John Cheever

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Message par Aeriale le Mar 7 Mar - 19:00

John Cheever John_c10

Né à Quincy, Massachusetts, en 1912- Mort en 1982, Cheever est surtout renommé pour ses nouvelles. Il en a écrit plus de deux cents, parues d'abord dans des revues (principalement The New Yorker) avant d'être publiées en sept recueils, de 1942 à 1973 . L'œuvre de Cheever compte aussi cinq romans. The Wapshot Chronicle (1957) est lauréat du National Book Award en 1958.

Ses écrits se déroulent principalement dans les banlieues blanches, anglo-saxonnes et protestantes autour de New York. C'est la description de ce monde de cocktails, de pelouses fraîchement tondues, d'affaires extraconjugales, de gares de banlieue et de gueules de bois du dimanche qui lui a valu d'être surnommé "le Tchekhov des faubourgs" (mais Scott Fitzgerald, Faulkner, Flaubert et, spécialement Hemingway influencent aussi fortement son œuvre). Il est en effet considéré, aux États-Unis, comme l'un des auteurs ayant, avec Updike et Yates, le mieux dépeint la vie des classes moyennes américaines durant l'après-guerre.

Admiré par Hemingway ou Nabokov, Roth parle de "réalisme magique" pour qualifier l'étrangeté qui se dégage constamment de l'œuvre de Cheever, dont le plus grand talent est sans doute la capacité d'allier cynisme et générosité, de voir qu'absurdité et profondeur peuvent coexister, de les reconnaître tous deux, sans minimiser l'autre. Lui-même décrivait l'écriture (de fiction) comme une  "expérimentation.

Il est moins connu en France où son œuvre n'a été traduite que vingt ans après sa mort, à de rares exception près. Le ver dans la pomme,  L'Ange sur le pont, Insomnies et Déjeuner de famille, quatre recueils de nouvelles issus de The Stories of John Cheever, de même que quatre de ses romans sont désormais disponibles en français.
Sources Wikipedia

Bibliographie

1957 Les Wapshot
1969 Les lumières de Bullet Park
1973 Le ver dans la Pomme
1977 Falconer
1978 Déjeuner de famille
2009 On dirait vraiment le paradis
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Message par Aeriale le Mar 7 Mar - 19:16

-Les lumières de Bullet Park-


John Cheever 97820710



Découvert grâce à @Céline qui en disait ceci, entre autre..
Céline a écrit:J'ai beaucoup aimé ce roman, qui oscille toujours entre réalisme et outrance, humour et cruauté, ironie et gravité. John Cheever n'épargne rien à ses personnages pour les ridiculiser, tout en faisant ressortir le pathétique de leur situation. Je me suis rendue compte à quel point les scénaristes de séries comme Mad Men ou Desperate Housewives y avaient trouvé leur inspiration et surtout ce ton tragi-comique, ces moments de pure comédie alternant avec le plus profond désespoir.

Tout à fait! C'est un superbe récit à la fois noir, angoissant et pourtant drôle. Au travers des yeux de l'auteur on se retrouve témoin du lent et inexorable basculement dans la folie meurtrière d'un homme pourtant riche et plutôt sympathique, mais qui ne parvient pas à trouver sa place dans cette société trop bien huilée.

Cheever épingle avec cynisme et humour les tics de cette micro classe où chacun doit tenir son rôle. Tout parait simple en apparence mais son analyse est sans appel. Sous les contours paisibles, des démons veillent bien sûr. Et derrière les façades, les sourires se crispent. Anxiolytiques, alcool et obsessions révèlent les failles d'un système sur mesure qui ignore les disparités. La réussite comme aboutissement et le bonheur à tout prix se révèlent au final terriblement déprimant, sources d'un enfermement duquel Hammer ne pourra se défaire qu'en brisant le cadre. C'est une brillante démonstration que nous offre l'auteur dans cette intrigue où la tension va crescendo.

L' humour y est très présent. Exemple:
Mrs Trencham pratiquait la dévotion empreinte de compétitivité qui lui était chère. Mrs Trencham s'était récemment convertie et elle était plus que fière de la façon dont elle maîtrisait les réponses et les signes de croix pendant le service: elle était combative. A peine la voix du prêtre retentissait'elle dans la sachristie qu'elle bondissait sur ses pieds et lançait ses Amen et ses Gloria d'une voix sévère et résonnante, bien avant le reste des paroissiens, comme si elle était engagée dans quelque course à pied ecclesiastique. Ses génuflexions étaient profondes et gracieuses, son Credo et sa Profession de foi étaient récités selon les règles de l'art, son Agneau de Dieu était inspiré, et si elle se heurtait à quelque compétition, comme c'était parfois le cas, elle s'empressait d'ajouter quelques signes de croix comme preuve de la supériorité de sa dévotion. Mrs Trencham avait l'esprit d'une gagnante.
Un excellent roman!
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Message par Aeriale le Mar 7 Mar - 19:23

-Déjeuner de famille-


John Cheever Index_45



Même si j'ai moins aimé que le précédent, j'ai tout de même retrouvé l'ironie de John Cheever, sa manière de toucher là où ça gratouille.

