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Message par Arabella le Mer 16 Jan - 9:54

Asako / Ryusuke Hamaguchi






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J'ai vu le film en avant première, sa sortie est prévue en janvier ne vous précipitez donc pas pour le chercher dans vos salles préférées.

Asako rencontre à une exposition de photographie un jeune homme fascinant, Batu, avec qui elle vit une histoire d'amour passionnée. Mais Batu est imprévisible, et un jour il disparaît. Asako quitte sa vie, s'installe à Tokyo, où elle fait la connaissance de Ryohei qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Batu, même si la ressemblance s'arrête au physique : Ryohei est plutôt banal et terre à terre. Il devient vite obsédé par Asako, qui finit par s'installer dans une relation avec lui. Mais un jour Batu ressurgit dans sa vie.



Faire le résumé de ce film est un exercice assez vain, tant il est complexe, sous des allures d'une histoire qui pourraient être simple, si on s'en tient à la trame principale. Une sorte de dichotomie, de mise en opposition, en miroir, permanente, est est la base de tout le film, comme les deux personnages masculins joués par le même acteur. Au déroulé d'une histoire qui aurait pu servir à une comédie romantique, se superpose une sorte de climat angoissant, introduit par la musique, les images (les cadrages sont par moments hallucinants), le jeu des acteurs (l'actrice qui joue Asako est extraordinaire avec un regard impénétrable ) et toute une série de petits ou grands événements qui pourraient devenir tragiques (un tremblement de terre, un accident de moto etc) et qui au final ne le sont pas, mais qui provoquent une montée d'angoisse, tout en trompant l'attente d'une catastrophe. Mais la fin (que je ne dévoilerai pas) pourrait être interprétée comme une tragédie au sens quasi métaphysique, mais aussi comme un happy end, si on préfère.

Tout est pensé, maîtrisé, chaque petit détail fait sens, et peut donner lieu à énormément d'interprétations sous une allure anodine. La façon de filmer est plus qu'impressionnante. Le jeu des acteurs parfaits. C'est peut être moins immédiatement gratifiant que Senses, mais c'est une immense richesse et le film ne quitte pas l'esprit du spectateur une fois terminé. Il faudrait le revoir, plusieurs fois sans doute, pour essayer d'en tirer plus de sens. A mon sens, ce film confirme que Ryusuke Hamaguch est un immense réalisateur.

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Message par Queenie le Jeu 17 Jan - 9:19

Oui, complètement.
Baku semble souvent être le fruit de son fantasme. Sauf que d'autres l'ont vu, connu...etc...

Mais le propos sur la cristallisation d'un amour passé, impossible, qui empêche de complètement avancer, est très bien trouvé.
Avec Asako qui le renvoie d'où il vient pour enfin aller vivre sa vie.
Très juste.

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Message par Aeriale le Jeu 17 Jan - 10:10

@Arabella a écrit:
Baku est tellement transparent, inexistant, une image, pas une vraie personne. Cela participe au sentiment d'étrangeté, de la limite du fantastique du film. Je me demandais à quel point il existait vraiment, s'il elle ne l'imaginait pas, ne le fantasmait pas. A cause de ce côté éthéré je trouve qu'il est difficile de lui en vouloir de quoi que ce soit. A la fin, il disparaît, tout simplement, parce qu'elle le décide pour plonger dans le réel de sa relation avec l'autre garçon, le vrai.

Oui, on ne pense même pas à le juger, il est tellement lisse et parfait d'apparence, une image (je plaisantais, en spoiler) On n'est pas ému par leur relation, c'est certain.

Alors que celle avec Ryohei est émouvante. C'est pour ça que je ne l'ai pas vue en catastrophe, comme tu disais plus haut. Une relation pas si prévisible ni désenchantée que ça, avec son lot de couacs, de petits bonheurs et de ratages, de batailles aussi qui donnent tout le sel à un rapport amoureux. Elle doit le reconquérir, il y a un vrai challenge!

@Queenie a écrit:Avec Asako qui le renvoie d'où il vient pour enfin aller vivre sa vie.

