Augustin d'Hippone (Saint Augustin)

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Message par Arabella Jeu 29 Aoû 2019 - 14:39

Augustin d'Hippone (354 - 430)


Augustin d'Hippone (Saint Augustin) August10



Source : Vikidia


Saint Augustin est né à Thagaste (aujourd'hui Souk-Ahras), en Algérie le 13 novembre 354 et est mort le 15 juin 430 à Hippone (actuellement Annaba) en Algérie, ville dont il était l'évêque. Son tombeau se trouve à Pavie en Italie. 

Le père d'Augustin est un petit fonctionnaire romain païen, mais sa mère (sainte Monique) est une chrétienne.

Augustin, élève doué mais indocile, reçoit une excellente éducation classique (avec lecture des auteurs latins). Malgré les difficultés financières de sa famille il parvient à faire des études à Carthage (alors la seconde ville de l'Occident romain). Il y vivra avec une femme (dont le nom est inconnu) et dont il aura un enfant nommé Déodat.

Augustin est d'abord professeur de rhétorique à Carthage, à Rome puis à Milan. Il est alors un adepte des idées manichéennes.

Puis sous l'influence de sa mère et de saint Ambroise , évêque de Milan, Augustin se convertit en 386 au christianisme. Il revient en Afrique en 388. Il mène alors une vie de moine. Mais il est ordonné prêtre en 391, puis acclamé comme évêque d'Hippone en 395.

Tout en agissant comme évêque (assistance, prédication) il mène la lutte intellectuelle contre des idées religieuses qu'il juge fausses et dangereuses. Sa très nombreuse production littéraire au sujet des questions religieuses (près de 850 écrits) font de lui un des pères de l'Église.

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Message par Arabella Jeu 29 Aoû 2019 - 14:40

Les Confessions


Ce texte au combien célèbre, semble avoir été écrit entre 397 et 401, par un Augustin devenu évêque d'Hippone depuis peu (395). Les Confessions se composent de 13 livres : la trame des 9 premiers suit la vie d'Augustin, de sa naissance en 354 à Thagaste jusqu'en 387, moment où il s'apprête à retourner en Afrique, suite à sa conversion ; le livre 10 fait en quelques sorte transition, Augustin y parle de lui au présent, s'interrogeant sur la mémoire, sur le souvenir, sur le temps, parlant de son chemin vers Dieu, de la lutte quotidienne contre toute incitation à se laisser distraire de la quête du divin ; les trois derniers livres évoquent les Écritures et leurs interprétations.

Le qualificatif d'autobiographie accolée souvent à ce texte risque de provoquer une déception chez le lecteur qui y chercherait essentiellement des anecdotes, des petits faits pittoresques ou qui voudrait suivre avec précision l'existence de l'auteur. Ce dernier choisit quelque faits qui servent son propos, plus qu'il ne nous livre l'ensemble de sa vie, et il a aussi tendance à une forme d'abstraction, ne pas parler par exemple que de son enfance, mais aussi de l'enfance d'une façon plus générale. le but d'Augustin n'est pas de se replonger avec délice dans le souvenir, encore moins de se mettre en valeur. Son texte s'adresse dès les premières lignes à Dieu, il s'agit de faire louange, mais aussi une déclaration d'amour. Il est fait pour être lu par des hommes, avec une visée pédagogique : c'est en quelque sorte un récit exemplaire (mais pas modèle) d'un cheminement qui a amené un homme parmi d'autres, vers Dieu, ce qui a complètement transformé sa vie, lui a permis d'une certaine façon d'atteindre son accomplissement, être enfin pleinement homme. C'est à Dieu et non pas à lui-même qu'il attribue cet accomplissement : de lui-même, il dit surtout le plus contestable, les errements, les pêchés, il confesse ses fautes, fait acte de contrition.

Augustin a connu une réussite hors du commun : issue d'une famille plutôt modeste même si pas misérable, ses exceptionnelles qualités intellectuelles lui ont permis d'arriver à un âge relativement jeune (vers 30 ans) au poste envié de maître de rhétorique à Milan (où résidait la cour impériale). Il pouvait espérer continuer une belle carrière, devenir par exemple gouverneur d'une province. Sa mère venait de négocier un mariage avantageux que le jeune âge de la fiancée laissait en suspens. C'est à ce moment que d'une certaine façon il renonce à tout, et se dévoue à Dieu, ce qui lui apporte une forme de joie et de plénitude qu'il n'avait pas connu jusqu'alors. C'est ce bonheur qu'il tient à partager avec d'autres, ainsi que rendre grâce à Dieu de l'avoir élu.

Il est assez fascinant de suivre cet homme parmi les plus brillants, non seulement de son temps, mais de tous les temps, d'arriver en quelque sorte à la limite de la raison humaine, de butter sur une impossibilité de saisir. Il trouvera sa solution en répudiant en quelque sorte la raison, pour s'abandonner à un être transcendant l'humain, source de toute chose. Mais il ne pourra s'empêcher de penser, les trois derniers des Confessions sont des tentatives de lectures des Écritures. Avec une certaine humilité, il n'est pas sûr de ses interprétations, et admet même que d'autres pourraient être possibles. C'est que l'homme ne peut que tenter d'approcher le divin avec sa faible raison. La seule attitude possible, en dehors de l'humilité, est l'amour, et une forme d'abandon qui peut prendre la forme d'une sorte de transe mystique. La forme du texte ressemble d'ailleurs par moments à une sorte d'incantation, de chant.

