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Kazuo Ishiguro

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Message par kenavo Jeu 5 Oct - 13:33

Kazuo Ishiguro Aa251

Kazuo Ishiguro, né le 8 novembre 1954 à Nagasaki, est un écrivain et romancier britannique d'origine japonaise.

Le 5 octobre 2017, il obtient le prix Nobel de littérature.


source et suite

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Message par kenavo Jeu 5 Oct - 13:34

Kazuo Ishiguro Aa252 / Kazuo Ishiguro Aaa161
Nocturnes - Cinq nouvelles de musique au crépuscule
Présentation de l'éditeur
Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d'un appartement londonien à l'étage feutré d'un hôtel sélect de Hollywood, ce cycle de nouvelles explore l'amour, la musique et le temps qui passe. Les personnages décrits sont des musiciens de rue, des stars déchues et des rêveurs, chacun en quête intime, chacun dans un moment de vérité. Comme le rythme de la musique qu'il évoque, le quintette résonne de questions spirituelles et éternelles : le combat humain pour s'éloigner du désenchantement, et pour préserver le charme de la vie, même quand les relations s'embourbent et que les espoirs de jeunesse s'émoussent.
Prix Nobel oblige Wink

Lecture faite en 2010

Je ressors de cette lecture aussi enthousiasmée que @Merlette - et tout comme elle, j'ai plutôt peiné lors de ses romans.

Mais voilà tout un 'autre' auteur qu'il nous montre dans ses nouvelles, comme si cette forme lui convenait mieux.. ou à moi en tant que lectrice.

Merlette a écrit:Comme je m'y attendais chez Ishiguro, ces nouvelles sont empreintes de mélancolie et ont le goût doux-amer du temps qui passe, de l'échec et des illusions perdues, les masques y tombent à la faveur de l'obscurité (même si les visages sont enturbannés de bandages comme dans la superbe "Nocturne"), les blessures se révèlent...Et pourtant, et là j'ai été agréablement surprise, il y a des moments irrésistiblement drôles, d'un comique slapstick à la Chaplin qui s'accorde bien avec l'ambiance nostalgique de l'ensemble.
tout à fait d'accord - c'est drôle, c'est intéressant, c'est touchant

Pour ma part, j'ai plus d'une fois voulu prévoir la chute - mais quelques phrases après je n'étais plus sûre et je prévoyais autre chose, mais il a encore trouvé mieux.. c'est pour dire que du moment que j'avais commencé une nouvelle, je voulais savoir, je devais continuer de lire.

Un très bon moment de lecture.

Et un des plus beaux clips pour un livre que j'ai jamais vu (encore une trouvaille de Merlette)


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Message par domreader Jeu 5 Oct - 20:40

Ca me fait penser que j'ai Le Géant Enfoui sur mes étagères et que je ne l'ai pas encore lu (comme tant d'autres). Le dernier lu de lui remonte à très loin puisque c'était Les Vestiges Du Jour à sa sortie ou presque ! Je l'avais beaucoup aimé à l'époque. C'est drôle j'avais dans l'idée que Merlette avait bien aimé Le Géant et c'est pour ça que je l'avais acheté il y a quelques années. On verra...

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Message par Epi Jeu 5 Oct - 20:46

Et moi, j'ai When we were orphans depuis des années... C'est peut-être l'occasion de le dépoussiérer un peu. Les vestiges du jour, c'est sûr je le lirai un jour, surtout parce que j'ai adoré le film.

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Message par Aeriale Ven 6 Oct - 8:36

Epi a écrit: Les vestiges du jour, c'est sûr je le lirai un jour, surtout parce que j'ai adoré le film.
Idem! Je dois le lire, après ce film fabuleux.

