Emily St John Mandel

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Emily St John Mandel

Message par Queenie le Sam 31 Déc - 0:28


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"Emily St. John Mandel, née en 1979 à Comox en Colombie-Britannique, est une romancière canadienne anglophone, spécialisée dans le roman policier. En 2014, elle aborde la science-fiction avec son roman Station Eleven qui est finaliste du National Book Award.

Elle passe son enfance sur l'île Denman. Elle s'inscrit à une école de danse de Toronto, puis vit un temps à Montréal, avant de s'installer à New York. Elle est aujourd'hui mariée et vit à Brooklyn.

Son premier roman, Dernière nuit à Montréal (Last Night in Montreal), raconte l'enquête de Christopher, un détective privé chargé de retrouver Lilia, enlevée à sept ans par son père et en cavale depuis son adolescence. En parallèle se développe l’histoire de Michaela, la fille de Christopher, qui rêve d’être funambule et celle d’Eli, qui a hébergé Lilia à New York. Publié en 2009, ce roman est traduit en français en 2012 par les éditions Payot & Rivages dans la collection Rivages/Thriller. [...]

On ne joue pas avec la mort (The Singer's Gun, 2010), son deuxième titre traduit en France, remporte le prix Mystère de la critique en 2014.

Son troisième roman, le premier à être publié au Canada, intitulé The Lola Quartet (2012) est traduit en français sous le titre Les Variations Sebastian en 2015.

Elle publie en 2014 Station Eleven, un roman dystopique se déroulant dans un monde post-apocalyptique après qu'un virus a ravagé la Terre. Cela lui vaut des nominations aux PEN/Faulkner Award et Baileys Women's Prize for Fiction, ainsi que d'être finaliste du National Book Award 2014."


Dernière édition par Queenie le Sam 31 Déc - 0:31, édité 1 fois

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Re: Emily St John Mandel

Message par Queenie le Sam 31 Déc - 0:28


En couverture : Michael Kenna : Upset Chair, Pompano, 1992

- Station Eleven (Station Eleven, 2013). Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé. Rivages. 478 pages.

Une couverture pareille.  biglov

Le roman s'ouvre sur le décès sur scène d'un célèbre comédien interprétant Le Roi Lear. Comme le Signe avant coureur de l'effondrement de la civilisation, le point névralgique de la tempête.

Le monde tel qu'on le connaît n'existe plus. Une terrible épidémie a décimé la plupart des humains, ceux qui restent vivent, ou plutôt survivent, dans une grande précarité. Sans eau courante, sans électricité, sans véhicule... un retour brutal à un temps ssas technologie.
Dans ce monde, une troupe itinérante va de "ville en ville", avec pour seul répertoire des pièces de Shakespeare et Beethoven. Parmi eux, on suivra surtout Kirsten. Cette jeune femme se souvient de moins en moins du monde d'avant (elle n'était encore qu'une très jeune enfant), est obsédée par Arthur Leander (le comédien décédé sur scène alors qu'elle était figurante dans la pièce) et par les restes du passé. Elle est le symbôle de cette nouvelle civilisation qui se construit petit à petit, en deuil d'un passé de plus en plus flou, avec des zones d'ombres qu'il est préférable d'oublier, en quête d'un futur stable et serein.

Le style romanesque d'Emily St. John Mandel est d'une fluidité addictive, elle mène parfaitement son récit, faisant se croiser ses personnages, ouvrant des portes de dialogues inattendues. Le lecteur est captivé par cette histoire, s'imaginant facilement dans quel état de fragilité pourrait se retrouver l'homme sans la technologie, se posant des questions sur le fondement de l'humanité, et la nécessité de l'art comme port d'attache.

J'ai vraiment été accrochée par ce récit. J'ai aimé l'écriture, les flash backs, les va et viens, qui apportaient pour moi des éclairages, un rythme, et l'impression de sentir cet état psychologique des personnages - tellement paumés dans le présent qu'ils cherchent à se raccrocher à des repères du passé.

Cela dit, dans le même thème, ça n'a pas la force d'un McCarthy ou d'un Saramago. Je dirais qu'en fait, quelque part, c'est plus doux, plus humain, plus affectif. St. John Mandel aime ses personnages, il y a une vraie tendresse à vouloir les préserver, les guider doucement, et le lecteur avec.
Dans les autres livres cités, c'était plutôt de la dénonciation brute, violente, rude. Ici, ce sera plutôt la douce mélancolie des jours endeuillés avec l'espoir, le vrai, que tout est encore possible.

Il faudrait que j'essaye un de ses polars ![/i]

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Re: Emily St John Mandel

Message par darkanny le Sam 31 Déc - 11:40

Station Eleven


Je me retrouve assez sur les commentaires de Queenie, notamment sur la fluidité du texte, sur l'empathie pour les personnages (particulièrement aimé les personnages de Miranda et Clark, les autres m'ayant paru moins aboutis) et sur l'addiction face à ce récit qui m'a emmenée de bout en bout.

