Gladys Huntington
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Gladys Huntington

Gladys Huntington, née Parrish, est une romancière américaine, née le 13 décembre 1887 à Philadelphie (Pennsylvanie), et morte fin avril-début mai 1959 à Amberley (en) (Sussex de l'Ouest). Elle est l'auteur d'un unique roman connu, Madame Solario.
Très déprimée, malgré ou à cause du succès de son unique roman publié anonymement en 1956, elle se suicide trois ans plus tard. Elle laisse un roman inachevé (et jamais publié), The Ladies’ Mile.
Source Wikipedia
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Epi- Messages : 1943
Date d'inscription : 29/11/2016
Re: Gladys Huntington
Madame Solario

L’hôtel Bellevue sur le lac de Côme est un lieu privilégié où se retrouve l’élite européenne et américaine pour l’été. Les jours coulent doucement entre excursions sur le lac, balades, pique-niques, bals et potins en tout genre. L’arrivée d’une jeune femme, Natalia Solario, va un peu bouleverser l’harmonie précaire de cette société. Son charme et sa beauté tout autant que sa réserve et le mystère qui l’entoure agissent sur les esprits et bouleversent quelques gentlemen qui s’intéressent de près à elle. Lorsque son frère Eugène Harden qu’elle n’a pas vu depuis douze ans débarque, un autre jeu commence. Ces deux-là ont un secret terrible et ils vont essayer de le préserver tout en essayant de s’assurer un avenir qui les mettra à l’abri financièrement et leur permettra de se refaire une réputation toute neuve et sans tache.
Le roman se compose de trois parties. La première est narrée par le naïf Middleton, un jeune anglais pas très fortuné qui passe ses vacances sur le lac avant de retrouver la grise Angleterre où il doit à son grand désespoir devenir banquier.
La seconde partie, qui marque l’arrivée du frère, est centrée sur la relation entre le frère et la sœur. Middleton disparaît et le récit prend une autre dimension, plus complexe qui contraste avec l’apparente quiétude du début. Enfin, Middleton revient sur le devant de la scène pour la troisième et dernière partie.
Autour de ces trois personnages, quelques autres sont mis en lumière et ont une part active dans l’intrigue. Parmi eux, le comte Kovanski, un russe belliqueux qui semble poursuivre Natalia de ses assiduités, les riches San Rufino, un couple romain tombé sous le charme du frère et de la sœur, Missy la jeune fille un peu hystérique que Harden courtise en parallèle, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
L’histoire est accrocheuse même si on s’y ennuie un peu parfois, comme dans cet hôtel où il ne se passe pas grand-chose pour qui ne sait pas voir. Mais pour cette société habituée à l’oisiveté, tout est dans le non-dit, les groupes qui se forment selon la classe sociale ou les affinités compliquées, les regards qui se croisent, les sourires ou les petits gestes lourds de sens. Et c’est un peu le problème de ce roman pour moi. En voulant créer le mystère autour du couple frère/sœur, Huntington reste toujours vague, tout est toujours sous-entendu, suggéré, même lorsque Natalia et Eugène se parlent, le lecteur n’est pas mis dans la confidence, ce qui rend les dialogues sibyllins. On attend des révélations qui ne viendront jamais, on accède à aucun moment aux pensées de Natalia, on reste au dehors. Au lecteur de comprendre à demi-mots mais le procédé, s’il est efficace sur une partie du livre et crée une atmosphère intime et sulfureuse, devient lassant et exaspère un peu.
Mais ce n’est qu’une réserve très mineure qui ne gâche pas vraiment le plaisir de se retrouver dans cette société du début du 20e siècle où le paraître l’emporte souvent sur l’être. En apparence Madame Solario est une jeune femme indépendante et forte, elle se montrera au cours du roman très soumise. Quant à son frère Eugène, la sympathie qu’il peut inspirer au début ne dure pas, il devient vite antipathique, se révélant froid et calculateur. Seul Middleton ne change pas beaucoup, c’est un jeune homme candide du début à la fin du livre.
Les qualités littéraires sont indéniables et il n’est pas surprenant qu’on ait à un moment pensé que Henry James ait pu en être l’auteur. Une très belle lecture donc qui nous emporte dans un cadre magnifique que Huntington a su rendre à merveille. Le ton léger et insouciant du début n’est qu’un leurre, on sent que la tragédie n’est pas loin et la façon dont elle fait monter la tension confirme les pressentiments du lecteur quant au dénouement qui ne peut être que dramatique.

