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Robert Fortune

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Message par Merlette Dim 11 Déc - 17:03

Robert Fortune  Fortun10

Robert Fortune (1812 -1880) est un botaniste et un voyageur britannique.
Il travaille d'abord au jardin botanique d'Édimbourg et plus tard à celui de la Royal Horticultural Society à Chiswick. Après le traité de Nankin en 1842, cette Société l'envoie en Chine pour y récolter des plantes.
En 1848, un autre voyage organisé pour le compte de la Compagnie britannique des Indes orientales (la British East India Company), lui permet d'introduire en Inde 20 000 pieds de théier. Ses voyages suivants, à Taïwan et au Japon, lui permettent de décrire l'élevage du ver à soie et la culture du riz.
Ses voyages permettent l'introduction en Europe de nombreuses espèces ornementales, comme le kumquat, de nombreuses variétés de pivoines, d'azalées et de chrysanthèmes.

(Source: Wikipédia)

Œuvres:
* Three Years' Wanderings in the Northern Provinces of China (1847)
* A Journey to the Tea Countries of China (1852)
* A Residence Among the Chinese (1857)
* Yedo and Peking (1863)

Traductions françaises:
* La route du thé et des fleurs (Petite bibliothèque Payot) 
* Le Vagabond des fleurs (Petite bibliothèque Payot)

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Message par Merlette Dim 11 Déc - 17:11

La route du thé et des fleurs
Robert Fortune  61aov810
Mon voyage dans le grand Nord avait pour objectif de trouver et de rapporter des graines et des plants d’arbustes à thé destinés aux plantations de l’Hon East India Company dans les régions du Nord-Ouest de l’inde. Il était essentiel que ceux-ci proviennent de ces régions de Chine où sont produits les meilleurs thés, et j’entrepris donc de mener à bien ce projet. 

La route du thé et des fleurs, récit des "tribulations d’un sujet de sa gracieuse majesté en Chine" , m’a permis de découvrir l’existence de Robert Fortune, acteur majeur de l’histoire du thé et grand nom de la botanique. 
Pour rapporter les meilleurs plants et les secrets de préparation du précieux breuvage, Fortune va voyager en dissimulant sa nationalité et déguisé en Chinois, car les étrangers ne sont pas admis dans les régions de l’intérieur. Il est d’ailleurs étonnant qu'il arrive à tromper son monde (malgré sa maîtrise du chinois) avec une natte postiche et des vêtements locaux, mais bon ! On se laisse facilement prendre par le romanesque de ses aventures souvent périlleuses, en bateau pour remonter les longs fleuves, en chaise à porteur sur des montagnes escarpées, où se croisent fumeurs d’opium, mandarins inquisiteurs, moines ermites, aubergistes, soldats et détrousseurs…Malgré le danger, notre homme garde son flegme britannique et décrit de façon assez comique ses mésaventures, souvent dues aux actes irréfléchis de ses domestiques chinois. On se croirait parfois chez Jules Verne !

Ce qui est surtout remarquable, c’est son enthousiasme constant pour décrire la beauté des paysages traversés, les spécimens botaniques découverts, l’ingéniosité des techniques des Chinois, leur hospitalité. Comme Fortune est un victorien, conscient de sa supériorité européenne et britannique, il dresse à l'occasion des Chinois un portrait peu amène (vénaux, sales, roublards). Mais sa curiosité et sa capacité d’émerveillement lui font souvent surpasser ses préjugés , et notre British pur sucre, d’abord peu ragoûté par le thé vert nature que ses hôtes lui offrent, en vient à reconnaître que c’est une boisson « très rafraîchissante à l’état pur, sans sucre ni lait ».
Un autre passage amusant lui fait vanter la supériorité des baguettes sur le couteau/fourchette, et constater qu'il a adopté bien des habitudes locales. 
Bien sûr le thé est l'objet de sa mission et au centre de ses préoccupations, mais il est à noter que le récit ne se concentre finalement pas beaucoup dessus. Peu de descriptions de champs, de techniques de cueillette et de fabrication. Ce qui attire son attention et suscite son admiration, ce sont souvent d’autres plantes, la majesté d’un grand cryptomeria solitaire, la grâce d’un cyprès inconnu, qu’il introduira dans les îles Britanniques, le lotus et bien sûr l’incontournable bambou !
Il est universellement nécessaire, que ce soit à la maison ou au champ, sur l’eau ou sur la terre ferme, en temps de paix ou de guerre. Tout au long de sa vie, le Chinois dépend presque de lui, et il l’accompagne même jusque dans sa dernière demeure à flanc de colline. Même là, le bambou se penche sur la tombe et la marque, en compagnie des cyprès, des genévriers et des pins.
Au temps de la dernière guerre, lorsque l’empereur de Chine voulut, sans doute par prévenance, vaincre les Anglais en bloquant leur approvisionnement en thé et en rhubarbe, sans lesquels il supposait qu’ils ne pourraient survivre très longtemps, nous aurions pu lui retourner la politesse s’il nous avait été possible de détruire tous ses bambous. Avec toute la déférence due à sa Majesté céleste, les Anglais auraient pu survivre sans thé ni rhubarbe, alors qu’il est inconcevable que la Chine existe, en tant que nation ou pas, sans bambous.
Le récit de son passage dans les Monts Wuyi * (nommés ici Woo-e-shan), pays du thé vert le plus fin, est le couronnement de ce voyage:
Robert Fortune  800px-11