Voilà. Elle rentre dans sa réalité, et cette scène devant la rivière où ils se retrouvent face à leur réalité, leur histoire à reconstruire sur d'autres bases est bouleversante.
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Message par Arabella le Jeu 17 Jan - 15:58

Maya / Mia Hansen-Løve


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Gabriel, reporter de guerre, pris en otage de Syrie, vient d'être libéré. Pour surmonter le traumatisme de sa détention, il part en Inde, le pays où il est né. Il retrouve des gens et de lieux, tente un rapprochement avec sa mère, voyage, et se laisse aller à vivre une histoire d'amour avec la fille de son parrain.


Il y a incontestablement un charme subtil dans le film. Une façon de filmer pleine de sensualité et de douceur. Mais j'ai trouvé le temps long, je n'ai pas vraiment embarqué, il y a des choses qui m'ont parues un peu convenues, rien de vraiment neuf dans la situation du héros, auquel j'ai eu du mal à m 'intéresser. Beaucoup d'images, fort belles d'ailleurs, en mouvement, un peu répétitives à la longue. Un peu une déception, ayant davantage apprécié certains films précédents de Mia Hansen-Løve.

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Message par Aeriale le Sam 26 Jan - 17:48

@Arabella a écrit:
Paweł Pawlikowski/Cold War



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Un musicien et une chanteuse s'aiment dans la Pologne d'après guerre, qui vient de basculer dans le camps communiste. Il s'enfuit à l'ouest, elle reste en Pologne, mais ils ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Ils essaient de se rejoindre, mais le contexte rend difficile leur histoire.

Il y a des jolis images, de beaux acteurs qui ont sans doute du talent, un vrai sujet....et tout plein de clichés et de facilités, la tendance à vouloir émouvoir le spectateur sans trop le perturber, sans surtout le sortir de représentations stéréotypées. Je n'ai senti aucune passion, aucune authenticité dans ce film, qui semble fabriqué pour satisfaire les goûts et les attentes d'un public assez large. Les personnages restent des images sur papier glacé, sans qu'à aucun moment j'arrive à comprendre leurs motivations, à partager leurs sentiments, à vibrer avec eux, alors que le sujet principal est la passion.

Je suis peut-être un peu sévère, mais j'ai détesté ce film, alors qu'il y avait matière à faire quelque chose de fort.

Je rejoindrais en partie @Arabella. Un beau film pourtant, qui m'a séduite d'entrée avec une photographie très soignée, l'élégance du noir et blanc faisant ressortir la rigidité du système soviétique, sa froideur. Toute la première partie m'a en fait captivée, la traque de ces musiciens mandatés par le Parti pour dégoter des artistes vantant leur propagande, les scènes autour des chorégraphies, les chants etc. Ce metteur en scène sait filmer, c'est clair.

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Mais lorsque l'histoire se concentre davantage sur la relation qui se veut passionnelle entre Viktor et Zula, là j'ai eu l'impression de ne pas saisir clairement leur jeu de chat et souris, de les perdre un peu et surtout comme @Arabella de ne pas partager leurs sentiments. Ils ne m'ont pas émue, tout simplement.

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Peut-être que la forme a pris toute la place, Pawel Pawlikowski a voulu nous épater, et en quelque sorte il a réussi, mais au final tout cela m'a semblé distant et répétitif. Pour le reste, je ne connais pas assez la Pologne pour y déceler des clichés, mais je regrette qu'il n'ait pas plus approfondi l'ensemble. Je n'ai pas détesté mais suis un peu déçue, donc!
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Message par Arabella le Dim 27 Jan - 22:38

Je suis d'accord sur le fait que le tout début du film laissait espérer mieux : le moment où les deux personnages récoltent les musiques, aussi les scènes des castings. Mais très vite cela devient très artificiel et formel. Les clichés je les ai trouvé aussi dans la partie qui se passe à Paris, cette boîte de jazz, ces intellectuels...et la tour Eiffel dans l'encadrement de la fenêtre lorsqu'il est à l'ambassade pour essayer de rentrer, limite prospectus touristique. Il fallait quand même la montrer, puisque c'est Paris. Cela en devient tellement kitsch que je dirais pas que c'est bien filmé, même si c'est joli.

