Titiou Lecoq

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Message par Queenie le Dim 29 Sep - 8:56

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Titiou Lecoq
22 janvier 1980 (Paris, France)
Journaliste, féministe, blogueuse, essayiste et romancière française, spécialiste de la culture web.


biblio

Kata Sutra, la vérité crue sur la vie sexuelle des filles, avec Nadia Daam, Emma Defaud, Élisabeth Philippe et Johanna Sabroux, Jacob-Duvernet, 2009
Encyclopédie de la webculture, avec Diane Lisarelli, Robert Laffont, 2011
Sans télé, on ressent davantage le froid, Fayard, 2015 - Le Livre de poche (sous le titre Chroniques de la débrouille).
Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale, Fayard, 2017
Honoré et moi, L'iconoclaste, 2019

Romans

Les Morues, Au diable vauvert, 2011 - lauréate du prix du Premier roman du Doubs.
La Théorie de la tartine, Au diable vauvert, 2015

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Message par Queenie le Dim 29 Sep - 9:35

Titiou Lecoq Untitl10
Honoré et moi
ed. L'iconoclaste (2019)

Les auteurs classiques français, on les a lus à l'école, au collège, au lycée, pendant des après-midi d'ennui, en piochant dans la bibliothèque des parents, des grand-parents. Ils font partis de notre quotidien, tout en paraissant toujours d'un autre temps, d'un autre monde.
Titiou Lecoq, est frappée et touchée lors d'une visite de la Maison Balzac. D'abord parce qu'il n'y a pas grand chose qu'il reste de lui, de ses objets, de son quotidien, qui le rendent palpable. Ensuite, par la reproduction de son bureau : petit, rouge, une table, un fauteuil, un buste, et un vase d'une certaine laideur que Balzac trouvait lui-même détestable.
Pourquoi ne reste-t-il plus rien de cet auteur à succès de son vivant, cet acharné de travail à la production florissante ?
Parce qu'il était dépensier.
À travers ce portrait, Titiou Lecoq questionne la position de l'artiste, du rapport à l'argent, à la reconnaissance.

Titiou Lecoq a un style vif, moderne, piquant. Et une empathie réelle et communicative pour ce cher Honoré. Elle parvient à sortir Balzac de ce siècle lointain, poussiéreux, et figé, pour en faire un être bien vivant, moderne, plein d'énergie et de détermination.
Balzac devient Honoré, ce brave type qui séduit tout le monde, hâbleur, bon, généreux, à la fois infidèle aux multiples maîtresses et d'une loyauté indéfectible. L'homme que l'on croise en soirée, qui fait rire et danser entre quelques verres de vin, qui dépense une fortune dans un dîner, et rentre chez lui, dans le faste de son appartement ultra décoré, mais le garde manger vide, et les créanciers au coin de la rue.

Balzac était un homme qui voulait réussir, qui a entreprit, qui avait des idées mais la poisse (ou bien il ne réfléchissait pas beaucoup avant de se lancer), qui écrivait à tour de bras parce qu'il était un acharné de travail, mais aussi parce qu'il avait des dettes partout.
Parce qu'Honoré de Balzac avait ce mal en lui qui ronge encore notre société : l'envie, le besoin, d'une vie matérielle faste. Il pouvait mourir de faim et dépenser une fortune dans un tapis.
Il faisait preuve d'une mauvaise foi confondante, trouvait des prétextes à toutes ses dépenses, rusait pour échapper aux huissiers...
Et à côté de ça, il désirait ardemment la réussite, la reconnaissance, et la fortune.

Titiou Lecoq montre aussi comme il est mal vu d'être artiste et de produire des œuvres alimentaires, comme si ces "êtres suprêmes de la créativité" n'avaient nul besoin de manger, de se chauffer, ou même de s'offrir une paire de chandelier allant avec la saucière.
Dans son style direct, donnant l'impression qu'une amie vous parle de son meilleur pote, elle retrace la vie d'un grand écrivain (mais qui peine encore aujourd'hui à être aussi valorisé qu'un Hugo, Proust, Dumas... et pourquoi ?... parce qu'il a raté quelques livres ? Parce qu'il cherchait à tout prix le succès et ne correspondait pas à l'image de l'écrivain maudit et obsédé par la création ?) mais surtout d'un homme qui a tout essayé pour se sortir de la mouise, qui avait de grandes idées (faire de la littérature-feuilleton, avec des héros récurrents, pour que les lecteurs soient accrochés et veulent les suivre, de livres en livres - proposer un abonnement littéraire, un procédé qui ressemblait beaucoup à nos box d'aujourd'hui...) mais qui les a toutes ratées. Toujours avec panache, sans jamais reconnaître ses erreurs, continuant à écrire intensivement, et en trouvant encore de nouvelles entreprises à créer.

Titiou Lecoq rappelle aussi que Balzac était (est?) mal considéré, sa littérature de bas-étage, car il donnait ses personnages féminins étaient réalistes (aucune jeune ingénue mignonne et douce. Dans Balzac, elles ont des idées, suivent au mieux leur propre désir), qu'ils parlaient de problèmes vulgaires (payer ses factures), et que c'est peut-être pour ces raisons-là qu'il est resté très moderne.


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