant à travers ses relations avec les hommes Maurice Sachs et Gabriel).
Elle est extrêmement cruelle, égoïste, distante, froide, exigeante envers les êtres qui l'aiment et tentent de prendre soin d'elle (ici Hermine (Denise Hertgès dans la vraie vie) qui s'en prendra vraiment plein la tronche, qui acceptera d'être trompée, humiliée, ignorée...
Alors que Violette veut raconter sa rencontre avec un homme de passage (elle en aura quelques-uns) à Hermine.
Hermine : Je ne veux rien savoir. Sois heureuse chaque fois que tu peux l'être, a-t-elle dit avec un pauvre sourire.
mais Hermine finira tout de même par partir.
Comme tous ceux qui traversent l'existence de Violette. Elle les garde, les passionne, un an-deux ans-dix ans... et puis... ils s'étouffent, elle les pressure tant qu'ils finissent par l'abandonner, l'aimer de loin, du plus loin possible pour ne pas être détruits.
Le dimanche je me promènerai seule, je puiserai mes larmes aux sources, aux rivières, je mordrai au fruit de mes désolations. Rançon de ton égocentrisme, ma petite. Intelligente je ne le suis pas, je ne le deviendrai pas. Mise au point cruciale. Sainfoin, sable, matelas, carrelage, voici que je plonge, en 1944, dans l'abîme de l'onanisme... ils sont tous partis.

On traverse aussi des temps des époques, des univers. Violette découvre Paris, les éditeurs, les écrivains, se passionnent pour eux, pour leur intelligence, leurs livres, elle se sentira toujours en-dessous, moins bien, moins douée, leur ombre en quelque sorte.
Elle viendra à l'écriture un peu par hasard, par le journalisme, puis poussée par Maurice Sachs.

Elle sera toujours une femme indépendante, même mariée, même rampante pour récolter un brin d'affection, elle est forte, même pleurant sur l'abandon elle serre les poings. Elle écoute sa douleur pour la dompter, elle s'en délecte, comme elle goûterait toutes les saveurs d'un plat avant de le cuisiner : pour en faire un repas qu'elle pourra dévorer. Pour pouvoir créer.

Son écriture n'est pas franchement évidente, disons que je l'ai trouvée "surprenante".
J'ouvre, je lis, j'ai l'impression que c'est clair, que c'est "facile", que ça se lit tout seul, et puis... je m'aperçois que des choses m'échappent, que je vais trop vite, que je manque des choses, que je ne comprend sûrement pas tout.
Sous des apparences de simplicité, de dialogue brut avec le lecteur, il y a une vraie écriture profonde, maniée avec soin, qui demande concentration et sensibilité. Être à l'écoute.
En plus elle nous emmêle, nous perd, nous manipule un peu. J'ai parfois eut l'impression qu'elle "traitait" son lecteur comme elle "traitait" ses amants. A tenter de l'attirer à elle, en elle, de le garder tout près, bien au chaud, de ne pas lui laisser le temps de respirer, de s'enfuir.
De temps en temps, elle l'apostrophe ce lecteur, justement, peut-être, pour lui rappeler que là, entre ses pages, on lui appartient.

Il faut accepter de se laisser bouffer par Violette Leduc.

Je pense que c'est un roman (et apparemment tous ceux qu'elle a écrit) auquel on peut trouver un sens que si on comprend l'auteur. Que si on est un peu pareil finalement. Sinon, je ne sais pas, elle pourrait vite passer pour une geignarde capricieuse.
Ce livre c'est l'apologie de l'égocentrisme passionnel destructeur et auto-destructeur. Et en même temps créateur.

C'est très fort, très troublant de se reconnaître, de comprendre, de savoir, d'adhérer alors qu'on sait que ce n'est pas "ce qu'il faudrait".

Elle parle avec son cœur, son ventre, ses chairs, ses douleurs, ses peurs, ses passions.

Et qu'est-ce qu'elle décrit bien les villes, les gens, les relations, les sorties dans les magasins, les rdv chez le médecin. Tout évènement qui pourrait nous sembler anodin prend un sens profond.

