A l'affiche en 2017

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Aeriale le Dim 15 Oct - 15:28

-Détroit-



L'action se situe en 1967 aux USA. A Détroit donc, précisément. Alors que la ségrégation raciale est encore très vivace et les émeutes de plus en plus violentes, des coups de feu tirés d'un motel ( L'Algiers) provoquent dans l'urgence son encerclement par les forces de l'ordre. A leur tête, un officier très zélé et déjà compromis pour faute grave, prend les choses en main au mépris de toute procédure légale. La situation va vite dégénérer.



Tiré d'un fait réel, inconnu pour ma part, ce film sous haute tension est scotchant dès les premières minutes où un night club clandestin réservé aux noirs se retrouve pris d'assaut par la police, eux mêmes molestés par les gens du quartier. Jets de pierre, affrontements, incendies provoqués et pillages s'ensuivent. Kathryn Bigelow nous plonge direct dans le chaos des trois jours qui ont précédé le drame. Des images d'époque s 'interfèrent parmi celles recréées et intensifient l'effet choc des reconstitutions. Puis vient l'épisode crucial. On se retrouve en immersion totale, piégés avec les personnages dans ce huis clos terrifiant. L'interrogatoire (filmé en temps réel) est si sordide que j'ai plusieurs fois baissé les yeux. Catapultés avec eux dans cet état de non droits où la haine et la bêtise vont laisser libre cours à ce que l'humain a de plus veule en lui: cruauté gratuite, sadisme, torture, etc.



Je sais qu'une polémique autour de Détroit existe, je ne suis pas assez calée sur la question pour savoir si elle est justifiée ou non, mais j'ai trouvé ce film d'une efficacité redoutable. Il a le mérite de nous faire prendre conscience du racisme qui existe toujours à des degré divers, tout en évitant les clichés (On y voit des blancs respectueux des droits civiques et des noirs eux mêmes flics) La dernière partie du procès est un peu moins réussie, il y a quelques longueurs inutiles, mais l'ensemble est globalement très bon. Je vous le recommande!


(Will Poulter est excellent dans le rôle du policier sadique)
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Re: A l'affiche en 2017

Message par Aeriale le Mer 18 Oct - 11:11

-Wind river-





Un chasseur bossant pour les Eaux et forêts du Wyoming, tombe sur le corps d'une jeune fille de la réserve indienne où il vécut avec sa famille jusqu'à la disparition de sa fille. Aidé d'un agent du FBI, une femme pugnace mais peu habituée aux contrées sauvages, ils vont tous deux chercher à découvrir le ou les meurtriers.



Le film nous plonge dans des paysages beaux à couper le souffle. Le froid, la neige et les bourrasques leur donnent un caractère hostile, rude autant que noble. On comprend vite qu'ici l'homme n'est plus maître, il est soumis aux lois de la nature qui peuvent lui retourner cette brutalité.



On va suivre l'enquête même si elle n'est qu'une toile de fond. Il est plus question de désoeuvrement et de solitude, de communautés livrées à elles mêmes, oubliées du monde, que de véritable intrigue. Le rythme lent accentue cette sensation, la musique aussi, obsédante et tenace. La scène du règlement de compte surprend d'autant, se révélant doublement efficace. J'ai moins compris l'intérêt de la suite, mais elle vaut surtout pour l'image de la toute fin, ces deux pères mutilés unis dans la douleur et la résilience, comme une fatalité.



Un beau film, servi par des acteurs impeccables (Jeremy Renner dans le rôle principal) j'ai vraiment aimé.

@Queenie en parlait ICI
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Re: A l'affiche en 2017

Message par Arabella le Jeu 2 Nov - 11:32

Laissez bronzer les cadavres /  Hélène Cattet, Bruno Forzani




L'attaque meurtrier d'un convoi d'or. La bande se planque ensuite dans un endroit invraisemblable, chez un couple, lui artiste raté, elle complètement déjantée. L'affaire se complique par l'arrivée de la femme de l'artiste, avec un enfant et sa nounou. Et deux flics débarquent dans les lieux  un peu par hasard, ce qui abouti à un bain de sang.