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Message par Aeriale le Jeu 31 Jan - 16:46

-La mûle-


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Un ancien horticulteur qui a passé sa vie sur les routes à concourir pour la plus belle iris aux dépens de sa famille qu'il a négligée, se retrouve embarqué comme passeur afin de sauver son entreprise en sursis.

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L'idée est originale (tirée d'une histoire vraie) et le décalage entre la bonhommie du vieil homme en bout de course opérant en électron libre au sein d'un univers de mafieux sans scrupules, et qui réussit, est évidemment un point fort du film. On sourit souvent à le voir au volant de son pick up rutilant à pousser la chansonnette ou se dandiner au bord d'une piscine au bras de jolies filles pendant que le cartel et la police sont à ses trousses.

Mais le film touche là à ses limites. L'humour frôle parfois le ridicule, voire le pathétique. Et la lenteur de l'intrigue, si elle va de pair avec le côté débonnaire, fait qu'elle en devient prévisible et peu prenante.

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Bref, n'y allez pas pour y voir un thriller endiablé, Clint Eastwood a bien passé l'age. Mais si l'homme vous est sympathique, vous serez touché par ce regard détaché des convenances et toujours malicieux malgré les années, qui du haut de ses 88 ans nous rappelle combien les liens de sang et la famille sont plus importants que tous les honneurs du monde.

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A voir donc comme le témoignage d'un monstre sacré qui voit là sa dernière séance, mais tout cela m'a donné plutôt le bourdon, au final. Un film touchant et sympathique mais pas le chef d'oeuvre annoncé, tout de même :-)
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Message par Queenie le Ven 1 Fév - 8:51

Avec un peu de chance, c'est son dernier ! Twisted Evil

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Message par Aeriale le Jeu 7 Fév - 10:39

@Queenie a écrit:Avec un peu de chance, c'est son dernier ! Twisted Evil
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La vache

-Green book-


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En 1962 aux USA. Un videur du Bronx est engagé comme chauffeur assistant d'un pianiste noir renommé, lors de sa tournée dans le sud. Bien que la ségrégation raciale soit officiellement abolie, dans les faits ce n'est pas ma même histoire. Aidés du Green book leur indiquant les lieux où ils seront tolérés, ils s'engagent dans un road movie où ils vont devoir s'apprivoiser.

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Partant d'une histoire réelle, le film repose sur l'opposition des deux personnages, un blanc d'origine italienne, débonnaire, volontiers beauf et xénophobe, et un artiste de couleur, pédant et cultivé, mais coincé dans son image. Bien sûr, ce duo improbable va évoluer et ils seront amenés à s'accepter, chacun apprenant de l'autre en surmontant leurs préjugés.

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On peut y voir de la caricature mais j'ai trouvé tout bien dosé et empli d'humour. Surtout le cinéaste ne perd jamais de vu l'aspect humain, évite le trop plein et ne tombe pas non plus dans le réquisitoire. Ce qui donne à l'ensemble chaleur et bonhommie. Un bon moment, très bien joué avec un Viggo Mortensen méconnaissable en italo bas du front. A voir!
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Message par Queenie le Mer 20 Fév - 10:05

@Aeriale a écrit:-Mademoiselle de Joncquières-

(D'après une nouvelle de Jacques le Fataliste de Diderot)


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Une jeune et riche veuve retirée dans son chateau loin des frasques de Paris, est l'objet d'une cour effrénée d'un marquis connu pour ses  innombrables conquêtes . Elle finit par céder à ses avances et vivent un parfait bonheur mais au bout de quelque temps, ce dernier lui avoue qu'il n'est plus amoureux. Toujours très éprise et profondément blessée, elle décide de lui tendre un piège

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Je m'attendais bien sûr à une réédite des Liaisons dangereuses en moins réussie. Et j'avoue souvent craindre l'aspect empesé et trop formel de ces adaptations en costumes d'époque. Ici, même si Emmanuel Mouret conserve les codes du genre, son film est loin de tout cela. Les acteurs, Edouard Baer et Cecile de France, y apportent leur fantaisie emprunte de beaucoup de fraîcheur et de simplicité qui allège l'ensemble et lui confère une crédibilté tout à fait actuelle. On se régale de la subtilité des  dialogues, des costumes, des prises de vue à tomber (chaque plan est un véritable tableau) Bref, un excellent moment avec une fin en forme de pied de nez à la morale. Faut y aller!

