Edna O'Brien

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Edna O'Brien

Message par domreader le Dim 8 Jan - 19:45

Sources diverses Wikipédia et Sabine Wespieser


Les romans et nouvelles de cette grande dame des lettres irlandaises, considérée comme la Colette du monde anglophone, tournent autour des sentiments des femmes, prises dans le carcan de leur éducation stricte, et de leurs relations souvent frustrées avec les hommes ; la politique, l’histoire et l’amour y occupent une place prépondérante, et tous remettent en cause l'ordre moral de l'Irlande catholique et nationaliste.


Elle est née en 1930 dans un milieu rural isolé et conservateur, un endroit qu’elle devait décrire plus tard comme ‘fervent’ et ‘replié sur lui-même’. Edna O’Brien est la cadette d’une famille stricte et très religieuse. De 11 à 16 ans elle est pensionnaire chez les sœurs ‘The Sisters of Mercy’, ce qui contribua à lui faire vivre une enfance qu’elle qualifiera d’étouffante : « Je me suis rebellée contre cette religion coercitive et oppressante dans laquelle je suis née et j’ai été élevée. C’était pour moi à la fois terrifiant et complètement envahissant. Je suis contente que ce soit derrière moi. » Sa mère lui interdit la lecture, et va même jusqu’à brûler les livres qu’elle juge indécents (Sean O’Casey !).

Contre la volonté de ses parents, elle épouse en 1952 l’écrivain irlando-tchèque Ernst Gébler et le couple s’installe à Londres. Ils auront deux fils, Carlos et Sasha, avant de se séparer en 1964.

A Londres, le premier livre qu’elle a acheté est Introducing James Joyce de T. S. Eliot. Selon elle, c’est la lecture du récit de James Joyce Portrait de l'artiste en jeune homme qui lui a fait comprendre qu’elle voulait consacrer le reste de sa vie à la littérature.

Elle publie son premier livre, Les Filles de la campagne (The Country Girls) en 1960. Ce sera la première partie d’une trilogie romanesque comprenant aussi The Lonely Girl (1962) et Girls in Their Married Bliss (1964). Peu après leur publication, ces livres sont interdits en Irlande et, dans certains cas, brûlés, en raison de la description explicite de la vie sexuelle de leurs personnages.

Le roman A Pagan Place, publié en 1970, traitait de son enfance dans une ville irlandaise à l’environnement répressif. De fait, ses parents étaient violemment opposés à tout ce qui se rapportait à la littérature, et sa mère désapprouvait fortement sa carrière d’écrivain.

En 1981, elle écrit une pièce de théâtre, Virginia, consacrée à Virginia Woolf, La pièce est représentée d’abord au Canada, puis à Londres. Elle est également l’auteur de biographies de James Joyce et de Lord Byron.

Au fil de sa carrière d'écrivain, elle a reçu de nombreuses récompenses pour ses œuvres.


Dernière édition par domreader le Dim 8 Jan - 19:55, édité 2 fois

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Re: Edna O'Brien

Message par domreader le Dim 8 Jan - 19:51

Les Petites Chaises Rouges
The Little Red Chairs




Dans une petite ville irlandaise, un étranger arrive et s’installe comme guérisseur, il se fait appeler le docteur Vlad. Il est à la fois médecin, poète et un peu gourou. Il écoute, soigne les âmes et surtout traite l’une des sœurs de la communauté religieuse du coin. C’est ce qui asseoit sa réputation. Bientôt toutes les femmes de Clonooila n’ont plus que son nom à la bouche. En particulier Fidelma que la vie vide d’amour, d’aventure et d’enfants a laissé de côté. La rencontre de ces deux-là fera des ravages que Fidelma aura bien du mal à réparer.

Je n’en dis pas plus parce que l’histoire mérite d’être découverte au fur et à mesure. J’ai lu quelque part après coup (heureusement) la critique de Télérama, nulle car elle racontait tout le livre !!

Edna O’Brien prend bien le temps de camper le décor et surtout ses personnages avant de faire progresser son récit. En fait chque portrait pourrait constituer une nouvelle à part entière avant que les fils ne se nouent autour du drame. Elle sait bien jouer avec le temps, l’espace, les voix et les différents points de vue et nous balader tout doucement mais de main de maître dans une véritable descente aux enfers.

Un bon roman, c’est le deuxième d’elle que je lis et je me souviens avoir déjà eu une impression très positive du premier (lu en 2003 – Down By The River). C’est écrit dans un style direct, fluide, sans beaucoup de fioritures, qui touche par sa simplicité, la subtilité est bien plus présente dans la construction du roman et c’est ainsi qu’il nous touche.

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Re: Edna O'Brien

Message par Arabella le Dim 8 Jan - 20:28

Il a dans ma PAL, acheté à sa sortie, et toujours pas lu, tu me donnes envie, Dom.

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Re: Edna O'Brien

Message par Arabella le Dim 8 Jan - 20:41

Le joli mois d'août

Ellen vit séparée de son mari, qui amène leur fils en vacances. Elle erre un peu, puis décide de partir en vacances dans le Sud de la France. Elle y rencontre des gens, en particulier une bande d'Américains, et dérive suite au décès de son fils. Elle finit par rentrer chez elle à cours d'argent sans véritable envie.