Ici encore, tout parait en place, confortable, et puis un petit élément vient enrayer la machine. Un peu comme la première nouvelle Adieu mon frère (une de mes préférées) où une famille aisée est invitée à se réunir dans la demeure de leur mère. Les traditions, la respectabilité cachent un malaise qui va bientôt péter et cela a quelque chose de jouissif.

Les personnages que l'on croise ne sont pas à l'aise dans leur vie. Ils se camouflent, et soudain craquent comme cet homme solitaire dans La Tour de Babel dont Clancy est le gardien. C'est souvent pathétique, exemple ce couple piégé par le miroir aux alouettes et qui ne s'en rend pas compte, ou cet autre obligé de déménager sans cesse à cause de l'alcoolisme du mari. Ou encore cette femme Jill -dans Une femme instruite- qui s'enivre de reconnaissance et bousille sa vie de mère.

Tous ces personnages cherchent quelque chose et n'en sont pas toujours conscients. Il y a un malaise qui rode dans leur vie, alors ils feintent avec eux-mêmes.

J'avoue avoir été plus ou moins sur ma faim après Les lumières de Bullet Park où Cheever prenait le temps de bien cibler ses personnages. Mais on ne peut comparer des nouvelles à un roman! Certaines me sont passées à côté, d'autres m'ont plus accrochée (Je ne sais plus le titre mais celle où un homme désespère d'entendre la voix de sa femme dans tous les aéroports est très drôle) Il m'en reste un ton, une élégance, cette façon d'épingler la petite faille l'air de rien. 

Le chagrin qu'elle éprouvait à cet instant allait bien au delà, Chester le savait, du simple fait de d'en aller d'un endroit apparemment familier pour un autre, apparemment inconnu; c'était le regret douloureux de quitter un lieu où son intonation et son allure, son manteau usé et ses bagues en diamant pouvaient encore imposer une trace de respect; le regret de rompre avec une classe sociale et d'en rejoindre une autre, et ce regret était deux fois plus aigu en ceci que la rupture ne serait jamais consommée
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Message par domreader le Mer 2 Aoû - 17:31

Bullet Park

John Cheever

 

Je n’ai pas grand-chose à rajouter au commentaire d’Aériale plus haut, il est vrai que voir ces gens de Bullet Park sous l’œil d’entomologiste de Cheever est réjouissant, il les observe à la loupe et on a l’impression de quelques mouches prises au piège sous une cloche de verre qui se débattent en se cognant contre les parois. Ce qui est surtout réjouissant c’est le style, enlevé, parfois lyrique ou poétique, souvent humoristique. Quand aux personnages on les sent désorientés, se battant pour croire encore au bonheur grâce à la réussite, pour sauver les apparences, mais ils perdent du terrain petit à petit. Le rouleau compresseur du rêve américain les lamine et ils doivent s’appuyer sur l’alcool, les médicaments et les drogues pour continuer à essayer de faire partie du ‘rêve’. Un bon roman, que j’ai pris grand plaisir à lire, avec une réserve sur la deuxième partie qui est moins structurée que la première, moins vraisemblable mais peut-être est-ce parce que le personnage qui l’anime est lui-même perdu et à bout.

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Message par Aeriale le Sam 5 Aoû - 18:46

Merci pour ton commentaire, Domreader! Bien contente que tu l'aies aporecié aussi, et pour la deuxième partie ... j'avoue que j'ai oublié, mais tu me redonnes envie d'y jeter un œil justement. 

Un auteur à connaître, je pense!
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Message par Epi le Dim 6 Aoû - 11:47

Ca me donne envie de le relire parce que je n'en ai plus aucun souvenir, je ne sais même pas si je l'avais aimé ou pas.

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Message par kenavo le Mer 12 Déc - 5:55

John Cheever A346

Nouvelle publiée dans l’édition de Noël du The New Yorker en 1949

Christmas is a Sad Season for the Poor / Noël est une triste saison pour les pauvres
Résumé
Un liftier se plaint de sa solitude vis-à-vis de toutes les personnes à qui il se présente. Chaque passager le régale avec une histoire de sa propre solitude. Au cours du jour de Noël, il s'avère que chacun des résidents a préparé un cadeau et un dîner avec dessert pour Charlie, qui ne peut absolument pas tout manger.
on peut la retrouver dans le recueil L’Ange sur le pont
John Cheever Aaa388

C’est marrant de fouiller un peu partout pour trouver des nouvelles qui parlent de Noël. La plupart sont comme des petits cadeaux.

Au début l’histoire se présente assez drôle mais il va y avoir des conséquences que Charlie ne pouvait pas prévoir. Avec toutes les lamentations auprès des personnes qu’il rencontre ce jour de Noël, il va faire face à une avalanche de nourriture et cadeaux…

En tant que nouvelle, il n’y a naturellement pas beaucoup de pages… mais comme un bon bonbon, cela se déguste avec plaisir.

Un commentaire plus détaillé en anglais

John Cheever A347

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