Paul Scarron

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Message par Arabella le Mar 8 Aoû - 21:13

Paul Scarron



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Source : Dictionnaire Larousse en ligne


Écrivain français (Paris 1610-Paris 1660).

Secrétaire de l'évêque du Mans, frappé de paralysie en 1638, il lance la mode de la poésie burlesque (le Virgile travesti, 1648-1652), compose des satires et écrit des pièces imitées du théâtre espagnol (Jodelet ou le Valet-maître, 1645 ; Dom Japhet d'Arménie, 1653 ; l'Écolier de Salamanque, 1655). Outre ses Nouvelles tragi-comiques (1655-1657), qui inspireront Molière, il se livre avec succès à une peinture savoureuse des comédiens de campagne (Roman comique, 1651 et 1657). Il avait épousé, en 1652, Mlle d'Aubigné, future Mme de Maintenon.

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Message par Arabella le Mar 8 Aoû - 21:14

Jodelet ou le maître valet


Surtout connu comme l’auteur du Roman comique, Scarron a été de son temps, un auteur de théâtre très apprécié. Plusieurs de ses comédies ont été écrites pour l’acteur comique le plus célèbre de son époque, Jodelet, et leurs titres comportent son nom. Les situations comiques reposent souvent sur une situation dans laquelle, Jodelet, qui est un valet, passe pour quelqu’un d’autre, un grand seigneur, voire un prince. Il y une inadéquation, un décalage, entre le rôle social attribué au personnage et son comportement.

Scarron a imité dans ses pièces des auteurs espagnols, en modifiant, francisant, un peu les situations, et aussi en réduisant ses sujets d’origine, puisque les comédies espagnoles se passaient souvent en trois journées. Or il fallait résumer cela en une pièce en cinq actes.

Les dates de création de ses pièces ne sont pas connues avec précision. Jodelet ou le maître valet est considérée comme la première, sans doute jouée pour la première fois en 1643. Elle a eu un immense succès, elle a été souvent reprise, et imitée. Scarron s’est inspiré de Rojas Zorrilla, un des auteurs espagnols parmi les plus connus à l’époque.

Don Juan un beau jeune homme noble vient à Madrid pour épouser une jeune fille dont il est devenu amoureux fou après avoir vu son portrait. Il enrage, parce que son valet, Jodelet, a par erreur envoyé son propre portrait à la jeune fille au lieu de celui de son maître. Arrivé de nuit, Dom Juan voit sortir par la fenêtre d’Isabelle, sa fiancée, un homme. Jaloux, il imagine de faire passer Jodelet pour lui-même pour observer Isabelle, et voir s’il va vraiment l’épouser. En même temps, il voudrait retrouver l’homme qui a tué son frère et séduit sa sœur.

Jodelet se cure les dents, se goinfre, se soûle et ronfle, et se montre couard en face de l’homme qui veut séduire sa promise. Il est sans doute difficile pour nous d’imaginer pourquoi cela faisait rire autant à l’époque, car la drôlerie devait venir en grande partie du jeu de l’acteur. Sans doute, comme par exemple pour Louis de Funès, dont les mimiques, les grimaces, les courses éperdues et les gestes frénétiques étaient plus importants que les dialogues et les scénarios (enfin dans beaucoup de ses films), Jodelet devait avoir un répertoire burlesque qui faisait son succès.

A noter, que Molière va engager en fin de carrière Jodelet dans sa troupe. Un Jodelet vieilli et qui n’a sans doute plus autant de ressources, et dont les pièces sont trop connues du public pour encore provoquer des triomphes. Mais Molière va utiliser brillamment la vieille gloire comique, en lui écrivant « Les précieuses ridicules » où il jouera encore une fois un valet déguisé en maître. Simplement, l’Espagne sera bien loin, c’est dans les salons parisiens (ou plus exactement ruelles, puisque le mot salon n’existe pas encore en français) que Molière va placer son action, produisant une brillante satire des mœurs de son temps.

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Message par Arabella le Mar 8 Aoû - 21:15

Dom Japhet d’Arménie


Créée dans doute en 1651 ou en 1652 à l’Hôtel de Bourgogne, cette pièce a eu un succès triomphal, elle a été souvent reprise, y compris par la troupe de Molière, elle a été souvent jouée à la Cour, et a a eu de très nombreuses éditions.

La source en est Le Marquis de Cigarral d’Alonso Castillo Solorzano, même si Scarron y apporte pas mal de modifications, en plus de l’inévitable réduction.

Le personnage principal, dont la pièce porte le nom, est un ancien fou de Charles Quint, à qui ses fonctions auprès du roi, ont valu une réputation et surtout une fortune. Un jeune homme amoureux d’une jeune fille qu’il pense être une paysanne veut rentrer à son service pour s’amuser et pour se rapprocher de sa belle. Après quelques scènes burlesque, la jeune fille s’avère être une noble demoiselle. Dom Japhet se met sur les rangs pour l’épouser et accompagné de son valet concurrent, va chez l’oncle de Léonore, qui décide de se divertir en faisant semblant de prendre cette demande au sérieux, et ordonnant à sa nièce de jouer le jeu. Mais par ailleurs il avance son mariage avec Dom Alphonse, le  jeune noble faisant semblant d’être au service de Dom Japhet.

L’action de la pièce est moins cohérente que Jodelet ou le maître valet, l’histoire d’amour entre Léonore et Dom Alphonse est artificiellement rattachée au personnage burlesque du fou Dom Japhet, qui sans doute est l’intérêt principal de la comédie, mais comme il fallait absolument un mariage, cette histoire de deux jeunes gens vient là opportunément pour qu’il en ait un. Le personnage de Dom Japhet est intéressant, parce qu’il est fou dans les deux sens du mot. Il a été fou du roi, mais il a été choisi pour cette fonction, parce qu’il est fou au sens de déraisonnable, il se croit autre chose que ce qu’il est en réalité, il est visionnaire, il croit aux mensonges qu’il raconte. Derrière le burlesque, source du comique, il y a quelque chose de l’ordre d’un panache, quelque chose qui rappelle Don Quichotte et son imagination.

Dommage que la construction de la pièce soit si boiteuse, parce que ce personnage de fou visionnaire était une belle idée.

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