Norbert Gstrein

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Message par Arabella le Dim 15 Jan - 13:43

Norbert Gstrein (1961 -    )



Norbert Gstrein  Gstrei11


Norbert Gstrein (né le 3 juin 1961 à Mils bei Imst au Tyrol) est un écrivain autrichien.

Gstrein a éudié les mathématiques à Innsbruck et a suivi ensuite des séminaires de philosophie du langage à Stanford (Californie) et à Erlangen. Sa thèse passée en 1988 était titrée Logique des questions. Ses premiers succès ont été les romans Einer et Die englischen Jahre, dans lequel il décrit la quête d'identité de l'écrivain juif Gabriel Hirschfelder qui n'était pas rentré de son exil anglais après la Seconde Guerre mondiale. Sous la forme d'un dialogue intérieur et de souvenirs Gstrein développe la problématique existentielle de ses protagonistes.

Source : Wikipédia

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Message par Arabella le Dim 15 Jan - 13:46

Les Années d'Angleterre

La narratrice du roman, en cours d'un voyage en Angleterre s'en vient à traquer le passé d'un juif autrichien, Hirschfelder, qui a émigré juste avant le début de la deuxième guerre mondiale. Il a publié un livre, et l'ex-mari de cette femme, Max, lui a voué un véritable culte. Elle va rencontrer les femmes qui ont compté dans la vie de l'écrivain, aller dans l'île de Man, où des ressortissants de pays « ennemis » ont été internés après le déclenchement de la guerre. Elle construit un récit sur le personnage, tente de percer son mystère. Ce qui l'entraîne inévitablement vers Max, et éclaire aussi sa propre façon de construire sa vie et son identité.

J'ai été de suite émerveillée par l'écriture de Norbert Gstrein, très sensuelle, et d'un rythme particulier. Par sa façon d'instiller le doute, de décrire tout en échappant à la description. Les thématiques de l'identité, de l'exil, d'impossible appartenance, sont creusées, mais d'une façon qui laisse au lecteur une grande marge pour arriver à ses propres conclusions. On oscille entre le très concret, le précis, et le mouvant et ce qui échappe toujours à la compréhension, à la classification. La narratrice construit son récit, d'une certaine façon dans une fantasmagorie, à partir de stéréotypes, qui sont devenus constitutifs de la représentation de cette période. Mais en même temps, elle fait un cheminement personnel, à partir de son histoire et de ses spécificités. Qu'est ce qui est vrai ou pas dans le récit, c'est au lecteur d'y répondre, à sa façon, à partir de ce qu'il est.

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Message par kenavo le Dim 15 Jan - 13:58

quels beaux fils tu nous ouvres aujourd'hui Very Happy


Norbert Gstrein  Aa11 / Norbert Gstrein  A60
Einer / Un d’ici
Présentation de l’éditeur
Deux policiers viennent arrêter Jakob, dans l'auberge tenue par sa famille dans un village de montagne, en Autriche. C'est sa famille qui, pendant les deux heures qu'ils restent, répond aux questions qu'ils posent et qu'elle se pose sur Jakob : «nous» parle de «lui», lui qui était l'un de nous, un enfant du village qui s'est peu à peu marginalisé et exclu du village.
Mais la lente déchéance du jeune homme correspond à l'aliénation du village lui-même, qui s'asservit avec rancœur aux clients allemands venus y pratiquer les «sports d'hiver» à bas prix. Jakob a vécu tout cela avec un dégoût lucide qui transparaît dans les récits familiaux, et qui l'a progressivement isolé jusqu'à en faire une sorte de victime expiatoire.
Le récit de cette double pathologie, individuelle et collective, est à la fois le roman d'une vie et la chronique d'une commune, et il est doublement exemplaire.
Dans une langue d'une vigueur et d'une rigueur étonnantes, ce récit a d'emblée situé son jeune auteur au premier rang des successeurs de Thomas Bernhard.
Ce récit prend un peu plus que 100 pages et c’est d’une force extraordinaire.

Un « chœur » anonyme, un « nous » raconte l’histoire de Jacob.
De temps en temps un narrateur qui semble savoir tout, prend la parole.
Mais jamais Jacob, le ‘héros’ du livre.

Tout comme on peut le lire dans le résumé, ce roman ne se centre pas seulement sur le personnage de Jacob et de son crime, il est suppléant pour le village autour.

On retrouve un peu l’atmosphère de la ‘pampa autrichienne’ comme dans les livres de Josef Winkler moins les sentiments aigris de celui-ci.

J'ai beaucoup aimé, un livre qui dégage une voix qu'on va retenir!

L’atmosphère dans Un d’ici peut certainement se situer dans le paysage natal de Norbert Gstrein.

Norbert Gstrein  A61

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Message par Arabella le Dim 15 Jan - 14:04

Merci Kenavo. Il fut vraiment que le lise plus de lui, parce que c'est un écrivain fabuleux.

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Message par Arabella le Mer 4 Sep - 11:40

Une vague idée du début

Anton, le personnage principal du roman, nous raconte à la première personne, un certain nombre d’événements, qui plus que changer le cours de sa vie, l’ont obligé à se positionner, à se plonger en lui-même et en ses souvenirs. Il croit reconnaître, sans en être certain, un de ses anciens élèves, Daniel, sur une photo floue de journal. Un jeune homme dont il a été d’une certain façon proche, qui a compté pour lui. Si cette photo apparaît dans ce journal, c’est qu’une contrefaçon de bombe accompagnée d’un message menaçant a été découverte à la gare de la petite ville où vit Anton et que le personnage sur la photo est soupçonné de l’avoir déposée. Anton n’est pas le seul à penser à Daniel, très vite tous les habitants de l’endroit semblent lui attribuer la responsabilité de l’acte, et en même temps rendre Anton responsable de ce qui arrive. La tension montre encore avec une nouvelle menace, jusqu’à une forme d’hystérie collective par moments. Anton replonge dans ses souvenirs, revisite les endroits, revoit des personnes qui pourraient évoquer des aspects qui ont pu lui échapper dans le cheminement de Daniel, et dans le sien. Tout cela dans un certain désordre, en vrac, comme cela arrive lorsqu’on se plonge dans ses souvenirs, et qu’un éléments en ramène un autre à la mémoire, arrivé à un autre moment. Anton n’explique pas tout, se parlant à lui-même il n’a pas besoin d’énoncer des choses qui sont des évidences : par exemple je me suis demandé pendant un moment quelle matière il enseignait.

Que fait qu’un livre vous bouleverse d’une façon terrible et merveilleuse à la fois ? Comment rendre compte d’un tel livre ? J’ai beaucoup de mal à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti et aussi toutes les pistes de réflexion que ce roman a ouvertes pour moi. Car c’est à la fois très sensible, dans des description de lieux, des sensations, des ambiances, des émotions, mais le sensible n’occulte pas la réflexion, la question du sens, des choix, de la marge de liberté laissée à chacun, ou que chacun s’autorise.

Ne vous attendez pas si vous lisez ce livre à un cheminement d’un jeune qui « se radicalise » qui verse dans la violence, sujet sans doute d’actualité. Mais le roman de Norbert Gstrein va au-delà d’un sujet dans l’actualité. Nous ne saurons pas grand-chose de sûr à propos de Daniel, il devient presque une métaphore, une sorte de golem dans lequel chacun projette ses propres représentations, peurs ou espoirs. Ou qui suscite, comme chez Anton, des questionnements : sur ce qu’est une éducation, sur la façon dont on peut ou pas contribuer à la construction d’un esprit jeune, sur la légitimité et les limites de ces tentatives. Daniel, comme beaucoup d’adolescents, se posait des questions sur le sens des choses ; crise inévitable mais passagère, ou ce type de questionnement doit-il rester toujours vivant quelque part dans chaque homme pour être véritablement homme ? Et même si ce type de problématique traverse l’esprit à toutes les époques (je ne peux m’empêcher de penser à Saint-Augustin dont je viens de finir une biographie) Norbert Gstrein suggère avec subtilité à quel point la façon de la poser et le type de réponses dépendent aussi de la société, du monde dans lequel on vit. Il dresse au passage un tableau à proprement parlé effroyable d’une petite ville autrichienne, dans une sorte de décomposition haineuse. Mais cette petite ville n’est qu’un condensé, sans doute de l’Autriche, mais aussi de notre monde européen de ce début du siècle. Le roman est ponctué de référence à des livres, dont le contenu paraît par moments aussi tangible que les événements dans le monde sensible.

