Henri, Le Douanier Rousseau

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Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:36



Henri Rousseau (Henri Julien Félix Rousseau) dit Le Douanier Rousseau (né le 21 mai 1844 à Laval dans sa maison familiale et mort le 2 septembre 1910 de gangrène à la jambe à l'hôpital Necker à Paris) est un peintre français.

Il est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille à l'octroi. Cette position lui vaut son surnom de « douanier ».


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Dernière édition par Kenavo le Mar 24 Jan - 13:03, édité 1 fois

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:36


Serge Lemoine, Le Douanier Rousseau : Jungles à Paris
Modeste employé de l’octroi auréolé de légendes, Henri Rousseau (1844-1910), autodidacte devenu peintre sur le tard, fut un fidèle exposant du Salon des Artistes Indépendants puis du Salon d’Automne. Si son exact contemporain, Paul Gauguin, s’était exilé à Tahiti, Rousseau n’a jamais quitté Paris, puisant dans ses promenades au Jardin des Plantes, au Muséum d’Histoire naturelle ou au Jardin d’Acclimatation, dans l’imagerie populaire, albums et récits de voyage, photographies et cartes postales, un répertoire de motifs magistralement orchestrés dans de mystérieuses toiles aux couleurs somptueuses qui illustrent une inspiration extrêmement originale et faussement naïve



Le Rêve, 1910

Au milieu d’une végétation dense et profuse dont les frondaisons semblent sorties d’une serre, un nu voluptueux, encerclé de fleurs de lotus géantes, repose sur un divan tapissé, le corps effleuré par les boucles ondulantes de sa chevelure. Son visage, de profil, s’incline vers une troupe de créatures exotiques qui s’approchent, comme pour les saluer et les accueillir silencieusement. Un singe, suspendu en équilibre, un éléphant tapi dans la pénombre, des lions surpris, les yeux écarquillés au milieu de la scène, hésitent un instant, immobilisés, peut-être, par la mélodie du musicien noir. Seul un oiseau aux ailes orange s’agite parmi les feuillages, dans le crépuscule éclairé par la lune. Des bandes de motifs et de formes – tels des panneaux scéniques aux décorations raffinées – expriment la distance entre le drame silencieux qui se déroule et le spectateur, une distance franchie seulement par le lion capricieux dont le regard sort du tableau afin de nous fixer et de nous impliquer et tant que témoins et participants. Comme pour planter le décor et faciliter notre entrée dans la scène, Rousseau a fourni une introduction poétique à sa toile :

Yadwigha dans un beau rêve
S’étant endormie doucement
Entendant les sons d’une musette
Dont jouait un charmeur bien pensant
Pendant que la lune reflète
Sur les fleurs, les arbres verdoyants,
Les fauves serpents prêtent l’oreille
Aux airs gais de l’instrument.

[…]

Le Rêve fait partie des tableaux les plus énigmatiques de son auteur. Il est aussi révélateur de sa méthode de travail. Vivement intéressé par les expériences visuelles les plus variées, Rousseau crée une image d’une diversité étonnamment démocratique, en réunissant des sources disparates, appartenant à des registres contrastés, Il était capable d’élaborer des mises en scène à partir d’éléments tellement hétérogènes que leur assemblage frôle le ridicule. Cela prouve la force et l’authenticité de sa vision ainsi que la cohérence puissante – bien que très personnelle – de son langage pictural.


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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:37



La Bohémienne endormie, 1897

En 1897, il conçut, sans que rien l’annonçât, une grande toile très élaborée, La Bohémienne endormie, dont certains éléments clés – le lion, la femme allongée, l’évocation d’une mélodie – anticipent Le Rêve, même si la rencontre entre la femme et la bête y a pour cadre un paysage désertique. Ce tableau est unique dans l’œuvre de Rousseau, en raison notamment de son ouverture et de la monumentalité des figures. C’est aussi la manifestation la plus évidente de l’influence de l’orientalisme sur son œuvre. Mais il existe un lien essentiel entre La Bohémienne endormie et les Jungles ultérieures : l’ampleur de l’invention et la transformation formelle qui intègre les détails étrangement discordants de cette scène imaginaire dans une narration harmonieuse et par là même recevable. Il ne s’agit pas d’une histoire qui nous convaincrait d’une réalité vue puis reconnue sur la toile mais d’une réalité rêvée, réalisée en peinture. Deux ans plus tard, Rousseau écrivait une seconde courte pièce. C’est là, dans La Vengeance d’une orpheline russe (1899), que la jungle proprement dite émerge comme paysage onirique, dans les propos charmants du personnage féminin Yadwigha : « Mon dieu ! quelle chaude journée ; je croirais être au Sénégal ou dans l’un de ces pays exotiques terribles. » Cette scène se trouva finalement directement incarnée dans Le Rêve, en 1910.

