Tsushima Yûko

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Tsushima Yûko

Message par Merlette le Sam 3 Déc - 17:24






Yûko Tsushima (津島佑子) est née le 30 mars 1947 à Mitaka (préfecture de Tokyo). Elle est la fille du célèbre romancier Osamu Dazai. Étudiante, elle publie ses premières nouvelles qui en font l'un des jeunes écrivains les plus remarquables du Japon. Elle a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles, qui ont obtenu des prix littéraires. Elle est décédée le 18 février 2016 à Tokyo.


Œuvres traduites en français

* L'Enfant de fortune, 1978 ( Editions Des femmes - Antoinette Fouque)
* Territoire de la lumière, 1979 (Des femmes)
* Les Marchands silencieux, 1979 -1983, (Des femmes)
* La Femme qui court dans la montagne, 1980 (Albin Michel)
* Au bord du fleuve de feu, 1983, (Des femmes)
* Poursuivie par la lumière de la nuit, 1987 (Des femmes)
* Vous, rêves nombreux, toi, la lumière ! 1991 (Picquier)
* O vent, ô vent qui parcours le ciel, 1995 (Le Seuil)

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Re: Tsushima Yûko

Message par Merlette le Sam 3 Déc - 17:30

Territoire de la lumière

Le "Territoire de la lumière" est un appartement aux fenêtres ouvrant sur les quatre côtés, au "sol rouge flamboyant sous les rayons du soleil", où s'installe, avec sa fille de trois ans, une jeune femme que son mari vient de quitter.
Par sa luminosité, l'endroit semble augurer d'une nouvelle vie pleine de promesses. Et pourtant la narratrice découvrira, en même temps que la liberté et l'indépendance, toutes les difficultés de la condition de femme seule, de l'éducation d'un enfant perturbé, le regard peu amène de la société envers les divorcées (à la fin des années 70), la solitude et l'angoisse.

J'ai vraiment aimé les douze chapitres-nouvelles de Territoire de la lumière, leur tonalité intimiste assez particulière, à la fois onirique et prosaïque, la façon dont ils suivent le passage des saisons. 
L'univers intérieur de la narratrice, ses rêves, souvenirs et fantasmes se mêlent intimement à l'évocation réaliste du quotidien, et les déboires et désastres se colorent souvent de poésie.

Je franchis la première le seuil de la porte qui donnait sur le toit. Je vis alors une chose si étonnante que je laissai malgré moi échapper un cri. Sur le toit qui aurait du être complètement sec, des vagues ondulaient, scintillantes. Une eau transparente, qui s'étendait là à profusion.
"La MER, maman, c'est LA MER. Oh! c'est magnifique! C'est grand!"
Ma fille, pieds nus, se précipita au milieu. Faisant résonner toute seule ses rires, elle barbotait dans l'eau, en recueillait dans ses paumes, s'en inondait le visage. L'eau lui arrivait aux chevilles.
En remontant le courant, nous parvînmes tous les trois devant la citerne. L'eau en jaillissait et son débit était tel que nous en étions, pour ainsi dire, fascinés.
"Ça doit normalement s'écouler par là, mais je suppose que ce qui ne pouvait plus être évacué par la conduite a fui par le bas. Il y a sûrement une fissure quelque part. Tout de même..Il est grandiose ce paysage."

Au fil des difficultés mais aussi de ces "moments de joie" parfois infimes, la mère apprend à vivre avec sa fille et avec elle-même, et à réaliser que, comme l'appartement auquel elle s'identifie étrangement, son corps peut être "source de force et de chaleur", de sérénité.

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