Michèle Lesbre

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Message par Ovalire le Jeu 20 Avr - 19:30

Michèle Lesbre 220px-10



Née à Tours en 1939, après des études en Lettres et en Histoire à l'Université de Clermont-Ferrand, Michèle Lesbre, institutrice, puis directrice d'école maternelle. Elle arrive à Paris en 1975. Et elle se met à écrire.
En 1991 le roman noir  avec La Belle inutile.
En 1997, dans Une simple chute (1997), la rencontre d'une femme, par hasard, dans un train déclenche une mécanique mortelle.
En 2001, elle publie Victor Dojlida, une vie dans l'ombre. Avec cette œuvre, elle tient à faire connaître Victor Dojlida, résistant polonais qu'elle a rencontré.
Ses romans sombres sont écrits à la première personne.
Elle abandonne le genre policier en 2001 et la publication Nina par hasard. Ses romans sont des récits dans lesquels l'histoire et les événements traversent, d'une façon douloureuse ou angoissante, la vie d'un personnage.
En 2015, Chemins est un récit personnel qui parle de mémoire et de son père décédé trente ans plus tôt 

[infos Wikipédia]

D’après Wikipidia, elle commence par des nouvelles dès 1988, mais je n’en ai trouvé trace nulle part ailleurs … alors ?


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Message par Ovalire le Jeu 20 Avr - 19:32

CHERE BRIGANDE (02/2017)

]L’autre soir au restaurant, une amie est venue avec un sac de bouquins … celui-ci m’a attiré, il était très léger, ce qui est bien pratique dans le métro. Je ne connaissais pas du tout cette auteure … je vais en lire d’autres. J’attends vos conseils avisés pour les autres.
Juillet 2016, L’auteure écrit une lettre à une dénommée Marion du Faouët, héroïne (?) du début du XVIIIème siècle. Elle y retrace sa vie, son parcours. Dans la Bretagne pauvre, elle est une Robin des Bois, prenant aux riches, nobles, bourgeois, religieux, pour redistribuer aux pauvres, encore plus nombreux en ces temps que de nos jours.
Le moment d’écriture n’est pas neutre, …après Nice, 14 juillet 2016. Le parallèle est très intelligent ; elle site un dramaturge anglais : « La foi, c’est croire que quelque chose qui ne peut être vrai est vrai. La réalité est impuissante devant la foi .Quand le moi et la société n’ont plus de signification idéologique plausible ni pratique, même pour un âne bâté, la foi se change en fanatisme ».
77 pages de pur bonheur, d’une très belle écriture intelligente.


Dernière édition par Queenie le Jeu 20 Avr - 20:40, édité 1 fois (Raison : remis en taille de police standard pour une lecture plus agréable)
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Message par kenavo le Ven 21 Avr - 6:24

Merci pour ce fil, tout comme toi j'ai bien aimé Chère Brigande, mais cela ne veut rien dire, j'aime bien l'auteur et du coup, jamais de déception chez elle pour moi Wink


@Ovalire a écrit:je vais en lire d’autres. J’attends vos conseils avisés pour les autres.
je pense que tu peux piocher un peu partout dans sa bibliographie, tu vas toujours retrouver 'sa voix' qui semble t'avoir enchantée

je l'ai découvert avec Boléro qui m'a fait une forte impression... par la suite j'ai fait un peu la 'totale', pour des raisons différentes j'ai apprécié tous ceux que j'ai lu d'elle... mais il y a deux coups de coeur qui m'ont fait plus d'effet:

Michèle Lesbre A1107
Un certain Felloni
Présentation de l'éditeur
Un certain Felloni. Ferrare, 1943. Alors qu'il se rend à bicyclette à son poste de travail, Felloni est pris dans une embuscade fasciste. Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, le jeune homme se retrouve peu après couché dans la neige, blessé, parmi d'autres agonisants. Dans ce temps suspendu qui s'ouvre entre la vie et la mort, les souvenirs affluent : la tendresse de sa mère, le gâteau aux châtaignes, l'odeur du tabac de son père, la pêche aux anguilles dans le delta, mais aussi ses frayeurs d'enfant face aux exactions fascistes, aux chants de propagande, au désespoir des adultes. Plane aussi le doux visage de Sandra, de son amour qui lui faisait oublier la guerre. Michèle Lesbre, en s'emparant du personnage de Felloni, apparu fugitivement dans une nouvelle de Giorgio Bassani, Une nuit de 1943, écrit un texte intense et poétique sur le chaos de la guerre, sur l'absurdité de cette mort et sur ces vies ordinaires que l'histoire jette dans les ténèbres. Comme en écho à ses visions, les dessins de Gianni Burattoni déclinent les gammes du gris, donnant corps aux brumes angoissantes du delta du Po, à la violence et à la mort, avec un trait d'une subtile beauté.

Dans sa postface, Michèle Lesbre dit :

Quand l’histoire se regarde à travers la fiction, elle nous interroge jusque dans l’intimité de nos vies.

Et c’est ce qui se produit dans ce livre. Michèle Lesbre a fait lors d’un séjour à Ferrare des recherches et en se plongeant dans les livres de Giorgio Bassani - elle ressort avec l’histoire de Felloni qui s’inspire d’un fait réel.

La voix de cette personne, qu’elle appelle dans son roman Felloni, nous vient pour la première fois de son corps qui est enfoui dans la neige – comme s'il ne le réalisait pas – mais il vient d’être abattu par des hommes sympathisant avec le Duce, parmi eux même quelqu’un avec lequel il est allé à l’école.

Sa voix nous montre les moments de sa naissance, ses parents, son enfance près de sa mère qu’il adorait. Des jours sereins et pleins de tendresse..
Un bonheur parfait – si cette voix ne nous rappelait pas de temps en temps que son corps est allongé dans la neige, qu’il veut se relever mais ne parvient pas, qu’il veut appeler à l’aide mais aucun son ne sort de sa bouche.. et il pense à sa bicyclette avec laquelle il était en train de se rendre à son travail.. il ne voulait qu’aller travailler ce matin et se trouvait au mauvais moment au mauvais endroit.

La voix de Felloni est l’écriture de Michèle Lesbre.. sans grands gestes, sans images effrayantes – elle est capable de nous montrer la cruauté d’une guerre à côté des scènes du front.

Il y a beaucoup de 'Felloni' pendant toutes les guerres et Michèle Lesbre a donné une voix à ces victimes ‘aléatoires’

C'est d'ailleurs aussi ce livre que j'avais emporté avec moi en 2008 pour me le faire signer par elle, lors de sa venue au Festival des Etonnants Voyageurs à Saint-Malo
Elle était très sympa et m'a parlé plus longuement de son séjour à Ferrare pour écrire ce livre... des moments qui s'ajoutent au plaisir de lecture Wink
Michèle Lesbre Aa_210



Michèle Lesbre A1108
Victor Dojlida, une vie dans l'ombre
Quatrième de couverture
Victor Dojlida est né en 1926, en Biélorussie, Il a trois ans et sa soeur Clara dix-huit mois lorsque sa famille émigre en Lorraine en 1929, pour s'établir d'abord à Trieux où le père est employé à la mine, lutin à Homécourt, où il entre aux aciéries. Le 10 mai 1940, la première bombe s'écrase sur Homécourt. L'école ferme. Victor ne passera pas le certificat d'études. Malgré son jeune âge, il s'engage dans diverses actions, et entre dans la Résistance. En février 1944, il est arrêté, son réseau a été dénoncé. C'est la déportation et les camps. Il a presque vingt ans lorsqu'il revient. Le juge qui l'a livra à la Gestapo et le policier qui a dénoncé son réseau sont encore en place. Ce n'est pas supportable, pour ce jeune homme rescapé de l'enfer. Commence alors l'enchaînement des faits qui le conduiront en prison pendant près de quarante ans
'Récit' convient tout à fait à ce livre. Ce n'est pas un roman, pas une biographie.. c'est la volonté de Michèle Lesbre de sortir Victor Dojlida de l'ombre en nous racontant quelques événements de la vie de celui-ci.

