Samuel Beckett (poésie)

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Samuel Beckett (poésie)

Message par MezzaVoce le Ven 7 Avr - 11:23




Samuel Barclay Beckett est un écrivain, poète et dramaturge irlandais d'expression anglaise et française, né le 13 avril 1906 à Foxrock (Dublin) et mort le 22 décembre 1989 à Paris.

En 1937, il quitte l’Irlande et s’installe à Paris à l’hôtel Libéria.

Il est surtout connu pour son œuvre théâtrale mais a aussi écrit des romans et de la poésie, en vers et en prose. Son œuvre est austère et minimaliste, ce qui est généralement interprété comme l'expression d'un profond pessimisme face à la condition humaine. Ce pessimisme n'exclut cependant pas l'usage d'humour omniprésent chez l'auteur, l'un étant au service de l'autre, pris dans le cadre plus large d'une immense entreprise de dérision.

Avec le temps, il traite ces thèmes dans un style de plus en plus lapidaire, tendant à rendre sa langue de plus en plus concise et sèche. En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend toute son élévation dans la destitution de l'homme moderne ».


Bibliographie poétique en vers :


  • 1930 - Whoroscope. Titre français : Peste soit de l'horoscope (publié en 2012).
  • 1931 - Hell Crane to Starling, Casket of Pralinen for a Daughter of a Dissipated Mandarin, Text, Yoke of Liberty, Return to the Vestry et Alba.
  • 1936 - Cascando.
  • 1935 - Echo’s Bones and Other Precipitates, titre français : Les Os d’Écho.
  • 1938 - Ooftish.
  • 1946 - Saint-Lô (écrit en anglais).
  • 1968 - Publication du recueil Poèmes, qui réunit tous les poèmes écrits en français depuis 1937 ainsi que des poèmes écrits entre 1937 et 1939 et entre 1947 et 1949.
  • 1978 - Réédition de Poèmes, augmentée de Hors crâne seul dedans (1976) et suivi de Mirlitonnades. En 1979 : ajout de deux Mirlitonnades : Le nain nonagénaire et À bout de songe. En 1992, ajout du poème Comment dire.



(sources : Wikipédia et Éditions de Minuit)
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Re: Samuel Beckett (poésie)

Message par MezzaVoce le Ven 7 Avr - 11:52



Poèmes (1992)

C’est un très court recueil (21 pages), suivi des Mirlitonnades. Les textes ont été écrits en français, de 1937 à 1949. Complétés, dans cette édition, par Comment dire, dernier texte écrit par Beckett en français en 1988.

Le début m’a surprise : il ouvre sur l’amour et l’érotisme. Âpre mais quand même : il y a l’absence, mais il y a la présence (« l’absence / au service de la présence »). Il y a l’azur, la pluie d’été, le « pur / amour ». Et même la chair, le corps qu'on devine entier (ça change des Jours heureux et autres Innommable), la sensualité, âpre, fragile, mais là quand même.

Très court moment cependant (trois pages). Puis vient le sang. Avec ce qui précède, j’ai hésité : sang de vie, peut-être ? La suite me détrompe : une tombe, une mouche (« sabrant l’azur »), la rage froide, l’oubli, la solitude obstinée, la lutte contre soi-même.


Bon bon il est un pays
où l’oubli où pèse l’oubli
doucement sur les mondes innomés
là la tête on la tait la tête est muette
et on sait non on ne sait rien
le chant des bouches mortes meurt
sur la grève il a fait le voyage
il n’y a rien à pleurer

ma solitude je la connais allez je la connais mal
j’ai le temps c’est ce que je me dis j’ai le temps
mais quel temps os affamé le temps du chien
du ciel pâlissant sans cesse mon grain de ciel
du rayon qui grimpe ocellé tremblant
des microns des années ténèbres

vous voulez que j’aille de A à B je ne peux pas
je ne peux pas sortir je suis dans un pays sans traces
oui oui c’est une belle chose que vous avez là une bien belle chose
qu’est-ce que c’est ne me posez plus de questions
spirale poussière d’instants qu’est-ce que c’est le même
le calme l’amour la haine le calme le calme


Au final, les ténèbres gagnent. Et pour survivre, la folie. Ce n’est vraiment pas gai mais c'est bouleversant. Et j'ai trouvé le choix éditorial de cette composition très intéressant (notamment l'ajout, en fin de recueil, de Comment dire).

Les Mirlitonnades, qui suivent, sont (un peu) plus légères, plus ludiques.

Reste mes lacunes culturelles, frustrantes. Dans les Poèmes : pourquoi Roscelin ? l'expression « ciseaux argentins » a-t-elle une signification particulière ? Dans les Mirlitonnades : qui sont exactement Arthur Keyser et Caroline Hay Taylor ? qu’a de particulier la rue Neckar, à Stuttgart ?
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