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@Liseron a écrit:Vu aussi Mademoiselle de Joncquières
Un couple d'acteurs formidables, remarquablement filmés, des costumes sublimes, une langue superbe et des dialogues ciselés parfaitement dits par les comédiens. 
Je me suis régalée d'une robe en accord avec un papier peint, d'une scène filmée façon ombres chinoises, des expressions du visage de Cécile de France, qui joue d'une palette extraordinaire et des notes d'humour qu'Emmanuel Mouret distille par-ci par-là...Une histoire machiavélique sous des dehors légers, tout est dans le paraître dans ce film !

Vu à l'instant ce Mademoiselle de Joncquières.

okay les acteurs sont impec. Les décors et paysages parfaits. Et l'histoire prenante.
Les dialogues/répliques sont parfois majestueux de cynisme.

Mais Pfffrte de la fin.
Spoiler:
Le sale type s'en tire à bon compte avec une jeune, jolie et gentille donzelle qui veut bien de lui, meurtri de culpabilité.
J'aurais préféré qu'ils soient tous malheureux comme les pierres ! Sont tous des crapules !
Puis c'est toujours le mec qui a la part belle, y'en a marre !
Bon après c'est probablement du copié-collé du texte d'origine de Diderot... donc...
Mais il aurait pu, lui aussi, même à l'époque, envisager les choses autrement.

Bref.
Bon film.
Mais cette fin m'a irritée !

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Message par Aeriale le Mer 20 Fév - 19:11

Mais c'est ce que j'ai aimé justement, cette fin complètement immorale!

C'est cynique et très drôle!!

Tu ne devais pas être de bonne humeur, toi  Wink
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Message par Queenie le Ven 22 Fév - 8:08

J'aime pas que les hommes gagnent à chaque fois, à avoir la petite minette sous le bras !

Mais oui, je reconnais le cynisme digne d'une histoire de Jacques le Fataliste.

C'est juste que ça me crispe les molaires

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Message par Aeriale le Ven 1 Mar - 11:43

-Grâce à Dieu-


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Beaucoup doivent connaître le thème, l'affaire de pédophilie concernant un prêtre du diocèse de Lyon, l'abbé Preynat, étouffée par la hiérarchie et ressortie plus de vingt ans plus tard, suite à des plaintes et témoignages d'anciennes victimes, le plus souvent après prescription, malheureusement.

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Ozon s'attaque à un sujet fortement délicat et sulfureux: Outre celui de la déviance sexuelle d'un représentant de l'église, celui plus générale de la responsabilité de toute une institution, qui pourtant alertée, ne prit pas à l'époque de réelles mesures et se contenta de déplacer ce prêtre. Prisonnier du principe de préserver à tout prix la respectabilité de son diocèse et éviter le scandale, l' évèque Barbarin dont dépendait Preynat, et le corps clérical dans son entier, étouffèrent les faits, s'en rendant complices par la même.

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J'ai été impressionnée par la maîtrise de Ozon qu'on n'attendait pas dans ce régistre! C'est très fort, il y a des scènes bouleversantes. Celles des témoignages bien sûr, mais aussi celles suggérant les retombées psychologiques ou physiques sur ces hommes devenus pères de famille ou cas sociaux selon le traumatisme ressenti. C'est filmé sobrement, sans effusions ou charge excessive, il nous donne les faits tels qu'ils sont, jusqu'au procès qui n'est pas passé, mais ne tombe jamais dans la revendication, le voyeurisme ou tout autre dérive, et l'impact en est que plus puissant.