Très sombre en partie, très angoissant par moments, le livre ne verse pas dans un pessimisme total qui serait une facilité, mais contient aussi une part de merveilleuse lumière, comme celle de ces journées d’été dans le vieux moulin d’Anton.

Je me pose la question pourquoi Norbert Gstrein n’attire pas plus de lecteurs (au passage un grand merci à @Kenavo que me l'a fait connaître) : j’ai déjà lu un autre de ses romans, «  Les années d’Angleterre » que j’ai trouvé excellent (sans qu’il me touche autant) mais vraiment excellent. Une recherche sur Internet ne m’a permis de découvrir qu’une seule critique « professionnelle » un très bref commentaire du Monde, passe partout, vague, un peu incolore. Il mériterait à mon sens tellement plus, ce livre, qui pour moi sera sans conteste un des livres essentiel de ma vie de lectrice.

Je suis très heureuse qu’il reste encore quelques livres de cet auteur à découvrir. Et j’espère très bientôt de nouvelles parutions.

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Message par domreader le Mer 4 Sep - 22:26

Je le note évidemment!

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Message par kenavo le Jeu 5 Sep - 4:29

contente de lire ton commentaire, c'est bien que tu me rappelles cet auteur, je l'avais un peu oublié...
je viens aussi de voir que son nouveau livre est sortie cette année et les commentaires dans la presse ont été dithyrambiques

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Message par Aeriale le Jeu 5 Sep - 8:28

Merci pour votre découverte, et ton dernier topo @Arabella.

Un sujet d'actualité mais avec des résonances très larges, il semble. Tu as l'air vraiment emballée.

Noté aussi!
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Message par Arabella le Jeu 5 Sep - 11:10

@kenavo a écrit:contente de lire ton commentaire, c'est bien que tu me rappelles cet auteur, je l'avais un peu oublié...
je viens aussi de voir que son nouveau livre est sortie cette année et les commentaires dans la presse ont été dithyrambiques

J'espère vraiment qu'il sera traduit au plus vite ! Je vais guetter. Merci de l'info, @Kenavo.

@Aeriale a écrit:Merci pour votre découverte, et ton dernier topo @Arabella.

Un sujet d'actualité mais avec des résonances très larges, il semble. Tu as l'air vraiment emballée.

Noté aussi!

Norbert Gstrein n'ignore pas le monde dans lequel il vit, mais en même temps il a cette extraordinaire lucidité de pas s'arrêter à l'anecdotique, il va creuser plus loin, dans ce qui fait l'homme de tous les temps et tous les lieux. Il m'a emballée oui, je crois que je me sens vraiment en résonance avec sa vision du monde et de l'humain. Très nuancée au final, complexe, d'une grande humanité, même si sans aucun optimiste béat.

Et le livre est vraiment extraordinairement construit, on est pris, on se demande comment cela va évoluer, la lecture n'a rien d'aride, il y a presque un côté suspens qu'il manie très bien. Je me demandais même comment il allait pouvoir terminer cette histoire, où il a ouvert tant de portes, tant de questionnements. Et bien la fin est est d'une beauté et émotion très fortes, tout en demeurant très ouvertes. Mais il ne faut pas trop en dire, il faut découvrir toutes les surprises qu'il réserve aux lecteurs.

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Message par Aeriale le Ven 6 Sep - 8:44

@Arabella a écrit: Mais il ne faut pas trop en dire, il faut découvrir toutes les surprises qu'il réserve aux lecteurs

Tu as juste fait passer le nécessaire pour nous mettre en alerte, très très intrigant tout ça!!
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