Frances Morris

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:38



Les Artilleurs, 1893-1895

[…]Son œuvre complet prouve amplement et sans laisser place au doute qu’il avait d’autres solutions à sa disposition et en avait conscience. Nous devons supposer que les partis pris de Rousseau n’étaient pas d’abord mus par un désir de reconnaissance académique et de célébration publique mais par la nécessité personnelle de nourrir l’univers imaginaire de ses visions, de saisir et de traduire un monde familier recomposé et rendu étrange dans ses rêves. Alors que tant d’artistes modernistes après lui, engagés dans une lutte pour la nouveauté et le changement radical, firent du sujet un simple prétexte, anticipant l’avènement de l’abstraction, Rousseau lui donna toujours la prééminence. Et c’est dans les Jungles que le sujet et le style atteignent la symbiose la plus satisfaisante.
Rousseau et son œuvre demeurent singuliers et énigmatiques. Pur produit de son époque, le peintre exécuta des tableaux qui peuvent être situés par rapport à ses prédécesseurs et à ses contemporains mais qui ne sauraient se réduire au cadre limitatif d’une école ou d’une tendance particulières. Son exemple n’indiquait pas non plus une direction précise en matière d’innovation esthétique, au sens où l’entendait l’avant-garde, même si sa vie et son art furent une source d’inspiration pour beaucoup. Et si Rousseau a peut-être été rayé de l’histoire de l’art et se trouve désormais souvent cantonné à des développements accessoires dans les ouvrages historiques, ses œuvres quant à elles et sa vision de la jungle demeurent profondément gravées dans la mémoire et l’imaginaire collectifs jusqu’à aujourd’hui.


Frances Morris



Le Repas du lion, 1907

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:38



La cascade, 1910

Si nous reprenons la définition de l’exotique par Victor Segalen, nous pouvons donc affirmer que les Jungles rendaient à l0imagerie populaire de l’ailleurs son exotisme : il devenait impossiblement idyllique et terrifiant à l’excès. Et Rousseau déplaça l’exotique loin, très loin, en lui rendant son altérité tout en lui donnant une immédiateté qui pouvait le relier aux désirs et aux peurs des spectateurs européens. En gardant à l’esprit la question précédemment – quelle était la conséquence de l’inauthenticité des jungles pour les spectateurs ? – il peut être utile d’examiner une dernière fois, plus en détail, les traits distinctifs et le fonctionnement de l’exotique réinventé par Rousseau.

En un sens, il est indéniable que les Jungles de Rousseau ne différent pas des exhibitions « authentiques » de l’exotique que le peintre voyait à Paris et qui étaient, elles aussi, inévitablement, inauthentiques : elles étaient des assemblages, réels, au même titre que les cartes postales souvenirs du Jardin des Plantes et les Jungles de Rousseau sont des collages. Les forêts tropicales du peintre se caractérisent par une densité oppressante, écho des accumulations infinies d’espèces végétales et animales entassées au Jardin des Plantes. Comme l’a souligné Tristan Tzara, la composition chez Rousseau n’était pas seulement une affaire de construction mais d’accumulations. Cependant, pour les avant-gardistes qui le célèbrent, à la suite d’Alfred Jarry à partir du milieu des années 1890, la fascination pour l’œuvre du peintre venait plutôt de son art de combiner cette accumulation intense et onirique de « faits » avec une construction picturale moderniste. Et c’est en cela que Rousseau est de manière manifeste l’équivalent parisien de Gauguin comme peintre de l’exotique.


