Ingeborg Bachmann

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Ingeborg Bachmann

Message par Arabella le Mer 8 Fév - 20:00

Ingeborg Bachmann (1926-1973)






Source Wikipedia

Après avoir commencé des études de droit, elle se consacre aux lettres et à la philosophie et obtient son doctorat de philosophie en 1950 avec une thèse intitulée : « La réception critique de la philosophie existentielle de Martin Heidegger.»
Comme beaucoup d'écrivains germanophones de l'immédiat après-guerre, elle commence sa carrière de poétesse à l'intérieur du Groupe 47. Elle reçoit du reste le prix du Groupe 47 pour son premier recueil de poèmes, Le délai consenti (Die Gestundete Zeit), en 1953.
Ses poèmes et pièces radiophoniques reçoivent à la fois un succès critique et un engouement du public, et lui assurent une grande renommée dans le monde germanophone. La session du Groupe 47 de 1958, dite Grossholzleute, voit l'émergence d'une frange féminine menée par Bachmann, Ilse Aichinger et d'autres auteures. Le Groupe 47 veut libérer les Hommes des mots salis par les Nazis, et les aider à écrire un nouveau monde. Il va servir aussi, se disent-elles, à nettoyer le langage des mots dont se servent les hommes pour parler des femmes en leur nom, et donc, usurper leur place - et taire leurs passions. C'est le début d'une tentative littéraire originale et révolutionnaire d'écrire l'Amour, que les femmes ressentent avec leurs mots à elles - non ceux fabriqués par des siècles d'auteurs masculins (voir sur ce thème la nouvelle de Bachmann, « Ondine », dans le recueil La trentième année : Das dreißigste Jahr).
Ce changement d'objectif « politique », de thématique littéraire, ainsi que le passage du poème à la nouvelle, vont briser le lien entre Bachmann et le public.
De 1958 à 1962, Ingeborg Bachmann partage sa vie avec l'écrivain suisse allemand Max Frisch, rencontré à Francfort. Ils vivent entre Rome et Francfort.
En 1959, elle inaugure, comme premier professeur invité, la chaire de poétique de l'université de Francfort-sur-le-Main, créée par cette université pour permettre à un écrivain de langue allemande d'y exposer son « art poétique ». Des six conférences initialement prévues (de novembre 1959 à février 1960), Ingeborg Bachmann n'en donnera que cinq. Leur titre : « Questions de poésie contemporaine.»
Elle reçoit en 1964 le prestigieux prix Georg-Büchner pour ses poèmes, et compose pour la réception de celui-ci son texte : Berlin, un lieu de hasards.
Malina (premier tome de la tétralogie Genres de mort : Todesarten), publié en 1971, sera aussi son dernier ouvrage publié de son vivant : la mort soudaine de Bachmann va laisser son travail en chantier. Ce roman se veut le premier volet dans l'aboutissement d'un effort de rénovation « féminin » de la langue - tel que, depuis longtemps, l'envisage Bachmann.
Ingeborg Bachmann meurt en effet, brûlée vive dans sa chambre d'hôtel à Rome, le 17 octobre 1973. S'agit-il d'un accident, ou de ce que Stig Dagerman appelait l'« accident de travail » de l'écrivain : le suicide ? La thèse la plus probable reste celle de l'accident, mais certains éléments seraient mystérieux.
Elle a par ailleurs été la « femme aimée » de Paul Celan. En août 2008, leur très importante correspondance a été publiée l'éditeur Suhrkamp sous le titre Herzzeit (Le temps du coeur).
Bachmann a également collaboré avec son ami le compositeur Hans Werner Henze à l'écriture du livret de l'opéra de celui-ci : Der Junge Lord (Le jeune Lord) ; qui est, de toute l'œuvre musicale de Henze, son opéra le plus connu et le plus apprécié.
Depuis 1977, un prix littéraire portant son nom est décerné à Klagenfurt – voir prix Ingeborg Bachmann.

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Arabella

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Re: Ingeborg Bachmann

Message par Arabella le Mer 8 Fév - 20:01

Malina

Cela fait déjà quelques jours que j'ai fini ce roman ( ?), mais j'ai énormément de mal pour écrire un commentaire sur cette lecture. Il s'agit d'une oeuvre hors-norme, difficile à cerner, que je ne suis pas sûre d'avoir vraiment comprise, et de laquelle il m'est donc assez difficile de parler d'une façon relativement cohérente et construite.

C'est un récit à la première personne, un monologue, d'une femme, qui ressemble forcement très fort à Ingeborg Bachmann, enfin pour ce que je puis en imaginer. Cette femme vit à Vienne, et se partage entre l'écriture et deux hommes, un avec qui elle habite et un autre qui habite à quelques pas, et qu'elle voit le plus souvent possible. Mais le monde de la narratrice semble pouvoir à chaque instant dérailler, devenir une sorte de cauchemar éveillé dans lequel les choses et les gens deviennent étranges voire menaçants. Et il y a les récits qu'elle écrit et qui s'intègrent à certains moments au récit du roman. Il y a par moments des descriptions très réalistes, qui alternent avec des moments où les choses ne sont plus réalistes du tout.

Le livre semble décrire le monde intérieur de la narratrice-auteur, un monde chaotique, peu rassurant, dans lequel il faut à chaque moment apprivoiser le réel pour qu'il ne vous avale pas. On dirait qu'elle cherche en permanence des points d'appui qui se dérobent, rien n'est vraiment certain, sauf peut être la souffrance.

Même le langage, défense suprême se dérobe, le livre contient un certain nombre de lettres inachevées, comme si aller jusqu'au bout était impossible. Par exemple, une lettre au notaire, dont la narratrice essaie de composer plusieurs versions, jamais finies, et dont le sens semble s'éloigner de plus en plus de ce qu'elle semblait vouloir dire au début. Ces lettres sont de brillants morceaux d'ailleurs, écrits d'une façon éblouissante, avec des formules toutes faites, comme dans bon nombre de lettres, et Bachmann semble les détourner, comme si toutes ces formules tuaient la communication, la rendaient impossible. Là, il y a sûrement une brillante étude à faire sur l'utilisation du langage chez Bachmann, sur l'échec du langage qui mène à sa propre fin et à la mort, j'imagine que cela a du être écrit par des brillants spécialistes.

Un livre donc très cérébral, mais qui en même temps qu'il est complètement désespéré peut être étrangement drôle. Drôle, touchant, effrayant, incompréhensible aussi, ce livre est tout cela à la fois. Une expérience de lecture très particulière, qui demande un certain effort, qui apporte un certain plaisir, qui trouble et intéresse, mais par moments agace aussi. Quelque chose de complexe en somme. Et difficile à résumer.

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Re: Ingeborg Bachmann

Message par kenavo le Mer 8 Fév - 20:31

@Arabella a écrit:Il s'agit d'une oeuvre hors-norme, difficile à cerner, que je ne suis pas sûre d'avoir vraiment comprise, et de laquelle il m'est donc assez difficile de parler d'une façon relativement cohérente et construite.
et ben, bravo pour ton commentaire... après trois lectures (un abandon à l’âge de 17 ans, deux lectures entières plus tard), je ne pourrais pas parler en si bien

mais je suis encore aujourd'hui fascinée par le personnage d’Ingeborg Bachmann et de son rôle/importance dans le monde littéraire lors de son temps…

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Re: Ingeborg Bachmann

Message par Arabella le Mer 8 Fév - 20:34

Le personnage est vraiment fascinant.

J'ai toujours cette correspondance avec Celan à lire....

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