Pourtant il y a des moments un peu longs (notamment sur les apitoiements de la star de cinéma qui m'ont un peu gonflée) mais il n'empêche, ça fonctionne et on navigue aisément entre passé, présent et pourquoi pas futur ?

Je me dis qu' Emily st john Mandel n'a pas pu faire autrement que de voir Walking Dead et de s'en inspirer.
C'est en fait un monde très semblable (sans les zombies) post-apocalyptique, avec son errance perpétuelle, ces gens qui se croisent et s'affrontent ou au contraire se rassemblent, ces lieux désaffectés, ces routes encombrées par des voitures laissées à l'abandon, ces refuges improbables comme un aéroport désaffecté, et les maisons pillées....bref, je me croyais dans la série (qui d'ailleurs, elle, n'est pas vraiment novatrice, mais quand même super bien fichue)

Il y a une tendance vers ce genre de récit ou je me trompe ?

Je me rappelle que le film Malevil traitait déjà du sujet (tourné dans les années 80), on y voyait déjà un prophète illuminé manipulateur, des jeux de pouvoir, les enjeux de survie, tout y était donc.

Revenons en à notre roman, je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, ce n'est pas parfait (la dimension intime y est moins présente que dans ses précédents romans), mais il y a une plume bien vivante et un savoir-faire indéniable chez cet auteur dont "On ne joue pas avec la mort" m'avait déjà fait entrevoir son talent.
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Re: Emily St John Mandel

Message par Queenie le Dim 1 Jan - 12:50

Question monde post-apo, elle a pu puiser ses références dans plein d'oeuvres. Mais je trouve que c'est plus proche d'un film comme Le monde, la chair, le diable (un monde quasi vide d'humanité, s'intéressant à comment y vivre désormais et au rapports humains) plutôt qu'à une série comme Walking Dead (avec tous ces zombies partout, prêts à te sauter dessus à chaque coin, et des personnages en mode ultra survivor plutôt que reconstruction) : ce que je trouve plus intéressant que ce que l'on voit généralement.
L'atmosphère du livre, d'ailleurs, me rappelle pas mal des épisodes de La quatrième dimension, excellente.

Donc tendance vers ce genre de récit, oui. Et tendance à poser la question du futur de l'humanité qui se conduit elle-même à sa perte, aussi.
Rien de bien neuf dans ce roman de St John Mandel, mais avec une sensibilité plus personnelle. Et un style très agréable.

(Puis l'auteur est très sympa, douce et jolie. Sisi ça aide. Et c'est à la fois étonnant (le sujet) et logique (le traitement) d'un tel livre de sa part)

(Faudrait que je vois ce Malevil)

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Re: Emily St John Mandel

Message par domreader le Dim 1 Jan - 17:24

Malevil le film était basé sur le roman de Robert Merle qui si je me souviens bien n'était pas mal du tout.

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Re: Emily St John Mandel

Message par eXPie le Dim 1 Jan - 18:49

@domreader a écrit:Malevil le film était basé sur le roman de Robert Merle qui si je me souviens bien n'était pas mal du tout.
Oui, c'est aussi mon souvenir !
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Re: Emily St John Mandel

Message par darkanny le Dim 1 Jan - 20:37

Avec Michel Serraut, Jacques Dutronc et Jean-Louis Trintignant, je l'ai vu récemment, très inquiétant ce film, ça fait froid dans le dos.
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Re: Emily St John Mandel

Message par domreader le Sam 21 Jan - 12:11

On vient de me le prêter...suis dedans. Pas mal, c'est nostalgique.

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Re: Emily St John Mandel

Message par Queenie le Dim 22 Jan - 10:45

J'espère que ça te plaira jusqu'au bout.
(ça n'a pas l'air d'être le grand enthousiasme là ?)

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Re: Emily St John Mandel

Message par domreader le Jeu 2 Fév - 19:15

Station Eleven
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Pas de doute le sujet n’est pas neuf : un monde post-apocalyptique suite à un virus particulièrement agressif de la grippe qui décime à peu près 90% de l’humanité et pourtant C’est plutôt réussi et E. St John Mandel parvient à se dégager de la plupart des stéréotypes du genre. 

C’est après la mort su scène du célèbre acteur Arthur Leander que le monde tel qu’on le connait disparait en l’espace de quelques semaines. Emily St John Mandel  nous fait suivre le destin de quelques survivants à travers ceux qui ont eu un rapport plus ou moins proche avec l’acteur feu Arthur Leander.  Elle s’attache en particulier aux membres de la Travelling Symphony, une troupe d’acteurs et de musiciens itinérants qui donnent des représentations de Shakespeare ou des concerts de musique classique dans un monde où les hommes ne cherchent qu’à survivre sans aucun des conforts moderne. La route n’est pas sans danger mais elle est aussi l’occasion de belles rencontres. Jusqu’au jour où ils croisent la route de l’énigmatique ‘ Prophète’ et ses compagnons. 

L’auteur réussit à mêler habilement les épisodes de vie des personnages à divers moments du passé et du présent et le lecteur passe de la vie de la troupe à des épisodes qui ont lieu avant, parfois bien avant l’épidémie ce qui finit par donner un éclairage plus précis sur les personnages, mais toujours avec une certaine distance, comme un relief en creux. 

