Marguerite Yourcenar

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Message par Merlette Mar 20 Juin - 9:42

Marguerite Yourcenar  29358010

Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour, connue sous le pseudonyme de Marguerite Yourcenar, est un écrivain, poète et critique littéraire française, née le 8 juin 1903 à Bruxelles. 
D'origine française, elle part pour les USA en 1939 suite à sa rencontre avec Grace Frick. Dix ans plus tard, elle obtiendra la nationalité américaine. Poète, essayiste, traductrice et critique littéraire, elle enseigne également la littérature française et l'histoire de l'art.
Elle publie son premier roman en 1929, Alexis ou le Traité du vain combat, l'année de la mort de son père. Suivront, pour les plus connus, Nouvelles orientales en 1938, Mémoires d'Hadrien en 1951 et de nombreux autres écrits.
Elle est la première femme élue à l'Académie française en 1980.
Des romans historiques aux mémoires autobiographiques, l'œuvre de Marguerite Yourcenar s'inscrit en marge du courant engagé de son époque et se caractérise par sa langue, épuré et classique, son esthétisme et son désir d'affirmer la finalité de la littérature, la narration.
Elle meurt le 17 décembre 1987 à Mount Desert Island, aux Etats-Unis.

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Message par Merlette Mar 20 Juin - 11:06

Nouvelles Orientales
1938 

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Ces Nouvelles orientales sont mon premier contact avec l’œuvre de Marguerite Yourcenar, et j’en sors éblouie.
Plutôt qu'à des nouvelles, ces courts récits s’apparentent à des contes ou des fables. 
Le recueil s'ouvre et se ferme sur le thème de l'art, l’art qui sublime la vie, au sein duquel le peintre chinois Wang-Fô trouve salut et immortalité, mais qui ne remplit le hollandais Cornelius Berg que de tristesse et d’amertume.
Dans les autres nouvelles, puisant plus ou moins librement dans les fonds culturels balkaniques, grecs, asiatiques, Marguerite Yourcenar décline le mythe . Elle écrit un chapitre manquant mais crucial du texte fondateur de la littérature japonaise, le Genji Monogatari, et deux épisodes de la vie du héros des ballades médiévales serbes Marko Kraliévitch. Elle revient sur les figures mythologiques séductrices des Néréides et de la déesse hindoue Kâli, elle réinvente les légendes attachées à des lieux visités en voyage, elle donne à un fait divers grec particulièrement sanglant des accents de tragédie antique.
Toutes sont placées sous le signe d’un Orient qui est moins un espace géographique qu’une dimension culturelle où les aspirations mystiques et le sublime côtoient en permanence la violence sauvage du désir et des passions terrestres.
L'écriture en est magnifique, ciselée à la perfection. Quelle merveille!

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Message par kenavo Mar 20 Juin - 18:24

comme je l'ai dit, j'ai découvert une de ces nouvelles, Comment Wang-Fô fut sauvé dans une version illustrée par Georges Lemoine
à côté des images j'ai aussi découvert pour la première fois Marguerite Yourcenar et j'avais envie de continuer...
je n'ai pas poursuivie jusqu'à l'année dernière quand on a publié tout le recueil avec des illustrations du peintre... je n'ai pas encore lu tout le livre, mais tout comme toi, mon verdict pour l'instant: Quelle merveille!

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Message par eXPie Mer 21 Juin - 6:45

J'avais aussi commencé par Les Nouvelles Orientales... C'est très très bien, oui !
Il faudra que je les relise, de même que les grands romans de Yourcenar, lus quand j'étais certainement trop jeune... (j'avais aimé quand même, mais j'ai dû rater pas mal de choses).
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Message par Merlette Mer 21 Juin - 10:07

kenavo a écrit: je n'ai pas encore lu tout le livre, mais tout comme toi, mon verdict pour l'instant: Quelle merveille!

Oh mais si tu as accroché il faut continuer. Ces textes sont si beaux.

J'avais aussi commencé par Les Nouvelles Orientales... C'est très très bien, oui !
Il faudra que je les relise, de même que les grands romans de Yourcenar, lus quand j'étais certainement trop jeune... (j'avais aimé quand même, mais j'ai dû rater pas mal de choses).

Je vais enchaîner avec ses autres romans bien sûr, probablement Mémoires d'Hadrien pendant l'été.

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Message par Invité Jeu 21 Avr - 15:34

J'ai lu Mémoires d'Hadrien et je me suis tellement ennuyé. Si on est pas très instruit de la culture classique grecque et romaine, on rate tout le propos de l'auteur

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Message par Arabella Mar 2 Avr - 19:02

L'oeuvre au noir

Paru en 1968, ce roman connaît d’emblée la reconnaissance, il obtient la prix Femina et fait actuellement partie des œuvres les plus lues et citées de l’auteure avec les Mémoires d’Hadrien. Comme ce dernier livre, il s’agit d’un roman historique, l’époque du récit se situe au XVIe siècle, entre moyen-âge et époque moderne, une époque de bouleversements et remises en question.

