Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

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Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

Message par Arabella le Sam 17 Déc - 19:25

Cavalleria rusticana / Sancta Susanna / Opéra Bastille

Fleuron du vérisme italien, bref opéra qui donne des airs de bravoure au ténor, Cavalleria rusticana de Mascani a été associée à une oeuvre plus rare, Sancta Susanna de Hindemith, oeuvre d'à peine un plus de vingt minutes.

L'histoire de Cavalleria est connue, une histoire d'amour et de jalousie qui se termine par la mort, une mort annoncée. La musique de Mascani n'est pas la plus raffinée qui soit mais la mérite d'une certaine efficacité au service d'une intrigue ramassée, pas la plus originale qui soit, mais bien posée. La distribution n'a pas de maillon faible, entre Elīna Garanča, Elena Zaremba, Antoinette Dennefeld,, Vitaliy Bilyy. Yonghoon Lee en Turiddu affiche une voix saine et puissante, mais manque de subtilité et d'élégance. Les décors, costumes ainsi que la mise en scène donnent une vision assez classique et lisse du drame, que l'on suit sans ennui mais sans passion.

J'ai été bien plus intéressée par Sancta Susanna, mais chaque fois que je découvre une oeuvre de Hindemith, je suis scotchée par cette musique. Anna-Caterina Antonacci est comme d'habitude fabuleuse, aussi bien dans le chant que dans son jeu. Dommage que ce soit si court.






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Re: Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

Message par eXPie le Sam 17 Déc - 20:12

Merci pour ton commentaire ! J'avais effectivement lu quelques bonnes critiques sur ce spectacle. Jusque là, je ne connaissais pas cet opéra de Hindemith.

Ici, une version filmée à l'Opéra de Lyon :
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Re: Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

Message par Arabella le Sam 17 Déc - 21:41

Merci pour la vidéo. Hindemith m'intéresse de plus en plus. Je ne connaissais pas non plus cette oeuvre, mais moins d'une demi heure, ce n'est pas dans les standards, et donc rarement monté.

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Re: Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

Message par kenavo le Sam 17 Déc - 21:46

oooooh... comme cela me donne envie de retourner voir un opéra... mais la programmation 2016/2017 chez nous est décevante ...

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Re: Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

Message par Arabella le Sam 17 Déc - 21:54

Il faut venir à Paris alors. Wink

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Message par Arabella le Mer 1 Fév - 20:18

Lohengrin / Richard Wagner / Opéra Bastille


C'est tellement difficile à réussir, une représentation d'opéra. Il y a tellement de paramètres, entre l'orchestre, le chef, tous les chanteurs, le choeur, la mise en scène...Mais lorsque les ingrédients sont tous présents, et que la magie opère, cela est un vrai enchantement.
Cela a été le cas pour cette représentation de Lohengrin. La merveilleuse musique de Wagner est parfaitement mise en valeur par l'orchestre sous la direction de Philippe Jordan, qui réussit là une de ses meilleurs prestations. Les chanteurs sont tout simplement parfaits, tous, ce qui est exceptionnel. On pourrait pinailler, préférer tel ou tel dans un rôle donné, mais ce serait vraiment de la mauvaise foi. Jonas Kaufmann tout juste revenu d'un problème de voix, est magique, que ce soit dans le chant que dans son jeu. Martina Serafin (pourtant annoncée souffrante) est une Elsa de rêve. Les méchants très méchants, Evelyn Herlitzius en Ortrud (la plus applaudie après Kaufmann) et Tomasz Konieczny en Friedrich sont éblouissants. René Pape en roi de très grand luxe et Egils Silins en héraut, complètent une distribution époustouflante.

La mise en scène, qui met en avant la fragilité de Lonhengrin, tient esthétiquement la route, laissant une grande place au jeu des chanteurs, et racontant l'histoire avec beaucoup d'émotion.

Une seule envie à la sortie : retourner le plus rapidement à l'opéra....


