Alfons Cervera

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Alfons Cervera

Message par kenavo le Mer 28 Déc - 6:46



Alfons Cervera, né à Gestalgar (province de Valence, Espagne) en 1947, est un écrivain espagnol de langues espagnole et catalane.
Depuis les années 1990, il est l'auteur de plusieurs romans centrés sur la thématique du souvenir de la guerre civile espagnole.


Source : Wikipédia


Bibliographie

1995 La couleur du crépuscule
1997 Maquis
2009 Ces vies-là
2012 Tant de larmes ont coulé depuis
2013 La nuit immobile


Responsable du forum de débats à l’université de Valencia, poète et journaliste, c’est surtout comme romancier qu’Alfons Cervera s’est fait un nom.
La critique espagnole considère son cycle romanesque autour de la guerre civile comme l’un des plus achevés du paysage littéraire consacré à la mémoire des vaincus.
Ses ouvrages sont traduits en français par Georges Tyras.
Alfons Cervera n’usurpe pas la voix des bannis ; il porte leurs paroles, leurs douleurs, leur engagement [...] la mémoire est rendue au peuple des sans-noms.
Jean Ortiz, l’Humanité


Dernière édition par Kenavo le Lun 23 Jan - 8:03, édité 1 fois

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Re: Alfons Cervera

Message par kenavo le Mer 28 Déc - 6:47


Maquis
Présentation de l’éditeur
À Los Yesares, dans la province de Valence, des hommes et des femmes continuent à combattre la dictature franquiste après le fin de la guerre civile.
Maquis, véritable chanson de geste des humbles et des humiliés de l'histoire, est le récit de ces temps difficiles.
Alfons Ververa restitue avec force la mémoire des vaincus.
Encore une voix forte qui nous vient d’Espagne. En plus, une voix qui semble bien être d’accord avec moi : ce pays n’a toujours pas fait son deuil. Et pour faire cela, faut d’abord donner une voix aux vaincus et retirer les oubliés des ombres.
Lors des premières pages de ce livre, faut s’accrocher. Alfons Cervera montre tout plein de gens et il y a une multitude de noms qui tombent sur la tête du lecteur et on ne sait pas lequel retenir, qui est qui… en plus il saute dans les temps, le récit ne se fait pas linéaire. A un moment il donne parole à quelqu’un, mais on sait depuis plusieurs pages qu’il a été assassiné.

Mais si on sait dépasser ce premier obstacle, la lecture devient fluide, impressionnante et tout à fait hallucinante !

Surtout qu’il ne se concentre pas sur une personne en particulier, mais il montre tout un village et c’est en quelque sorte « le village » qui va parler de toutes ces choses terribles qu’il va voir entre ses murs.

L’auteur ne se retient pas de parler de tous ces morts en détails… et il va y en avoir beaucoup.

« Je ne saurais pas combien de morts auront servi à quelque chose et combien d’autres ne seront qu’un chiffre abject dans les communiqués des guerre que devront supporter les vaincus. »

Je l’ai dit plus d’une fois, je ne saurais pas expliquer ce qui me fascine autant dans les récits autour de la Guerre d’Espagne. Je n’ai pas trouvé non plus une explication dans ce livre, mais un texte qui m'a procuré un fort moment et un auteur que je veux suivre.



Peinture murale à Sallent, Barcelone, en commémoration des actions du maquis


Extraits:

…, ça ne nous apporte rien de bon de nous souvenir des choses passées
-          C‘est  qu’ils ne nous laissent même pas nous souvenir, tu vois, Nicasio, ils ne nous laissent même pas ça


Une guerre a eu lieu, puis cette autre guerre dans les montagnes, et j’ai passé les deux guerres dans le camp cruel des vaincus, ces deux guerres qui m’ont laissé un regard couleur de lassitude si ce n’est de renoncement, bien qu’en fin de compte, le désir de continuer la lutte ait toujours été le plus fort, jusqu’à s’en faire éclater la tête et qu’il ne reste plus dans les montagnes que les derniers élans de la loyauté et du courage, un courage qui tous les matins se levait avec difficulté sur les vieilles paillasses envahies par les punaises et d’impossibles rêveries.


Et c’est ainsi, mort après mort, vengeance après vengeance, que l’âme de ce village se brise peu à peu, comme si les villages avaient une âme à la place des tuyauteries lépreuses qui courent sous les maisons et nous allons devenir peu à peu comme un sous-marin qui ne peut plus remonter à la surface parce qu’il n’y a plus de surface où pouvoir respirer comme le font les baleines hors de l’eau.


Mais il est une autre mémoire qui est la mémoire mutilée des vaincus, une mémoire qui n’a fait que croître face aux murs immenses du silence édifiés lorsque la guerre prit fin, d’abord celle de tous contre tous et ensuite celle que menèrent dans les montagnes quelques-uns contre presque tous.

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