Rabih Alameddine

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Rabih Alameddine

Message par Kenavo le Sam 3 Déc - 6:51



Rabih Alameddine est peintre et romancier.

Né à Amman en Jordanie de parents libanais, il partage aujourd'hui son temps entre San Francisco et Beyrouth.

Son roman Les Vies de papier a été finaliste du National Book Award 2014 et du National Book Critics Circle Award 2015, et lauréat du California Book Award 2015.


Source : Editeur


Dernière édition par Kenavo le Lun 23 Jan - 7:56, édité 1 fois

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Re: Rabih Alameddine

Message par Kenavo le Sam 3 Déc - 6:53

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An Unnecessary Woman / Les vies de papier
Présentation de l‘éditeur
Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l'ombre des murs anciens de son appartement, elle s'apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l'une des œuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.
À la fois refuge et " plaisir aveugle ", la littérature est l'air qu'elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu'elle ne cesse d'écouter. C'est entourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu'Aaliya se sent vivante.
Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilité de Beyrouth.

Roman éblouissant à l'érudition joueuse, célébrant la beauté et la détresse de Beyrouth, Les Vies de papier est une véritable déclaration d'amour à la littérature.


Halabi Bookstore, Beirut

Avant de parler du livre, je commence avec le titre.

En anglais il s’agit de An Unnecessary Woman qu’on peut traduire par Une femme superflue/inutile. Cela ne sonnait probablement pas très attrayant pour l’éditeur français.
Bien que Les vies de papier n’est pas un mauvais titre, il ne redonne pas tout à fait l’idée de l’auteur.
Parce que c’est surtout cette idée de « vie utile » vs « vie inutile » qui est au centre du livre. Et la vie de cette femme peut être considérée tout à fait inutile, certainement dans nos temps moderne.

Mais jamais quelque chose de si superflu m’a happée autant !


Libraire Antoine, Beirut

Ensuite je jette un œil sur une jaquette promo que j’ai vu sur l’édition française:

«Un des personnages féminins les plus beaux, les plus originaux des dernières annéesMathias Enard

Tout d’abord, je ne fais pas attention à ce genre de promo (surtout après que j’ai été induit en erreur à 100% par une telle phrase de louange il y a bien longtemps) mais puisque j’ai découvert le livre en anglais, je ne savais pas concernant la phrase de Mathias Enard, je l'ai découvert au moment de vouloir ouvrir ce fil.

Mais je suis d’accord avec lui… à 100% !


A bookstore in Beirut

Et finalement on arrive au livre lui-même Wink

Je dois dire que c’est un grand coup de cœur… jusqu’à présent mon favori de la rentrée.
Quel personnage, quelle histoire… dès la deuxième page je suis tombée amoureuse d’Aaliya et je l’ai suivi avec grand plaisir dans cette ‘aventure’.

Bien qu’on ne peut pas parler d’aventure puisqu’il s’agit du quotidien d’une femme âgée qui se perd parfois dans les rues de Beyrouth, parfois dans ses souvenirs… mais la façon dont Rabih Alameddine transforme cet « ordinaire » en littérature est tout simplement fabuleux !


Papercup Store, Beirut

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Re: Rabih Alameddine

Message par Ginger Beluga le Dim 29 Jan - 15:46

Les vies de papier.

La tristesse de la dernière page. C'est ainsi que je nomme les livres que je n'ai pas envie d'abandonner et pourtant... plus de pages, plus de livre...

