Halldór Kiljan Laxness

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Message par Arabella le Mer 28 Déc - 20:53

Halldór Kiljan Laxness (1902-1998)




Halldór Kiljan Laxness  Laxnes10


Source : Bibliomonde

Halldór Kiljan Laxness occupe une position centrale dans la vie littéraire islandaise au XXe siècle. Sa longévité (il a écrit son premier roman à 17 ans et a vécu jusqu’à plus de 95 ans) et son prix Nobel obtenu en 1955 lui confère une stature qui a n’a pas manqué de faire de l’ombre à tous les romanciers islandais depuis un siècle.

Fils de paysan, Halldór Kiljan Laxness a grandi dans la ferme de ses parents à Laxness, près de Reykjavik. Il se met très jeune à écrire et arrête ses études avant le baccalauréat. Il a ensuite passé une partie de sa vie à parcourir le monde avant de revenir dans son pays natal pour se replonger dans ses racines islandaises. À 23 ans, il s’est converti au catholicisme, fait un long séjour dans le monastère de Saint-Maurice-de-Clervaux au Luxembourg et envisagea de poursuivre ses études à Rome. Il séjourne en Italie, mais renonce à devenir prêtre et rompt avec l’Église catholique (1925). Se tourne vers le dadaïsme et le surréalisme lors de son séjour en France (1924-1926). Halldór Laxness part ensuite tenter sa chance comme scénariste à Hollywood. Dans les années 1927-1930, il a vécu en Amérique du Nord (au Canada et en Californie principalement) où il a embrassé le socialisme. Sa rencontre avec Upton Sinclair lui fait découvrir la littérature engagée. Plusieurs voyages en URSS le conduisent à faire route avec les communistes durant une vingtaine d’années jusqu’à la rupture de 1956.
La fin de sa vie le porte vers le Taoïsme et le retour aux sources de la culture islandaise.

En 1955, le prix Nobel lui est attribué pour avoir « ressuscité l’ancienne tradition narrative islandaise ». Laxness a fait évoluer la langue islandaise en employant des expressions familières, des néologismes et même (sacrilège en Islande) des mots étrangers.

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Message par Arabella le Mer 28 Déc - 20:55

Les annales de Brekkukot

Le personnage principal du roman (narrateur) est le jeune Alfgrimur, abandonné par sa mère juste après sa naissance, il vit chez ceux qu'il appelle ses grands-parents. Ce couple a fait de sa maison une sorte de refuge pour différents personnages excentriques et plus ou moins sans domicile fixe. Alfgrimur aimerait devenir pêcheur, comme son grand-père, mais celui souhaite qu'il fasse des études, dans lesquelles son protégé réussi plutôt bien. Mais sa route croise celle Gardar Holm, le neveu de sa grand-mère, considéré comme une gloire nationale grâce à une carrière internationale dans le chant. Et cette rencontre marquera durablement l'adolescent.

Qu'il est difficile de parler d'un livre que l'on a énormément aimé. D'autant s'il est complexe et original. Cela commence comme une sorte de résurgence de roman picaresque, avec une galerie de personnages très pittoresques et un peu ridicules, mais en même temps attachants. Avec un humour très particulier, pas forcément réaliste mais par moments très drôle (l'histoire de la vache et de la Bible par exemple).
Et puis sans qu'on y prenne garde, une émotion et une gravité s'installent, qui font qu'on se retrouve dans un roman d'apprentissage. Assez cruel au demeurant, mais plein de tendresse aussi. Mais avec toujours cette mise à distance, le refus d'un sentimentalisme dans lequel on prend plaisir à souffrir, un humour parfois féroce, parfois juste nécessaire. Que Laxness est allé chercher forcément dans les anciens textes islandais, il y a vraiment une filiation, mais en même temps il est complètement à lui aussi.