Pas grand chose en apparence, mais dit avec infiniment de subtilité et de finesse. le portrait d'Ellen, à la dérive, même avant la mort de son enfant est très réussi. Edna O'Obrien sait rendre admirablement les sensations, hésitations, le manque intérieur de son personnage. Et elle a beaucoup de recul et d'auto-dérision Ellen, le tout dit avec une sorte d'humour au second degré. J'ai suivi ce périple avec intérêt et sympathie, parfois amusée, parfois touchée.

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Re: Edna O'Brien

Message par Arabella le Dim 8 Jan - 20:44

Un coeur fanatique

Il s'agit d'un recueil de 29 nouvelles, même si ce sont des textes indépendants et pouvant être lus tout à fait séparément, ces textes forment un ensemble, ils se répondent, et lus à la suite donnent la sensation d'une unité. Déjà parce qu'au centre il y a toujours une femme, voire plusieurs femmes (sauf une exception), et que c'est bien du destin féminin dont il est question ici. Et la plupart des textes sont liés à l'Irlande, une Irlande archaïque et pauvre, qui marque de son empreinte ses habitants. Les hommes boivent et se préoccupent peu des autres, les femmes triment et doivent être dures pour survivre. Et à un certain moment une irrésistible attirance lie les filles et les garçons, mais toute véritable proximité est illusoire, et les filles d'une façon ou d'une autre pâtissent de ces liens. Même lorsque les femmes sont arrivées à s'échapper de cette univers, par des études, un métier, une indépendance apparente, un vide, un manque impossible à combler demeure, et une envie d'être ensemble qui est impossible à satisfaire.

Cela peut donner l'impression d'être triste ou sinistre, mais c'est tout simplement d'une justesse impressionnante, d'une grande sobriété, l'auteur refuse le pathos et l'apitoiement. Et un certain humour ou second degré sont toujours présents. L'impossibilité d'être vraiment proche de quelqu'un d'autre, en même temps que l'impossibilité de na pas chercher cette proximité, une mélancolie douloureuse, une auto-ironie juste mais non cruelle. Edna O'Brien ne raconte pas de jolies histoires, mais capte l'essence des êtres, et l'enferme dans les scènes significatives et fortes, même si elles portent sur le quotidien. Et cela avec une impressionnante maîtrise de son écriture, un sens de la formule juste et vraie, qui résume parfaitement les ressentis et vibrations intimes. Et les douleurs diffuses et permanentes, sans raison objective.

Une très belle lecture, forte et marquante, à laquelle j'aurais sans doute envie de revenir, à certaines nouvelles en tous les cas. Ma préférée est peut être Une rose au coeur de New York, dans laquelle nous suivons une relation mère-fille, de la naissance dans la douleur de la fille, de l'existence difficile dans une ferme isolée et pauvre d'Irlande, de l'amour immense que la petite fille porte à sa mère, son modèle et unique objet d'amour possible. Puis la séparation pour la pension, l'amour provoqué par une religieuse qui la détache de sa mère, qu'elle commence à percevoir d'une autre façon, par les yeux des autres. Et de l'impossibilité de reconstruire leur lien, malgré les efforts et l'envie, et le vide impossible à combler que l'absence de ce sentiment laisse à jamais.

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Re: Edna O'Brien

Message par Arabella le Ven 20 Jan - 17:16

Les petites chaises rouges

Un étranger en provenance des Balkans, Vlad, s'installe comme guérisseur (on dirait aujourd'hui spécialiste en médecines douces ou naturelles) dans un petit patelin d'Irlande. Très vite il provoque une fascination chez les habitants, d'autant que ses méthodes semblent porter leurs fruits sur ses patients. Il a une histoire d'amour avec Fidelma, une femme mariée dont le magasin de prêt à porter vient de fermer et qui n'arrive pas à avoir un enfant. Mais le passé de Vlad va resurgir et balayer la tranquillité des habitants.

Je suis un peu mitigée devant ce livre. J'aime beaucoup la façon dont Edna O'Brien pose l'ambiance de cette petite communauté, dresse des portraits, surtout celui de Fidelma. Dans une écriture fluide bien adaptée à son sujet. Je suis moins convaincue par le portrait de Drag, dont l'arrivée et le comportement semblent peu vraisemblables, et dont l'analyse au final, ne dépasse pas une certaine banalité, et cela jusqu'au bout. Rien de vraiment éclairant dans cette manière d'aborder le personnage.

Je crois qu'Edna O'Brien voulais montrer comment la violence et les malheurs du monde touchent des territoires à priori les plus tranquilles et les plus loin du tumulte. Que ce qui se passe ailleurs nous concerne tous, et que nous y avons une part. Mais je n'ai pas été vraiment convaincue par la manière dont toutes ces parties et ces histoires s'imbriquent. Je trouve que dès que des personnages "étrangers" sont évoqués, on tombe assez vite dans une forme de stéréotype, de cliché. Qu'ils n'ont pas l'évidence des personnages irlandais.

Mais malgré tout, une lecture pas désagréable, même si un peu frustrante au final avec des intentions pas tout à fait abouties à mon sens.

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