Pour l'instant je n'ai lu de lui qu' Un artiste du monde flottant . J'ai retrouvé mon com (2007)

Kazuo Ishiguro Artist10

Roman, intéressant, qui ne me semblait plus finir, c'est un peu l'impression que j'en garde. Le début m'a plu, cependant. L' histoire de ce vieil artiste japonais, autrefois vénéré, grand-père entretenant des rapports plein de sollicitude avec son diable de petit-fils, très soucieux de marier sa fille ainée, et qui tente de s'accrocher à un passé glorieux en fréquentant les restes d'un quartier si plein de vie autrefois: le monde flottant. Un chic type en somme Masugi Ono, patient, courtois, la zénitude personnifiée.

Le récit se fait sur le mode du "je", on se prend forcément à se fondre dans son mental, et là surprise peu à peu. L'honnête Mr Ono ne parait pas si clair finalement. Insidieusement, par fines petites touches, on se rend compte que son attitude durant la guerre a été celle de quelqu'un d'influent et d'engagé, notamment par rapport à ses élèves. Qu'il les a même poussés au combat pour asseoir la suprématie de son empire, et que se faisant il a aussi une grosse part de responsabilité dans la dérive expansionniste de son pays.

Les autres font peser sur lui tout le poids de la réprobation. Certains se sont suicidés, lui ne parvient pas à comprendre ce qu'on lui reproche. il a du mal à admettre que des opinions qu'il jugeait louables, aient pu contribuer au malheur de son peuple et de ses fils. Sa lente prise de conscience parait prouver sa bonne foi. Il consentira finalement à voir ses idées comme "périmées et peut-être même condamnables".

Ce lent questionnement sur les erreurs d'un homme, sur le fait de le percevoir comme un criminel ou non, est très subtil, en partie aussi parce que l'auteur se place au niveau du personnage. On ressent toute la tragédie d'un homme empli peu à peu de désillusion et qui se raccroche à des lambeaux du passé. Comment admettre que l'on s'est fourvoyé croyant faire le bien?

Mais la seconde partie, ces incessants retours au passé, cette lenteur, m'ont un peu agacée. J'avais hâte d'en finir. Dommage car le sujet reste intemporel et touche l'âme humaine. Mais le style de Ishiguro est spécial et peut lasser.

Je compte lire Les vestiges du jour, film que j'avais beaucoup aimé à sa sortie et qui recoupe un peu les mêmes thèmes. Des remises en questions que tout homme peut avoir à la fin de sa vie: A t'on fait les bons choix, ne rate-t'on pas quelque chose en étant fidèle à une morale, dans un monde qui évolue autour de nous, etc, sujet universel et passionnant!
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Message par Liseron Dim 8 Oct - 11:41

Epi a écrit: Les vestiges du jour, c'est sûr je le lirai un jour, surtout parce que j'ai adoré le film.
Merci au Prix Nobel de mettre en lumière cet écrivain que je ne connaissais pas, j'ai vu assez récemment le film à la télé, et je l'ai beaucoup aimé aussi, mais je n'avais pas fait attention que c'était une adaptation.
A rajouter sur le petit carnet alors !!
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Message par Nightingale Lun 8 Oct - 19:03

Lumière pâle sur les collines - 1982

Kazuo Ishiguro Lumier10


Il s'agit du premier roman de Kazuo Ishiguro.

Le roman se déroule à la première personne, l'histoire est racontée par Etsuko, une japonaise installée en Angleterre. A l'occasion de la visite de sa fille, elle se replonge dans ses souvenirs de sa vie au Japon lorsqu'elle était jeune, dans le Nagasaki d'après la bombe. Plus particulièrement, elle se remémore sa rencontre avec l'énigmatique Sachiko, une de ses voisines, solitaire, jeune veuve qui vit avec sa fille Mariko.