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Message par Arabella le Mer 28 Déc - 20:56

Le paradis retrouvé

Nous sommes à la fin du XIXe siècle en Islande. Un fermier, Steinar, subsiste avec sa famille dans la ferme ancestrale. Il a un poney qui fait l'admiration de tous, et décide de l'offrir au roi du Danemark, lors de sa visite dans l'Ile dont il est le souverain. Mais le cadeau n'apporte pas à Steinar les bénéfices escomptés, et un voyage au Danemark non plus. Il se laisse convaincre par un évêque mormon tentant de prêcher sa foi aux Islandais de tenter sa chance dans l'Utah, le nouvel paradis sur terre. Pendant ses voyages, sa ferme se délabre, sa famille connaît différents malheurs. Il fait venir les siens dans le nouveau monde, mais les choses sont devenues compliquées.

Il est difficile de résumer ce livre, qui joue sur plusieurs registres. Au départ un aspect de récit merveilleux, dans un pays étrange. Ensuite une fable sociale. Une sorte de conte philosophique aussi. le tout conté dans le style mi-ironique mi-tendre de Laxness. Cela décrit la réalité, pose des problèmes sociaux, tout en n'étant pas réaliste dans la façon de conduire le récit. L'auteur suggère les choses plus qu'il ne les explicite. On est toujours dans un entre deux. C'est au final très original. Et très réussi, si on accepte de se laisser égarer par des sentiers qui ne semblent mener à rien, pour au final et d'une façon presque inattendue se retrouver à destination.

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Message par domreader le Dim 11 Juin - 10:20

La Cloche d’Islande

Halldor Laxness 



Comment faire pour vous parler de ce grand livre ? Me voilà bien désemparée comme on peut souvent l’être devant une œuvre d’envergure. Il s’agit d’une trilogie romanesque : La Cloche D’Islande, La Vierge Claire, L’Incendie de Copenhague située au 18ème siècle, aux temps les plus noirs de la colonisation danoise qui saignait l’Islande. C’est un fermier misérable qui sera le personnage pivot de ces trois roman : Jon Hreggvidson, un pauvre hère, qui est accusé d’avoir assassiné le bourreau du roi après un soir de beuverie et est condamné à être pendu à l’issue un drôle de procès. Il sera sauvé in extrémis par deux personnes, tout d’abord, Snaefrid surnommée la Vierge Claire ou Le Soleil d’Islande, qui est une sorte de quintessence de la femme islandaise mythique, c’est la fille du gouverneur qui a condamné Jon. Ensuite c’est Arnas Arneus, un savant érudit chargé par le souverain danois de récolter les textes anciens islandais à travers le pays, qui le sauvera de la hâche du bourreau. Voilà en peu de mots le fil rouge de cette œuvre qui s’étend sur plus de 800 pages et qui entremêle la vie de ces trois personnages emblématiques de l’Islande. 


Mais en fait ce livre est bien plus qu’un roman, c’est une œuvre indescriptible de richesse dans laquelle on ressent l’influence très forte des sagas islandaises, de la mythologie viking et du fantastique et enfin, du poids de l’histoire de la domination danoise qui ne cessa qu’en 1944. On sent que Laxness veut nous faire le portrait d’un peuple fier, forgé par des origines puissantes, et qui, toujours se relève.

Le personnage de Jon Hreggvidson, le gueux misérable symbolise le peuple d’Islande, sa grande résilience face à des situations difficiles ou désespérées ; Arnas Arneus inspiré d’un personnage qui a existé, est une sorte de héros national qui, en même temps qu’il sauve le paysan, sauve la mémoire nationale du pays à travers ses textes et sa littérature. Quand à Snaefrid, la femme mythique issue de la grande tradition mythologique viking, c’est à la fois la vierge, la Femme rêvée, l’amante, l’épouse douce, courageuse et forte qui nourrit, répare et soigne ;  une incarnation idéalisée de la patrie islandaise, en quelque sorte.


Voilà une œuvre pour laquelle il faut avoir du temps et de la persévérance, mais on se laisse bien entraîner dans les aventures invraisemblables et parfois un peu burlesques de ces trois formidables héros et surtout on se plonge dans une grande œuvre, unique en son genre.