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Message par Arabella le Sam 11 Fév - 22:06

Cosi fan Tutte / Mozart / Palais Garnier



Musique sublime mais un livret invraisemblable et très difficile à mettre en scène d'une façon qui provoque l'adhésion. Dans cette nouvelle production, elle a été confiée à une chorégraphe, Anna Teresa De Keersmaeker, qui double chaque chanteur du plateau d'un danseur, interprétant le même rôle avec son corps.

On peut trouver plein de défaut à ce spectacle. Je n'ai pas trouvé les chanteurs exceptionnels dans l'ensemble, même si la grand scène nue, sans décor ou presque, n'aide pas à la projection, et qu'aucun n'est mauvais. La Fiordiligi de Jacquelyn Wagner est même quasi parfaite, et le Guigielmo de Philippe Sly également très bon. Mais on a forcément dans l'oreille des distributions plus somptueuses. La chorégraphie est un peu terne, les danseurs bougent au final plus qu'ils ne dansent, et d'ailleurs j'ai trouvé que celui qui bougeait de façon la pus convaincante était Philippe Sly précédemment cité. Parce qu'en plus de chanter, les chanteurs sont une partie importante de la chorégraphie.

Mais voilà, je pourrais continuer à citer des "défauts", au final ce qui compte, c'est que cette production, fonctionne merveilleusement pour raconter une histoire. Une histoire comme je le disais peu vraisemblable, mais ici elle est en quelque sorte stylisée, ce qui compte c'est une sorte de trame, d'éternel rapport entre les êtres, de sexes différents, mais pas que. Les chanteurs et danseurs parcourent des figures géométriques, comme un recommencement, une répétition éternels, de désir, de mensonges, de séduction, d'affirmation de soi, de sentiments, de souffrance, de plaisir. D'une vérité sur soi changeante et immanente. Les chanteurs jouent autant qu'ils ne chantent, aidés par le mouvement des comédiens. Leur présence, leurs mouvements, autant que leur chant, créent des personnages, une comédie de la vie, artificielle et essentielle à la fois.

J'ai vraiment était happée par cette façon de représenter cet opéra, et j'ai trouvé une grande cohérence, du début à la fin, dans toutes ses composantes, y compris la direction d'orchestre, la plus théâtrale (dans le bon sens du terme) dans les directions mozartiennes de Philippe Jordan, qui jusqu'à maintenant ne m'avaient pas vraiment convaincues. D'une certaine façon, le total se trouve largement supérieur à la somme des parties.








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Message par Arabella le Jeu 30 Mar - 12:03

Carmen / Bizet / Opéra Bastille


Juste quelques mots pour parler de cette nouvelle production de l'Opéra de Paris, qui reprend une mise en scène qui a déjà beaucoup tournée ailleurs.

Comme d'habitude, vraiment rien à reprocher à la distribution vocale, sauf peut être au très pâle Escamillo de Roberto Tagliavini. Même si Roberto Alagna n'est plus aussi souverain qu'il a pu l'être par le passé, il demeure extraordinaire. Aleksandra Kurzak est parfaite en Micaele et Clémentine Margaine a une voix splendide. L'orchestre de l'Opéra sous la baguette de Bertrand de Billy rend justice à cette musique d'une façon évidente.

La mise en scène de Calixto Bieito a le mérite d'une grande cohérence du début jusqu'à la fin. Il raconte une histoire qui n'est pas forcée à partir du livret et de la musique, même s'il coupe un certain nombre de dialogues. Après, on ne peut pas dire que cela donne dans la subtilité, c'est le moins que l'on puisse dire. Carmen est à la fois une sorte de prostituée obsédée par les hommes, et leur victime dans un monde très violent et masculin, où les femmes ne sont que des pauvres choses. Une vision assez machiste, qui remplace le folklore auquel on réduit souvent l'oeuvre par une autre forme de stéréotypes, assez navrants au final. Ce qui résume sans doute une sorte de retour à une vision plus réactionnaire des rapports hommes-femmes auquel on assiste actuellement, et comme souvent en dit plus sur l'état de notre monde que sur l'oeuvre elle-même. 