Aaliya se tromple de flacon et aura les cheveux bleus toute le durée du roman. Elle sautille d’un souvenir à l’autre, livrant une tranche de vie par-ci par-là dans un joyeux désordre que l’on pourrait comparer à son  appartement rempli de livres et de traductions.
Est-ce l’effet d’un cerveau de femme vieillissante ? que non, la vivacité de son esprit bien au contraire l’entraîne dans les méandres des temps qu’elle a vécus, ses souvenirs sont clairs et précis. Qu’il soit question de son enfance, son court mariage avec un triste individu, ses voisines libanaises jusqu’au bout des ongles, la seule vraie amitié qu’elle aura vécue, ou Beyrouth en guerre dont elle présente l’horreur et en déduit que oui, l’individu se fait aussi à cette chose, l’horreur comme le reste se banalise.
Tout cela si différent, se tient pourtant dans un ensemble uni car d’un bout à l’autre de sa vie, si Aaliya en fut l’actrice bien présente, elle en est surtout la spectatrice, la narratrice.  Elle se raconte sur un mode baroque et pratique à merveille l’autodérision. De beaux moments fort amusants sur les travers des uns et des autres, la famille, rapprochent de la vie de tout un chacun dans le monde, narrée avec malice. Il est aussi beaucoup question de références littéraires ou l’auteur se laisse deviner sous la fiction. Idem de la musique et je me suis même précipitée sur une chaîne musicale pour écouter certains morceaux dont il semble faire grand cas et que je ne connaissais pas.
A la fin du récit, je ne savais plus très bien qui d’Aaliya ou de son “inventeur” me parlait le plus tant il semblait vivre avec et en dehors de son personnage.
Ce récit est perçu comme celui d'une femme refusant les carcans imposés de sa civilisation, et pourtant elle finit par se poser cette question : l'a-t-elle décidé ? la vie en a-t-elle décidé pour elle ?". Elle parle aussi de cet orgueil commun à beaucoup : celui de se croire unique et en dehors des sentiers banalisés. Le belreu quoi !

Faut-il ajouter que Rabbi Alahmeddine est homme et se glisse (avec délice semble-t-il) dans la peau de cette femme vieillissante ? Une fort belle prestation d’écrivain, mais aussi de conteur. Sang libanais ne saurait mentir.

Un parmi les moments d'humour grinçant : "Ma mère n'a pas attendu le grand âge pour atteindre son apogée. Elle commença à survoler en cercle le sommet de l'Everest du narcisisme à un âge assez jeune. Et plus tard après la mort de son mari, elle flotta au-dessus de toute le chaîne de l'Himalaya. Les sujets sur lesquels elle se spécialisé étaient d'ans l'ordre : elle-même, ses garçons et l'infériorité du reste du monde".

Il est difficile de parler d’un livre que l’on a aimé et se retenir pour ne pas trop en livrer. J’espère avoir donné à certaines d’entre vous qui hésiteraient encore, l’envie de le lire.
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Re: Rabih Alameddine

Message par Kenavo le Dim 29 Jan - 21:30

merci pour ton commentaire... extra

@Ginger Beluga a écrit:La tristesse de la dernière page. C'est ainsi que je nomme les livres que je n'ai pas envie d'abandonner et pourtant... plus de pages, plus de livre...
bien dit...

@Ginger Beluga a écrit:Il est difficile de parler d’un livre que l’on a aimé et se retenir pour ne pas trop en livrer. J’espère avoir donné à certaines d’entre vous qui hésiteraient encore, l’envie de le lire.
je l'espère aussi... c'est un si beau livre drunken

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Re: Rabih Alameddine

Message par liseron le Sam 4 Fév - 11:11

Ravie de lire vos commentaires sur ce livre car il était dans ma liste de LAL ! C'était paradoxalement le titre qui m'avait intriguée et donné envie de le lire avant d'en savoir un peu plus sur l'histoire. Je cours le réserver à la bibliothèque...
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Re: Rabih Alameddine

Message par Kenavo le Sam 4 Fév - 11:19

cheers je te souhaite une bonne lecture...

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Re: Rabih Alameddine

Message par Ginger Beluga le Sam 4 Fév - 17:03

Il me tarde de connaître tes impressions Liseron.
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Re: Rabih Alameddine

Message par liseron le Sam 25 Mar - 18:00

Toujours rien de la bibliothèque, je crois que je vais craquer et aller l'acheter !
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Re: Rabih Alameddine

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