Stephen Leacock

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Stephen Leacock

Message par kenavo le Ven 30 Déc - 7:21



Stephen Leacock (30 décembre 1869 - 28 mars 1944) est un enseignant, politologue, économiste, écrivainet humoriste canadien.

Il est considéré comme l'humoriste anglophone le plus connu du monde de 1915 à 1925.


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Dernière édition par Kenavo le Lun 23 Jan - 7:31, édité 1 fois

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Re: Stephen Leacock

Message par kenavo le Ven 30 Déc - 7:21


Sunshine Sketches of a little Town / Bienvenue à Mariposa
Présentation de l’éditeur
Bienvenue à Mariposa ! Suivez le guide, et vous ferez la connaissance de M. Smith, le patron de bar roublard rusant avec les ligues de tempérance pour servir de l’alcool à ses concitoyens assoiffés ; Jefferson Thorpe, le barbier rêveur saisi de la fièvre de la spéculation boursière, qu’il propage dans toute la ville ; le vieux révérend Drone, terrassé par la dette contractée pour construire sa nouvelle église, mais si peu doué en arithmétique...
Satire caustique teintée de mélancolie, Bienvenue à Mariposa raconte les tribulations – petites et grandes – des habitants d’une bourgade fictive de l’Ontario à l’orée du xxe siècle. Leacock y croque le portrait d’une humanité cocasse et touchante, dans un monde aux portes de la modernité... Un monde obnubilé par l’argent, la politique, et l’amour, bien sûr.
Publié en 1912, le roman majeur du « Mark Twain canadien » est devenu un classique populaire de la littérature canadienne anglophone, qu’on lit de l’adolescence au grand âge.
Cette première traduction française est illustrée avec art par un grand amateur de ce texte, le dessinateur canadien Seth.

Je me rappelle encore la première fois quand j’ai remarqué le nom de Stephen Leacock, c’était à cause d’une couverture de Glen Baxter.

Le résumé ne me tentait pas à ce moment et je l’ai oublié par la suite.
Comment j’ai découvert ce livre de lui, je ne saurais pas le dire, mais le résumé m’a tout de suite enchanté et j’étais prête pour aller à la découverte.
Et quelle belle rencontre cela fût !!


Ce serait dommage de limiter l’auteur à son côté « humoriste » parce que ce livre va beaucoup plus loin. Certes il y a des scènes drôles, des personnages loufoques et l’imagination de l’auteur déborde parfois dans tous les sens. Mais avant tout c’est un très bon roman concernant cette petite ville et les gens qui y vivent.

« Sketches » dans le titre anglais le définit en plus – ce sont des ‘notes’ (pour l’écrit), des ‘esquisses’ (pour la peinture) et je l’éprouve tout à fait ainsi. Il ‘peint’ des situations dans cette ville fictive et on partage et vit avec les gens que l’auteur nous montrent. C’est drôle, intelligent, sarcastique, par moment triste et naturellement aussi parfois déjanté.

Mais jamais sans intérêt. En tout cas j’ai passé un moment plus que bon dans cette ville !


Les dessins de Seth sont un joli atout de ce livre et voilà un extrait de la poste-face qu’il a écrit :