L’hôtel Bellevue sur le lac de Côme est un lieu privilégié où se retrouve l’élite européenne et américaine pour l’été. Les jours coulent doucement entre excursions sur le lac, balades, pique-niques, bals et potins en tout genre. L’arrivée d’une jeune femme, Natalia Solario, va un peu bouleverser l’harmonie précaire de cette société. Son charme et sa beauté tout autant que sa réserve et le mystère qui l’entoure agissent sur les esprits et bouleversent quelques gentlemen qui s’intéressent de près à elle. Lorsque son frère Eugène Harden qu’elle n’a pas vu depuis douze ans débarque, un autre jeu commence. Ces deux-là ont un secret terrible et ils vont essayer de le préserver tout en essayant de s’assurer un avenir qui les mettra à l’abri financièrement et leur permettra de se refaire une réputation toute neuve et sans tache.
Le roman se compose de trois parties. La première est narrée par le naïf Middleton, un jeune anglais pas très fortuné qui passe ses vacances sur le lac avant de retrouver la grise Angleterre où il doit à son grand désespoir devenir banquier.
La seconde partie, qui marque l’arrivée du frère, est centrée sur la relation entre le frère et la sœur. Middleton disparaît et le récit prend une autre dimension, plus complexe qui contraste avec l’apparente quiétude du début. Enfin, Middleton revient sur le devant de la scène pour la troisième et dernière partie.
Autour de ces trois personnages, quelques autres sont mis en lumière et ont une part active dans l’intrigue. Parmi eux, le comte Kovanski, un russe belliqueux qui semble poursuivre Natalia de ses assiduités, les riches San Rufino, un couple romain tombé sous le charme du frère et de la sœur, Missy la jeune fille un peu hystérique que Harden courtise en parallèle, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
L’histoire est accrocheuse même si on s’y ennuie un peu parfois, comme dans cet hôtel où il ne se passe pas grand-chose pour qui ne sait pas voir. Mais pour cette société habituée à l’oisiveté, tout est dans le non-dit, les groupes qui se forment selon la classe sociale ou les affinités compliquées, les regards qui se croisent, les sourires ou les petits gestes lourds de sens. Et c’est un peu le problème de ce roman pour moi. En voulant créer le mystère autour du couple frère/sœur, Huntington reste toujours vague, tout est toujours sous-entendu, suggéré, même lorsque Natalia et Eugène se parlent, le lecteur n’est pas mis dans la confidence, ce qui rend les dialogues sibyllins. On attend des révélations qui ne viendront jamais, on accède à aucun moment aux pensées de Natalia, on reste au dehors. Au lecteur de comprendre à demi-mots mais le procédé, s’il est efficace sur une partie du livre et crée une atmosphère intime et sulfureuse, devient lassant et exaspère un peu.
Mais ce n’est qu’une réserve très mineure qui ne gâche pas vraiment le plaisir de se retrouver dans cette société du début du 20e siècle où le paraître l’emporte souvent sur l’être. En apparence Madame Solario est une jeune femme indépendante et forte, elle se montrera au cours du roman très soumise. Quant à son frère Eugène, la sympathie qu’il peut inspirer au début ne dure pas, il devient vite antipathique, se révélant froid et calculateur. Seul Middleton ne change pas beaucoup, c’est un jeune homme candide du début à la fin du livre.
Les qualités littéraires sont indéniables et il n’est pas surprenant qu’on ait à un moment pensé que Henry James ait pu en être l’auteur. Une très belle lecture donc qui nous emporte dans un cadre magnifique que Huntington a su rendre à merveille. Le ton léger et insouciant du début n’est qu’un leurre, on sent que la tragédie n’est pas loin et la façon dont elle fait monter la tension confirme les pressentiments du lecteur quant au dénouement qui ne peut être que dramatique.
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Epi- Messages : 1943
Date d'inscription : 29/11/2016
Re: Gladys Huntington
Quelle triste vie pour cette auteure!
A lire ton commentaire, il traduit bien une certaine société de ce début de siècle (en plus l'intrigue se passe au Lac de Côme!)
Malgré tes petites réserves, il donne envie! Je vois qu'un film en a été tourné en 2012
A lire ton commentaire, il traduit bien une certaine société de ce début de siècle (en plus l'intrigue se passe au Lac de Côme!)
Malgré tes petites réserves, il donne envie! Je vois qu'un film en a été tourné en 2012
Aeriale- Messages : 10752
Date d'inscription : 30/11/2016
Re: Gladys Huntington
Oh mes réserves sont vraiment minuscules, j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et j'avais du mal à le lâcher.
Je n'ai pas vu le film mais je compte sur Kena pour nous en parler
Je n'ai pas vu le film mais je compte sur Kena pour nous en parler