Un joli roman, bien écrit, qui renouvelle les codes et qui n’a pas la dureté habituelle de ce genre de livre. Je l’ai bien aimé mais sans plus, sans doute parce que le manque de temps ne m’a permis de le lire que par quelques pages à la fois et que cette lecture demande un autre rythme pour s’en imprégner.

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Re: Emily St John Mandel

Message par Queenie le Jeu 2 Fév - 22:52

Ah, peut-être, oui, qu'il demande à s'imprégner un petit moment de l'atmosphère, pour vraiment être touché. En même temps, ce n'est pas un livre puissant. C'est tout en douceur, et comme tu le dis, avec une certaine distance.

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Re: Emily St John Mandel

Message par Méphistophélès le Jeu 2 Mar - 19:30

Station Eleven


Appréciant particulièrement les univers post-apocalyptiques, je ne pouvais passer à côté de la lecture de Station Eleven, parce que oui dans ce livre, l'auteur nous conte l'histoire de notre monde qui a volé en éclat et rapidement disparu après qu'un virus ait ravagé les trois quarts de la population mondiale en à peine quelques semaines.  

Les détails concernant les origines du virus et la manière dont la civilisation s'est effondrée ne seront pas connus. À la place, l'on va plutôt se concentrer sur le monde qui suit, qui se reconstruit vingt ans après l'apocalypse...et ce au travers de plusieurs personnages : d'abord Kirsten, une jeune femme ayant connu « le monde d'avant » lorsqu'elle était encore enfant, mais aussi plus largement le groupe auquel elle appartient : « The Travelling Symphony » qui est une troupe de théâtre et de musiciens itinérants, distillant sur son passage un peu d'art dans le rude quotidien des groupes de survivants.  

L'on va suivre aussi d'autres personnages qui ont pour point commun leur lien plus ou moins étroit avec un acteur qui était célèbre avant la catastrophe : Arthur Leander ; et qui décédera sur scène le soir même où le monde basculera.  

L'élément le plus intéressant de ce roman réside dans le fait que les allers-retours entre l'avant et l'après catastrophe et entre les différents personnages permettent petit à petit de faire la lumière sur leur relation ainsi qu'à nous donner une image de plus en plus claire du devenir d'une civilisation qui cherche à espérer à nouveau, à bâtir de nouvelles bases (pour les plus jeunes) ou à construire le futur à partir de leurs souvenirs (pour ceux qui ont vécu avant l'apocalypse).  

L'autre élément frappant (peut-être parce qu'il ne revient pas souvent dans les histoires post-apo ?), c'est l'importance de l'art, celui-ci étant porteur d'espoir dans l'univers de St. John Mandel. Il permet en effet aux individus d'être plus que des survivants en leur donnant à nouveau la possibilité de rêver, de s'extraire momentanément de la rudesse et de la stérilité d'un quotidien où les mots sécurité, confort et détente ne font plus sens (dans un monde où des prophètes auto-proclamés font la loi, où les individus se méfient les uns des autres lorsqu'ils se croisent sur la route, où l'on peut mourir à cause d'une plaie qui s'est infectée...) ; car comme il est inscrit sur l'une des caravanes de la troupe : « Because survival is insufficient ». La survie pure et dure n'assure pas la renaissance d'une civilisation, elle permet seulement la perpétuation de l'espèce humaine mais pas le développement social et culturel qui dépendent plus des « choses » de l'esprit.
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Re: Emily St John Mandel

Message par domreader le Jeu 2 Mar - 19:50

@Méphistophélès a écrit:Station Eleven

L'autre élément frappant (peut-être parce qu'il ne revient pas souvent dans les histoires post-apo ?), c'est l'importance de l'art, celui-ci étant porteur d'espoir dans l'univers de St. John Mandel. Il permet en effet aux individus d'être plus que des survivants en leur donnant à nouveau la possibilité de rêver, de s'extraire momentanément de la rudesse et de la stérilité d'un quotidien où les mots sécurité, confort et détente ne font plus sens (dans un monde où des prophètes auto-proclamés font la loi, où les individus se méfient les uns des autres lorsqu'ils se croisent sur la route, où l'on peut mourir à cause d'une plaie qui s'est infectée...) ; car comme il est inscrit sur l'une des caravanes de la troupe : « Because survival is insufficient ». La survie pure et dure n'assure pas la renaissance d'une civilisation, elle permet seulement la perpétuation de l'espèce humaine mais pas le développement social et culturel qui dépendent plus des « choses » de l'esprit.

Tu as raison Méphistophélès de souligner cet élément, c'est un des thèmes qui différencie ce roman de beaucoup d'autres récits post-apocalyptiques et le rend moins rude, la présence de l'art, le besoin d'art et de rêve, parce que sans cela la survie ne prend pas humainement tout son sens.

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Re: Emily St John Mandel

Message par Queenie le Jeu 2 Mar - 21:40

Joli comm' qui ravive mes souvenirs de cette très bonne lecture !

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