Alain-René Lesage

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Alain-René Lesage

Message par Arabella le Lun 26 Déc - 22:11

Alain-René Lesage (1668 - 1747)





Alain-René Lesage est né en Bretagne le 8 mai 1668 ; il fait ses études au Collège de Vannes. À quatorze ans il perd son père qui, notaire royal et greffier, lui laisse une petite fortune que ses tuteurs ne tardent pas à dilapider. Il fait son droit à Paris où il s'inscrit au Palais comme avocat. Il se marie en 1694 et deux de ses enfants, René-André, dit Montmenil, et François-André, dit Pittence, deviennent acteurs.

Alain-René Lesage connaît son premier succès comme auteur dramatique en 1707 grâce à une pièce en un acte, Crispin, Rival de son Maitre. La même année il publie un roman à succès Le Diable boiteux, satire originale de la société française. En 1709, il fait représenter à la Comédie Française sa pièce la plus célèbre Turcaret ou Le Financier, peinture d'un réalisme saisissant et impitoyable des milieux de la finance de son époque.

Prolifique, il donne de 1712 à 1735 au Théâtre de la Foire une centaine de pièces, plus ou moins brillantes, mais qui contiennent d'utiles renseignements sur sa conception de la vie et la meilleure des clés du Gil Blas. C'est précisément ce roman picaresque, Gil Blas de Santillane, qui, publié à partir de 1715, assure sa notoriété. Alain-René Lesage meurt à Boulogne-sur-Mer en 1747.

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Re: Alain-René Lesage

Message par Arabella le Lun 26 Déc - 22:38

Crispin rival de son maître


Créé en 1707 par les Comédiens-Français, cette pièce est le premier succès de son auteur. Inspirée d’une pièce espagnole de d’Antonio Hurtado de Mendoza, il s’agit d’une œuvre courte en un acte.

Un valet s’associe à un collègue, pour se substituer à son jeune maître et épouser une riche jeune fille, dont il compte s’approprier la dote avant de disparaître. Les deux compères manipulent aisément leurs employeurs, en flattant leurs vanités entre autres ; une rencontre imprévue de dernière minute déjoue leurs plans.

C’est assez caustique, les valets représentés ici sont totalement sans scrupules et sans freins, il y a quelques traits brillants, même si à d’autres moments l’humour est moins raffiné et vise une efficacité immédiate.


Dernière édition par Arabella le Lun 26 Déc - 22:53, édité 1 fois

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Re: Alain-René Lesage

Message par Arabella le Lun 26 Déc - 22:46

Turcaret

La pièce la plus connue de Lesage, celle que l’on continue de jouer encore. Le cynisme y est encore plus poussé que dans Crispin rival de son maître. Ce sont tous les personnages de la pièce qui sont immoraux, seulement certains sont plus malins que les autres. Le côté peu glorieux pour les hommes d’argent aurait poussé ces derniers à soudoyer les comédiens pour que la pièce ne soit pas jouée. Le pouvoir politique imposa la pièce, mais elle fut peu jouée malgré son succès, ce qui aurait poussé son auteur à se tourner vers le théâtre de la foire, au détriment du théâtre officiel par la suite.

Turcaret est une sorte de financier, usurier, prévaricateur, il s’est enrichi par tous les moyens malhonnêtes possibles, et renie sa famille. Mais il a une faiblesse, les femmes nobles (quelques allusions claires au Bourgeois gentilhomme sont présentes dans la pièce). L’objet de sa flamme lorsque la pièce commence est une baronne, veuve, à qui il a promis le mariage et qu’il couvre de cadeaux ruineux. Cette dernière se fait à son tour dépouiller par un beau chevalier, aidé par son adroit valet, Frontin. Tout ce beau monde ment, triche et vole à qui mieux mieux.

Lesage trace le tableau d’une société immorale, surtout mûe par l’argent, par l’apparence, à bout de souffle. Aucun sentiment un peu positif ne semble animer ses personnages. L’intrigue dans sa simplicité est très efficace, les portraits impitoyables bien tracés. Dommage que Lesage ait renoncé à cette veine pour se tourner vers un théâtre moins ambitieux. Il aurait pu sans doute donner encore quelques oeuvres pouvant rester au répertoire.

Il est du coup plus connu pour ses oeuvres de fiction, Le diable boiteux (que j'ai trouvé très amusant), et surtout Gil Blas de Santillane, qui m'a fort ennuyé.

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