Nous suivons le personnage principal, Zénon, de sa naissance jusqu’à sa mort une cinquantaine d’années plus tard dans sa ville natale de Bruges. Bâtard d’un prélat italien, et d’une bourgeoise flamande issue d’une famille aisée, il ne connaît pas vraiment son père et sera surtout élevé par son oncle, le frère de sa mère, car cette dernière a refait sa vie, s’est marié et a quitté Bruges. Zénon est destiné à devenir homme d’église, mais il se révolte conte le destin qui lui est assigné. Il va devenir alchimiste, médecin et sans doute philosophe : un intellectuel multiple, épris du savoir sous toutes ses formes, comme l’étaient les hommes de la renaissance. Il va voyager, voyages que nous ne connaîtront que par des bribes, des choses qu’il va raconter, ses livres sont condamnés et brûlés, il doit fuir. Il finit de se fixer sous un faux nom dans sa ville de naissance, dans un dispensaire dépendant d’un monastère et offre ses services surtout à ceux qui en ont le plus besoin. Mais son passé le rattrape, il est emprisonné et condamné.

Nous suivons aussi, en contrepoint, d’une manière plus brève, les destinées de certains de ses proches, dont son cousin Henri-Maximilien, qui lui aussi se révolte contre sa destinée de riche bourgeois et qui choisit la carrière militaire, ainsi que l’errance qui lui est associée. Une vie à l’opposé de celle de son cousin.

Cela a souvent été explicité, en alchimie l’oeuvre au noir est la première étape de l’opus magnus ou grande œuvre, qui vise la transformation (ou transmutation) des métaux vils en argent et surtout en or. On peut donc lire ce titre de manière métaphorique : Zénon, qui au départ est un jeune homme quelque peu arrogant, qui se rêve alchimiste, astrologue, mage, chemine au fur et à mesure de son expérience du monde et des hommes, vers la science et encore plus la philosophie, une compréhension du monde mais aussi une vision morale. De l’ambition initiale de dominer le monde grâce à son savoir, à son intelligence, de la recherche d’un savoir objectif et sûr il évolue vers une sorte de quête spirituelle, la recherche d’une vérité morale, d’une attitude juste devant la vie.

Mais au final plus que de vie, j’ai eu le sensation que ce roman parlait plus de la mort. Comme si c’est cette dernière, la manière dont elle se passe qui donne sens à vie, la résume. Et dans le monde de la renaissance, plein de bruit et de fureur, les occasions de mourir sont nombreuses. Les guerres provoquées par les ambitions des puissants croisent celles des religions. Les certitudes vacillent, les nouveaux savoirs mettent en question les vérités anciennes, mais provoquent en retour des persécutions, qui voudraient ralentir les transformations en route. Les riches comme de tout temps se veulent de plus en plus riches, en utilisant à l’occasion les avancées des sciences et techniques, comme ce métier à tisser conçu par Zénon, en appauvrissant encore plus les pauvres qui n’ont plus que la révolte ou une religion dissidente qui laisse l’espoir d’un autre monde. Marguerite Yourcenar met chaque personnage en face de lui-même à l’instant fatidique : chacun meurt comme il a vécu. Henri-Maximilien en soldat, la mère de Zénon y court comme à une évidence qui signe son échec. Sans oublier la vie de ceux dont l’existence est une mort lente, insidieuse, comme pour la demi-sœur de Zénon, qui a renoncé à tout ce qui avait un sens pour elle, et qui remplit ses jours d’activité futiles, en étant persuadée d’être damnée.

La mort de Zénon va être choisie, assumée, et couronner définitivement sa vie. Elle ressemble furieusement à celle d’un philosophe antique. En tant que médecin, il suit ses différentes étapes, en observateur presque détaché. Elle lui permet presque jusqu’à la fin d’essayer de comprendre, d’appréhender. Mais il n’y a pas de réponse définitive à ce qu’est la mort, c’est en quelque sorte la question éternelle et insoluble de l’espèce humaine.

C’est évidemment un roman à lire, devenu dès maintenant une sorte de classique moderne. Mais l’univers, le style, un je ne sais quoi qui caractérise Marguerite Yourcenar me laisse à distance. Cela tient sans doute plus à moi qu’à l’auteure, mais je reste un peu en dehors de cette belle ouvrage.

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Message par Aeriale Mer 3 Avr - 9:42

J'ai lu Mémoires d'Hadrien et je me suis tellement ennuyé. Si on est pas très instruit de la culture classique grecque et romaine, on rate tout le propos de l'auteur

C’est évidemment un roman à lire, devenu dès maintenant une sorte de classique moderne. Mais l’univers, le style, un je ne sais quoi qui caractérise Marguerite Yourcenar me laisse à distance. Cela tient sans doute plus à moi qu’à l’auteure, mais je reste un peu en dehors de cette belle ouvrage.

Même si le sujet paraît intéressant, pour ces deux raisons je me dis que Yourcenar n’est pas pour moi!
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Message par eXPie Mer 3 Avr - 17:23

J'ai relu L'Oeuvre au Noir et les Mémoires d'Hadrien, l'an dernier. J'ai préféré Mémoires d'Hadrien, peut-être parce que les horizons sont plus larges et variés, les thèmes plus nombreux, même si on trouve des thèmes communs, comme la mort, bien sûr.
Avec le recul, comme tu dis, je garde surtout en mémoire de l'Oeuvre au noir une impression de mort, de resserrement au fur et à mesure que le livre avance. Alors qu'il y a plus de vies et d'expériences diverses, de philosophie de la vie dans Mémoires d'Hadrien (ce qui est logique puisqu'il est censé s'agir d'une lettre).
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Message par Arabella Jeu 4 Avr - 13:51

J'avais lu les Mémoires d'Hadrien il y a longtemps et cela ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Mais il faudrait peut-être que je relise.

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