“ Ce livre fait partie d’une très petite poignée de mes favoris, que je relis régulièrement. Pourquoi je l’aime à ce point ? Eh bien, ce n’est pas seulement parce qu’il est drôle. Je pense que j’aimerais ce texte tout autant s’il était moitié moins drôle. Fondamentalement, je suis attiré par autre chose : comment le décrire ? Son caractère abouti peut-être, ou un certain sens du lieu. Leacock nous livre dans sa totalité un petit monde, dont il a « établi le plan » pour nous. Le lecteur découvre Mariposa pas à pas : d’abord l’hôtel, ensuite le salon de coiffure, puis le quai, le presbytère, l’église, et ainsi de suite. Dans le même temps, on nous présente de manière tantôt formelle, tantôt informelle les habitants de la ville, dont certains seront des protagonistes importants de l’histoire et d’autres de simples personnages secondaires. Une fois le livre achevé, on a l’impression d’avoir visité Mariposa comme si un de ses résidents, voyant que nous étions étranger, nous avait pris par le bras et nous avait servi de guide, nous promenant dans la ville en nous racontant tous les potins.
(...) Comment Leacock parvient-il à nous communiquer des émotions si poignantes après avoir consacré tant de pages à brocarder la sottise de la petite ville ? Pourquoi partageons-nous cette nostalgie avec lui ? Pour moi, c’est le mystère qui niche au cœur du chef-d’œuvre de Leacock. Ce livre est un paradoxe. Son objectif premier semble clair : épingler le provincialisme de la vie dans les petites villes, se moquer de ses voisins ; et pourtant, lorsqu’on achève le chapitre final, l’impression qui demeure est un sentiment d’affection et une authentique nostalgie pour un temps et un lieu où la vie était plus simple, plus lente, plus gentille. ”

Extrait

L'HÔTELLERIE DE M. SMITH

JE NE SAIS PAS si vous connaissez Mariposa. Dans le cas contraire, cela n'a aucune importance car, si le Canada vous est familier, vous connaissez probablement une bonne douzaine de villes comme celle-là.
La voici baignée de soleil, au bord du petit lac qui s'étend au pied de la colline sur laquelle elle est bâtie. Il y a un débarcadère le long du lac et, juste à côté, un vapeur amarré par deux cordes à peu près de la grosseur de celles utilisées sur le Lusitania. Le vapeur ne va nulle part en particulier, car le lac est enfermé dans les terres et la Mariposa Belle ne navigue que le Ier juillet et le jour de l'anniversaire de la reine, ou pour convoyer les excursions des Chevaliers de Pythias et des Fils de la Tempérance, vers et depuis les petites villes du coin.
Du point de vue géographique, le lac s'appelle le lac Wissanotti et la rivière qui y prend sa source est l'Ossawippi, de même que la rue principale de Mariposa s'appelle Missinaba Street et le comté le Missinaba. Mais ces noms n'ont pas vraiment d'importance. Personne ne les utilise. Les gens se contentent d'en parler comme du «lac», de la «rivière» et de la «grand-rue» tout comme ils appellent l'hôtel Continental «chez Pete Robinson» et la pharmacie le «drugstore Eliot». Mais je suppose que c'est exactement la même chose dans toutes les autres petites villes, aussi n'ai-je aucune raison d'insister.
Comme je l'ai dit, la ville possède une large artère, communément appelée la grand-rue, qui part du lac et termine sur les hauteurs. Sa largeur ne souffre aucune contestation. Les bâtisseurs de Mariposa n'eurent pas la vision étriquée de ceux de Wall Street et Piccadilly. Missinaba Street est si large que, si l'on devait y déplacer le salon de coiffure de Jeff Thorpe, il n'en recouvrirait pas la moitié. Le long de la grand-rue se dressent des poteaux télégraphiques en cèdre d'une épaisseur colossale, à l'angle d'inclinaison variable, qui supportent plus de câbles que l'on a coutume d'en voir dans une station radio de transatlantique. Dans la grand-rue se succèdent un certain nombre d'édifices d'une importance extraordinaire : l'hôtel Smith, l'hôtel Continental, la Mariposa House et les deux banques (du Commerce et de la Bourse), sans parler de l'immeuble appelé McCarthy's Block (construit en 1878), de la quincaillerie Glover et du club des Oddfellows à l'étage au-dessus. Dans la rue qui coupe Missinaba Street au niveau du carrefour se trouvent le bureau de poste, la caserne de pompiers, l'Union chrétienne de jeunes gens et le siège du Mariposa Newspacket. Aux yeux de l'observateur attentif, il ne s'agit que d'un fatras d'institutions publiques seulement comparable à Threadneedle Street à Londres ou à Lower Broadway à New York. Toutes les rues voisines sont pourvues d'érables, de trottoirs spacieux, de jardins bien entretenus avec des callas toutes droites, de maisons avec des vérandas, parfois remplacées par des résidences avec loggias.


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