Christopher Green



La Récolte de bananes, 1907-1910

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:38



Promenade dans la forêt, vers 1886

[…] Mais au-delà de chaque pièce du puzzle, c’est le tableau dans son entier qui reste à appréhender. La question serait donc celle-ci : comment les tableaux de Rousseau s’inscrivent-ils dans la tonalité de son temps ? Ses paysages parisiens sont-ils fidèles à la ville ? Ses jungles doivent-elles se lire en fonction du contexte politique et culturel de la colonisation ? À ces questions, on va le voir, pas de réponse bien nette : Rousseau est, comme son époque, pris dans la tourmente d’un monde changeant. Il fait métier de peindre mais s’inspire de cartes postales, de chromos et d’images de magazines. Il peint des animaux sauvages au sein de forêts tropicales mais ne fréquente que les serres du Jardin des Plantes et les galeries zoologiques du Muséum. Il s’appuie sur ce qui l’entoure : Paris, et puis tout le monde qui, l’Exposition universelle en Exposition coloniale, d’exhibition en « village noir », s’invite sur les trottoirs de Paris. En ce sens, Rousseau témoigne parfaitement d’une fin de siècle qui bouleverse les rapports entre la ville et la nature, l’ancien et le moderne, entre le proche et l’exotique, le « primitif » et le « civilisé » et pour ce faire fonctionne bien souvent, comme lui, à la manière d’un gigantesque collage. Par un effet de sélection, de juxtaposition et de recomposition, se crée dans de nombreux domaines un décalage singulier visant à remplacer la réalité par une illusion donnée pour réelle. Bien souvent parées des filtres vertueux du progrès, de la science ou de l’universalisme, ces représentations masquent souvent une visée idéologique et politique, qu’il s’agisse du mythe de la Ville lumière ou de la propagande pour l’Empire français naissant. Mais elles laissent aussi transparaître une idée du surnaturel, de  l‘étrange et du merveilleux qui rend ces illusions diablement efficaces.

Vincent Gille

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Jeu 5 Jan - 6:39


Nathalia Brodskaya, Le Douanier Rousseau
Présentation de l'éditeur
Les galeries marchandes à Paris fleurissant, on créa en 1884, le Salon des Indépendants. Cette exposition sans jury fut organisée pour ceux qui étaient ou se considéraient professionnels - alors très nombreux -, mais qui ne pouvaient satisfaire les critères des salons officiels.
C’est lors d’un des Salons des Indépendants qu’Henri Rousseau créa la surprise. Rousseau occupait un poste à l’octroi de Paris, à Vanves. A ses moments libres, il peignait des toiles, tantôt sur la commande de ses voisins, tantôt en guise de paiement pour de la nourriture. Chaque année, de 1886 à sa mort en 1901, il exposa ses toiles au Salon des Indépendants. Là, il se présentait sans savoir-faire professionnel, mais avec le fier sentiment d’être peintre et d’avoir le droit de rivaliser avec n’importe quelle autorité. Rousseau est un des premiers de sa génération à s’être rendu compte de l’arrivée d’une nouvelle époque de liberté dans l’art, y compris celle de pouvoir accéder au rang de peintre, et ce, indépendamment de la manière de peindre et du niveau de formation artistique.
Les œuvres du Douanier Rousseau aidèrent d’autres peintres, peut-être moins talentueux mais tout aussi originaux, à être remarqués et appréciés d’un public qui apprit à voir l’art d’une façon nouvelle. Avec lui, apparaît toute une série de découvertes. Désormais, qu’elles soient naïves ou primitives, les œuvres d’art étaient partout et il y aurait toujours un regard d’artiste pour les révéler.
Tout comme pour Félix Vallotton, j’ai fait confiance à Nathalia Brodskaya de me guider à travers la vie de ce peintre.

Et c’en était une fois de plus une rencontre réussie.

Elle a l’habilité de faire une biographie-racontée en se limitant aux dates et événements importants , le tout souligné avec des témoignages de contemporains du Douanier et des impressions personnelles concernant l’œuvre décrite.

À côté du texte on a le plaisir de retrouver plein de ses plus beaux tableaux.


Vue de l’Ile Saint-Louis prise du port Saint-Nicolas, 1888


Fabrique de chaises à Alfortville, vers 1897



Les Joueurs de football, 1908

En 1908, Rousseau peignit Les Joueurs de football, étonnant une nouvelle fois ses contemporains et ses descendants. En 1908, le premier match de rugby entre la France et l’Angleterre se déroula à Paris. Le rugby était à la mode à cette époque-là. Henri Rousseau fut le seul peintre de son temps à représenter des joueurs de rugby, montrant une fois encore son intérêt toujours vif pour la vie de son époque. Cependant le Douanier imagina lui-même les costumes à rayures bleues et rouges, tout comme le terrain et le nombre de joueurs. Les personnages représentés en plein mouvement, ainsi que la tache jaune du ballon et les arbres dorés, constituent une composition décorative belle et insolite. Pour reprendre les mots de l’un de ses premiers partisans, Ardengo Soficci, Rousseau « vit dans un monde étrange, fantastique et réel à la fois, proche et lointain, tour à tour drôle et tragique. »


Le Charme, 1909


Le Printemps dans la vallée de la Bièvre, 1909

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Dim 8 Jan - 6:20

on peut le rencontrer dans cet album jeunesse:



Thibaud Guyon, Charlotte et le Douanier Rousseau

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Re: Henri, Le Douanier Rousseau

Message par kenavo le Ven 10 Fév - 6:18



Hiver, 1907

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