Première découverte pour moi de cet auteur.
Ce roman n'est pas sans rappeler Le poids des secrets, d'Aki Shimazaki. On y retrouve une écriture simple, peut-être avec un peu moins de sensibilité que chez Aki Shimazaki.
Mais on y retrouve des thèmes proches : les relations intra-familiales ; la transmission ; beaucoup de non-dits. Mais aussi le poids des coutumes et les changements qui se sont opérés dans un pays meurtri par la guerre (Nagasaki est presque un des "personnages" du roman, finalement). Chacun appréhende ces changements avec plus ou moins de réticence ou d'incompréhension.
Il ne faut évidemment rien dévoiler, mais le fil rouge du roman, cette étonnante relation avec cette voisine et sa fille, va déboucher sur la toute fin du roman sur un dénouement inattendu.

Belle découverte que je recommande aux amateurs du genre... Wink

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Message par Aeriale Mar 9 Oct - 8:06

Nightingale a écrit:Ce roman n'est pas sans rappeler Le poids des secrets, d'Aki Shimazaki. On y retrouve une écriture simple, peut-être avec un peu moins de sensibilité que chez Aki Shimazaki.
Mais on y retrouve des thèmes proches : les relations intra-familiales ; la transmission ; beaucoup de non-dits. Mais aussi le poids des coutumes et les changements qui se sont opérés dans un pays meurtri par la guerre .
 La littérature japonaise traite souvent de ces thèmes; les bouleversements dus à la guerre, la transmission, ces coutumes qui malgré tout doivent perdurer..

Il y a souvent ce ton plein de nostalgie, mais c'est vrai que l'écriture des deux cités diffère au niveau de l'approche, beaucoup plus intimiste chez Aki Shimazaki.

Je le relirai, merci pour cet avis Nightingale!
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Message par Arabella Jeu 26 Mar - 19:00

Les vestiges du jour


Troisième roman de son auteur, paru en 1989, c'est peut-être le roman le plus célèbre du prix Nobel : couronné par le Booker Prize, porté à l'écran par James Ivory, avec son efficacité habituelle, servi par des grands comédiens, le film a sans doute énormément fait pour permettre à Ishiguro de rencontrer un très large public.

Le roman est un récit à la première personne de James Stevens, un majordome dans une grande maison, un peu le haut du panier de sa profession. Suite à l'invitation de son employeur, et d'une manière exceptionnelle pour lui, il fait un voyage de quelques jours, pour aller revoir une femme, qui a été intendante dans la même maison que lui il y a fort longtemps, et qu'il se propose d'essayer de faire revenir dans la propriété où le personnel qualifié manque. Mais ce voyage sera en réalité une occasion de se souvenir, de faire le bilan de sa vie, professionnelle, de sa vie tout court, tant les deux sont imbriquées, et tant Stevens semble avoir choisi de s'identifier complètement à sa seule vie professionnelle. Les petites incidents du voyage, les rencontres, les regards qui se posent sur lui, et la rencontre avec celle qu'il s'obstine à appeler Miss Kenton, alors qu'elle est marié et mère de famille et bientôt grand-mère, tout simplement le temps libre dont il dispose du jour au lendemain, vont l'obliger à se voir, à reconsidérer sa vie et les choix qu'il a fait.

C'est vraiment un très beau livre, plein d'une forte charge émotionnelle, d'une grande sensibilité. Stevens a passé sa vie à se construire une carapace, à refuser de voir ce qui le gênait, ce qui ne rentrait pas dans sa façon de catégoriser le monde. Etre majordome, comme son père l'a été avant lui, a été le choix central, celui à quoi tout le reste a été conditionné. Cela signifiait pour Stevens, du moment qu'il s'est choisi un maître selon son coeur, de s'oublier complètement au service de ce maître, ne plus avoir de choix à faire, ne plus avoir à penser en quelque sorte : il suffisait de servir. Et s'il se trouve déstabilisé dans le livre, c'est que son nouveau maître, un Américain, lui reste en partie incompréhensible, peut-être parce que ce dernier s'attend à être en face d'un être humain et non seulement en face d'un domestique particulièrement efficace. Or Stevens ne sait plus être une personne, autre chose qu'un majordome. Son récit nous montre à quel point il a refoulé ses aspirations personnelles, à quel point il a refusé à se laisser aller à des sentiments que l'on pourrait considérer comme les plus naturels chez un être humain : l'attachement familiale, l'amour, ont été étouffés, niés. Au moment de l'approche de la vieillesse, au moment aussi où son travail se vide de son sens dans de nouvelles conditions, quelque chose comme un regret semble surgir.