Je reprocherais peut être juste la longueur du livre (634 pages pour ma version poche), mais j'étais peut être déjà un peu essoufflée par mes lectures précédentes. Il faudrait que je pense à alterner les bouquins intenses et épais avec des bouquins plus courts et plus "légers"..

Lisez Violette Leduc !

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Message par Queenie le Jeu 16 Mai - 23:07

Allez, histoire de pleurnicher dans les chaumières...

Elle écrit à son amante de laquelle elle est séparée pour diverses raisons.
Mon amour.

Minuit moins vingt. Mes parents dorment, l'appartement dort, l'immeuble dort. Tu pourrais venir, la ville est un masque. Tu ne viendras pas. Je n'ai pas voulu de rideaux aux fenêtres. Pour toi, cette fête de lumière sur la vitre d'une lucarne. Des lampadaires dans un autre univers. C'est gracile, c'est blafard. Tu veilles, tu me l'as écrit. Nous tenons compagnie à la nuit ! La chaise, l'armoire, ma serviette de classe... Les choses, les objets vous usent. Je détourne la tête. Ils m'engouffreraient. Le silence dans ma chambre est le silence de ton piano, le silence de ce que tu ne joues plus. Tu modelais la sonorité, la mousse des forêts égayait le ciel. Une grande musicienne studieuse. Mon rêve. Ton souffle sur ma main qui t'écrit. La nuit, cela est plus facile. Les distances, les nôtres, sont discrètes. Quand m'embrasseras-tu jusqu'à ce que je demande grâce ? J'embrasse tes phrases, j'embrasse tes mots, je promène mes lèvres sur ton papier à lettres. Quand seras-tu dans mes bras ? J'ai des écrins pour toi. La glace le dit aux creux de nos épaules lorsque je m'habille, lorsque je me déshabille. Je pleure. Je ne m'habitue pas à ton écriture. Hermine. Aimer, ce n'est pas être séparées. Il n'y a plus de souffle sur ma main. Tu es absente, tu es toujours absente. Paris avec toi. C'est incroyable. Irai-je chez toi ? C'est impossible. Ta lettre de ce matin est un bandeau de fraîcheur sur mon front. Ne quitte pas ta jaquette marron, ne la quitte pas. C'est toi, c'est ta signature sur mes paupières baissées. Nous avons eu malchances sur malchances. Crois-tu que cela continuera ? Qu'est-ce que nous deviendrons l'une sans l'autre ? Réponds. Qu'est-ce que nous deviendrons ? Je t'écrirai demain.
Non, je ne peux pas te quitter. Tu es généreuse, Hermine, tu me donnes des détails. Je vois les dessins dans ta classe, je vois le visage des élèves, je vois la directrice. [...] C'est magnifique. Ce sont des riens mais ces riens me permettent de te reconstruire chaque fois que je te relis. Soudain Paris est petit, soudain Paris est froid. Il y a tant de solitaires ici. Chacun vit dans sa cage. [...]


Sur les douleurs, et l'écriture des douleurs.

Non, lecteur, ma douleur n'est pas fabriquée. Je m'efforce d'éclaircir cette bouillie de désespoir lorsque Hermine me quitta. Nous souffrons, après nous nous aidons du vocabulaire. Je m'efforce de déblayer ma tête, mon cerveau, cette ruche en folie précipitée sous la terre, emmurée, coincée dans les avalanches de charbon. Lecteur, tu as souffert. Pour se soulager avec ce qui a été, il faut s'éterniser.

Je lui écris ce que je vois, ce que je sens, ce que je préfère parce que je suis un soupirant d'amitié amoureuse. Ce ne sont pas des lettres. Ce sont des tournois qui prouveront, je l'espère, mes capacités d'attachement.

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Message par Queenie le Jeu 16 Mai - 23:14

Hop. Lecture de 2011.

Violette Leduc 942_210
Le taxi (1971)

Livre étrange. Juste un dialogue, aucune description, des tas d'ellipses, de non-dits, des phrases fortes, troublantes, déroutantes.

En tant que lecteur, on a l'impression de rentrer directement dans l'intimité d'un couple, de les suivre pendant un temps donné (une journée) dans un lieu unique (un taxi) roulant à travers une ville (Paris), monde extérieur hostile.