C'est vraiment barré, entre les recherches sur l'image, la musique, les métaphores, des personnages qui tiennent plus de la BD que de vraies personnes. Un côté film de genre des années 70, une petite inspiration Tarantino, tout en restant très personnel. En tous les cas, ce n'est jamais prévisible, on a du mal à imaginer ce qui va se passer dans la séquence suivante.

Ce n'est pas pour tout le monde, mais j'ai plutôt bien apprécié, je me suis plutôt amusé, et les recherches formelles sur l'image sont vraiment intéressantes.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Queenie le Jeu 2 Nov - 15:19

Oh tiens !
Je me demandais ce que ça valait.
Inspiration série b bien foutue alors ? Je tenterais peut-être.
(Je ne pensais pas que tu irais voir ce genre de film !)

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Arabella le Jeu 2 Nov - 19:22

J'arrive encore à t'étonner ...

Le côté inventif image, détournement, ludique mais intelligent et pensé, je n'ai rien contre. Ce que je déteste au cinéma, c'est le prémâché, à part ça je m'intéresse à tout.

Pour ma part j'ai pensé à toi, tu es une des personnes que je verrais bien sur ce coup. Le tout début m'a fait un peu peur, un peu trop dans l'expérimental gratuit, mais après le film prend son rythme.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Queenie le Jeu 2 Nov - 23:47

Moi qui me disais que ça allait être un film dans la mouvance rétro du moment, ça donne envie !

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Arabella le Ven 3 Nov - 11:38

Oui, il y en un côté rétro, mais en même temps c'est posé autrement , et réfléchi sur le plan esthétique. Tout en restant assez drôle par moments, genre second degré.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Arabella le Sam 4 Nov - 18:43

Pour le réconfort /Vincent Macaigne




Pauline et Pascal, reviennent dans la région d'où ils sont originaires, la propriété familiale, dont ils ne sont pas occupé depuis des années, partis vadrouiller dans le monde, est sur le point d'être vendue aux enchères. Un camarade d'enfance est sur le point de la racheter pour continuer à développer ses maisons de retraite.

J'ai beaucoup apprécié le jeu de Vincent Macaigne dans plusieurs films. Je suis moins convaincue par Vincent Macaigne metteur en scène. Entre une lutte de classe un peu primaire, une hystérie dans le jeu, des numéros d'acteurs démonstratifs...j'ai eu du mal à y trouver mon compte.

Vincent Macaigne travaille pas mal au théâtre, et j'ai eu la sensation qu'il a voulu transposer sur l'écran cette expérience. Mais le cinéma a une autre esthétique et d'autres contraintes, un acteur qui fait un grand effet sur une scène, n'obtient pas forcément le même résultat sur un écran.

Je suis restée à l'extérieur de ce film, peut être que je suis passée à côté. Je serais intéressée par d'autres avis.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Aeriale le Sam 4 Nov - 19:49

@Arabella a écrit:'ai beaucoup apprécié le jeu de Vincent Macaigne dans plusieurs films. Je suis moins convaincue par Vincent Macaigne metteur en scène. Entre une lutte de classe un peu primaire, une hystérie dans le jeu, des numéros d'acteurs démonstratifs...j'ai eu du mal à y trouver mon compte.
 Moi aussi, tous les films où je l'ai vu jouer m'ont plu. (Un monde sans femmes, Tonnerre, Deux automnes, trois hivers)  En partie pour son jeu, authentique et touchant. Drôle aussi. Le genre de personnage qui ne se prend pas au sérieux, un peu à la Damiens.

J'avais hâte de voir son film, me disant qu'on y retrouverait sa patte si particulière. Mais je m'interroge du coup. Je vois ce que tu veux dire, Arabella. J'ai écouté un extrait et effectivement j'y trouve un peu trop d'excés, un côté revanchard.