Mais Stevens a passé tellement de temps à refouler ses ressentis, à se mentir à soi-même, que ce regret se devine plus qu'il ne s'exprime ouvertement. Tout l'art de Kazuo Ishiguro consiste à suggérer, à laisser parler son personnage, et à laisser deviner petit à petit, les mensonges, les sentiments jamais exprimés, la véritable histoire de son maître qu'il continue à admirer alors qu'il a gravement failli. Mais l'admettre, serait avouer sa propre faillite, et Stevens ne peut se résoudre à la prononcer. Derrière les vantardises et l'expression policée d'une auto-satisfaction revendiquée, le personnage se lézarde de plus en plus et apparaît dans une poignante solitude.

Une grande réussite, je regrette simplement d'avoir vu le film avant d'avoir lu le roman, qui comme souvent, est beaucoup plus fin et subtile que le film, plus riche.

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Message par Aeriale Ven 27 Mar - 15:28

Merci pour ton ressenti, @Arabella. J'avais aussi adoré le film, très fin et subtil, avec une analyse tout en suggestion, comme dans le roman je vois, interprété magnifiquement par Anthony Hopkins.  

Je me suis toujours dit que, pour une fois, il valait surement la peine que je le lise à la suite.

Reste à le trouver quelque part. Faudra attendre un peu!
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Message par domreader Lun 24 Aoû - 13:53

Kazuo Ishiguro Oip11

Le Géant Enfoui
The Buried Giant
Kazuo Ishiguro

 Un drôle de roman ou plutôt un objet littéraire insolite, c’est ainsi que l’on pourrait qualifier ce livre de Kazuo Ishiguro. Il est entre la quête chevaleresque et le parcours initiatique.

Nous sommes ici dans une époque qui se situerait quelques temps après la mort du Roi Arthur. Saxons et Britonniques vivent maintenant en paix, mais un brouillard étrange s’est étendu sur le pays et semble effacer, engluer la mémoire des gens.
Axl et Béatrice sont un couple âgé et vivent dans une communauté troglodytique où s’appliquent de curieuses règles de vie. Ils décident de partir pour quelque temps et d’aller voir leur fils dans un village à un ou deux jours de marche.

Mais ce parcours va s’allonger, de jour en jour, ils vont affronter des épreuves et devoir les surmonter. Ils rencontrent des ogres et sont sauvés par Wistan un guerrier saxon qui sauve également un jeune garçon Edwin qui porte une étrange morsure. Ils sont trahis par les moines dans un monastère où ils trouvent refuge et rencontrent le chevalier Gauvain (celui de la Table Ronde) qui leur sera aussi d’un grand secours. Ils cheminent doucement vers le village, en cherchant à comprendre pourquoi la mémoire leur fait défaut et d’où vient ce brouillard amnésiant. La révélation viendra au fur et à mesure qu’ils approcheront de leur but et surmonteront les épreuves, soldats ennemis, brigands, santé chancelante, lutins hostiles, et bateliers semblables à Charon, le passeur du Styx. Petit à petit des pans entiers de souvenirs vont faire surface et révéler les failles de l’histoire, de la vie d’Axl et Beatrice, de leur couple et de ce que le temps a fait de leur amour.