Petit aperçu :




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Message par Arabella le Sam 8 Avr - 22:17

Trompe-la-Mort / Luca Francesconi / Opéra Garnier


Compositeur reconnu, ayant déjà composé plusieurs opéras, Luca Francesconi a composé Trompe-la- Mort, écrivant aussi le livret à partir de Balzac, plus précisément de Splendeurs et misères des courtisanes. Le personnage principal en est bien sûr le célèbre Jacques Collin, alias Vautrin, alias l'abbé Herrera, dit Trompe-la-Mort. Dans une scène récurrente, nous suivons la rencontre entre ce personnage et celui de Lucien de Rubempré à la fin des Illusions perdues et le pacte qu'ils sont amenés à conclure, et en parallèle suivons la tentative de conquête de Paris qu'ils ont entreprise, et qui se terminera de façon tragique pour Lucien.

J'ai été complètement conquise par ce spectacle. Tout d'abord par la musique, que j'ai trouvée absolument envoûtante. La mise en scène de Guy Cassiers, d'une rare intelligence et beauté, et surtout totalement en cohérence avec l'oeuvre, en donne une version quasi parfaite. Les interprètes, en particulier Laurent Naouri dans le rôle titre sont très investis dans leurs rôles et visiblement totalement convaincus par l'oeuvre. Je ne pourrais citer un seul aspect à critiquer.

Luca Francesconi nous prouve que l'opéra n'est pas un genre mort, mais qu'un compositeur d'aujourd'hui peut continuer la tradition et donner de très belles oeuvres, qui entrerons un jour au répertoire. J'aimerais beaucoup avoir l'occasion de revoir Trompe-la-Mort, je n'ose espérer une vidéo du spectacle magistral du palais Garnier, qui aurait vraiment mérité une captation.

                                 

 
                             

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Message par Arabella le Sam 8 Avr - 22:19

Le trailer proposé par l'Opéra de Paris :





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Message par Arabella le Ven 28 Avr - 16:33

La fille de neige (Snegourotchka) / Rimski-Korsakov / Opéra Bastille -Paris


Un rare opéra de Rimski-Korsakov, monté une seule fois à Paris (1908 !) faisait au répertoire. Une curiosité donc qu'il aurait été dommage de laisser passer. Rimski a écrit le livret à partir d'un texte d'Ostrovski, d'une pièce de théâtre en vers, inspirés de sources folkloriques, réinventées par l'auteur. Tchaïkovski a composé une musique de scène pour cette pièce donnée pour la première fois en 1873. L'opéra de Rimski sera quant à lui représenté en 1882.

Snegourotchka est la fille quelque peu contre nature de Dame Printemps et du père Frimas. Le soleil, en colère contre cette union, veut faire périr la jeune fille. Le père Frimas, obligé de partir à l'arrivée de beaux jours, accepte de laisser Snegourotchka à un couple de paysans sans enfants. Snegourotchka est fasciné par les chansons du jeune Lel, mais elle ne doit pas tomber amoureuse, au risque d'y laisser la vie. Sa beauté lui attire des amoureux, le riche Mizguir, pourtant fiancé à Koupova, délaisse cette dernière lorsqu'il découvre Snegourotchka. Koupova porte plainte devant le tsar Bérendeï, qui condamne Mizguir à l'exil. Mais il lui laisse le temps pour tenter de conquérir le coeur de Snegourotchka, tâche à laquelle doit aussi s'atteler Lel. Ce dernier toutefois préfère Koupova, plus traitable. Snegourotchka se retrouve délaissée et demande à sa mère de lui faire connaître ce sentiment qui semble rendre les autres heureux. La mère accède à son voeux, mais la met en garde : il faut qu'elle évite le soleil, qui désormais aura prise sur elle. Le premier à paraître devant Snegourotchka est Mizguir, c'est donc elle qu'elle va aimer. Mais il l'amène en plein jour devant le tsar, et un rayon de soleil la fait fondre. Mizguir n'a plus qu'à mourir de désespoir.