Bref. J'irai voir par curiosité et je te dirai Wink
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Re: A l'affiche en 2017

Message par Aeriale le Dim 5 Nov - 10:34

-Au revoir là haut-



Un bien chouette film sur le retour des poilus de 14/18 et ses fameuses gueules cassées, les traumatismes engendrés et les difficultés de la réinsertion, traité sur le mode fantaisiste et même délirant de Dupontel, décidément toujours inspiré, même dans ce régistre plus historique.


Tout est mené tambour battant dès les premières minutes avec ce drone survolant un champ de bataille dévasté et nous imprégnant d'une atmosphère surréaliste où des gradés jouent de leur puissance. Sous la fable des gentils et des méchants, l'artiste balance quelques vérités et s'amuse au travers de l'Histoire en nous embarquant dans une fresque époustouflante d'inventivité et de cynisme.


Bien sûr on peut y trouver du stéréotype , les personnages y sont parfois tranchés (surtout Laffite en ignoble véreux qui se repaît sur les morts pour faire fortune et épouse la fille du "président") mais l'humour de Dupontel et son personnage plus complexe de sympathique voyou dévoué corps et âme à son compagnon défiguré ( Nahuel Pérez Biscayart de 120 battements à la minute) rendent ce film hyper attachant et bourré de malice.

J'ai adoré cette magie des masques, des décors, la gestuelle de Pérez Biscayart, sa manière de faire passer les émotions au travers de son seul regard (Ah la dernière scène... j'ai eu ma petite larme) le jeu de Neils Arestrup plus intériorisé que jamais mais fortement imposant, celui d'Albert Dupontel bien sûr, toujours lunaire et généreux. Et de tous les acteurs en général.
 
Alors oui, un film grand public qu'on oubliera peut être et qui exploite notre besoin de féérie et de tragédie conjuguées, mais malin et un peu fou, génial et drôle, poétique et flamboyant. Un très bon moment!

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Re: A l'affiche en 2017

Message par domreader le Dim 5 Nov - 13:27

Je suis d'accord avec toi aeriale, on passe un très bon moment de cinéma avec ce film. L'adaptation du roman est très bien faite même si Dupontel prend quelques libertés avec l'original notamment la fin qui est beaucoup plus ironique et cruelle dans le livre. J'avais vraiment bien aimé le livre.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Queenie le Dim 5 Nov - 22:22

Je l'ai trouvé bien. Sans enthousiasme fou.
Je m'attendais à plus original et fou je pense.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Arabella le Ven 10 Nov - 20:26

Corps et âme / Ildiko Enyedi




Paul Verhoeven avait créé une très grosse surprise en annonçant à la dernière Berlinale l'attribution de l'Ours d'Or à ce film d'une réalisatrice hongroise quasi inconnue, même si elle obtient en 1989 La caméra d'or à Cannes pour Mon XXe siècle.

Comment raconter ce film ? Si on résume à l'extrême, on pourrait parler d'une romance dans un abattoir, ce qui peut paraître antinomique. Endre est le directeur du dit abattoir, sa main gauche est paralysée (nous n'apprendront pas quand et comment c'est arrivé). Une nouvelle contrôleuse de qualité vient d'arriver, Maria. Elle a une attitude un peu étrange, semble avoir une grande difficulté à établir la communication avec les autres, et se consacre à son travail de manière obsessionnelle. Elle est par ailleurs très jolie. Endre est attiré, et un étrange lien s'est établi entre ces deux-là : toutes les nuits ils font le même rêve qu'ils partagent, lui en cerf, elle en biche dans une forêt hivernale. Autour d'eux, les salariés des abattoirs, leurs petites histoires.

