László Krasznahorkai

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

László Krasznahorkai

Message par Arabella le Lun 13 Fév - 21:34

László Krasznahorkai (1954 - )





Source : Wikipédia

László Krasznahorkai, né le 5 janvier 1954 à Gyula (Hongrie), est un écrivain et scénariste hongrois, auteur de plusieurs dystopies. Il a signé les adaptations de ses romans, notamments Tango de Satan et La Mélancolie de la résistance, pour des film réalisés par Béla Tarr.

Fils d'un avocat et d'une fonctionnaire, il termine en 1972 des études secondaires où il reçoit une formation de premier plan en latin. De 1973 à 1976, il étudie le droit à l'Université Attila József (aujourd'hui l'Université de Szeged).

En 1977, il publie un premier nouvelle, intitulée Tebenned Hittem, dans le journal Mozgó Világ. L'année suivante, il décide de poursuivre ses études, cette fois en littérature, à l'Université Loránd Eötvös, où il soutient avec succès en 1983 une thèse sur Sándor Márai. Krasznahorkai devient ensuite éditeur, mais abandonnera ce métier pour se consacrer entièrement à l'écriture.

En 1985, il publie Tango de Satan (Sátántangó) qui obtient un important succès critique. À la même époque, il amorce, en tant que scénariste, sa fructueuse collaboration avec le réalisateur de cinéma Béla Tarr.

La consécration internationale lui vient en 1989 avec la parution du roman La Mélancolie de la résistance (Az ellenállás melankóliája). Son ami, l'écrivain et lauréat du prix Nobel de littérature Imre Kertész affirme alors que « depuis Nietzsche, [l'œuvre de Krasznahorkai] représente la seule consolation métaphysique possible ». En 2000, Krasznahorkai signe l'adaptation de ce roman pour le film Les Harmonies Werckmeister (Werckmeister harmóniák), réalisé par Béla Tarr.

Krasznahorkai reçoit le prix Kossuth en 2004 et le Prix international Man Booker en 20151.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
avatar
Arabella

Messages : 2175
Date d'inscription : 29/11/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: László Krasznahorkai

Message par Arabella le Lun 13 Fév - 21:35

Tango de Satan

Dans une ferme collective en cours de démantèlement dans la plaine hongroise, une poignée de personnes tente de s'accrocher, de survivre, tout en rêvant à une impossible évasion, à une autre vie, à un ailleurs meilleur. Tout en observant ses voisins, en tentant de les abuser pour se sortir du guêpier dans lequel ils sont plongés jusqu'au cou. L'annonce de l'arrivée de deux personnages que l'on croyait morts, réveille les espoirs de tous, prêts à confier toutes leurs économies et rêves à Irimias, personnage trouble au verbe facile, et à la promesse large. Et ses discours ne vont pas décevoir les attentes placées en lui….

Laszlo Krasznahorkai a une superbe écriture, un souffle, une respiration de la phrase maîtrisée à la perfection, qui embarque le lecteur, le porte, sans possibilité de fuite. La galerie des personnages, mi-réalistes, mi fantastiques est magistrale, même si pas complètement originale en fin de compte. le monde en décomposition est somptueux, on a la sensation de pouvoir toucher les décors, tellement ils sont finement rendus. du grand art maîtrisé, un grand plaisir de lecture.

Même si malgré tout l'art de l'auteur, un petit quelque chose d'attendu quand même dans cet univers, dans ces personnages, et une fin un tout petit peu moins à la hauteur que ce qui précède. Mais ce sont de toutes petites réserves, et je vais continuer à me plonger dans les livres de l'auteur, enfin ceux qui sont disponibles, ce qui ne fait pas grand-chose malheureusement, parce qu'incontestablement il a un talent fou et rare.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
avatar
Arabella

Messages : 2175
Date d'inscription : 29/11/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: László Krasznahorkai

Message par Arabella le Lun 13 Fév - 21:36

La mélancolie de la résistance

Le livre s'ouvre sur une sorte de prélude : le voyage de Mme Pfaum, une paisible retraitée qui revient chez elle après un petit séjour dans sa famille. Et ce qui devrait être une petite routine confortable, s'avère presque un passage de film d'horreur. C'est que le monde est en train de changer, de se désagréger, et que d'inquiétants individus semblent prendre possession du monde, les trains ne sont plus sûrs, et ne respectent certainement plus les horaires. Quand à la ville d'inquiétants phénomènes s'y produisent : les ordures s'accumulent, les rues ne sont plus éclairées, la température est bien trop froide pour la saison, le château d'eau s'effondre sans raison. Une catastrophe semble planer sur la ville.

Dans la deuxième partie du roman nous voyons tous les signes maléfiques converger vers un cirque à l'unique attraction, une monstrueuse baleine. Cela semble être le foyer, la source, de toutes les perturbations qui s'accumulent sur la ville. L'observateur privilégié de ce qui arrive est Valuska, le fils de Mme Pfaum, un étrange personnage vivant dans son monde, et qui passe son temps à parcourir la ville. La catastrophe semble imminente, les habitants se terrent chez eux en espérant échapper à la violence qui couve, et certains espèrent tirer profit des tragiques événements annoncés.