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Epi- Messages : 1943
Date d'inscription : 29/11/2016
Re: Gladys Huntington

Hôtel Bellevue, Cadenabbia, Lac de Côme
Madame Solario
Quelle chance pour moi s’il y a quelqu’un qui sait faire de si beaux commentaires… je n’ai pratiquement plus rien à ajouter

Si je m’imagine que ce livre se trouve depuis 2013 sur mes étagères, depuis que @Domreader nous en avait parlé. Une petite perle que j’avais « oublié ». Heureusement @Epi m’a donné envie d’entamer cette lecture.
La comparaison avec Henri James est en effet très justifiée. On se retrouve dans son époque, dans son univers des gens aisées qui font de leur villégiature tout un art.
Tout comme Epi j’ai senti par moment ces longueurs… mais le tout garde une mélodie tout à fait charmante et j’avais toujours envie de retrouver ce roman.
Pour moi un très bon moment de lecture.
Et en effet, mon frère était si gentil de me trouver le film qu’il m’a hébergé. Pour ceux qui seraient tenté – passer votre tour. Quel moment insipide ! Après dix minutes je voulais déjà m’arrêter de le regarder mais j’espérais qu’il prenait peut être un peu plus d’ampleur. Espoir vain.
Aucun des acteurs n’est à l’image de ce qu’on a pu s’imaginer lors de la lecture, à part peut-être Kovanski. Mais sinon, il ne vaut même pas d’en parler. Raté sur toute la ligne.
Il vont me rester seulement quelques belles prises du lac de Côme, mais on peut faire mieux si on demande à Google images


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Re: Gladys Huntington
Je l'avais depuis longtemps aussi, mais il fallait que son tour vienne juste au bon momentkenavo a écrit:
Si je m’imagine que ce livre se trouve depuis 2013 sur mes étagères, depuis que @Domreader nous en avait parlé. Une petite perle que j’avais « oublié ». Heureusement @Epi m’a donné envie d’entamer cette lecture.

Après avoir regardé un extrait sur YouTube qui ne m'a pas emballée, j'ai préféré attendre ton avis. Merci ! Je vais suivre ton conseil et laisser tomber le film.kenavo a écrit:Et en effet, mon frère était si gentil de me trouver le film qu’il m’a hébergé. Pour ceux qui seraient tenté – passer votre tour. Quel moment insipide ! Après dix minutes je voulais déjà m’arrêter de le regarder mais j’espérais qu’il prenait peut être un peu plus d’ampleur. Espoir vain.
Aucun des acteurs n’est à l’image de ce qu’on a pu s’imaginer lors de la lecture, à part peut-être Kovanski. Mais sinon, il ne vaut même pas d’en parler. Raté sur toute la ligne.
kenavo a écrit:Il vont me rester seulement quelques belles prises du lac de Côme, mais on peut faire mieux si on demande à Google images

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