Cela peut paraître peu attirant, mais c'est un film merveilleux, décalé, drôle, poétique, touchant. Les deux personnages principaux, solitaires, à part, qui se sont bâtis leurs forteresses où ils crèvent à petit feu, repartent dans un autre possible, grâce au rêve et à l'improbable. Les personnages sont stylisés, malgré un réalisme de façade, mais on est dans autre chose. C'est très juste sans viser la reproduction pure et simple. Un peu comme Kaurismäki, Ildiko Enyedi a un style bien à elle pour dessiner ses personnages. Elle a une façon de filmer magique, d'une grande sensualité.

Et le film, malgré une trame qui peut paraître simple, laisse au final plein de questions en suspens, comme la séquence finale.

Un des films qui m'auront le plus marqué cette année. Un immense bonheur.

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Re: A l'affiche en 2017

Message par Aeriale le Sam 11 Nov - 9:51

Ah oui, ça a l'air très tentant, merci pour l'info @Arabella. Je n'avais pas fait attention à  cette sortie. Je vais voir s'il sort ici


Sinon j'ai suivi une amie et vu celui là.


Un chef d'entreprise (Benoit Magimel) acculé par le fisc qui lui réclame des TVA non payées, se lance dans une arnaque financière à grande échelle (Fraude sur la taxe carbone) mais, dépassé par l'ampleur de son projet, il est finalement rattrapé par la loi du milieu.

Tiré d'un fait réel (je ne connaissais pas, au moins c'est instructif) Olivier Marchal mène son intrigue plutôt efficacement. L'atmosphère est lourde et angoissante comme il faut. On n'échappe pas aux règlements de compte et les morts qui s'y collent, C'est parfois brouillon, mais l'ensemble se laisse regarder.

Faut dire que je ne suis pas spécialiste en policier, ni histoires de grand banditisme. Divertissant mais pas incontournable dans le genre, à mon avis.
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mise à mort du cerf sacré

Message par Queenie le Jeu 16 Nov - 9:15


Mise à Mort du Cerf Sacré, Yorgos Lanthimos

J'avais beaucoup aimé Canine. Beaucoup moins Lobster.
Je connaissais l'univers oppressant, mystérieux, décalé, social, de Yorgos Lanthimos, et on retrouve tout ça dans Mise à Mort du Cerf Sacré.

Une famille toute parfaite, filmé dans des décors carrés, propres, où chaque chose semble être à la seule place où il pouvait être. Rien, pas un faux plis, pas un accroc.
Ils sont tous les deux médecins, leurs enfants sont polis et jolis.
Mais pendant tout ce temps où on les voit évoluer dans leur quotidien, on se demande où se cache la faille, le déraillement. On sourit légèrement stressé devant des répliques ou des réactions froides, calculées, rigides. Et on se demande jusqu'où peut aller cette rigidité. On soupçonne une violence latente.
Le père, en secret, voit un adolescent. Ils mangent des frites dans un diner, se balade au bord d'un fleuve, discute, avec une évidente retenue.
On ne comprend pas tout d'abord cette relation, évidemment toutes les suppositions naissent.
Et puis, c'est la chute. Le fils, un matin, se réveille et ne sent plus ses jambes. Hospitalisation, médecins, examens. Rien n'est trouvé.
Les voiles se déchirent et dévoilent leurs secrets, sur le père, sa faute, son épée de Damoclès. La menace, le chantage, et sa famille, qui petit à petit se désagrège.

Lanthimos, avec les musiques puissantes, anxiogènes, parvient à plonger son spectateur dans une ambiance lourde et oppressante. On sent un huis clos permanent alors que les lieux sont ouverts, lumineux, spacieux. Fascination pour la lente chute de cette famille parfaite.
C'est lent, prenant, étouffant, métaphorique et bien mené.
Après tout ça, il m'a tout de même manqué quelque chose pour que j'en sorte soufflée. Peut-être trop distant. Trop maîtrisé. Ou un propos trop évident.




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Re: A l'affiche en 2017

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