Nordahl Grieg

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Nordahl Grieg

Message par eXPie le Sam 14 Jan - 19:46

Nordahl Grieg
(Bergen, Norvège, 01/11/1902 - Kleinmachnow, Allemagne, 02/12/1943)


"Le Norvégien Nordahl Grieg (1902-1943), neveu du compositeur Edvard Grieg (Peer Gynt), était ce qu'on appelle un homme d'action : marin, vagabond, journaliste en Chine en pleine guerre civile, puis à Moscou en 1933,en Espagne en 1937, résistant à Londres pendant la seconde guerre mondiale. Il meurt en 1943 au-dessus de Berlin au cours d'un raid. Il a développé une oeuvre de poète lyrique et de dramaturge influencé par le théâtre et le cinéma expérimentaux russes." (quatrième de couverture de Le Navire poursuit sa route)

"Evidemment, son oeuvre ne s'entend guère sans les événements qui l'ont dictée presque de bout en bout. Elle garde une valeur durable par l'invincible foi en l'homme qu'elle professe et que renforce la connaissance des circonstances qui l'ont dictée. C'est même cette foi qui la sauve d'une indéniable propension à un prosélytisme un peu court." (Régis Boyer, Histoire des littératures scandinaves, Fayard, page 309).
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eXPie

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Re: Nordahl Grieg

Message par eXPie le Sam 14 Jan - 19:47


Illustration : Sergueï Paradjanov, Recherche de la source « Lues ».

- Le Navire poursuit sa route (Skibet går videre, 1924). Traduit du norvégien par Hélène Hilpert et Gerd de Mautort, revu par Philippe Bouquet.. Les Fondeurs de Briques. 172 pages.

"Nordahl Grieg, qui avait cru plaider pour les marins, en décrivant combien leur vie pouvait être rude et dangereuse, recevait des sacs postaux entiers de lettres venues des quatre coins de la terre, dans lesquelles des marins indignés l'injuriaient et protestaient sur tous les tons.
Dans son coeur, Nordahl Grieg payait cher la leçon qui lui apprenait qu'il ne faut pas heurter les gens qu'on désire secourir, quand on veut efficacement les aider.
Il serait injuste envers l'élite magnifique que représentent les marins norvégiens, de prétendre que Le navire poursuit sa route est une peinture exacte de la réalité. Il ne faut pas oublier que Nordahl Grieg a toujours voulu que l'art serve l'idée et l'humanité, et, si son réalisme semble parfois trop brutal, ce n'est pas qu'il soit faux, non ; à la rigueur, nous pourrions lui reprocher seulement d'avoir trop généralisé les traits sombres.
Les marins gardèrent longtemps rancune à l'auteur. Pourtant, ils ne doivent pas oublier que les violentes polémiques autour de ce livre furent à l'origine d'une active campagne de la Croix-Rouge, ayant comme but d'améliorer la vie des marins dans les ports.
" (Préface de Gerd de Mautort, 1947 ; pages 8-9).

Au début du roman, nous sommes dans un port norvégien. Un jeune homme arrive devant un cargo, le Mignon.
"Derrière lui, la ville scintille de mille lumières et l'une d'elle lui est infiniment chère. Mais le bateau se dresse devant lui, sombre et silencieux comme la mort. La ville ou le bateau ? Il lui semble que, cette nuit, il doit choisir entre le bonheur et l'aventure.
Benjamin Hall embarque." (page 16).

Il a dix-neuf ans et va découvrir la vie de marin : le mal de mer du début, la nourriture vraiment pas bonne, la tempête, les virées à terre, mais aussi les accidents, les départs... par exemple celui d'un certain Aalesund :
"Et, au café, on n'avait jamais vu à bord un gars du nom d'Aalesund. Un destin entier a été emporté par le vent, comme un souffle. Le couchette sur laquelle il a vécu un moment est maintenant celle d'une autre. Ce soir, ses camarades sont occupés à laver le pont, leurs pensées sont libres et heureuses, dans la grande brise de mer, et ils ne connaissent plus celui qui est parti. Une vie ou deux, un chagrin, un malheur, on laisse tout derrière soi, tout est oublié." (page 48).

Quoi qu'il arrive, la vie à bord continue, et le navire poursuit sa route.

"Ecoutez le chant de la machine ! C'est celui de la vie. Ce bruit, qui a résonné une seconde, c'est toi. Tu ne l'as pas entendu ? La machine a martelé bien d'autres coups, depuis. Celui qui fut ta vie est terminé depuis longtemps déjà. La machine poursuit son martèlement, de nouveaux coups, de nouveaux destins sont projetés dans la nuit. Mais ne désespère pas : ce misérable petit bruit que fut ta vie a lui aussi vibré dans l'infini de l'espace et peut-être a-t-il eu un écho à la fois profond et fragile, avant de se perdre dans le néant." (page 84).

Lors des escales, les marins ont l'espoir d'avoir du courrier.
"« Je n'aurai pas de lettre, bon sang, dit Manaen pour conjurer le sort.
- Non, opine Risør, moi non plus, je crois. »
Il sait, lui aussi, que Dieu récompense les humbles. Plusieurs autres hommes marmonnent également qu'ils n'attendent aucun courrier mais restent pourtant muets d'espoir, en guettant le retour du capitaine." (page 117).

Un livre très vivant, souvent lyrique, qui sent le vécu. Vraiment très bien.

"La majeure partie d'Ultramarine n'est que paraphrase, plagiat ou pastiche de votre oeuvre. ». Lettre de Malcolm Lowry à Nordahl Grieg, Los Angeles, 1938." (quatrième de couverture).

Pour finir, à un moment, dans le livre, quelqu'un joue le Chanson de Solveig, d'Edvard Grieg.



"« Arrête, crie le gros Mens, joue-nous quelque chose de plus gai, bon sang ! »" (page 129)
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Re: Nordahl Grieg

Message par domreader le Mar 17 Jan - 12:21

Tentation forte......

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Re: Nordahl Grieg

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