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Un film coup de poing qui soulève des questions fortes sur la foi, le besoin de vérité, et cette omerta à laquelle on se butte dès que l'on touche au sacré. J'espère qu'il réveillera les consciences et fera avancer les choses, le Vatican restant pour l'instant statique et intouchable. Dur mais incontournable, à voir absolument!

A l'affiche - Page 28 640_gr11

PS: Mentions à tous les acteurs, Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swan Arlaud, jusqu'à Bernard Verley dans le rôle de l'aumonier pervers.
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Message par Arabella le Lun 4 Mar - 11:13

@Queenie a écrit:
@Aeriale a écrit:-Mademoiselle de Joncquières-

(D'après une nouvelle de Jacques le Fataliste de Diderot)


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Une jeune et riche veuve retirée dans son chateau loin des frasques de Paris, est l'objet d'une cour effrénée d'un marquis connu pour ses  innombrables conquêtes . Elle finit par céder à ses avances et vivent un parfait bonheur mais au bout de quelque temps, ce dernier lui avoue qu'il n'est plus amoureux. Toujours très éprise et profondément blessée, elle décide de lui tendre un piège

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Je m'attendais bien sûr à une réédite des Liaisons dangereuses en moins réussie. Et j'avoue souvent craindre l'aspect empesé et trop formel de ces adaptations en costumes d'époque. Ici, même si Emmanuel Mouret conserve les codes du genre, son film est loin de tout cela. Les acteurs, Edouard Baer et Cecile de France, y apportent leur fantaisie emprunte de beaucoup de fraîcheur et de simplicité qui allège l'ensemble et lui confère une crédibilté tout à fait actuelle. On se régale de la subtilité des  dialogues, des costumes, des prises de vue à tomber (chaque plan est un véritable tableau) Bref, un excellent moment avec une fin en forme de pied de nez à la morale. Faut y aller!

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@Liseron a écrit:Vu aussi Mademoiselle de Joncquières
Un couple d'acteurs formidables, remarquablement filmés, des costumes sublimes, une langue superbe et des dialogues ciselés parfaitement dits par les comédiens. 
Je me suis régalée d'une robe en accord avec un papier peint, d'une scène filmée façon ombres chinoises, des expressions du visage de Cécile de France, qui joue d'une palette extraordinaire et des notes d'humour qu'Emmanuel Mouret distille par-ci par-là...Une histoire machiavélique sous des dehors légers, tout est dans le paraître dans ce film !

Vu à l'instant ce Mademoiselle de Joncquières.

okay les acteurs sont impec. Les décors et paysages parfaits. Et l'histoire prenante.
Les dialogues/répliques sont parfois majestueux de cynisme.

Mais Pfffrte de la fin.
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Bon après c'est probablement du copié-collé du texte d'origine de Diderot... donc...
Mais il aurait pu, lui aussi, même à l'époque, envisager les choses autrement.

Bref.
Bon film.
Mais cette fin m'a irritée !

Bon film, vraiment même si je l'ai trouvé justement trop morale /pleines de bons sentiments cette fin, là pour faire plaisir au spectateur.

Et le jeu d'Edouard Baer m'a carrément gâché le plaisir du film par moments, tellement je n'arrivais pas à y croire avec son jeu minimaliste, limite je m'en foutiste. Je ne connaissais pas vraiment, mais là je vais le fuir. Le reste est impeccable.

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Message par eXPie le Lun 4 Mar - 21:37

Bresson l'avait bien sûr adapté précédemment (Les Dames du Bois de Boulogne) dans une version actualisée (pour l'époque, puisque le film date de 1945).
J'ai l'impression qu'il ne serait plus possible d'en faire une version contemporaine, que tout a trop changé durant les 70 dernières années.

Il m'a semblé qu'il y avait quelque chose de finalement vain dans le film de Mouret (trop verbeux ? trop long ?), peut-être Edouard Baer était-il trop dans le rôle d'Edouard Baer.

Emmanuel Mouret n'est pas Bresson, évidemment. Ceci dit, pour moi c'est son meilleur film (facile, je n'ai pas aimé les autres, enfin je ne les ai pas tous vus, il y a une limite à mon masochisme).
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