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Message par Queenie le Dim 11 Juin - 22:49

Faudrait que je jette un œil à cet auteur.

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Message par Arabella le Ven 31 Mai - 21:39

La saga des Fiers-à-bras



Halldór Laxness, dans ce livre caustique et érudit, s'attaque à un certain nombre de mythes et stéréotypes, ceux de la grande tradition des sagas islandaises. Dans ces dernières, des héros prodigieux accomplissaient des exploits hors normes, chantés par des scaldes (poètes) inspirés ; leur mémoire reste toujours vivante grâce aux textes parvenus jusqu'à nous.

Littérature de genre, la saga avait ses lieux communs, ses passages obligés, ses traditions. C'est plus compliqué que cela évidemment, parce qu'il existait différentes sortes de sagas, et dans son roman, Laxness mélange les genres, nous partons d'une saga des Islandais, qui nous conte les aventures de deux jeunes Islandais devenus frères jurés (il existe une saga médiévale de ce nom) mais nous enchaînons sur quelque chose qui ressemble à une saga royale (qui évoque de façon explicite la très célèbre saga de Saint Olaf de Snorri Sturluson, le plus grand des auteurs de sagas connu), on pourrait y trouver quelques éléments d'une saga d'évêque… les références sont nombreuses. Laxness règle d'une certaine façon ses comptes avec le genre de la saga et tout ce qu'elle véhicule, et au-delà avec une certaine idéologie, une culture qui valorise la violence, la guerre.

Nous suivons donc dans un premier temps Thorgeir, qui a assisté enfant au meurtre de son père, et dont la mère l'a élevé en lui racontant les récits glorieux et héroïques des célèbres guerriers des temps passés. Il n'a donc rien de plus pressé arrivé à l'adolescence que de tuer le meurtrier de son père et son fils, et de traîner de-ci, de-là, en essayant de trouver moyen de s'embarquer pour une expédition viking et d'espérer devenir le champion attitré d'un roi fameux. Sa route croise celle de Thormod, qui compose de la poésie, et qui plaît beaucoup aux femmes. Ils se lient, et font quelques coups de main ensemble. Thorgeir ayant vraiment fait beaucoup de dégâts, est envoyé dans une expédition qui se propose de piller l'Angleterre. Thormod, aidé par sa famille, semble se ranger, se marier et faire prospérer ses biens. Nous suivrons donc les « exploits » violents et pathétiques de Thorgeir, en Angleterre puis en France. Mais sa route a croisé celle d'un certain Olaf, dit le Gros, qui fait partie de l'expédition, et qui a comme ambition de devenir roi de Norvège. Ce qu'il ferra un peu plus tard. Beaucoup de pages lui sont accordées, car c'est un personnage important : Saint Olaf en personne. Nous reviendront plus tard à Thormod, qui finira lui aussi par partir et connaître des aventures et épreuves, lorsqu'il trouvera la tête de son frère juré Thorgeir devant chez lui. Il essaiera de le venger et voudra se mettre au service du roi Olaf pour chanter ses exploits.

C'est très parodique : Thorgeir est un parfait imbécile, qui n'a en tête que meurtres et tueries. Thormod est un peu plus fin, mais aussi complètement obnubilé par les récits et légendes qu'il veut suivre à la lettre, prenant tout pour argent comptant. le roi Olaf est un bon à rien, qui devient roi un peu par hasard, et qui vit du pays qu'il est censé gouverné comme un brigand et un pilleur. D'ailleurs Laxness n'aime pas beaucoup les rois et les puissants, juste bons à exploiter leurs sujets, sans rien leur apporter en échange. La religion n'est pas épargnée non plus, le pape en premier, personnage ridicule et incompétent, prêt à tout pour de l'argent.

C'est enlevé, par moment drôle, par moment glaçant, mais il vaut mieux connaître les sagas, et avoir quelques notions d'histoire de l'époque pour bien saisir la satire et la trame du récit, qui fait référence à de nombreux événements et textes.

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