Forcément un peu de mal à entrer dans le texte. Violette Leduc nous donne si peu de choses palpables, concrètes. Mais, des phrases qui accrochent. Une impression de viscéral, de vital. De fatal(?).

Et puis on apprend petit à petit : un couple. Ils viennent de faire l'amour, le font encore pendant qu'ils se parlent, ils sont frères et sœurs, se cachent de leur famille, de leurs amis(?), mais manquent de discrétion et ne parviennent pas à retenir leurs sentiments, leurs désirs.
Une tragédie d'un amour impossible.

C'est un texte très érotique, tout en étant très elliptique. Beaucoup de moments de silence, ..., où l'on peut imaginer ce que le partenaire fait pendant que l'autre parle. Des moments plus explicites où les personnages se "dirigent" dans leurs désirs. Et surtout dans leur besoin d'être liés à jamais.

Impression très irréelle aussi, ils sont dans une bulle (le taxi), se cachent du monde. On ne sait pas toujours qui parlent, où ils sont, et où ils vont. Eux-mêmes en doutent parfois, et tirent le rideau du taxi pour voir où ils sont et quelle heure il est, et le referment aussitôt pour se consacrer à eux. Coupés du monde.

- Où sommes-nous ?
- Rue Vivienne.
- Ferme le rideau. Les trottoirs sont encore mouillés ?
- Les trottoirs sont tristes.
- Reviens vite. Parlons vite.
- Je tombe sur toi comme une masse. Ne parlons pas. J'ouvre ma bouche, je vais avoir ton silence dans ma gorge.
- ...
- Tu m'éblouis. J'écrase mon visage sur ton épaule.
- Comment t'adorer ? Demande. Exige.
- Promène tes doigts. Promène tes doigts sur ma nuque.
- Avec ma bouche. Pas avec mes doigts.
- Je m'en vais de ton épaule ?
- Il le faut. Je veux fredonner sur ta nuque.
- C'est tiède. C'est étrange.
- Ce sont tes lèvres en été.
- C'est comme si tu me jouais de l'harmonica.
- Je fredonne dans un fourré, ce sont tes cheveux.


- Je suis ton amour avec lequel tu peux tout faire.
- Je suis ton bien. Je suis ta loque. Ton manœuvre.
- Tu es mon commencement et ma fin.
- Que suis-je de plus ?
- Tu es ma vie. Demeure en moi toute la vie.
- Je voudrais.
- Je n'ai que toi.
- Je ne compte que sur toi.
- A part ma chambre, l'argent de poche, les repas...
- Achève.
- Je les ai rayés de notre existence.
- Ils nous ont bâillonnés.
- Ligotés ! Amputés ! Étouffés !
- Malgré eux. Ils ne s'apercevaient de rien.
- Sales cons. Ils nous broyaient. Ils étaient responsables.
- Des mots nouveaux comme le lever du jour...
- ...
- Affluaient quand je venais te retrouver sur la plage.
- ...
- Je me prenais à la gorge...
- ...
- Je m'assassinais, je t'assassinais à cause d'eux, à cause des autres.
- Je creusais le sable avec mes ongles...
- ...
- J'enterrais le plus petit coquillage.
- ...
- Notre secret.

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Message par Queenie le Jeu 16 Mai - 23:32

Visionner un documentaire sur Violette Leduc (réal Esther Hoffenberg) m'a donné envie de retrouver cette autrice.

Je suis allée voir sur l'ancien forum les retours de lectures. (Je l'ai aussi nettoyé des commentaires inutiles, pédants et péteux d'un oiseau persifleur). J'ai retrouvé notamment des commentaires d'@Arabella. Je vais éviter de lire La femme au petit renard

Peut-être vais-je essayer de dégoter son tout premier L'asphyxie ou Ravages (qui avait de bons retours)

Petit extrait du docu

clic

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Message par Queenie le Jeu 16 Mai - 23:35

Le petit docu années 70, qui sent bon les images d'antan


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Message par Arabella le Ven 17 Mai - 7:44