C'est donc un objet atypique et composite, très personnel, très inconfortable parfois, même si fascinant. On peut l'approcher de différentes façon, ou ne pas arriver à y entrer. L'abandon au divin laisse à distance tous ceux qui y sont étrangers. Mais il y a tant de beauté formelle et tant de fulgurances sur ce qu'est l'humain que beaucoup de lecteurs pourront y trouver de l'intérêt même en ne partageant pas la foi d'Augustin.


Dernière édition par Arabella le Mar 3 Sep 2019 - 8:23, édité 1 fois

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Message par Arabella Mar 3 Sep 2019 - 8:19

Saint Augustin / Serge Lancel



Serge Lancel, dans l'avant-propos de son monumental d'ouvrage de plus de 600 pages, dit la difficulté d'écrire une biographie de Saint-Augustin. Parce qu'une fois sa conversion accomplie, il ne se passe plus grand-chose en terme d'événements, le parcours devient celui de l'esprit, et ce qui permet de le suivre, ce sont les écrits au combien nombreux de l'évêque d'Hippone. Dire la chronologie devient inséparable de résumer l'oeuvre, la pensée, tant Saint-Augustin s'est identifié à elles. Or cette pensée est complexe, elle a donné lieu à des interprétations, commentaires sans nombre, elle a aussi eu une influence immense dans l'église avant tout, mais pas seulement. C'est un véritable monument et la résumer tient d'une gageure. Mais Serge Lancel relève le défi d'évoquer la vie et l'oeuvre, à destination de ceux qui ne sont pas spécialistes de la patristique. le pari me semble vraiment fort réussi.

La vie d'Augustin est bien plus connue que celle de nombre de ses contemporains, justement grâce à ses nombreux écrits. Bien évidemment Les Confessions, ouvrage au combien célèbre, qui raconte son existence, ou tout au moins un certain nombre d'évènements choisis par lui, jusqu'à l'âge de 33 ans, jusqu'à la mort de sa mère, peu après sa conversion. Mais aussi de très nombreuses lettres pour évoquer les textes les plus utiles au biographe. La prose d'Augustin a eu la chance d'avoir été bien conservée, relativement peu de choses ont été perdues. Serge Lancel nous déroule l'enfance et la jeunesse, d'un garçon sans doute de suite apparu comme brillant, dont le père fait des sacrifices pour pouvoir lui permettre des études, dans lesquelles Augustin réussit fort bien. Une carrière d'enseignant s'amorce, qui le mène jusqu'au poste de maître de rhétorique à Milan, que l'on pouvait considérer comme le poste d'enseignant le plus prestigieux de l'empire à l'époque. Mais Augustin n'est pas heureux : la philosophie en tant que telle ne lui suffit pas, le manichéisme auquel il a adhéré un temps non plus (même si c'est sans doute grâce aux réseaux manichéens qu'il a obtenu son poste). le catholicisme (religion de sa mère) lui pose des questions. Il finit pas se convertir dans un fameux jardin à Milan et à abandonner sa carrière, pour rentrer chez lui en Afrique. Il y sera prêtre, puis évêque d'Hippone jusqu'à sa mort survenue à un âge avancé en 430. Pendant ses longues années au service de l'église, en plus de son office, de ses sermons, de la participations aux conciles, aux arbitrages et décisions dans les affaires de l'église et autres activités normales pour un évêque, il écrira, il commentera et essaiera de comprendre les Ecritures, élaborant progressivement une pensée théologique qui sera la plus influente dans l'église catholique jusqu'à Saint Thomas d'Aquin. Cette pensée va se construire en partie dans les controverses qu'il va soutenir : contre les manichéens, les donatistes, les païens, et enfin contre le pélagianisme.

Personnage d'exception, de par ses immenses qualités intellectuels, mais aussi par une personnalité hors du commun, Augustin a marqué son temps, et au-delà, la culture et civilisation occidentale. Evêque infatigable, voulant convertir au sens fort du terme, pas uniquement pour la forme, se démenant pour ses ouailles, militant pour une forme de clémence des autorités, y compris pour ses opposants, mettant en cause régulièrement sa capacité à comprendre la parole divine et posant la possibilité d'une autre interprétation, il est en même temps un adversaire féroce, tout au moins intellectuellement, pour les non-chrétiens puis ceux qui vont devenir des hérétiques. Sa grande puissance de pensée laisse peu de chances à ses opposants, d'autant qu'il ne lâche rien.

Au-delà de la figure de Saint Augustin, Serge Lancel brosse le tableau de l'époque et de son évolution. le monde dans lequel est né Augustin était encore en majorité païen, d'autres religions que le christianisme avaient de nombreux adeptes, comme le manichéisme auquel il a adhéré un temps. A la fin de sa vie, la paganisme était interdit, l'écart entre les églises orientales et latines se creusait, et un certain nombres de croyants étaient rejetés comme hérétiques : d'une certaine façon le christianisme avait vaincu. Par ailleurs, l'empire romain d'occident vivaient ses dernières décennies ; le monde relativement stable et sûr se fissurait, la prise de Rome en 410 et le siège d'Hippone pendant lequel est mort le vieil évêque en 430 étant plus que les signes avant coureurs, les étapes d'une désagrégations, qui prendra fin officiellement en 476, mais les années à courir étaient plus des soubresauts d'agonie qu'une période de rémission.

Clair, passionnant, d'une grande richesse, un livre à recommander à ceux qui s'intéressent aux sujets évoqués.

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