Un contexte de conte, une musique chatoyante, même si elle n'est pas la plus inoubliable qui soit, une découverte intéressante, même si sans doute pas complètement incontournable.  Néanmoins, la mise en scène est réussie, la distribution soignée. Un joli spectacle, qui fait passer un très bon moment. Je ne suis pas sûre que l'oeuvre sera reprise très souvent, mais une fois de temps en temps, d'une façon aussi réussie, cela change agréablement des piliers du répertoire, vus et revus. 















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Message par Arabella le Ven 12 Mai - 12:31

Pelléas et Mélisande / Claude Debussy / Théâtre des Champs-Elysées



Pelléas et Mélisande est l'un de mes opéras préférés, écouté et vu d'innombrables fois, lorsqu'il est donné à Paris, il est rare que je le manque. Je sais bien que certains, même parmi les amateurs de l'opéra ne l'apprécient pas, musique moins chantée que dite, un livret adaptée d'une pièce symboliste de Maeterlinck, auteur qui apparaît aujourd'hui comme daté, et qui semble abscons à ceux qui n'aiment pas. Mais quand on rentre dans cette merveille musicale et quand on accepte les parti pris du récit, c'est magique et enchanteur, indicible. Mais à cause de ce grand amour et d'une connaissance poussée de l'oeuvre, mes attentes vis-à-vis de chaque nouvelle représentation sont fortes, et il est difficile souvent de ne pas être déçue, au moins un peu. Cette nouvelle production du Théâtre des Champs-Elysées fait partie de mes très bonnes expériences, elle est à mon sens vraiment très réussie, mais évidemment quelques aspects correspondent moins à ma façon d'envisager cet opéra.

Je n'ai vraiment aucune réserve sur la mise en scène et la scénographie d'Eric Ruf. J'ai complètement adhéré à cette vision, sombre d'un univers en décomposition, miné par l'élément liquide, dans lequel Mélisande est celle qui apporte la lumière, la vie, avant d'être dissoute elle-même. Même si à partir des photos, les décors peuvent sembler esthétiquement contestables, ils ne le sont pas en vrai, les lumières et éclairages donnant une dimensions impossible à capter, et l'ensemble est en réalité très oppressant, mais beau. Eric Ruf fait un travail remarquable de direction d'acteurs, et il utilise le plateau dans son ensemble, pour donner un mouvement, un élan, une continuité à l'action, tout en restant dans une lenteur du mouvement, un hiératisme qui sied parfaitement à l'oeuvre. Une mise en scène en subtilité et intelligence.

Louis Langrée dirige de manière très magistrale l'Orchestre Nationale de France, qui a des sonorités somptueuses. La balance entre la fosse et la scène est quasi parfaite, les chanteurs ne sont jamais couverts par la musique, et il y a une cohérence et une vraie construction dramatique. Pour pinailler, j'ai trouvé que cela était peut être par moments trop beau, et qu'un côté un peu brumeux et sombre manquait peut être ici ou là. Mais c'est éminemment subjectif.

Je craignais un peu la Mélisande de Patricia Petibon. Cela a été bien mieux que ce que j'en attendais, même si elle ne sera pas ma Mélisande préférée. Elle place un peu trop à mon sens le personnage du côté de la petite fille, victime, et ne fait pas assez ressortir les aspects vénéneux, un peu pervers du personnage, ni ne rend pas vraiment justice à l'aspect sensuel de Mélisande. Mais réussir à joindre tout cela relève quasi du miracle, à la fois victime et bourreau, innocente et destructrice, femme enfant et femme fatale, c'est presque impossible à faire en même temps. La mise en scène, qui évoque tout cela, permet quand même à la chanteuse de toucher à ces différentes dimensions, et la scène finale est fabuleuse.