Un roman étrange et magnifique, un parcours qui ressemble à une quête de mémoire, un renoncement à l’oubli, au déni de ce qui fait mal. L’oubli qui fait que l’histoire est un éternel recommencement des mêmes fautes, des mêmes haines et des mêmes guerres. Le récit foisonne de références à la légende arthurienne et à la mythologie (nordique principalement). C’est une sorte d’allégorie de la quête du St Graal, mais ici la quête est celle qui, à travers la mémoire, sera celle de la vérité. Un texte dense sans en avoir l’air, qui reste longtemps en tête, dont on questionne le sens, et où l’on trouve sans cesse de nouvelles pistes. Un beau roman.

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Message par Queenie Mar 25 Aoû - 8:51

Ah je n'avais pas fait ma petite note sur Le Géant Enfoui ?
C'est complètement vrai qu'il est à part ce livre, il est d'ailleurs pas évident à conseiller, surtout à des réfractaires des histoires de chevalier, de dragon, et de brume dans les montagnes.

Pourtant il est très beau, dans cette métaphore sur l'oubli, les fautes qui se répètent, la quête de la vérité.

Je l'ai lu il y a un long moment, et je m'en souviens encore bien, dans le fond.

Merci pour ce rappel !

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Message par Arabella Sam 25 Mar - 20:17

Lumière pâle sur les collines

C'est le premier roman de Kazuo Ishiguro, publié en 1982, finaliste du Booker Prize, sa traduction française paraît dès 1984 aux Presses de la Renaissance.

Le personnage principal du roman est Etsuko, une Japonaise vivant en Angleterre suite à son mariage avec un Anglais, maintenant décédé. Niki, la fille née de ce mariage vient lui rendre visite suite à un événement tragique. En effet Etsuko avant de venir en Angleterre a vécu une première vie au Japon, elle a été mariée et a eu une première fille, Keiko. Cette dernière vient de se suicider, elle semble ne s'être jamais acclimatée à la vie anglaise, et ses relations avec son beau-père n'étaient pas très bonnes. Etsuko se remémore un moment sa vie au Japon, un moment clé, lorsque enceinte de Keiko, elle a fait la connaissance d'une voisine, Sachiko et de sa fille Mariko. C'est aussi le moment que choisit son beau-père, Ogata pour rendre visite au couple.

C'est un livre très subtil, tout en suggestions, en demi-teintes, où les choses ne sont jamais exprimées de manière tout à fait explicite, ce qui peut laisser une grande marge d'interprétation aux lecteurs. le passé récent du Japon est ainsi entrevu : l'action se déroule à Nagasaki, et l'histoire tragique du lieu hante le livre, et le destin de certains personnages ; de même le beau-père, Ogata, défend la vision du monde et les valeurs de la vieille génération, celle qui s'est engagée pleinement dans la guerre, et qui n'a toujours pas tiré les leçons de ce qui s'est passé. Mais tout cela apparaît petit à petit, et la plupart des personnages semblent vouloir ne surtout pas trop faire de vagues. Comme le mari d'Etsuko, Jiro, qui tout au moins en façade manifeste du respect pour son père, mais qui n'a pas voulu continuer à vivre avec lui après son mariage, comme le demandait la tradition, et qui lors de sa venue n'a jamais de temps pour lui sous différents prétextes, et qui se montre même parfois grossier, en espérant visiblement un départ rapide. Mais en se gardant bien d'exprimer les choses clairement, plutôt en cultivant un ressentiment et un mépris, sous un vernis de civilité, qui ne craque que par instants.

De même les relations peu satisfaisantes qu'Etsuko vit avec son mari ne sont que suggérées. Des petits détails montrent qu'il la traite sans tendresse, en maître exigeant, plus qu'en homme attaché à sa femme. Ce qui nous amène à Sachiko, la voisine, qui est une femme qui a quitté son mari. Elle n'explique jamais les choses non plus, parle d'un mariage trop rapide à cause de la guerre. Ce qui est un peu la situation d'Etsuko. En réalité, j'ai eu de plus en plus la sensation que Sachiko était une version d'Etsuko à quelques années de distance : un peu aigrie par une situation impossible, décidée à changer sa vie en partant à l'étranger avec un autre homme. Et Mariko, petite fille renfermée sur elle-même, refusant d'aller à l'école, fuyant sans cesse, préfigure Keiko, l'adolescente enfermée dans sa chambre, qui finira par partir pour se suicider. C'est comme si Ishiguro concentrait deux époques charnières de la vie de son héroïne en un, en dédoublant son personnage et celui de sa fille.

La venue de Niki et les retours sur son passé qu'elle oblige Etsuko à faire, apportent malgré tout un apaisement à Etsuko. Sans vouloir dévoiler les choses (et ceux qui n'ont pas lu le livre et veulent le faire peuvent sauter la fin de ce paragraphe) Etsuko semble réaliser à quel point Mariko-Keiko était fragile dès avant son départ du Japon. Nous ne savons pas exactement comment se sont passé ses premières années, en particulier ses relations avec son père, mais on devine en filigrane que cela n'a pas été facile, qu'elle a été blessée et qu'elle a du mal à établir des relations avec les autres. le départ du Japon, même si mal vécu, n'est pas le seul en cause dans son mal être.

C'est un très beau roman, sensible et émouvant.

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Message par Nightingale Dim 26 Mar - 9:11

Oh quel beau commentaire pour ce très beau roman. biglov

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Message par Nightingale Lun 27 Mar - 18:43

Klara et le soleil

Kazuo Ishiguro 97820748

L'humanité a été transformée par la technologie : désormais, les adolescents ne vont plus à l'école et grandissent avec leurs Amis Artificiels. Ces robots de pointe sont conçus pour les instruire, les distraire et veiller sur eux.
Dans la vitrine du magasin, Klara, une AA particulièrement intelligente, attend avec impatience d'être choisie. Elle observe les passants et rêve d'éprouver comme eux de la joie, de la peur, de l'amour.
Bientôt, l'occasion de découvrir le monde se présente : elle est achetée par Josie, une adolescente atteinte d'une mystérieuse maladie. Mais en pénétrant l'intimité de sa nouvelle famille, Klara ne se doute pas qu'elle va devenir le témoin de troublants secrets.


J'ai beaucoup de difficulté à donner un avis sur cette lecture. Je ne sais pas encore quoi en penser.

Pourtant il y a de très bonnes idée, en particulier dans la narration. En effet, c'est Klara (cette Amie Artificielle) qui est la narratrice.
J'ai aimé cette façon de voir le monde tel qu'il se matérialise pour elle, par "boites" juxtaposées, comme si elle devait sans cesse remettre les choses en perspective pour les comprendre. Du coup le lecteur se retrouve aussi dans cette position, en réajustant sans cesse, comme si nous devions faire la mise au point pour obtenir une image nette.
Et puis au fil du temps qu'elle passe dans la famille de Josie, on perçoit aussi la manière dont elle évolue, dont son regard et ses ressentis évoluent. Ça aussi, c'est plutôt bien vu.
Tant et si bien qu'on ressent un vrai attachement pour ce "robot".
Il n'en est pas de même pour les humains.
Car bien sûr ce qui sous-tend le roman, ce sont les questions autour de la sélection des êtres humains qui va déterminer leurs destins, jusqu'à leur éventuel remplacement. Ce thèmes sont abordés par petites touches, jamais dans l'explication, plus dans la suggestion. C'est au lecteur de laisser son imagination comprendre le monde que l'auteur dépeint par quelques détails (la sélection des enfants, les élèves "relevés", les communautés, etc...).

Mais je ne sais pas, je ne suis pas totalement parvenu à me laisser emporter, et j'y ai trouvé quelques longueurs.
Peut-être que je n'ai pas accepté d'être dans la peau de ce robot ?...
Sentiment mitigé, donc. unknow

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