Woo-e-shan est considéré par les Chinois comme l'un des lieux les plus curieux et les plus sacrés de l'empire. Un manuscrit cité par M. Ball en fait la description suivante : « De toutes les montagnes du Fokien, celles de Woo-e-shan sont les plus belles, et leurs eaux sont les meilleures du pays. Elles sont hautes et abruptes, entourées d'eau; on dirait qu'elles ont été taillées par les esprits ; il ne se peut rien voir de plus étonnant. Depuis les dynasties de Csin et de Han jusqu'à aujourd'hui, une longue suite d'ermites et de moines des sectes de Tao-cze et de Fo, trop nombreux pour être comptés, y vivent comme les nuages, comme les brins d'herbe de la montagne. Leur principal renom vient cependant de leurs produits, et parmi ces derniers le thé est le plus célèbre. »
Les moines de Bouddha semblent avoir été, toujours très heureux dans le choix des sites où ils ont élevé leurs temples et leurs habitations. Beaucoup de ces lieux, d'ailleurs, doivent leur charme à la culture et à la beauté des arbres qui les entourent. En Chine, le petit bois qui règne autour d'un temple bouddhiste est toujours entretenu avec soin et respecté ; aussi le voyageur en apercevant des arbres, même à plusieurs milles de distance, peut-il deviner à coup sûr l'existence d'un temple bouddhiste. Sous ce rapport, ces moines ressemblent aux moines des anciens temps, au goût et aux soins de qui l'Europe d'aujourd'hui doit encore la plus grande partie de ses richesses et de ses beautés forestières.
Le temple ou la collection de temples dont nous approchions se trouve sur la pente d'un petit vallon qui règne sur le plateau même de Woo-e-shan, et qui semble avoir été préparé par la nature pour que l'homme y construisît des habitations aussi bien situées sous le rapport de la vue que confortables et saines. Au fond de ce vallon brille à travers les arbres un petit lac couvert des feuilles et des fleurs du fameux «lien-wha » (Nelumbium), si estimé et si honoré par les Chinois, et qui abonde toujours dans le voisinage des temples bouddhistes. Depuis les bords du lac jusqu'aux temples, tout l'espace est couvert d'arbres à thé cultivés avec le plus grand soin (on le remarque à première vue), et de l'autre côté du lac, faisant face aux temples, règne un grand bois.
Du côté où les temples sont construits, on voit un certain nombre de rocs d'une apparence étrange, qui s'élèvent comme des monuments cyclopéens. Ils sont placés fort près les uns des autres, et leur hauteur varie de quatre-vingts à cent pieds. C'est, on n'en peut douter, la singularité, la bizarrerie de ce caprice de la nature qui a déterminé les moines dans le choix de leur établissement. Le chef des moines a sa maison bâtie au pied de l'un de ces rocs, et ce fut de ce côté que nous nous dirigeâmes. Après avoir monté un assez long escalier de pierre et franchi la porte d'une petite cour, nous étions devant la maison. Un enfant qui jouait sous le porche s'empressa, en nous voyant, d'aller annoncer notre visite. Fatigué comme j'étais, j'entrai sans plus de cérémonie dans la grande salle pour attendre la venue du maître de la maison. Ce ne fut pas long; il entrait presque en même temps que moi, et, avant toutes choses, il commença par me faire l'accueil le plus poli.
[…]
Puis notre hôte me conduisit dans la plus belle pièce de sa demeure et, souhaitant me faire asseoir, appela le domestique pour lui enjoindre de nous apporter du thé ; en sorte qu'à présent c'était sur le lieu même, ces collines d'où il était originaire, que je buvais, pure et nullement frelatée, une infusion de cette plante parfumée. Jamais encore je n'avais ressenti pareil besoin de m'en désaltérer, car au terme de cette escalade sous un soleil dévorant, j'étais échauffé, altéré, fourbu. Le thé eut bientôt fait d'étancher ma soif, de me revigorer les esprits et de me remettre en mémoire ces paroles d'un auteur chinois : «Le thé a toutes les vertus : cultive-le et il répandra généreusement ses bienfaits ; bois-le et les esprits animaux s'en trouveront ragaillardis et magnifiés. »
Fortune a réussi sa mission, puisque plus de 12000 pieds de thé seront rapportés et acclimatés sur les pentes de l’Himalaya, et il peut fièrement clore son récit de façon patriotique par une allusion à l’"empire sur lequel le soleil ne se couche jamais". 
Fortune retournera en Chine, et ses aventures sont contées dans Le Vagabond des fleurs.

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