J'ai été vraiment impressionnée par ce roman, maîtrisé de bout en bout, et d'une très grande richesse. László Krasznahorkai joue sur plusieurs registres, la terreur, le grotesque, l'ironie. Son univers est à la fois d'une très grande précision, plein de détails (les réserves alimentaires de Mme Pfaum par exemple) et en même temps fantastique, il arrive à se mettre fans la petite fente, le petit interstice dans lequel le réel déraille, se change en autre chose. Tout en restant reconnaissable, ce qui rend la transformation d'autant plus effrayante. Une vision noire et nihiliste du monde, mais non dépourvue d'un certain humour.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
avatar
Arabella

Messages : 2175
Date d'inscription : 29/11/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: László Krasznahorkai

Message par Arabella le Lun 13 Fév - 21:38

Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau


J'ai été complètement sous le charme de ce texte, difficile à qualifier tellement il est original.

La recherche du Jardin Caché. Impossible et incontournable. Conte, fable philosophique, poème, rêve éveillé mais pleinement lucide, ce texte est un peu tout cela. Avec grâce et légèreté. Tout en laissant une empreinte durable. Quelle étonnante maîtrise chez l'auteur pour créer un univers mental et métaphysique qui soit en même temps si sensible. le réel et une sorte de modèle idéal en parallèle, une sorte de possibilité de toucher de près les ombres de la caverne platonicienne. Même s'ils ne se laissent pas saisir au final.

Un voyage au vrai sens du terme, un de ceux dont ne revient jamais véritablement.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
avatar
Arabella

Messages : 2175
Date d'inscription : 29/11/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: László Krasznahorkai

Message par Queenie le Ven 17 Mar - 9:00

Tango de Satan vient de ressortir en folio, l'occasion d'aller jeter un coup d’œil dans mes souvenirs



Je trouve la couverture trop douce, et trop sereine par rapport à mes impressions sur ce livre. ça pourrait bien induire en erreur.

Une écriture d'une densité incroyable, avec des phrases longues, qui digressent entre deux virgules, qui donnent une respiration tendue et glissante à la fois. Comme un corps trempé de pluie qui a des frissons électriques. Parce qu'on est trempés constamment dans ce livre. Krasznahorkai parvient incroyablement bien à décrire le petit village de Hongrie paumé, la boue, la pluie, le froid, le poêle dans le bar crasseux, les verres de palinka que les habitués s'enfilent les uns derrière les autres, les vitres embués derrière lesquels des yeux observent, le craquement du bois. Immergée complètement dans l'atmosphère, l'auteur donne une vraie vie palpable à ce livre.

Quelques bémols sur la longueur de certains passages, où il part dans des sortes de longues explications-descriptions, où il semble se faire plaisir avec des scènes, certes bien décrites, mais qui finissent par manquer d'originalité (des personnages de ratés aigris et enfermés dans leurs existences qu'on a déjà croisés des millions de fois, des séquences de paperasseries qui pourraient être tellement drôles si elles ne sentaient pas le réchauffé...).
Du coup, un léger ennui peut s'installer, mais pas longtemps (parce que ça colle dans l'écriture, ça garde, ça imprègne de l'ambiance, c'est poisseux à ne pas pouvoir s'en détacher) et parfois même, je me suis retrouvée perdue dans des phrases dont je ne voyais pas le bout, et ne comprenais pas le but.

N'empêche que Tango de Satan creuse dans le plus écœurant de l'humanité. Peu, très très peu, de moments où on respire gaiement, où la légèreté s'installe. Le seul personnage qu'on a envie de sauver, qui semble pur et doux, finit par massacrer un chat et mourir en quelques pages. Rien n'est à sauver dans ce livre, et surtout pas les hommes et les femmes.
Ils sont tous mauvais, menteurs, avares, envieux, cruels, égoïstes, opportunistes, mous, et crasseux.
Limite, je finissais par être contente de les voir foncer dans le mur.

Krasznahorkai arrive incroyablement à donner corps à ses personnages, et à ces lieux. Avec, en plus, une pointe de surréalisme, d'onirisme, qui surgit, et se mêle à un réalisme terre-à-terre qui finit par devenir une sorte de conte moral, voir d'un passage biblique.

En tout cas, malgré mes impressions mitigées, ma lecture date de 2013 et en me relisant j'en retrouve encore toutes les sensations, c'est pas rien !

Et vu ce qu'en dit Arabella, Tango de Satan n'est pas son meilleur, il faudrait que j'en tente un autre.

_________________
*Imaginer en Grand*
avatar
Queenie

Messages : 2045
Date d'inscription : 29/11/2016
Localisation : *CabanCouette*

Revenir en haut Aller en bas

Re: László Krasznahorkai

Message par Arabella le Ven 17 Mar - 9:21

C'était son premier, Le tango de Satan. Je trouve qu'il a encore mieux fait depuis. Sans oublier sa collaboration avec Bela Tarr, qui a adapté ses livres. Faudrait que lui ouvre un fil, à celui-ci d'ailleurs.

Un livre est en cours de traduction et la parution annoncée pour cette année chez Cambourakis. Je ne le raterai pas.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
avatar
Arabella

Messages : 2175
Date d'inscription : 29/11/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: László Krasznahorkai

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum