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Elfriede Jelinek

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Message par Arabella Mer 8 Juil - 22:36

                                                                     Elfriede Jelinek



Elfriede Jelinek Jeline10


Source : BiblioMonde


Romancière et dramaturge autrichienne d'avant-garde. Écrivaine à succès, voire à scandale, elle est considérée comme l'auteur de langue allemande le plus important de sa génération. La Pianiste, son septième roman a été traduit dans de nombreux pays et adapté au cinéma avec succès. Par sa vision critique de la société autrichienne, elle est souvent comparée à Karl Kraus, Kurt Tucholsky ou Thomas Bernhard. En octobre 2004, elle a reçu le prix Nobel de littérature et tout de suite souhaité que sa consécration ne soit pas portée au crédit de son pays.

Née en 1946, à Mürzzuschlag, en Styrie (Autriche), Elfriede Jelinek passe son enfance à Vienne. Elle fait sa scolarité dans une institution religieuse viennoise, Notre-Dame-de-Sion, où elle apprend la danse classique et le français. À l'initiative de sa mère, elle apprend aussi le violon, l’orgue, le piano. À 16 ans, elle entre au Conservatoire de musique de Vienne. Trois ans plus tard, désespérée à l’idée de décevoir sa mère sur ses talents de musicienne, elle sombre dans la dépression. Marquée par un père juif socialiste qui sombre dans la folie (il meurt dans un hôpital psychiatrique en 1968) et une mère catholique très autoritaire, elle se tourne vers la littérature pour exprimer sa révolte contre l'autorité. Son premier roman paraît en 1970. Elle connaît son premier succès international avec La Pianiste (1983), adapté au cinéma en 2001, et Lust (1990) qui s'est vendu en Allemagne à plus de 150 000 exemplaires.

Outre des pièces de théâtre, elle a écrit des poèmes, des romans, des scénarios pour le cinéma et la télévision ainsi que des pièces radiophoniques. Elle a reçu une dizaine de prix littéraire, dont le prestigieux Prix Heinrich-Böll de Cologne (1986), le Prix d’Excellence de la ville de Vienne (1989), le prix Georg Büchner (1998) et le prix Heinrich Heine de la ville de Düsseldorf, l'un des mieux dotés (25 000 euros) de la sphère germanique en 2002… Elle est aussi la traductrice de Thomas Pynchon, Georges Feydeau, Eugène Labiche…

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Message par Arabella Mer 8 Juil - 22:37

Winterreise


Ce texte, portant en sous titre « Une pièce de théâtre » est paru en 2011 en langue allemande, la traduction française quand à elle a paru l'année suivante. le sous-titre n'a rien d'inutile : le texte se présente comme un, ou une série de monologues, divisé en huit chapitres, forme inhabituelle pour le moins pour une oeuvre théâtrale. le titre fait référence au très célèbre cycle de 24 lieder de Schubert composé sur les poèmes de Wilhelm Müller.

Il m'est très difficile de parler de ce texte, tant il est hors normes, et tant il échappe aux tentatives pour le cerner, pour donner sens, pour traduire en un discours structuré et logique son contenu. Il ne faut bien évidemment pas s'attendre à un contenu narratif, à une histoire, un récit, même pas à un personnage. Cela peut donner la sensation d'être une sorte de logorrhée, des phrases qui se déroulent, des mots qui se répètent, sont repris. Quelques sujets semblent émerger ici ou là : l'affaire Natascha Kampusch (ou plutôt les réactions qu'elle aurait pu susciter), un scandale politico-financier d'une banque autrichienne, l'internement du père de l'auteure... D'autres thématiques transversales semblent parcourir plus ou moins l'ensemble des textes : le temps, l'argent, le rapport au groupe, l'identité etc. Et le cycle de Schubert dans une sorte de leitmotiv, des mots ou des images en sont repris, comme le postillon, son cor, la lettre que cela annonce peut-être dans le chapitre 6, même si le courrier devient vite mail, et qu'on glisse aux réseaux sociaux comme vecteur de rencontres, qui devient plus consommation que relation. de même la vielle du dernier lieder, apparaît dans le dernier chapitre.Mais au-delà des similitudes forcément volontaire du vocabulaire, ce qui rapproche peut-être les deux oeuvres, c'est une sorte de noir désespoir, une solitude absolue, de quelqu'un d'exclu de la communauté auto-satisfaite d'une majorité égoïste, pouvant devenir féroce dans sa haine d'une forme de différence mettant en cause ses certitudes. Même si Jelinek utilise aussi sans doute une forme de distanciation par l'humour, un humour très particulier et très décalé, pas toujours facile à percevoir.

J'ai aussi trouvé ce texte étrangement poétique, musical, dans le rythme des mots, avec en particulier une ponctuation visiblement très travaillée. Cela me donnait envie de lire cela à haute voix, comme si c'est ainsi que cela donnait vraiment sa pleine mesure. D' où au final le sentiment, qu'appeler cela pièce correspondait à la réalité la plus intime du texte, qu'il était fait pour être dit, interprété et entendu.

Tout cela est très décousu sans doute, mais j'ai du mal à exprimer autrement ce que ce texte m'a fait ressentir, éprouver. Alors qu'indéniablement il a laissé son empreinte en moi.

Un beau, quoiqu'un peu effrayant voyage.

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Message par Arabella Dim 26 Juil - 21:04

Avidité

Une fois encore Elfriede Jelinek règle ses comptes avec son pays, avec un esprit ironique (elle a sous titré son livre roman de divertissement) et corrosif, avec force et conviction. Elle nous dépeint la campagne de Carinthie, province d'origine de Georg Haider, ses habitants et leurs petits arrangements. Au centre du récit un homme, gendarme, Kurt Janisch. Obsédé par le désir de s'enrichir, de posséder, il se sert de l'attirance qu'il provoque chez des femmes seules plus très jeunes. Sa profession lui permet de savoir beaucoup de choses, qui possède quoi, qui n'a pas d'enfants, et d'entrer en contact. D'emblée il est en mesure d'instaurer une relation de domination, grâce à son uniforme, aux amendes qu'il inflige. Et il arrive à déclencher une forte attirance sexuelle, qu'il utilise au maximum, dans un rapport sado-masochiste, dans le but de se faire remettre de l'argent, et transmettre les biens.

Il a ce type de rapport avec une femme au moment des événements évoqués dans le roman, mais il a aussi engagé une liaison avec une jeune fille de moins de 16 ans, qu'il utilise aussi pour humilier sa maîtresse plus âgée, mais qui commence à lui causer du soucis : elle le menace d'ébruiter leur liaison. Il l'assassine et jette le cadavre dans un lac. Il finira par émerger, mais personne parmi les habitants ne semble avoir vu quoi que ce soit, ou eu le moindre soupçon à l'endroit de Janisch. Il faut dire que c'est lui-même qui interroge les habitants, ce qui bien évidemment ne délie pas les langues.

Ce petit résumé peut sembler relativement simple et logique, cela l'est beaucoup moins dans le roman. Celui se présente comme un monologue, d'une narratrice non identifiée (l'auteure ?) qui distille quelques informations sur la marche des choses, quelques faits tangibles, mais qui les entrecoupe de digressions diverses, de petits bouts de conversations, de ressentis de tel ou tel personnage, de références littéraires. Sans oublier de longues scènes décrivant les pratiques sexuelles de Janisch, la dépendance qu'il crée chez ses victimes. le tout dans une chronologie aléatoire, nous circulons dans le temps au gré des envies de la narratrice.

C'est forcément un livre déroutant, dérangeant, pas réellement plaisant à lire. Néanmoins, il laisse une trace, provoque des interrogations, peut susciter un débat. Mais j'aurais du mal à le conseiller, tant il demande un effort, et peut provoquer le rejet.

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Message par Aeriale Lun 27 Juil - 11:16

Eh bien! Un parcours peu commun pour cette auteure et une oeuvre qui y correspond forcément. C'est donc elle qui a écrit La pianiste?!

Te lire est intéressant mais il est certain que son style ne doit pas être évident pour tous. Pas pour moi en tout cas ;-)
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Message par Arabella Lun 27 Juil - 13:45

Oui, c'est elle qui a écrit la pianiste. Je crois que son style n'est évident pour personne. J'avais trouvé que cela passait mieux dans le pièce que j'avais lue précédemment, déjà c'était bien plus court. Mais il y a des vrais questionnements, et elle pointe plein de choses sur nos société, c'est d'une grande lucidité. Mais un peu déprimant.

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