Hubert Mingarelli

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Hubert Mingarelli

Message par Aeriale le Lun 12 Déc - 13:22



 A 17 ans, il arrête l'école pour s'engager dans la marine, qu'il quitte trois ans plus tard. Il s'installe à Grenoble, où il exerce de nombreux métiers, puis commence à publier, vers la fin des années 1980. Il est lauréat du Prix Médicis en 2003 pour son roman Quatre Soldats. Il vit aujourd'hui dans un hameau de montagne de Matheysine dans les Alpes françaises.

Les femmes sont relativement absentes de ses romans et nouvelles. Il s'intéresse plus volontiers au rapport père-fils, que ce soit dans Une rivière verte et silencieuse (1999), La Dernière Neige (2000) ou encore dans La Beauté des loutres (2002). Dans Quatre Soldats (2003), il évoque l'amitié de ces quatre hommes dont un est à peine sorti de l'adolescence. Les trois nouvelles de son recueil Océan Pacifique (2006) racontent la vie de matelot qu'il a lui-même vécue. Cet ouvrage lui vaut le Prix Livre & Mer Henri-Queffélec au Festival Livre & Mer - Concarneau 2007

   Le Secret du funambule, Milan, coll. Zanzibar, 1990
    Le Bruit du vent, Gallimard Page blanche, 1991 ; nouv. édition en Page blanche, 1998 ; Folio junior, 2003 puis 2013
    La Lumière volée, Gallimard Page blanche, 1993 ; nouv. édition en Page Blanche, 1999 ; Folio junior, 2009 puis 2012
    Le Jour de la cavalerie, Le Seuil, 1995 ; Points Seuil, 2003
    L'Arbre, Le Seuil, 1996.
    Vie de sable, Le Seuil,1998.
    Une rivière verte et silencieuse, Le Seuil, 1999 ; Points Seuil, 2001
    La Dernière Neige, Le Seuil, 2000 . Points Seuil, 2002
    La Beauté des loutres, Le Seuil, 2002 ; Points Seuil, 2004
    Quatre Soldats, Le Seuil, 2003. (Prix Médicis) ; Points Seuil, 2004
    Hommes sans mère, Le Seuil, 2004 ; Points Seuil, 2005
    Le Voyage d'Eladio", Le Seuil, 2005.
    Océan Pacifique, Le Seuil, 2006.
    Marcher sur la rivière, Le Seuil, 2007.
    La Promesse, Le Seuil, 2009.
    L'Année du soulèvement, Le Seuil, 2010.
    La lettre de Buenos Aires, Buchet-Chastel, 2011
    La Source, Cadex, 2012
    Un repas en hiver, Stock, 2012
    L’homme qui avait soif, Stock, 2014
    L’Incendie, avec Antoine Choplin, Éditions La Fosse aux ours, 2015
    La route de Beit Zera, Stock, 2015 ; Points Seuil, 2016
    Une histoire de tempête, Éditions du sonneur, 2015


-Un repas en hiver-






Un petit livre découvert lors de la rentrée littéraire il y a 4 ans, court mais intense, construit comme une pièce de théâtre, concentrant l'unité de temps de lieu, d'action, et qui m'a beaucoup marquée par son atmosphère ténue, dense, et par les questions qu'il soulève.

On est en Pologne, pendant la seconde guerre mondiale, trois soldats tracent leur route dans la neige et le froid glacial un matin d'hiver. Ils se sont portés volontaires pour une chasse à l'homme afin d'éviter l'horreur des exécutions, mais le choix est mince et le but le même: trouver le juif, le ramener pour l'exterminer. Le moral est bas, la déprime latente. Peu d'espoirs, peu de rêves, ou seulement ceux d'un fils resté au foyer, que les autres tentent de partager en fumant une dernière cigarette. C'est une question de survie, s'accrocher au souvenir pour tenir jusqu'au lendemain, tourner le dos à la folie. Au détour d'un buisson ils tombent sur l'un deux, embusqué comme une bête traquée. Forcés par leur hiérarchie aveugle, ils se résignent à le ramener mais retardent le moment et se mettent en quête d'un endroit afin de partager un dernier repas. Déboule alors un paysan polonais, habité du mépris de l"autre", qu'ils se voient obligés d'accueillir à leur misérable tablée.

Un roman superbe de sobriété, où l'empathie nait directement de cette marche forcée vers un objectif que leur moral renie mais que leur devoir contraint. Où se trouve l'ennemi, entre le juif capturé et le polonais empli de morgue, où se situe le frère derrière ces peurs mêlées et ce dégoût de soi? N'est-ce pas aussi cette fuite devant l'immonde qui les relie, tous acteurs involontaires d'une guerre qui les dépasse?Des remises en questions cruelles et perdues d'avance, car une fois l'élan solidaire réveillé et le sourire partagé, le constat reste là, ils devront le livrer, perdant encore un peu plus de leur humanité. Beaucoup de pudeur et de poésie dans ce texte qui touche l'universel en partant d'un fait simple. La confrontation forcée de quatre hommes que rien ne devrait réunir si ce n'est cette parcelle restée vive au milieu d'un chaos effroyable.  C'est à la fois désespéré et terriblement humain, et cela frappe au coeur. A lire !!!

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Re: Hubert Mingarelli

Message par Arabella le Sam 17 Déc - 20:57

La lettre de Buenos Aires

9 courts récit, enfin 8 courts, et le dernier, qui donne son titre au livre, plus développé. J'ai été séduite dans les premières pages par l'écriture, mais assez vite je me suis ennuyée. Je serais d'ailleurs incapable de dire de quoi cela parle vraiment. Cela me laisse une sorte de sensation d'inconsistance.

Bien sûr, comme le dit la quatrième de couverture, il s'agit d'errances, de voyages, de ce quelque chose qui pousse à aller voir ailleurs. Mais les personnages sont restés dans le flou pour moi, sans que cela soit compensé par une poésie, un mystère, un envoûtement. Trop terre à terre pour laisser la part au rêve, pas assez précis pour s'intéresser au réel vécu.

Ce n'est pas ce livre qui va me réconcilier avec la littérature française contemporaine.

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