J'avais déjà entendu Jean-Sébastien Bou en Pelléas il y a une dizaine d'années et je n'ai retrouvé que partiellement la très bonne impression qu'il m'avait faite. Peut être que c'est un rôle qui ne passe plus complètement passé un certain âge, un côté juvénile, rayonnant et gauche à la fois, ne se retrouve plus. Que ce soit au niveau du chant et au niveau de la présence scénique, quelque chose m'a paru légèrement en décalage, même si je suis incapable de dire pourquoi, parce qu'objectivement cela semble très bien.

D'autant plus que le Golaud de Kyle Ketelsen a une énorme présence, c'est pour moi le plus marquant du trio, il campe un personnage fort, violent et destructeur, qui construit son propre enfer, et qui souffre encore plus qu'il ne fait souffrir les autres, incapable de les comprendre, solitaire définitivement. Peut être que compte tenu du côté un peu petite fille de sa Mélisande et du côté un peu pâle du Pelléas, il est en comparaison trop fort et trop saillant ; s'il avait en face de lui quelque chose de plus fort en opposition, cela rendrait son personnage encore plus marquant et plus humain.

Les personnages secondaires sont tous parfaits, avec une mention toute particulière à l'Arkel de Jean Teitgen, qui donne une grande humanité au vieux roi, la mise en scène met aussi en évidence des aspects plus complexes que d'habitude, une opposition qui est aussi une opposition de pouvoir avec Golaud, et une attirance pour Mélisande qui est aussi de l'ordre de la séduction.

Une production vraiment intéressante et réussie, surtout par la mise en scène. J'espère qu'Eric Ruf va continuer à travailler dans l'opéra. Et j'ai lu que Stéphane Lissner avait assisté à la première, peut-être que c'est bon signe.

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Message par Arabella le Ven 12 Mai - 12:36








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Re: Et si on allait à l'opéra (ou au ballet) ?

Message par Arabella le Dim 25 Juin - 23:09

La Cenerentola / Rossini / Garnier

J'ai vraiment passé un bon moment avec cette Cenerentola. J'aime beaucoup Rossini, il est vrai. La mise en scène de Richard Galienne propose quelques passages vraiment drôles, en même temps met en évidence le côté très douloureux de cette histoire familiale, et Don Magnifico n'est pas que ridicule, il est aussi violent et cruel. Ce qui donne une épaisseur à ses méchantes filles, qui elles aussi ont des raisons de craindre sa violence. La deuxième partie, dans le château de prince est un peu moins convaincante, il ne s'y passe pas grand chose, cela manque d'épaisseur et d'inventivité.

La distribution est d'une façon étonnante dominé par l'Alidoro de Roberto Tagliavini, il est extraordinaire, un chant parfait et une présence étonnante. Rossini lui convient visiblement très bien, infiniment mieux que Bizet, son récent Escamillo était très pâle.

L'Angelina de Teresa Iervolino ne chante pas mal, mais a du mal à faire vivre le personnage, elle est très effacée de bout en bout, ses tenues ne l'aident pas à se mettre en valeur. Ses deux soeurs de scène Isabelle Druet et surtout Chiara Skerath, au physique, il est vrai très avantageux, ont tendance à l'éclipser. Ce qui pourrait rendre l'histoire peu vraisemblable. Mais Richard Galienne rend son prince fragile, peu sûr de lui, pas non plus beau gosse (le Dandini d'Alessio Arduini l'éclipse sans problème), ce qui donne l'hypothèse d'un couple assorti, même si différent de ce que l'on attend d'un conte.

La direction d'Ottavio Dantone ne restera pas dans les annales, mais n'est pas non plus un désastre.










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