J'ai toujours eu peur de l'oubli, cette grande nuit aveugle

Cette phrase est probablement l'essence de ce livre qui m'est tombé entre les mains parce que je suis en train de découvrir le monde de Michèle Lesbre, mais qui s'adresse quand même plutôt à un lecteur en quête du thème traité dans ce livre qu'à un lecteur qui veut lire un livre de Michèle Lesbre - elle retient sa propre voix ici (tout à fait en harmonie avec l'intention de son sujet) pour nous donner l'image de Victor Dojlida.

Extrait
Je me souviens de cette grande exposition, au musée d'Art moderne, à Paris, il y a quelques années, et dont le thème était "les Années Trente", un temps menaçant que toute la peinture européenne reprenait alors à son compte.
Mélancolie, agitation sociale, représentation de la mort étaient là, implacables. Je revois tout particulièrement ce tableau prémonitoire de George Grosz, L'Agitateur
.
Michèle Lesbre Horn10

On y apercevait un énergumène, bras levés, autour duquel le monde n'était que chaos. Un cauchemar que l'on aimerait désormais impossible.
De ce cauchemar-là, tu ne t'étais sans doute jamais remis, comme tant d'autres, des milliers d'autres, inconnus, perdus dans le vacarme infernal.
J'ai toujours eu peur de l'oubli, cette grande nuit aveugle.

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Message par Aeriale le Ven 21 Avr - 9:49

J'avais lu d'elle Le Canapé rouge à sa sortie (En 2007) Je me souviens d'une écriture très fluide, très sensible, mais je ne l'ai plus relu depuis...


Michèle Lesbre Le-can10

Une belle écriture, aérienne je dirais, qui se lit au rythme du train qui s'enfonce vers l'inconnu : Tout est fugace, l'important ici c'est l'instant fait de hasards, de rencontres, de conversations chaotiques et de paysages entrevus.

La narratrice, Anne, engourdie par le périple et cet univers cotonneux se laisse aller à la rêverie, à l'analyse de ce qui constitue son parcours intérieur. De ce retour sur soi, il en ressort un apaisement propre à l'age qui s'avance. Elle repense aux personnes qui ont compté pour elle, ses héroïnes, leurs espoirs, leurs luttes et leur renoncement parfois. Le style est léger même si on parle de choses profondes, ou parfois tristes, car tout est effleuré, et c'est ce qui confère à son livre un charme indéniable et nostalgique. On sort de ce voyage apaisé, tout comme elle, bercé par ses mots tout en finesse.

Cependant on n'en saura pas plus de son histoire, Anne conserve son intimité profonde. Ce qui fait sans doute que j'ai été séduite mais pas forcément émue. Un livre racé et délicat, mais si "cristallin"comme le qualifiait un critique: j'ai peur qu'il ne m'en reste que ce léger cliquetis que fait le cristal lorsqu'on l'effleure.
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Message par Ovalire le Sam 22 Avr - 17:36

Merci de vos conseils et vu la diversité de ses thèmes et de ses ambiances, je pense que le prochain dépendra de mon humeur du moment, mais il est certain que le prochain viendra.
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Message par Ruth May le Ven 11 Jan - 21:56

Un lac immense et blanc


Michèle Lesbre Un-lac10




"Derrière moi la ville s'estompe, elle se laisse avaler par tout ce blanc qui se répand sur elle. Et puis des mots résonnent dans ma mémoire et aussi la voix qui les prononçait des dizaines d'années en arrière, Un lac immense et blanc ! Un lac immense et blanc ! Je revois la mince silhouette d'Antoine se roulant dans la neige comme un chien fou. Nous étions trois à le suivre des yeux sans oser le rejoindre, c'était si beau. C'était dans un autre monde, un autre temps. C'était peut-être même un songe". Édith, la narratrice, est au zinc d'un bistrot parisien, le Café lunaire. L'ombre des flocons qui glisse sur les murs ressuscite d'autres paysages de neige, témoins de ses premières amours, de ses premiers combats politiques. Et la nostalgie se mue en joie. En cette journée particulière, la solitude aura moins que jamais le goût des renoncements.

J'aime énormément l'univers des récits de Michèle Lesbre et tourner la première page d'un de ses romans est toujours la perspective d'un merveilleux moment.