La bâtarde

Violette Leduc raconte sa vie, de son enfance jusqu'à la fin de deuxième guerre mondiale. Sa condition de bâtarde d'un fils de bonne famille, ses relations avec sa mère et sa grand-mère, ses maladies, ses expériences en pension, ses premiers amours, puis le début de sa vie professionnelle, son mariage, puis la guerre…

C'est totalement impudique, égocentrique, masochisme presque, tant elle donne un tableau d'elle peu flatteur. Et c'est absolument génial. Elle a une écriture, fabuleuse, enfin des écritures, parce que le livre évolue sur ce plan, comme le personnage. Pas toujours facile ni académique, mais fabuleuse. Pas sûre qu'on aurait aimé la rencontrer dans la vraie vie, parce qu'elle a tendance à phagocyter, les autres sont un peu des marionnettes de son théâtre à elle, où elle est le seul véritable personnage. Mais on ne reproche pas leur égocentrisme aux écrivains hommes, tiens Bukowski, quelqu'un lui en veut pour ça ?

Voilà, c'est drôle, cruel, terriblement sincère. Cela dresse une galerie de personnages, une époque, d'une façon qu'on ne retrouve pas ailleurs avec ce ton-là.

J'ai du mal à comprendre pourquoi elle n'est pas plus reconnue…

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Message par Arabella le Ven 17 Mai - 7:45

La femme au petit renard

Une femme plus toute jeune, sans ressources, seule dans une petite chambre. Un concentré de solitude. La moindre mouvement qui devient un événement. Et Paris parcouru à pied, pour tuer le temps. Un imaginaire débridé, toute chose entrevue devient objet d'imagination. Pas de récit, pas de début ni fin véritable, une sorte de monologue intérieur, au-delà de la logique, pas très loin de la folie.

Un petit livre dérangeant et étrange, pas très facile à classer et pas très confortable à lire.

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Message par Arabella le Ven 17 Mai - 7:45

J'ai rapatrié les anciens commentaires...

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Message par Queenie le Ven 17 Mai - 8:21

Super !

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Message par Aeriale le Ven 17 Mai - 9:57

Un nom que je connaissais bien sûr, sans en savoir beaucoup plus. Merci pour ce fil bien détaillé.

Je ne suis pas sûre quelle soit facile d'accès, son écriture a l'air très exigeante (et 600 pages pour La bâtarde, tout de même) mais l'écouter sur cette vidéo de 1970 donne déjà un bel aperçu de sa personnalité.

Une petite femme touchante et surprenante, qui portait une perruque sur ses cheveux rasés et n'hésitait pas à la soulever si les regards se faisaient trop insistants!) cachaient ses billets dans un gant de toilette (et les portaient souvent sur son porte jarretelle ;-) et s'achetaient des peluches pour lui tenir compagnie lorsqu'elle était hospitalisée.

C'est comme un mirage de tendresse. Il faut bien s'arranger avec la solitude...

Très humble et fascinée par Simone de Beauvoir, au point de parsemer son petit appart de ses photos. Un esprit libre et qui intrigue forcément!

Regardez la vidéo délicieusement surannée, ça risque de le faire. En tout cas, je tenterai :-)
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Message par Arabella le Ven 17 Mai - 11:45

C'est très accessible, La Bâtarde, c'est même très drôle par moments.

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Message par Aeriale le Ven 17 Mai - 14:01

Ah d'accord, j'ai retenu le côté exigeant, parfois un peu étouffant comme dit @Queenie.

@Queenie a écrit:Sous des apparences de simplicité, de dialogue brut avec le lecteur, il y a une vraie écriture profonde, maniée avec soin, qui demande concentration et sensibilité. Être à l'écoute.
[...]
Il faut accepter de se laisser bouffer par Violette Leduc.

Mais tant mieux si elle se lit bien
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Message par Nightingale le Ven 17 Mai - 17:23

Violette Leduc à voir aussi en film, interprétée par la sublime Emmanuelle Devos, au côté de Sandrine Kiberlain en Simone de Beauvoir (c'est le même metteur en scène qui avait réalisé le très beau Séraphine avec Yolande Moreau).
Wink

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