J'ai passé une soirée de cette semaine en sa compagnie en cheminant à coté de ce lac de neige ! 
Et pas seulement, elle m'a fait voyager en Italie à Ferrare, m'a donné envie de visionner de vieux films italiens et de découvrir un écrivain que je ne connais pas.

Comme toujours , je quitte cette lecture avec plein d'envies.

Edith Arnaud attendait un italien qu'elle ne connait pratiquement pas mais qu'elle entend, chaque mercredi, évoquer une région de l'Italie où elle a laissé des souvenirs.
Il n'est pas là comme à son habitude et du coup, elle convoque d'autres souvenirs de sa jeunesse, des souvenirs d'engagements, d'autres visages d'hommes comme celui d'Antoine et repense à sa vie écoulée.

Je ne sais pas rendre hommage au plaisir de lecture que j'ai eu autant que je le voudrais, il faudrait que vous passiez vous aussi une soirée "en sa compagnie". Ce sera un beau moment, c'est certain.
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Message par domreader le Ven 11 Jan - 23:24

C'est vrai ce que tu dis de cette auteure, elle sait concocter des atmosphères, nous faire voyager , nous enrober dans ue art de cocon de lecture. C'est très plaisant. Je note ce titre que je ne connais pas.

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Message par kenavo le Sam 12 Jan - 7:21

cela me rappelle un bon souvenir de lecture... envie de relire quelques-uns de ses livres...

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Message par kenavo le Mar 12 Fév - 6:30

Michèle Lesbre A388
Rendez-vous à Parme
Présentation de l’éditeur
Dans les cartons de livres que lui a légués Léo, un vieil ami avec qui elle partageait la passion du théâtre, la narratrice découvre un exemplaire de La Chartreuse de Parme. Les premières pages la ramènent à l’été de ses quatorze ans, quand un homme de l’âge de son père lui lisait le roman à haute voix sur une plage. À la fin de la saison, il lui avait murmuré : « Quand vous serez plus grande, vous irez à Parme, il faut lire ce roman de Stendhal à Parme. »

Des années plus tard, elle décide d’obéir à cette affectueuse injonction. Laissant désemparé l’homme qu’elle vient de rencontrer, elle prend seule le train pour l’Italie. Dans la sereine ville de Parme, la ferveur de ses préparatifs s’est évanouie. Mais, lorsqu’elle pénètre dans le théâtre Farnèse, son voyage soudain revêt un autre sens : sur la scène vide, défilent les silhouettes absentes dont les spectacles ont tant compté. Patrice Chéreau, Philippe Clévenot, Václav Havel, Tadeusz Kantor, Peter Brook et tant d’autres l’emportent dans une belle sarabande. Plutôt que celles, bien loin, de La Chartreuse de Parme, elle est venue suivre ici les traces d’un passé qui lui est essentiel. Le théâtre dès lors guide sa mémoire, envahit son séjour, l’apaise, et l’entraîne vers le présent.

Quand, sur une impulsion, elle demande à son amant parisien de la rejoindre, un autre voyage peut commencer… Rendez-vous à Parme est un roman lumineux sur le désir, une invitation à vivre, comme au théâtre, tous les possibles.

Michèle Lesbre Aaa40
 
Quelle beauté ce Théâtre Farnèse à Parme… bien qu’il ne joue pas un trop grand rôle finalement, il m’était quand même important de le montrer dans ce commentaire. Surtout que Michèle Lesbre parle sinon beaucoup de théâtre et du coup c’est tout bon de se retrouver avec un tel décor.

Si on aime la « petite musique » des romans de cette auteure, sûr et certain qu’on va adorer ce nouvel exploit.

Une fois de plus on va faire un voyage en Italie (du nord), partie du monde qu’elle ne met pas pour la première fois dans un de ces romans. Et selon mon avis elle excelle dans ces voyages italiens.
 
Je ne peux pas mieux résumer ce Rendez-vous à Parme que la maison d’édition.
Il me reste seulement à ajouter que j’ai vraiment beaucoup aimé la retrouver (son dernier paru m’était tombé des mains, et oui, cela peut aussi arriver) et la lecture fut un vrai grand plaisir.

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